Halsey

Elma Hilde · Chapitre 26 sur 48

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Halsey

Aidan

 

 

L'aéroport de Miami est pris d'assaut en cette veille de week-end. J'ai bien du mal à progresser jusqu'à ma porte d'embarquement sans percuter qui que ce soit. Quand je la trouve enfin, je sors mon téléphone pour appeler Halsey afin de l'informer que j'embarque dans peu de temps.

— Allô, me répond une voix d'homme.

Je regarde mon téléphone pour être certain de ne pas m'être trompé de contact, mais non, j'ai bien sa jolie bouille en fond d'écran.

— Allô, répète-t-il.

— Pourquoi tu décroches le téléphone de ma copine abruti ? M'emporté-je.

— Aidan, c'est Eli.

— Ouais, ouais, je n’en ai rien à foutre. Passe-la-moi !

— Elle est dans la salle de bains.

— Eh bien marche jusque-là et donne-lui ce putain de téléphone. Pour un médecin, t’es pas très malin.

— Hal est malade...

— C'est Halsey.

— Elle ne peut pas te répondre, continue-t-il comme si de rien n'était.

— Qu'est-ce qu'elle a ?

— Elle n'arrête pas de vomir.

— Alors, je me barre deux jours et elle tombe malade, bravo doc !

— Tu voulais lui dire quelque chose en particulier ?

— Oui, dis-lui que j'embarque d'une minute à l'autre et que je vais bien prendre soin d'elle à mon retour.

— D'accord.

— Oh et dis-lui bien que je l'aime, lancé-je avant de raccrocher.

Bon, je sais que je suis le pire des connards, mais je m'en fous. Hors de questions que je courbe l'échine devant l'enfoiré qui m'a pris ma femme. Mon but est de le dégager et non d'en faire mon meilleur pote. Que les choses soient claires, il est mon rival direct et je n'ai pas l'intention de prétendre le contraire.

Je monte dans l'avion moins de dix minutes plus tard. J'ai trois heures de vol jusqu'à New York et cela va me paraître une éternité. Je n'ai qu'une envie : rentrer pour prendre soin de ma petite chose.

Une fois à JFK, je saute dans le premier taxi que je trouve et lui indique mon adresse. Je gravis les marches quatre à quatre avant de pousser la porte de notre appartement. Je me retrouve alors nez à nez avec cet abruti de médecin. Il est dans la cuisine et semble préparer à dîner. Fais comme chez toi surtout du con !

— Bonsoir Aidan, dit-il froidement.

Notre sympathique conversation téléphonique a fait son petit effet. Parfait !

— Elle prend un bain.

Je commence à m'avancer vers la salle de bains.

— Je viens de te dire qu'elle était dans son bain, dit-il plus sèchement.

Je me tourne en souriant.

— Ouais, j'ai compris, je ne suis pas débile.

Je continue mon chemin en ignorant cet imbécile.

— Fais ça bien Eli, j'ai faim !

Je pousse la porte et découvre Hal barbotant dans la baignoire. Elle a une petite mine.

— Salut ma puce.

— Aidan ! Tu ne peux pas rester là.

— Hal, c'est bon.

— Eli est là.

— Ouais, mais c'est cool entre nous, t'inquiète !

— Vraiment ?

— Mais oui ! m’exclamé-je, en haussant les épaules. Alors, dis-moi ce qui se passe ?

— Hier, on a été mangé dans un restaurant en ville et je crois que j'ai mangé quelque chose de pas frais.

— Tu es certaine que ce n’est pas l'autre qui a essayé de t'empoisonner ?

— N'importe quoi !

— Tu te sens mieux ?

— Un peu, mais je suis toujours barbouillée.

— Tu veux que j'aille te chercher un truc en particulier ?

— Non, c'est bon.

— Même pas des Lucky Charms ?

Je sais à quel point elle aime ces céréales, elle en mangeait toujours lorsqu’elle était malade.

— Je suis un peu grande pour manger ces céréales.

Je m'accroupis près d'elle.

— Si, mais tu as une super excuse pour en avoir ce soir, tu es malade.

— Ça ne t'embête pas ?

— Si c'était le cas, je ne te l'aurais pas proposé.

— Tu es mon ange Aidan Parker.

— Je sais, je t'aime Hal.

— Moi aussi.

— Je reviens avec ton dîner, dis-je avant de déposer un baiser sur son nez.

Je me lève et me dirige vers la sortie.

— Toujours aussi canon mademoiselle Atkins, lancé-je avant de la laisser.

Quand j'arrive dans la cuisine, Eli est assis autour de la table.

— Ne te donne pas trop de mal Eli, je sors chercher le dîner de Halsey.

