La boîte à outils de la confiance en soi (BàO La Boîte à Outils) (French Edition)
Outil 23 - Développer son autonomie
OUTIL
23
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Développer son autonomie
METTRE EN PLACE DES MÉCANISMES
DE PROTECTION
Source : Le triangle dramatique de Karpman.
En résumé
La personne qui a acquis une autonomie émotionnelle est à la fois libre, indépendante et partenaire avec les autres (Richard Thibodeau). L’autonomie, c’est avoir assez confiance en soi pour oser poser certains gestes et devenir capable d’agir et de réfléchir par soi-même.
En devenant autonome, l’enfant développe son estime de lui-même tout en se créant une vie intérieure stable et riche qui l’aide à éviter l’ennui et à se défaire de sa dépendance aux autres. Adulte, il s’agit de se défaire de certains jeux psychologiques dans lesquels vous pouvez vous laisser embarquer.
Insight
A person who has acquired emotional autonomy is free, independent, and capable of relating to others (Richard Thibodeau). Autonomy means having enough self-confidence to dare to make certain gestures, while acquiring the capacity to act and reflect on one’s own.
By becoming autonomous, a child develops self-esteem while at the same time forging a rich, stable inner life that helps him/her avoid boredom and dependence on others. As adults, we learn autonomy by avoiding becoming entwined in dangerous psychological games.
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Pourquoi l’utiliser ?
Objectif
• Prendre de la distance avec les jeux psychologiques. • Sortir de la fusion affective pour agir par soi-même. • Développer l’estime de soi.
Contexte
Selon Éric Berne, la façon dont on se perçoit combinée à l’éducation que l’on a reçue donne naissance à des choix, des comportements, des valeurs, des attentes, des craintes ou des désirs qui nous conduisent à reproduire les mêmes schémas, à vivre les mêmes histoires avec les mêmes personnes (de façon consciente ou inconsciente). L’analyse transactionnelle décrypte ces processus et tente d’aider à sortir de ces boucles.
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Comment l’utiliser ?
Étapes
1. Repérez les jeux dans lesquels une personne vous incite à entrer (cela vous évitera d’être victime de manipulation). 2. Demandez-vous pour quelles raisons vous avez accepté d’être « victime » (de subir) alors que vous aviez flairé le piège, par exemple. Vous êtes-vous régulièrement retrouvé à jouer les autres rôles du « triangle dramatique » ? Comment allez-vous vous y prendre pour sortir de ces rôles que vous jouez ?
3. Protégez-vous face à un comportement manipulateur, en travaillant votre capacité d’affirmation et en vous retirant d’une interaction qui ne mènerait qu’à la dépendance.
Méthodologie et conseils
Le jeu est un ensemble de transactions doubles (jeu social) dans lequel il y a un piège tendu où la « victime » s’engouffre plus ou moins malgré elle. Dans tout jeu, il y a manipulation d’une personne par une autre. Aucune des positions du triangle dramatique ne permet d’établir une relation saine. Les jeux psychologiques sont connectés aux différents
« états du moi » (cf. outil 7) et à nos besoins en tant qu’êtres humains. N’oubliez pas que la plupart du temps, ces jeux sont inconscients.
Deux questions peuvent aider à se rendre compte par soi-même de la présence des jeux :
• « Quel est le message caché que je cherche à envoyer en disant cela ? » • « Quel est le message caché que l’autre est en train de m’envoyer ? En fait, quel est le véritable besoin non exprimé, de part et d’autre ? »
« Ce n’est pas tant l’aide de nos amis qui nous aide que notre confiance
dans cette aide. » Épicure
Avantages
■ Cette prise de conscience et cette analyse des jeux permettent de ne
pas se laisser embarquer dans des émotions négatives.
■ Cette analyse permet de sortir de la relation de dépendance à l’autre.
Précautions à prendre
■ Les jeux psychologiques sont souvent inconscients et ne sont pas tous
pervers. Quand vous repérez ces jeux, vous pouvez rester bienveillant en tentant d’exprimer votre véritable besoin.
■ Il peut être difficile de prendre conscience et d’accepter que vous avez
adopté un rôle qui ne vous satisfait pas.
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Comment être plus efficace ?
Comment sortir de ces 3 rôles ?
L’autonomie est un chemin. Devenir autonome, en analyse transactionnelle, « c’est développer la faculté à parcourir la vie en faisant des choix clairs et en les assumant, à avoir conscience de ses propres besoins et à savoir les satisfaire ». Cela consiste à ne plus être soumis aux aspects négatifs de son scénario (des schémas de répétition notamment).
