Halsey
Halsey
Quand je m'étire ce matin, je heurte par inadvertance le corps chaud et massif d'Aidan. Je tourne dans le lit pour me retrouver face à lui. Il dort paisiblement et j'en suis heureuse, car il manque clairement de sommeil depuis la mort de Devon. Force est de constater que de rentrer à la maison lui a fait du bien. Hier soir, il était plus calme. Nous avons fait l'amour puis, nous avons repris doucement nos marques dans notre appartement. J'ai été faire quelques courses, préparé le dîner et nous avons passé la soirée à nous câliner sur le canapé. Il est très tactile et tendre. Je pense que cela le rassure et l'apaise. Il a besoin d'être proche de moi pour s'accrocher à l'avenir.
S'endormir n'était pas gagné lorsque nous nous sommes mis au lit. Il ne bougeait pas et restait silencieux, perdu dans ses pensées. J'ai éprouvé une telle tristesse de le voir ainsi, prisonnier de son chagrin, alors j'ai fait la seule chose qui semble lui faire du bien, je lui ai fait l'amour.
Je sors du lit en toute discrétion pour le laisser dormir encore un peu. Je me dirige vers la cuisine pour faire le petit déjeuner avant de prendre mon téléphone portable pour appeler Eli.
— Hal.
— Salut. Je ne te dérange pas ?
— Non.
— Je voulais passer récupérer mes affaires ce soir, si tu es d'accord.
— Oui, pas de problème. Je te les ai préparées.
— Merci. Aidan sera là, dis-je prudemment.
— C'est vraiment utile ?
— Je sais que je t'en demande beaucoup.
— Qu'il vienne, mais je ne supporterai pas qu'il me cherche. Je me suis montré patient et j'ai fermé ma gueule pour toi, mais aujourd'hui, plus rien ne m'y oblige !
— Il se tiendra bien.
— Si tu le dis.
— Alors à ce soir.
— Salut Hal.
Je raccroche avant de me servir une tasse de café chaud que je manque de faire tomber quand Aidan passe ses bras autour de ma taille.
— Tu m'as fait peur.
— Désolé.
— Tu as bien dormi ? L'interrogé-je, en me laissant aller contre lui.
— Oui, grâce à toi.
Il s'empare de ma tasse avant d'aller s'asseoir autour de la table.
— Merci ma petite chose, dit-il l'air de rien.
— Eh !
Je m'appuie contre le plan de travail en le regardant se servir à manger. Il a l'air d'avoir bon appétit, je suis ravie.
— Quoi ? Me dit-il la bouche pleine de bacon.
— Rien, réponds-je, en souriant. Bon appétit.
— Viens avec moi.
Je me sers une nouvelle tasse de café et prends place face à lui.
— Qu'est-ce qu'il t'a dit l'autre abruti ?
— Rien, que l'on peut venir ce soir.
— OK !
— Aidan, tu me promets de te tenir correctement ?
— Mais oui.
— Je suis avec toi maintenant et lui est seul. Penses-y avant de vouloir l'accabler.
— OK !
Je continue à le regarder manger avec bon appétit en sirotant ma tasse de café.
— À quoi tu penses ? Me demande-t-il après un long moment de silence.
— Que veux-tu faire maintenant ?
— Eh bien, je ne serai pas contre une bonne douche avec toi.
— Non Aidan, que veux-tu faire maintenant que nous sommes revenus à New York ?
— Oh... je ne sais pas vraiment. Je n'y ai pas réfléchi.
— C'est assez compréhensible. Tu peux prendre ton temps pour penser à tout ça, ne t'inquiète pas.
— D'accord.
— Un jour, tu m'as dit que tu avais des projets d'avenir, mais tu n'as pas voulu m'en dire plus.
—Pour la simple et bonne raison que mon projet est juste en face de moi.
— Vraiment ?
— Hal, ça a toujours été toi ! Au début, je pensais que l'on était trop jeunes pour se lancer dans une histoire aussi sérieuse. Après, le temps a passé. J'ai honte de le dire, mais j'avais une telle emprise sur toi que je savais que je n'avais pas de souci à me faire. Et puis à Woodbury, tous les mecs savaient qu'ils ne devaient pas t'approcher, j'étais tranquille. Mais ici, les choses ont pris une autre tournure.
— Tu te rends compte à quel point tu es manipulateur ?
— Je ne suis pas fier de moi, je te jure !
— Tu as passé ton temps à repousser les deux garçons qui ont eu le courage de sortir avec moi malgré toi. C'est pour ça que je suis restée avec Eli. J'ai cru qu'à la seconde où je l'aurai quitté, tu serais redevenu Aidan, et moi, je me serai de nouveau retrouver seule.
