Halsey

Elma Hilde · Chapitre 18 sur 48

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Halsey

Aidan

 

 

Les séances photos s'enchaînent à un rythme effréné depuis quelques jours et je suis totalement HS.

Heureusement, j'ai trois jours de libre avant mon départ pour le Brésil. Je vais pourvoir passer du temps avec elle. Je quitte le studio avec empressement et je suis immédiatement saisi par la chaleur qui sévit dehors. Je prends mon téléphone dans la poche de mon jean et appelle Hal.

— Coucou.

— Tu es où ?

— À la maison, je bosse sur mon site internet.

— OK ! Je vais faire deux ou trois courses et je rentre. Tu veux un truc en particulier.

— C'est encore pour une de tes leçons de cuisine ?

— Au moins, tu as fait des progrès. Tes œufs ce matin étaient excellents.

— Tu parles...

— Je suis sincère, je me suis régalé. Un poulet au miel et au gingembre, qu’en dis-tu ?

— Au gingembre ? Ta libido est déjà débordante, je n'ai pas envie d'aggraver les choses, surtout si je suis la seule femme dans les parages. Fais ça avec ta petite copine...

— Je n'ai pas de copine, seulement une Halsey !

— Où vas-tu chercher toutes ces recettes ? Demandé-je, ignorant sa réponse.

— Google, tu connais ?

— Aidan, inscris-toi dans un cours de cuisine, et cesse de me prendre la tête...

— Tu sais, je me suis renseignée et il y a des ateliers culinaires hyper cool en ville. On pourrait s'inscrire.

— Et pourquoi ?

— Ça nous ferait un truc à faire ensemble.

— On fait déjà tout ensemble !

— Ah non, pas tout...

— Je vais faire comme si je n'avais rien entendu et te conseiller vivement de te trouver une nana. Il semblerait que ça devienne urgent. Je vous autorise même à faire tout le bruit que vous voudrez.

— Je n'en ai pas envie. Je m'accorde un moment de calme.

— Waouh ! La fille de l'autre soir t'a dégouté du sexe ou quoi ?

— Non. Blanc ou rouge ?

— Beurk !

— Ça sera donc du blanc ! On se fait un film après ?

— OK !

— Quel genre ?

— Je ne sais pas, on décidera après.

— Non, parce que si on regarde une de tes conneries romantiques, il te faut de la crème glacée ; si on regarde un film d'horreur, c'est du pop-corn ; ou alors, on se fait une comédie et là, mieux vaut ne pas oublier la tablette de chocolat.

Elle glousse à l'autre bout du téléphone.

— Prends de la crème glacée.

— T'es pénible !

— Eh bien, prends les trois, nous choisirons plus tard.

— OK ! J'ai tout ce qu'il me faut. Tu n'as besoin de rien ?

— Non, c'est bon. Tu as de l'aspirine dans ta chambre ?

— Oui, dans le tiroir de ma table de chevet. Ça ne va pas ?

— J'ai trop bossé sur mon ordi, j'ai mal à la tête. Mince alors !

— Quoi ?

— Tu attends du monde ou quoi ? Tu as vu ton stock de capote !

— Hal...

— Taille XXL... prétentieux.

— Sors de là ! Tu veux que je te fasse couler un bain en rentrant ?

— Hum, je ne dis pas non.

— Je suis là dans une minute. Je suis dans le hall.

— Prends le courrier.

— OK !

— À tout de suite.

Je raccroche avant d'ouvrir la boîte aux lettres et de monter la rejoindre.

Quand Hal sort de la salle de bains, après avoir pris le bain que je lui ai fait couler à mon retour, je viens de finir de sortir tous les ingrédients nécessaires à notre recette. Je la trouve absolument magnifique avec ses cheveux légèrement humides et son pyjama en coton. D'ordinaire, j'aime bien la lingerie fine, c’est vraiment sexy, mais Hal n'en a pas besoin pour se mettre en valeur. Elle est belle au naturel, et sublime tout ce qu’elle porte.

— Alors, ce bain ?

— C'était parfait, dit-elle, en prenant place autour de la table.

— Bien.

Je lui tends un verre de vin blanc qu'elle saisit.

— Ça va mieux ta tête ?

— Oui, bien mieux.

— Super ! Tu es donc prête à écouter.

— J'ai une question avant.

— Dis-moi.

— C'est quoi cette obsession soudaine pour la bouffe ?

— Ce n'est pas une obsession, mais disons que ma mère nous a toujours fait des bons repas et je n'ai pas envie de renoncer à la bonne cuisine parce que je vis avec une cuisinière épouvantable. Donc, je dois apprendre à préparer des petits plats sympas et il n'y a aucune raison que tu n'en fasses pas de même. Je ne vais pas faire le dîner tous les soirs pendant tout le reste de notre vie.

