Halsey

Elma Hilde · Chapitre 42 sur 48

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Halsey

Aidan

 

La cérémonie d'enterrement de Devon a été magnifique. Monsieur Atkins a fait quelque chose de vraiment incroyable. Mais je me suis senti comme un extra-terrestre au milieu de tous ces gens alors, je me suis accroché à Halsey. Elle était tellement bouleversée. C'était dur de voir son chagrin et celui de ma mère. Cependant, cela m'a aidé à ne pas perdre les pédales. Le plus douloureux a été quand ils ont descendu son cercueil en terre. J'ai eu l'impression qu'il était parti une deuxième fois. Maintenant, il y a cette réunion que le père de Hal a organisée dans une des salles de la ville. C'est très beau et mes parents semblent aller un peu mieux, entourés de leurs familles et de leurs amis, mais moi, j'ai juste envie de me barrer. Tout ça, ça ne signifie rien pour moi.

— Viens, me murmure Hal qui vient de surgir à mes côtés.

Elle me prend par la main et m'attire à l'extérieur de la salle.

— Tu m'amènes où comme ça ?

Elle se stoppe et me fait face.

— Je t'amène dire au revoir à Devon.

Je la suis sans broncher. Nous montons dans sa voiture. Elle prend la direction du lac et je comprends alors où elle veut en venir. Cette nana me connait trop bien.

Nous nous garons dans l'allée qui mène à l'étendue d'eau quelques minutes plus tard. Là, elle sort des couvertures du coffre et un pack de bière.

Je ris en la regardant faire.

— Tu es...

— Unique, je sais, rétorque-t-elle amusée.

Nous faisons quelques pas avant de nous asseoir sur une des couvertures. Le temps est assez maussade et le terrain un peu mou et humide.

Elle installe deux couvertures sur nos épaules avant de me tendre une bière.

— À un merveilleux ami, dit-elle, en levant sa bière vers moi.

— À un fantastique grand frère, rétorqué-je, en trinquant avec elle.

— À notre avenir, chuchote-t-elle avant de déposer un baiser sur mes lèvres.

Je bois quelques gorgées.

— On est censé faire quelque chose ?

— Ce que tu veux. On peut parler, on peut rire, on peut chanter ou on peut rester silencieux. C'est à toi de voir mon amour.

— Le silence c'est bien.

— D'accord.

Elle pose alors sa tête sur mon bras et nous restons ainsi un petit moment. C'est exactement ce dont j'avais besoin, un instant de calme au bord du lac où nous aimions pêcher, et une petite bière, mais l'évidence me rattrape brutalement. Je ne pourrai plus jamais faire cela avec mon frère. Il ne me racontera plus ses anecdotes de boulot, et ne me donnera plus de conseil pour mon avenir. C'est fini ! Je sens l'émotion de cet instant me submerger.

— Hal, murmuré-je la voix chargée d'une vive douleur.

Elle se redresse avant de m'ouvrir ses bras. Je pose ma tête contre son cœur et je pleure comme un enfant. Je sais que je peux être moi-même avec elle alors, je la laisse me réconforter.

— Je t'aime Aidan, chuchote-t-elle à mon oreille. Je vais t'aimer toute ma vie.

Ces paroles me font tellement de bien. Je me sens mal et j'ai besoin de tout son amour pour surmonter cette épreuve.

Après de très longues minutes, je m'apaise sous la douceur des caresses de la femme que j'aime infiniment.

— Tu te sens mieux ?

— Oui.

— Les jours prochains vont être difficiles pour toi et tes parents, mais avec le temps, ça sera plus facile.

— Tu as sans doute raison.

— Et puis, on va bientôt rentrer chez nous, dit-elle avec douceur en balayant mes larmes de ses doigts fins.

— Tu aimes l'appart.

— Je l'adore.

— Je suis content.

— Tu as toujours su que je reviendrai ?

— Non, mais il est clair que si tu revenais, ce n'était pas pour occuper la chambre d'à côté.

Elle me fait un sourire timide.

— J'avais très peur Aidan, pas seulement de toi, mais aussi de perdre notre amitié. Si les choses ne fonctionnent pas entre nous...

—Mais arrête de te prendre la tête Hal, c'est carrément impossible. Ça marche tous les deux, et depuis treize ans. À bien y réfléchir, on a toujours agi comme un couple, sauf qu'il n'y avait pas de sexe, c'est tout.

— Mais justement, si c’était nul...

J'éclate de rire.

— Crois-moi Hal, on va donner une autre dimension au sexe ma puce. La démonstration sur ta carrosserie ne t'a pas suffi.

Je la vois pincer ses lèvres en rougissant.

— Est-ce que toi aussi, ça ne t'a pas paru bizarre ?

— Mais ça ne l'est pas.