— Je comprends et je ne t'en veux pas d'être partie avec lui.
— C'est vrai ça ? Parce que tu as été très dur avec moi.
— Tu me connais assez pour savoir que lorsque je suis malheureux, je deviens méchant.
— Oui, je le sais parfaitement. Quand tu m'as dit que c'était de ma faute pour Devon...
— Hal, soupire-t-il.
— Je savais que tu ne le pensais pas. Je suis partie pour te laisser de l'espace. Ce qui m'a fait mal, ce ne sont pas tes paroles, mais ce jour-là, j'ai cru que j'avais perdu ton amitié et ça m'a fait vraiment souffrir.
— Je sais que j'ai des choses à te faire oublier et que je dois faire mes preuves, mais Hal, si parfois tu doutes de moi alors, rappelle-toi que j'ai toujours vu mon avenir avec toi. Tu te souviens de notre baiser dans les bois ?
— Oui, je m'en souviens très bien.
— Tu n'as pas oublié ce que je t'ai dit ce jour-là ?
— Non.
— Je serai ton dernier baiser ma puce, il en a toujours été ainsi, et je te demande pardon d'avoir mis si longtemps à me sentir près pour l'assumer pleinement. J'ai été profondément égocentrique.
— Je ne dirai pas le contraire !
— Hal, hier tu m’as dit avoir couché avec ces trois pauvres types à cause de moi…
— Est-ce vraiment important ?
— Je voudrais que l’on parte sur de bonnes bases et j’ai des choses à t’avouer.
Je devine à l’expression sur son visage qu’il se sent extrêmement coupable et cela n’inaugure rien de bon.
— Aidan Parker, qu’as-tu fait ?
— D’abord, il faut que tu saches que si je t’ai blessée c’est indépendamment de ma volonté. Ce n’était pas mon but.
— Je t’écoute !
— Le soir où tu es venue me chercher chez Nicole, je t’ai menti.
— À quel sujet ?
— Je n’avais pas couché avec elle.
— Mais pourquoi ?
— Je n’avais jamais eu de nana et ça me complexait.
— J’ai couché avec Bobby parce que je pensais que tu l’avais déjà fait de ton côté !
Je me lève furieuse de ses manigances et des conséquences qu’elles ont eues sur ma vie. Je sais que ce sont des décisions que j’ai prises bêtement, car je me sentais seule et rejetée. J’ai une lourde part de responsabilité dans cette affaire, mais je suis tellement en colère contre lui de m’avoir incité à faire tous ces mauvais choix.
— Je voulais que ce soit toi et je voulais être ta première fois, et tes mensonges ont tout gâché.
— Je sais, je te demande pardon !
Je plonge mon visage dans mes mains en essayant de me calmer.
— Tu es… je te jure que tu me fatigues vraiment !
— Crois-moi, j’ai regretté de t’avoir dit ça quand j’ai su que tu avais couché avec lui ce soir-là. J’étais loin de m’imaginer que ça te précipiterait dans son plumard.
— Parfois, je ne comprends rien à ce qui se passe dans ton crâne !
— Pardonne-moi !
— Dis-moi ce que tu as d’autres à te reprocher.
— La fille que Wyatt a baisé à l’arrière de sa caisse…
Je m’empare du torchon présent sur le plan de travail avant de le frapper avec.
— Je te hais Aidan !
Il me saisit par les poignets et me maintient avec force.
— Arrête petite chose !
— J’ai souffert ce jour-là.
— Tu crois que c’est ce que je voulais ! Le but était qu’il te lâche, pas qu’il te trompe. Je te jure que je n’ai jamais pensé qu’il ferait ça.
— Mais pourquoi as-tu agi ainsi bon sang ?
— Parce que je t’aime !
— Tu ne pouvais pas simplement me le dire ?
— Non !
— Pourquoi ?
— Parce que j’avais la trouille.
— De moi ?
— Ne dis pas de connerie ! Lance-t-il dans un rictus moqueur. Non, j’avais peur de moi.
Il me prend par la taille et me plaque contre son torse.
— J’avais peur de t’attirer dans mes ténèbres. Mon joli petit ange, je devais changer avant de te laisser t’emparer de moi. Tu aurais bien plus souffert. Hal, laissons tout ça derrière nous, je t’en prie ! Je veux ne penser qu’à toi maintenant. Laisse-moi te montrer que je peux être un meilleur homme pour toi, que ton amour a fait de moi quelqu’un de bien.
— Tu vas avoir du boulot !
— J’ai toute la vie devant moi ma puce.
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