Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
Chapitre 26
Je ne quitte pas l’hôpital tout de suite après notre conversation. Au
lieu de ça, je me dirige vers le bureau des infirmières et demande à l’une d’entre elles si elle peut me faire une prise de sang. Sortant tout juste de crise, je préfère vérifier que tout va bien avant de reprendre la route.
Je patiente quelques minutes dans la salle d’attente pour avoir mes
résultats avant de partir. Je parcours la discussion que je partage avec les filles du club. Bien évidemment, Aifé a vendu la mèche comme quoi, j’étais en hyperglycémie, ce qui me vaut quelques remontrances de la part de mes sœurs. Je souris en voyant certaines de leurs réflexions, notamment celle de Slayer, qui me menace de débarquer et de me botter le cul si je continue à déconner. Bon, en vérité, elle ne l’a pas formulé de cette manière. C’était, disons… plus imagé et connaissant le phénomène, je préfère ne pas trop la tester. Je m’apprête à lui répondre quand quelqu’un s’installe à mes côtés. Je suis sur le point de l’envoyer balader, mais lorsque je constate qu’il s’agit de Roxy, je retiens mes mots.
La mère de Lennox m’offre un sourire en coin et me tend un café ou
un thé, je suppose. Je l’accepte en la remerciant avant d’en prendre une gorgée.
— Tout va bien ? demande-t-elle en avisant le pansement qui barre mon bras.
— Oui, juste un petit contrôle.
— Comment est-ce que tu te sens ?
— Fatiguée, je ne cracherais pas sur quelques heures de sommeil, réponds-je en haussant les épaules. Et toi ?
— Je ne dirais pas non quant au fait de rejoindre Morphée, mais j’ai
rendez-vous avec le chirurgien de Nox dans quelques minutes.
Je hoche la tête et me focalise plus sur ce qui se trouve entre mes
mains. Telle une maman ourse, Roxanne se rend rapidement compte que quelque chose me chiffonne et d’un regard, m’invite à parler.
— J’ai discuté avec Lennox, tout à l’heure.
— Et ?
— J’ai voulu m’excuser, mais je crois que je l’ai vraiment blessé quand
il a appris que je ne me suis pas tournée vers lui après mon départ de la maison, avoué-je, défaite.
Celle qui était comme une mère pour moi s’approche avant
d’entourer mes épaules de son bras.
— J’adore mes enfants, tu le sais, mais parfois, j’aimerais bien les
étrangler. Lennox est vexé, c’est un fait, mais ça finira par lui passer, tu verras. Il ne peut pas rester longtemps en colère après toi, cela a toujours été le cas et je ne pense pas que les années aient changé quelque chose à ça.
— Et si tu avais tort ? Et s’il n’arrivait pas à me pardonner ? — Alors, c’est que c’est un imbécile. Écoute, Rosie, je t’aime comme si
tu étais ma fille et j’imagine que ta vie avec ta mère n’a pas été de tout repos, mais…
— Ça, c’est un euphémisme, marmonné-je.
— Mais, ça ne te définit pas. Je suis passée par des trucs moches moi
aussi et regarde où j’en suis. J’ai un mari extraordinaire qui m’a donné la famille que je n’ai jamais réellement eue avant de le connaître. J’ai deux fils pour qui, même s’ils sont sacrément casse-pieds, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour les rendre heureux. Et, je sais que le bonheur de Lennox, c’est toi.
Je mordille ma lèvre afin de retenir les larmes qui me montent aux
yeux, puis pose ma tempe contre son épaule. Sa prise autour de moi est maternelle et ça me fait du bien. Je crois que je serai à jamais reconnaissante pour ce qu’elle m’offre à cet instant précis.
— Merci, chuchoté-je avant d’embrasser sa joue. J’avais besoin de ça. — Quand tu veux, ma belle. Tu sais bien que tu seras toujours la
bienvenue chez moi, peu importe ce qu’il en est de ton histoire avec mon fils.
— Est-ce qu’il ira bien ? demandé-je avec une pointe d’angoisse dans la
voix.
— Le temps nous le dira, mais je sais de source sûre qu’il fera tout pour que ça aille. Je crois qu’avoir un objectif est un bon début, termine-t-elle avant de me faire un clin d’œil.
Nous restons encore quelques minutes enlacées et elle me lâche
avant de se diriger vers le service où se trouve Lennox. Mes doigts me démangent de prendre mon téléphone et de lui envoyer un message, mais je me retiens et quitte l’hôpital.
Sur la route qui mène à l’appartement, je repense à ma conversation
avec le biker et j’ai un pincement au cœur en entendant à nouveau ses paroles.
« C’est une amie, rien de plus. »
Il n’y a pas à dire, quand votre premier amour lâche ça, ça fait un
mal de chien. Cependant, j’essaie de penser à autre chose et lorsque je grimpe l’escalier qui mène à l’étage, je n’ai envie que d’une seule chose… dormir pendant au moins une semaine. Je sais que c’est un effet secondaire du diabète, mais je ressens également un épuisement émotionnel que je n’avais pas éprouvé depuis un bail.
Du coup, profitant de l’absence de ma meilleure amie, je me glisse
dans mon lit avec ma tablette et entame une série qui me faisait de l’œil depuis un moment. Malheureusement, je ne vois que les dix premières minutes avant de plonger dans un sommeil profond.
*****
Un bruit sourd me fait me redresser brusquement. J’ouvre
difficilement les yeux, à la recherche de la source de ce raffut et ce n’est qu’après m’être levée pour rejoindre le salon que je constate qu’Aifé est rentrée. Et pas seule, si j’en crois les deux hommes qui l’accompagnent. Les gloussements qu’elle laisse échapper m’indiquent qu’il est temps pour moi de retourner dans ma chambre. Comme je suis à moitié réveillée, j’oublie la table et me cogne le pied dedans. Évidemment, c’est mon petit orteil qui trinque et la flopée de jurons que je lâche avertit ma coloc de ma présence.
— Oh ! Neith, ça va ? demande-t-elle en remontant la bretelle de son soutien-gorge.
— Parfaitement, pourquoi ?
— Tu es toute rouge.
Je hausse les épaules avant de regarder dans la direction des deux
mâles qui l’accompagnent.
— Bonne nuit, dis-je avant de rejoindre mon lit.
Et en entendant de nouveaux gloussements, je remercie le
propriétaire des lieux d’avoir mis les deux chambres à l’opposé l’une de l’autre, parce que je sens que la nuit va être longue. Très longue.
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