— Euh, dit-elle avant de plonger son nez dans son verre. Tu peux m’expliquer ta recette ?

— D'accord...

Je viens de finir de lui décrire les grandes étapes de notre recette quand son téléphone sonne sur la table du salon. Elle court pour s'en emparer avant de partir vers sa chambre.

— Commence, j'arrive dans une minute.

— Mais Hal...

La seule réponse que j'obtiens est celle de sa porte qui claque.

Quand elle se décide enfin à en sortir, le poulet est au four depuis vingt minutes.

Son visage affiche un sourire ravi, qui s'estompe immédiatement, quand elle voit que la table et le plan de travail ont été débarrassés.

— Tu as fini ?

— Depuis un moment, effectivement, lancé-je, en ne quittant pas ma tablette des yeux.

— Aidan, je suis désolée.

— Laisse tomber. Le dîner sera prêt d'ici une petite heure, l'informé-je.

— Tu es fâché ?

— Non.

— Je t'ai demandé pardon.

— Et j'ai entendu.

Soudain elle m'enlace de ses bras et m'embrasse doucement sur la joue.

— Pardon. Je n'ai pas assuré.

— C'est le moins que l’on puisse dire.

— On peut passer une bonne soirée et oublier ça.

— Avec qui tu étais au téléphone ?

— C'était pour le boulot. J'ai pris contact avec une nana qui peut m'aider à me faire connaître.

— OK !

— Je peux t'offrir un verre ?

— Hum...

— Tu es mon ange Aidan Parker. Merci pour le dîner.

Elle s'éloigne pour me servir un verre de vin. Je la regarde faire, je scrute chacun de ses gestes, chaque mouvement de son corps, et j'ai de nouveau cette terrifiante sensation de la voir pour la première fois. J’avais déjà éprouvé ça à la soirée chez Wes alors qu’elle se changeait dans ma chambre. Avant ce soir-là, il y avait Hal, ma meilleure amie, qui a peur du noir, abuse de la mousse au chocolat à s'en coller des crises de foie, et joue au base-ball bien mieux que tous les mecs que je connais. Mais ce soir, c'est une femme que j'ai sous mes yeux et elle porte un putain de pyjama en coton ! Elle est belle et voluptueuse et je vais me retrouver dans une situation très inconvenante si je n'arrête pas de la mater de la sorte. Je ne peux pas lui sauter dessus comme ça et jouer à l'homme des cavernes avec elle, pas après nous. On est amis depuis treize ans... je suis censé lui dire quoi ? « Salut, je sais qu'on est amis depuis longtemps, mais ça te dirait d'être la femme de ma vie ? ». Elle va se foutre de ma gueule, c'est certain. Il faut que j'amène ça en douceur...

— Aidan !

— Hein ? marmonné-je, en sortant de ma réflexion.

— Tu rêves à la prochaine poule que tu vas mettre dans ton lit, s'amuse-t-elle, en posant mon verre en face de moi.

Ouais, et ça sera toi…

— Merci. Je te l'ai dit, je ne suis pas intéressé par un plan cul.

— Tu es vraiment sérieux ?

— Oui, je laisse tomber.

Elle me regarde surprise.

— Tu as chopé une MST ou un truc du genre ?

— Hal, grondé-je. J’ai juste envie de faire un break.

— Ce n'est pas plus mal, si tu veux mon avis.

— Ah bon, et pourquoi ça ?

— Eh bien, ça m'assure un sommeil paisible et tu pourras mettre à profit toute cette économie d'énergie à repeindre notre appart.

— On ira choisir ce qui te plaît demain et je commencerai les travaux après le Brésil.

— Je veux du rose.

— D'accord.

— Partout...

— Entendu.

C'est alors qu'elle me frappe le bras.

— Tu ne m'écoutes pas, râle-t-elle.

— Mais si, tu veux du rose.

— Et tu es d'accord.

— Je m'en fous si ça te plaît.

— Tu te rends compte que ce sera moche.

— Probablement.

Elle fronce les sourcils.

— Aidan, as-tu fumé le reste du gingembre ?

— Mais non, on ira au magasin de bricolage et on choisira un truc cool et qui ne me donnera pas l'impression de vivre dans une maison en PQ.

— Je préfère ça ! Tu veux regarder quoi ce soir ?

— Comme tu veux.

— Il y a un super film d'horreur qui vient de sortir, ça te dit qu'on le loue.

Une soirée avec elle dans mes bras qui se blottit contre moi pour un oui ou un non, je prends !

—Ça sera pop-corn alors...

 

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