Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 9 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 5

 

— Tu as fait quoi ? hurlé-je, hors de moi.

— Oh ! ça va, ne me force pas à répéter.

— Bon sang, mais qu’est-ce qui t’a pris à la fin, hein ? — Je pensais juste rendre service, et puis c’est toi qui as commencé, ma

cocotte, réplique-t-elle en mâchant son chewing-gum. Tu n’aurais jamais dû envoyer ces coordonnées en premier lieu.

— Je… je n’ai rien fait, bordel !

— Quoi ?

— Ce n’est pas moi qui ai envoyé les coordonnées de la réunion à ces

foutus bikers !

— Dans ce cas, qui ?

— J’en ai aucune putain d’idée, mais ça ne sent pas bon. Les Sinners

sont en plein milieu d’un bordel sans nom et ils ne s’en rendent même pas compte.

Je soupire en passant une main dans ma tignasse blonde et en

arpentant notre salon minuscule. Je n’arrive pas à croire qu’Aifé ait agi ainsi. Elle connait pourtant les règles, merde ! Pas de contact avec l’objet de la mission, mais cette tête de mule n’en a fait qu’à sa tête, encore une fois.

— Tu penses que c’était Méduse ? demande-t-elle. — J’en ai aucune idée, mais toute cette histoire me donne la migraine.

Je te laisse l’appeler, je vais me pieuter.

Sans un regard en arrière, je me dirige vers ma chambre et claque la

porte. Ça me défoule juste une seconde, puis rapidement, la frustration revient. Je tourne en rond devant mon lit tout en mordillant la peau de mon pouce. C’est une mauvaise habitude que j’ai héritée de ma très chère maman. Notez l’ironie. Cette femme n’avait rien d’une mère, mais tout d’une collectionneuse d’hommes. Je ne comptais même plus les mecs ni les fois où je l’ai trouvée larmoyante dans la salle de bain, parce que ces abrutis la laissaient en plan. Quand elle est morte, il y a six ans, je me suis sentie libre, si on peut dire. C’est peut-être méchant, mais c’est la vérité. Cette femme est mieux dans la tombe que dans ma vie.

*****

Après une petite sieste bien méritée, je rejoins Aifé. Aujourd’hui,

nous avons une rencontre avec un groupe de mafieux polonais qui sont de mèche avec les Chinois, si j’ai bien compris. Apparemment, ils fournissent des armes aux bikers qui ne sont que des intermédiaires dont les deux clans souhaitent se débarrasser. Du coup, ils bidouillent de fausses interventions et les marchandises passent directement des slaves aux bridés. Rien de plus, rien de moins, sauf qu’ils n’ont pas idée à qui ils ont affaire. Les Sinners sont renommés dans le monde entier et ils sont loin d’être des enfants de chœur. Autant dire que les mafieux ont intérêt à protéger leurs arrières, quand Ax sera au courant, ça va barder.

Nous ne mettons qu’une vingtaine de minutes à rejoindre la base des

bouffeurs de pierogis. Comme je m’y attendais, nous passons devant deux colosses qui nous fouillent. Sans surprise, ils ne se gênent pas pour toucher la marchandise au passage et il me faut tout mon self-control pour ne pas leur foutre mon poing dans la gueule. Néanmoins, je compte jusqu’à dix dans ma tête et lui offre un regard meurtrier quand il s’éloigne avec un grand sourire aux lèvres.

Aifé attrape ma main et me tire en direction du bureau de Marcin

Wojcik. Ce dernier nous attend visiblement de pied ferme, car lorsque nous passons la porte, il se redresse de son fauteuil gigantesque et ferme le bouton de son costard. Il contourne son secrétaire pour venir se placer devant nous et poser ses fesses contre le bois.

— Tiens, tiens, mais que vois-je ? déclare-t-il avec un fort accent de l’Est. Deux valkyries chez moi… Que me vaut l’honneur de votre visite, mesdemoiselles ?

