Halsey
Halsey
— Ma chérie...
Les lèvres d'Eli viennent effleurer ma hanche dénudée. Je m'éveille au rythme de ses caresses.
— La perfection a trouvé sa plus fidèle représentation dans ton corps.
— Ne t'arrête pas, murmuré-je.
Sa bouche remonte lentement le long de mon flan jusqu'à mon sein. Je me mets sur le dos pour l'inciter à continuer.
Mes mains se retrouvent dans ses cheveux. Je ne veux pas qu'il s'en aille. Quand je les descends le long de son dos, je constate qu'il est habillé.
—Tu dois déjà partir ?
Il remonte pour m'embrasser langoureusement.
—Je suis désolé ma chérie.
Je souffle légèrement.
— Je devrais peut-être me faire hospitaliser pour te voir plus longtemps.
— J'aurais aimé t'accorder plus qu'une simple soirée.
— Ce n'est rien. Il y a des enfants qui ont besoin de toi.
Il se redresse légèrement afin de plonger son regard dans le mien.
— Hal, je t'aime ma chérie.
L'émotion et la sincérité qui se ressent dans sa voix me nouent la gorge. Il ne faut pas plus que cette simple phrase pour briser la méfiance et la distance que je m'imposais dans le seul but de me préserver. Notre histoire est si belle. Je voulais y croire sincèrement, mais une part de moi redoutait toujours une déception. Cependant, la gentillesse, la prévenance et la sincérité d’Eli en sont venues à bout avec une facilité déconcertante.
— Je t'aime aussi Eli.
Nous partageons alors un baiser passionné et doux. C'est intense et beau. Ce que cet échange éveille en moi est si précieux, jamais un homme ne m'avait fait ressentir autant d’émotions. Je me sens en parfaite harmonie avec lui.
— Je dois me sauver.
— Je m'habille rapidement.
— Mais non, reste là. Je t'ai posé un double des clefs sur le plan de travail de la cuisine. Garde-les.
— D'accord.
— Je t'appelle plus tard.
— Passe une bonne journée, dis-je, en remettant de l'ordre dans ses cheveux.
Il se lève et disparaît dans le salon. Je me rallonge et l'instant d'après, j'entends la porte d'entrée claquer. Je tire la couette sur mon corps nu et me rendors.
Je quitte l'appartement d'Eli deux heures plus tard. J'ai dormi un moment, puis j'ai pris une douche et un café, avant de prendre la direction de Lenox Hill.
À mon arrivée à la maison, je file dans ma chambre pour passer une tenue plus décontractée. J'en ressors quelques minutes plus tard et me retrouve nez à nez avec Aidan qui vient de sortir de la salle de bains. Il est nu comme un ver.
—Bordel Aidan ! Tu connais les serviettes de toilettes ?
— Bonjour ma puce, rigole-t-il avec aisance.
La situation ne semble pas le perturber plus que cela. Moi, je ne sais plus où me mettre. Je suis certaine d’avoir les joues en feu.
— Tu veux bien aller t'habiller, dis-je en essayant de garder les yeux rivés sur la partie haute de son corps.
— Tu es rentrée bien tôt.
— Eli bossait ce matin. Ta chambre est par là, lui indiqué-je.
— Hal... tu es... Merde ! Tu rougis.
— N'importe quoi ! M'exclamé-je, en me précipitant vers le réfrigérateur.
Je l'entends glousser dans mon dos. Je prends une bouteille d'eau. Quand je referme la porte, Aidan est à côté de moi.
— Mais c'est quoi ton...
Il me fait taire d'un baiser volé avant de repartir vers sa chambre.
— Il ne te fait pas cet effet-là ton docteur ma puce, chantonne-t-il les fesses à l'air. C'est normal, on est unique toi et moi !
Je tire l'une des chaises placées autour de la table et m'assieds, stupéfaite par ce qui vient de se produire. Mais à quoi joue-t-il ?
Son attitude est des plus surprenantes ces derniers temps, et c'est la première fois en treize ans d'amitié que je n'arrive plus à le cerner. Je reste ainsi quelques minutes. Je suis totalement perdue. J'ai l'habitude qu'il y ait entre nous une certaine intimité. On se connait depuis plus de treize ans. Il y a une certaine aisance qui s’est instaurée entre nous. Cela dit, c’est la première fois qu’elle ne me laisse pas indifférente. Le problème est que je n’arrive pas à déterminer si cette gêne est positive ou négative.
— T'en fais une tronche !
Je bondis au son de sa voix.
— J'étais perdue dans mes pensées.
Un sourire amusé apparaît sur son visage.
— « Super doc » bosse tout le week-end ?
— Oui, rétorqué-je tristement devant la perspective de ne pas voir Eli pendant deux jours.
— Ce que tu peux être cul-cul, lance-t-il, en me tendant la main.
— Quoi ?
— Viens, on se barre.
— Où ?
— On rentre à la maison.
Je saisis sa main en souriant.
— On ira chez Wes, dis-je avec enthousiasme.
— Bien sûr.
— C'est moi qui boit !
Il se met à rire.
— OK !
— Attention Aidan ! Ne me fais pas le même coup que d’habitude. C’est à mon tour de m’amuser.
