Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 53 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

5. Calliope

 

Je suis épuisée. Après le départ de Romance, j’ai tenté de dormir quelques heures, mais impossible. Mon cerveau n’arrivait pas à se mettre en OFF et ne cessait de me repasser les événements de cette nuit. D’ailleurs, rien que d’y repenser, j’en ai des frissons jusqu’aux orteils.

— Oh, j’en connais une qui a passé une nuit de folie et qui a du mal à se remettre de sa gueule de bois, ricane Tempe après avoir déposé un thé vert fumant devant moi.

Je marmonne quelque chose d’inintelligible, ce qui fait rire ma meilleure amie.

— Je t’ai vue partir avec ce beau mâle, dis-moi qu’il était doué, je t’en supplie ! Tu as bien besoin de ça après le désastre avec Oliver.

— Oh, crois-moi, il était doué ! ne puis-je m’empêcher de lâcher. Je crois même que j’ai jamais autant pris mon pied.

— Wouhou !

Tempérance se lève et se met à faire une danse de la joie, ce qui me fait rire parce que, honnêtement, elle n’a pas le rythme dans la peau.

— Et toi ? demandé-je avec un brin de malice dans la voix. Il m’a semblé voir que tu as bien « accroché » avec Zach.

— Qui aurait cru qu’un gars à l’apparence aussi coincé, puisse être aussi chaud bouillant au lit ?

— À ce point ?

— Tu n’imagines même pas, ajoute-t-elle avec les yeux pétillants.

Je m’esclaffe, mais reviens rapidement sur terre lorsque mon téléphone se met à sonner. Je quitte mon canapé et mon plaid dans lequel j’étais emmitouflée pour rejoindre la cuisine où se trouve mon portable. Voyant qu’il s’agit de ma mère, je n’hésite pas et décroche.

— Salut, m’man.

— Bonjour, ma puce, je ne te dérange pas ?

— Non, pas du tout, Tempe me racontait sa nuit de folie.

À travers le combiné, je perçois le rire de ma mère, ce qui me fait sourire. Je sais qu’avant ma naissance, elle et mon père ont eu quelques hauts et quelques bas. Je n’ai pas demandé plus d’informations, mais de ce que j’ai compris, ma mère ne parlait pas. Genre pas un mot. Bien évidemment, le grand Paxton Sheridan ne pouvait que tomber sous son charme. J’adore mes parents et les voir ensemble me prouve qu’un amour comme le leur existe réellement, mais je suis légèrement jalouse de ce qu’ils partagent. J’aimerais avoir ça. J’aimerais avoir quelqu’un qui me prenne dans ses bras lorsque je suis triste, ou qui sache me faire rire. Je veux une complicité qui ne s’effiloche pas dès le troisième rendez-vous ou après quelques mois de relation. Mais bon, il semblerait que mon heure ne soit pas encore venue.

— Je me doute que la soirée a été bonne pour elle, comme pour toi, ma

puce, déclare ma mère. Au fait, je t’appelle parce qu’on organise un pique-nique slash fête surprise pour l’anniversaire de Lennox. Comme ses derniers mois n’ont pas été faciles pour lui, on s’est dit… enfin, Rosie s’est dit qu’on devrait lui organiser un petit truc. Je crois d’ailleurs qu’elle et ton père en ont discuté.

— Vraiment ? C’est une super idée. Compte sur moi, je serai là.

— Super, maintenant, il ne nous reste plus qu’à convaincre Romance.

— Ah bon, pourquoi ça ?

— Tu n’as jamais remarqué qu’il était absent à toutes les fêtes de Noël ?

Il déteste cette période de l’année.

Entendre ça me procure un pincement au cœur. Noël est la période la plus

magique de l’année, et je ne dis pas ça seulement parce que j’adore cette fête. C’est le moment de tous nous retrouver et d’apprécier la présence de ceux qui nous sont chers. Voir la joie sur le visage des enfants lorsqu’ils découvrent leurs cadeaux, mais également celle des parents en les voyant si heureux.

— Non, je n’ai jamais fait gaffe, avoué-je un peu honteuse.

— D’après ce que m’a dit ton père, c’est durant cette période que ses

parents l’ont abandonné.

— Sérieux ? Mais qui fait ce genre de chose ? Surtout à cette période de

l’année ?

— Malheureusement, ma puce, certaines personnes ne sont pas faites

pour être parents.

— Ça, c’est certain !

Même si je ne la vois pas, je sais que ma mère sourit à travers le combiné.

Nous discutons des préparatifs pendant encore une bonne demi-heure avant que le devoir ne l’appelle. Et par ça, il s’agit de mon père. Paxton Sheridan est un homme intimidant, du moins, pour ceux qui ne le connaissent pas. En réalité, il n’y a pas meilleur homme au monde. Il est gentil, attentif, juste, tout en sachant être ferme quand il le faut, et surtout, il est raide dingue de ma mère. Je ne les ai vus se disputer que de très rares fois et, lorsqu’ils se réconcilient, il valait mieux que j’ai un bon casque audio à portée de mains.

— Alors, comment va ta mère ? questionne Tempe en entrant dans la cuisine.

— Oh, tu sais, elle a toujours la pêche.

— J’adore ta mère, c’est un ange.

— Ouais, ajouté-je pensivement.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Rien, pourquoi ?

— Tu m’as l’air bien pensive.

— Non, c’est juste que… je réfléchissais à un truc qu’elle m’a dit.

— Et ? Souhaiterais-tu en faire part à ta meilleure amie ?

Je réfléchis pendant quelques secondes avant de couvrir mon visage de mes mains.

— Tu sais, le gars avec qui je suis rentrée, cette nuit…

— Ouais, bel Apollon.

— C’est Romance.

Tempérance s’étouffe avec la gorgée de thé qu’elle venait de prendre, puis me regarde, les yeux écarquillés.

— Attends, reprends-moi si je me trompe, hein, mais il m’a semblé t’entendre dire que tu étais rentrée avec un biker, c’est ça ?

— Oui.

— Oh, putain de bordel de merde !

— Quoi ?

— Jamais je n’aurais cru entendre ça de ta bouche un jour. Quoique cela ne devrait pas me surprendre plus que ça.

— Quoi ? Pourquoi ?

— Callie… tu es la fille la plus gentille et la plus intelligente que je connaisse, mais pour ce qui est des relations amoureuses, t’es nulle à chier.

— Merci, enfin, je crois.

Mon amie s’approche de moi et passe un bras autour de mes épaules.

— Tu es à fond sur ce gars depuis… piouf, je ne sais combien de temps. Les rares fois où tu en parles, tu as ce petit air rêveur, ce qui n’était pas le cas avec tes ex. Aucun d’entre eux, reprend-elle.

— J’ai eu un crush sur Romance quand j’étais ado, et alors ?

Tempe penche la tête en mode « tu te fous de ma gueule ? ».

— Et alors ? Mais enfin, ma biche, ton « crush d’ado » c'est de la

gnognotte. Tu as couché avec le gars sur qui tu fantasmais ! N’essaie pas de me dire le contraire, me devance-t-elle, tu me l’as dit un soir où tu avais trop bu.

— Je t’ai jamais dit ça !

— Oh que si, tu l’as dit. Et puis, tu m’as dit toi-même que tu n’avais

jamais autant pris ton pied. À mon avis, s’il te demandait de remettre le couvert, là, maintenant, tout de suite, tu ne dirais pas non, je me trompe ? 

— Non.

— Voilà ! Donc, tu vas être une grande fille et tu vas aller te doucher et

t’habiller.

— Pourquoi ?

— Parce que tu as un beau mâle à séduire, ma biche.

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