Mes mâchoires se contractent face à son ton condescendant. Pour

qui il se prend, franchement ? Ce n’est pas parce que j’ai un vagin à la place d’une queue, que je vaux moins. Bordel, je déteste les personnes comme ça, mais malheureusement, dans le milieu de l’illégalité, ils sont à profusion.

— Nous aimerions parler des Nyx’s Sinners, répond ma meilleure amie, ce qui augmente encore plus la tension dans la pièce.

Wojcik nous observe tour à tour, sans doute pour jauger notre

sérieux, et ce connard ne trouve rien de mieux à faire que de nous rire à la gueule. Mon sang-froid étant arrivé à bout, je bondis sur mes jambes et sans qu’il le voie venir, je l’aplatis sur son bureau. Marcin fait un signe à son chien de garde de reculer lorsque mes doigts enserrent sa gorge et bien qu’il arbore un grand sourire, le mafieux n’est pas réellement tranquille.

— C’est bon, maintenant qu’on t’a montré nos capacités, tu vas nous

prendre au sérieux ? Où il faut qu’on passe à l’étape supérieure ?

Il lève les mains en signe de reddition et je m’écarte, non sans

jubiler intérieurement quand il m’adresse un regard noir. Il masse la zone sensible de son cou, puis ordonne à son sbire de quitter la pièce, ajoutant qu’il doit trouver toutes les infos possibles sur nous. Il ignore que je le comprends à la perfection, même si je ne le montre pas. J’ai toujours adoré les langues, donc il ne m’a pas été trop difficile d’en apprendre sept. Je parle couramment le français, l’espagnol, l’italien, l’allemand, l’arabe, le chinois et le polonais. Je viens de me mettre au gaélique, mais avec toutes les merdes qui nous tombent dessus, je n’ai pas trop le temps.

— Qu’est-ce que vous voulez ? crache le mafieux. — On va avoir besoin que vous stoppiez vos affaires avec la triade, dis-

je le plus naturellement du monde.

— Vous n’êtes pas sérieuse ?

— Aifé, est-ce qu’on est sérieuse ? demandé-je à mon acolyte. — Absolument sérieuse, ajoute-t-elle avec un grand sourire.

Chaque fois qu’elle fait cela, on pourrait imaginer qu’elle est la fille

de Harley Quinn. Et encore, sa jumelle est absente, ces deux-là sont plus que flippantes quand elles le veulent.

— Vous pouvez aller vous faire foutre, le deal avec les Chinois me

rapporte un max de blé et je ne vais pas me coucher dessus pour deux paires de seins.

— Je crois qu’il n’a pas compris, il n’a pas le choix en fait, ricané-je à

l’intention d’Aifé.

— Du coup, tu penses à quoi ? questionne mon amie en ignorant

royalement le regard que nous lance le Polonais.

— Je sais pas, ils sont du genre têtu.

— T’as raison, merde ! Du coup, on fait à la bonne franquette ?

Je hausse les épaules et m’installe plus confortablement dans mon

fauteuil, pendant qu’elle se lève et s’approche du mafieux. Je l’observe glisser sa main sous sa jupe en cuir pour descendre son string vert pomme. Évidemment, elle a toute l’attention de l’homme et il ne voit pas mon poing arriver. Ce dernier touche sa joue, tandis que sa tête bascule à quatre-vingt-dix degrés. Ma copine tourne ensuite les talons, abandonnant son sous-vêtement sur le bureau, puis quitte la pièce, me laissant en tête-à-tête avec Wojcik.

— Comment oses-tu, [4] Suka, tu vas me le payer, rugit-il.

— Peut-être, mais sachez que c’était juste un avertissement. Coupez tout contact avec les Chinois, sinon ce sera la guerre. Et on sait tous les deux que vous n’avez pas ce qu’il faut pour en arriver jusque-là. Vos alliés vous abandonnent un à un, donc réfléchissez. Sur ce, je vous souhaite une excellente soirée, monsieur Wojcik. 

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