— Mais oui ! Tu sais, je te comprends. Tu sors avec un mec ennuyant, tu as besoin de moi pour mettre un peu de piment dans ta vie, j'assume.
— Aidan !
— Tu es bien trop spéciale pour cet abruti, c'est du gâchis.
— Tu pourrais, s'il te plaît, changer d'attitude avec Eli ? Tu ne le connais même pas...
— Je n'ai pas besoin de le connaître pour savoir qu'il n'est pas à la hauteur de tes espérances.
— Mais toi oui, répliqué-je contrariée.
— Depuis plus de dix ans, effectivement ! Va te préparer et en vitesse sinon, je pars sans toi.
Je me dirige vers ma chambre sans rien ajouter. Je suis bien trop perturbée par sa façon d'agir pour rétorquer quoi que ce soit.
Nous partons pour le Connecticut une heure plus tard. Dans la voiture, l'ambiance est très étrange. Aidan affiche un état d'esprit jovial et drôle alors que moi, je suis totalement perdue. Je ne sais plus quoi penser des agissements de l'homme assis près de moi.
Soudain, il quitte sa voie pour s'engager sur une route parallèle.
— Mais qu'est-ce que tu fabriques ?
— J'ai envie de voir la mer.
— Nous devions aller à Woodbury.
— On a tout le temps d'y aller une autre fois.
— Que veux-tu faire ?
— On va se baigner, on va manger des fruits de mer et on dort à l'hôtel.
— Se baigner ? Mais on n'a pas pris ce dont nous avons besoin.
— Arrête de te prendre la tête pour ce genre de détail.
— Tu es fou !
— Oui, et j’aimerais que toi aussi tu te laisses aller un peu. Amuse-toi un peu Hal !
— OK !
— Cool ! S'exclame-t-il joyeusement.
Je le regarde sautiller sur son siège en souriant comme un enfant.
— Tu es content de toi ?
— Et comment ! Tu es à moi pour les deux prochains jours, réplique-t-il fièrement.
— Tu avais prévu ton coup, espèce de salaud, m'agacé-je, quand l'évidence me frappe.
— Bien sûr ! Tout ce dont nous avons besoin est dans le coffre de la voiture depuis hier soir.
— Aidan...
— Hal, me coupe-t-il. On est bien là, ne fous pas tout en l'air. On est ensemble. Tu ne veux pas faire comme s'il n'y avait rien de plus, seulement toi et moi.
Son air triste et inquiet ont raison de ma protestation. J'abandonne, ignorant bien volontiers la petite voix au fond de moi qui me fait si peur. Sa vérité m'effraie au plus profond de mon être.
— D'accord...
Nous arrivons à destination moins de trente minutes plus tard. Une fois sur place, nous prenons la route vers la petite baie qui se trouve au pied du grand phare de New Haven.
— Change toi à l'arrière, m'ordonne-t-il gentiment.
— Devant toi ?
— Arrête de faire l'enfant...
— Je ne fais pas l'enfant !
— Oh si, un vrai petit bébé. Change-toi, il y a bien longtemps que tu n'as plus le moindre secret pour moi.
— Pardon ?!
— Je t'ai déjà vu à poil, avoue-t-il.
Je suis totalement sous le choc de ce que je viens d’entendre.
— Quand ?
— Le soir de ton anniversaire.
— Mais comment ?
— Tu m'as fait un strip-tease quand j'ai voulu te mettre au lit.
Je plonge mon visage dans mes mains.
— Ce n'est pas vrai !
— T'as tout déchiré, je te jure. Bon, jusqu'au moment où tu t’es mise à gerber...
— Mon Dieu.
— T'étais chaude putain !
— Aidan !
— Tu faisais voler tes fringues en criant « fais-moi jouir Aidan », dit-il, tout en m'imitant.
— J'ai envie de mourir.
— Pourquoi ? Tu étais adorable.
— Arrête !
— Je peux t'assurer que si tu n'avais vomi, je t'aurais fait jouir et toute la nuit.
— Mais t'es malade !
— Je ne suis qu'un mec Hal et quand une petite bombe comme toi fait danser son petit cul devant mon nez, eh bien, je n'ai pas de supers pouvoirs pour résister.
— Mais t'imagine si on l'avait fait ?
— Ça aurait été merveilleux, sans aucun doute.
— Et il se serait passé quoi le lendemain ? Les choses auraient été très différentes entre nous.
— Nous serions peut-être ensemble aujourd'hui.
Cette conversation me met terriblement mal à l'aise et je n'ai qu'une envie : y couper court.
— Je n’arrive pas à croire que tu ne m'aies rien dit.
— Ça ne servait à rien Hal. De toute évidence, tu ne te rappelais de rien. À quoi bon te le répéter.
— Alors, pourquoi tu m'en parles maintenant ?
— Je ne sais pas, dit-il, en haussant les épaules.
— C'est trop bizarre.
Il ouvre sa portière.
— Passe derrière et change-toi, je vais faire un tour.
— D'accord.
— Je ne voulais pas te gêner, j'aurais dû fermer ma gueule. Je te demande pardon Hal, lance-t-il, avant de claquer la portière.
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