— Que veux-tu faire ? Me demande-t-elle, en posant sa tête sur mon épaule.

— Je veux juste être avec toi.

— On peut aller chez moi.

— Hal, j'ai besoin que tu m'aides à oublier.

Elle se lève et me tend la main.

— Je connais un bon moyen de tout oublier...

**

Quand je me réveille en sursaut quelques heures plus tard, mon cœur bat la chamade, je suis tout en sueur et ma respiration est haletante. Putain de cauchemar ! Je toise la pièce autour de moi, mais l'obscurité s'en est emparée. Je tâtonne maladroitement le matelas à côté de moi. Soudain, je trouve son corps. Elle est bien là, ce n'était pas réel, elle n'était pas dans cette putain de voiture avec Devon. Je me rallonge en me blottissant contre son sublime corps nu. J'aimerais la prendre dans mes bras et la serrer fort, mais je ne veux pas la réveiller. Je fais doucement courir mes doigts sur sa peau délicate, tout en m'imprégnant de son odeur. Elle est différente ce soir, c'est une envoûtante essence d'amour, de sexe, de moi, sans oublier cette subtile touche de vanille...

Hal m'a rendu dingue ce soir. Je viens de passer un an à la convoiter, à la rêver, à la fantasmer, et ce n'était rien en comparaison de cette nuit. Je m'attendais à quelque chose d'énorme, mais j'étais loin de la réalité. Peut-être m'étais-je trop attardé sur le côté physique ? Seulement, on était bien au-delà de ça. Pour la première fois de ma vie, tout était enfin à sa juste place. Chacun de nos gestes, de nos caresses, de nos baisers, nous liait l'un à l'autre. Elle a marqué ma chair, mon cœur et mon âme de son empreinte. Mon être n'est que son plus fidèle reflet.

J'ai toujours posé un regard haineux sur le monde qui nous entoure, trouvant l'homme ridicule, cruel, absurde et dépourvu de bonté, et je m'interrogeais, pourquoi étais-je ici ? J'avais la réponse sous mon nez depuis treize ans... Je suis ici parce qu'elle est là ! Ma beauté, mon Unique.

— Mon amour, tu ne dors pas ?

— J'ai fait un cauchemar.

Elle remue alors dans le lit pour me faire face et me prendre dans ses bras.

— Aidan, tout va bien. Je suis là.

— Hal, j'ai envie que l'on rentre à la maison.

— Si tu veux.

— On viendra voir mes parents le week-end.

— Bien sûr.

— J'ai besoin de retrouver notre quotidien. J'attends ça depuis bien trop longtemps. Et puis ici, il y a des souvenirs trop douloureux pour le moment.

— Je comprends parfaitement.

— Tu es contente de revenir vivre avec moi, tu me promets ?

— Mais oui ! Je t'aime et je ne veux vivre qu'avec toi. Je suis beaucoup moins enthousiaste à l'idée de devoir récupérer mes affaires chez Eli.

— Ne t'inquiète pas, je vais m'en charger.

— Si tu as dans l'idée d'être méchant, ce n'est pas la peine. Il n'a rien fait de mal.

— NON !!! Il m'a seulement volé ma femme.

— Je n'étais pas ta femme à l'époque, et je ne le suis toujours pas aujourd'hui...

— Eh !

— J'aime les trucs cul-cul, je veux la demande, la bague, la robe et tout ce dont tu as horreur. Après, tu pourras m'appeler « ta femme ».

— T'es chiante.

— Tu sais, en parlant de mariage, il y a des chances pour qu'Andy et Chelsea se marient bientôt.

— Sérieusement !

— Eh bien, j'avais tout organisé pour moi et Eli, et ça serait bête de tout gâcher.

— Mais ils ont envie de se marier ?

— Apparemment. Andy lui a fait sa demande récemment.

— Putain, ton frère me déçoit, je croyais que c'était un vrai mec...

Soudain, ses doigts s'enfoncent dans ma chair avant de me pincer.

— Aïe !

— Attention Aidan, si tu crois que je vais me laisser faire comme avant, tu te trompes.

— Mais arrête ! Dis-je, en me débattant.

— J'ai le pouvoir maintenant et je peux te garantir que tu vas m'épouser.

— Toi ? Tu as le pouvoir ? Laisse-moi rire.

— Tu vas vite saisir la notion d'abstinence et de chambre séparée.

— Je n'étais pas le seul à prendre mon pied tout à l'heure. Toi aussi, tu es dans la merde...

— J'ai toujours mon vibro et, tout-à-fait entre nous, je ne sais pas si je verrai la différence.

— Retire ça tout de suite.

— Non !

— Halsey, grondé-je.

— Même pas en rêve.

Je me redresse dans le lit avant de ruer sur elle afin de lui infliger la torture des chatouilles.

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