LES TROIS ROLES DU TRIANGLE
DRAMATIQUE
La solution du triangle dramatique Le persécuteur = « Mise en action de son affirmation »
Faire comprendre clairement ses besoins, négocier honnêtement sa place et exprimer ouvertement son opinion. Cela permet d’agir dans son intérêt personnel sans avoir besoin de punir ou de s’approprier le territoire.
La victime = « Reconnaissance adéquate de sa vulnérabilité »
La victime se reconnaît une fragilité momentanée devant une situation. Cependant, elle reconnaît aussi les habiletés adéquates pour agir en fonction de ce qui lui arrive ; la vulnérabilité a un caractère passager. Cet individu qui peut avoir besoin d’aide ne s’en remet pas qu’aux autres pour traverser les difficultés.
Le sauveteur = « Mise en action de sa part de responsabilité »
Ne surinvestit pas et ne vient en aide qu’en fonction du rôle qu’il occupe. Il se concentre sur la qualité du lien à créer, sur la responsabilité et sur le comportement. Parce qu’il est lui-même responsable, il appelle la responsabilité dans les autres et tout le potentiel que les autres ont pour agir et réagir à ce qui leur arrive.
Il offre son aide pour rechercher le comportement d’affirmation adapté qui permettra de résoudre une difficulté.
La personne responsable ne s’approprie pas le problème d’un adulte et, au besoin, se retire d’une interaction qui ne mènerait qu’à la dépendance. La plupart du temps, c’est autour de deux de ces rôles que nous passons notre temps à communiquer avec l’autre, lorsque nous sommes « embarqués » dans des jeux psychologiques.
Stratégies personnelles
Exemples de jeux courants :
• Sauveteur : la personne laisse penser qu’elle agit par esprit désintéressé pour aider l’autre alors qu’elle agit d’abord pour flatter son ego et se donner bonne conscience. Si la victime vient à refuser l’aide, le sauveteur peut se mettre en colère et prendre le rôle de « persécuteur » : « Allez, laisse-moi faire à ta place », « J’essaie seulement de t’aider. »
• Victime : la personne se fait passer pour une victime pour obtenir autre chose : « Cela n’arrive qu’à moi », « Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? », « J’ai jamais de chance », « J’essaie, mais je n’y arrive pas », « Je n’en serais pas là si… », « Personne ne peut m’aider ! ».
• Persécuteur : le persécuteur fait croire à sa victime qu’elle est la cause de ses malheurs alors qu’il agit d’abord pour son plaisir personnel : « Tu veux ma mort », « Toi, toi, il n’y en a que pour toi », « Tu n’es pas assez bien pour… », « Tu nous mets en difficulté », « Regarde ce que tu m’as fait faire ».
La trousse de secours du sauveteur (Claude Steiner)
Quand nous nous disons « Je devrais faire quelque chose pour cette personne » ou que nous faisons plus de 50 % du travail, il y a 4 questions que nous pouvons nous poser :
1. Est-ce ma responsabilité ?
2. Suis-je capable, c’est-à-dire compétent ?
3. Ai-je envie de l’aider ?
4. Suis-je invité explicitement ?
S’il y a 4 oui, alors allons-y.
S’il y a 1 non, alors réfléchissons.
S’il y a 2 non, alors n’y allons pas.
Les principes de la contre-manipulation
• Faites des phrases courtes.
• Restez dans le flou.
• Utilisez des phrases toutes faites, des proverbes, des principes. • Utilisez des généralités : « on ».
• Souriez, surtout en fin de phrase, si le contexte le permet. • Faites de l’autodérision.
• Restez poli.
• N’entrez pas dans la discussion si elle ne mène à rien ou à la dévalorisation. • Évitez l’agressivité.
• Ne vous justifiez plus.
En bref, faites en sorte que votre comportement soit celui d’un indifférent.
Quelques outils d’expression de contre-manipulation :
• « C’est votre opinion » (avis, interprétation, façon de voir…). • « On peut le croire ».
• « Vous avez le droit de le penser. »
• « Tout le monde ne pense pas comme vous. »
• « C’est possible. »
• « Cela peut arriver. »
• « Ne vous inquiétez pas pour moi. »
• « J’ai la conscience tranquille. »
• « Je n’en doute pas. »
• « Que voulez vous dire par là ? » ■
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