Halsey

Elma Hilde · Chapitre 8 sur 48

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Halsey

Assise à mon bureau à étagères en…

Souvenir d’enfance

 

 

Assise à mon bureau à étagères en bois blanc qui recouvre une bonne partie du pan de mur, je lis le nouveau livre que je viens d'emprunter à la bibliothèque de mon école privée quand la sonnette de la maison retentit.

J'entends alors ma mère parler à quelqu'un, mais la voix de son interlocuteur est si faible et hésitante que je ne parviens pas à l'identifier.

Soudain, ma mère m'appelle du rez-de-chaussée.

Je sors de la pièce et me retrouve sur le palier qui surplombe le hall de la maison. Ma mère, très élégamment vêtue, se tient face à la porte d'entrée ouverte. Aidan attend sous le porche.

— Halsey, ce jeune garçon me dit être ton ami et demande que tu le rejoignes dehors.

— C'est Aidan maman.

— Et tu le connais ?

— Oui, il joue au base-ball avec Andy. Devon est son grand frère. Je peux sortir s'il te plaît ?

— Halsey !

— Maman, nous allons simplement dans le parc.

Elle toise sournoisement Aidan avant de revenir vers moi.

— Deux heures, et pas une minute de plus...

— Merci.

Je croise alors le regard d'Aidan qui me sourit.

— J'arrive.

Je file dans ma chambre à la hâte pour prendre ma veste en jean et ressors immédiatement. Je descends l'escalier arrondi en courant et rejoins mon nouvel ami avant que ma mère ne change d'avis.

— Ta mère ne m'aime pas !

— Tu te trompes, dis-je gênée.

— Ce n'est rien Hal, je m'en fous tant que toi tu m'aimes bien.

Je lui réponds d'un sourire timide.

— Que veux-tu faire ?

— On va jouer dans le parc comme tu lui as dit.

— OK ! Je crois qu'Andy et Devon y sont également.

— On s'en tape !

— Pourquoi ?

— Je n'ai pas envie de les voir.

Nous traversons le parc jusqu'au parcours sportif. Là, Aidan commence à s'amuser sur les rondins de bois. Pour ma part, je m'assieds dans l'herbe et le regarde faire.

— Tes parents ont l'air chiant.

— Non !

— Qu'est-ce que tu faisais dans ta chambre ?

— Je lisais.

— Oh...

Il me parle tout en continuant ses acrobaties.

— Votre baraque est démente.

— Elle est jolie. Et la tienne ?

— Elle ressemble à une cabane de jardin comparée à la vôtre.

— Je suis certaine qu'elle est très belle.

— Tu crois que tes parents te laisseront sortir avec moi ?

— Il n'y a pas de raison. De toute façon, ils ne sont pas là la plupart du temps.

— Ah bon ?

— Ils travaillent beaucoup.

— Qui s'occupe de toi quand ils sont absents ?

— Madame Ramirez.

— Je connais son fils José.

— Oui, il est gentil. Madame Ramirez aussi.

Je vois alors Devon et Andy qui s'amusent sur le skate-parc. Ils sont en compagnie de Will, Kyle et Chase.

— Les garçons font du skate, on va les voir ?

— Pourquoi ?

— On pourrait s'amuser avec eux.

— On est bien là.

— Mais ils sont sympas et puis, tu les connais, vous jouez au base-ball ensemble.

— Je ne l'aime pas.

— Mais pourquoi ?

— Je n’aime pas les gens. Ils m'énervent tous. Je préfère être tout seul.

— Pourquoi tu ne m'aimes pas Aidan ?

— Sois pas bête, je t'aime sinon je ne serais pas là.

— Pourquoi suis-je la seule que tu aimes ?

— Parce que tu es unique, comme moi.

Je ris en entendant sa réponse.

— Moi aussi je t'aime, mais je veux aller avec les autres et tu viens avec moi.

— Pourquoi je t'obéirai ?

— Parce que je suis unique, chantonné-je, en partant vers la bande de garçons. Un petit coup d'œil par-dessus mon épaule m'apprend qu'il me suit.

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