— Tu as un problème avec moi Aidan ?

Je me tourne vers lui en croisant mes bras sur mon torse.

— NON !!!

— Je ne veux pas que ce soit le cas.

— Il y a encore dix minutes, je ne dis pas, mais maintenant, je suis rassuré.

— Et pourquoi ça ?

J'ouvre la porte.

— Parce que maintenant que je t’ai rencontré, je sais que tu ne fais pas le poids doc, lâché-je, en disparaissant dans le couloir.

**

Après avoir avalé deux bols de Lucky Charms, Hal s'endort sur le canapé. Notre cher docteur, quant à lui, s'active à remettre de l’ordre dans la cuisine. En ce qui me concerne, je suis tranquillement assis sur le fauteuil à regarder un match de hockey. À la fin du deuxième quart temps, je me lève pour la porter jusqu'à sa chambre. Elle sera mieux dans son lit que sur le canapé.

— Aidan, chuchote-t-elle, alors que je remonte la couette sur elle.

— Dors ma puce, il faut que tu te reposes.

— Merci de veiller sur moi.

— C’est toujours un plaisir.

— À demain.

—Bonne nuit.

— Bonne nuit ma puce.

Quand je quitte sa chambre, Eli est sur le départ.

— Je dois commencer de bonne heure demain, m'annonce-t-il.

— Ouais, ouais...

— Je l'appellerai demain.

— De toute façon, elle n'est jamais seule, je suis là pour elle.

Il ouvre la porte avant de se tourner vers moi.

— Je suis vraiment amoureux d'elle, m'apprend-t-il.

— L'aimer ça ne suffit pas Eli, c'est mérité son amour qui est important, rétorqué-je.

Il me toise étrangement avant de sortir en fermant derrière lui.

— Je suis vraiment amoureux d’elle, l’imité-je grossièrement. Pauvre abruti !

Je retourne dans la chambre de Hal et m'allonge à ses côtés. Je préfère être là au cas où elle soit de nouveau malade cette nuit. Je passe un moment à la regarder avant de m'endormir à mon tour.

Je sursaute dans le lit quand un bruit sourd retentit dans l'appartement. Je jette un regard inquiet à côté de moi. Hal n'est plus là. Je bondis sur mes jambes et me précipite à l'extérieur de sa chambre. Un filet de lumière s'échappe de la porte de la salle de bains. Je m'y dirige. La pauvre est en train de vomir tripes et boyaux dans la cuvette des toilettes.

— Merde !

Je m'accroupis derrière elle avant de rassembler ses cheveux dans le creux de ma main. De l'autre, je lui caresse gentiment le dos.

— Tu aurais dû me réveiller...

Elle est de nouveau prise de haut-le-cœur violents. Une fois qu'elle n'a plus rien à vomir, elle s'assied entre mes jambes.

— J'en ai assez d'être malade.

— Bah oui, je comprends. Gerber après t'être pris une cuite phénoménale ça passe, mais après avoir bouffé un truc avarié, ça craint.

Elle rit doucement avant de presser sa joue contre mon genou.

— Merci d'être là.

— Il y a un truc qui dit « dans la santé comme dans la maladie » ...

— Le truc en question se sont les vœux de mariage Aidan, rigole-t-elle.

— Ah ouais ! En même temps, tu es certainement ce qui se rapproche le plus d'une épouse dans ma vie, non ?

— Jusqu'au jour où tu trouveras ta femme et là, elle me détestera et nous ne serons plus amis.

Je dépose un baiser dans ses cheveux.

— C'est impossible ça Halsey.

— Vraiment ?

— Oui, parce que tu es une partie de moi et si elle ne t'aime pas, c'est qu'elle ne m'aime pas vraiment, tu vois.

— Je suis une sacrée veinarde, dit-elle sincèrement.

— Allez, debout ! Il faut que tu dormes.

— Je vais me brosser les dents avant.

Je l'aide à se redresser avant qu'elle aille vers le lavabo et s'emparer de sa brosse à dent. Une fois qu'elle a fini, je glisse ma main dans la sienne et je la conduis jusqu'à sa chambre. Là, elle se recouche.

— Tu restes avec moi ?

— Bien sûr.

— Merci

Je m'allonge à ses côtés et immédiatement, elle se colle à moi avant de sombrer dans le sommeil. La présence de son corps si près du mien, son souffle sur ma peau, sa chaleur qui m'enveloppe avec douceur… Il y a truc qui dit « jusqu'à ce que la mort nous sépare », c'est évident qu'il n'y a que cela qui pourrait me séparer d'elle. Je n'ai plus qu'à l'aider à se remémorer ses sentiments à mon égard et elle dégagera le toubib, elle-même !

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