Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 7 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 3

— Putain, Aifé[1], mais qu’est-ce que tu fous ? gueulé-je à ma meilleure

amie, qui une fois de plus est à la bourre.

— Oh, ça va, détends ton string, Neith[2], répond-elle avec son accent

écossais à couper au couteau. C’est pas la mort si on a dix minutes de retard.

— Parle pour toi, ce n’est pas parce que tu te tapes Harlan, que… — Hop, hop, hop, je t’arrête tout de suite, ma grande, ne te lance pas sur

ce sujet, tu vas perdre.

— Alors, magne ton cul !

Je claque la porte de l’appartement que nous partageons pour les

semaines à venir et descends les escaliers. Une fois en bas, j’attrape ma cigarette électronique et vapote jusqu’à ce que mon amie soit enfin prête. Cette nana est constamment en retard, peu importe qu’elle se lève trois heures avant, il y a toujours un truc qui fait qu’elle est à la bourre.

— À ton avis, pourquoi est-ce qu’ils nous ont envoyées ici ? demande-t-

elle après avoir enfilé sa veste en cuir démunie de son logo.

— Méduse a passé un pacte avec eux, tu te souviens ? — Et ça te fait chier ?

— Absolument pas, j’ai tourné la page depuis. — Mouais, je vais faire comme si je te croyais. Par contre, on se pèle

grave le cul ici.

— Il fait plus chaud qu’en Écosse.

— Pas possible, ici, on se croirait au pôle Nord.

Je roule des yeux en l’entendant râler comme une Drama Queen.

J’adore cette nana, mais cela me fout les nerfs à vif d’être ici. Voilà presque dix ans que je n’ai pas remis les pieds dans cette maudite ville. Autant dire qu’elle ne m’avait absolument pas manqué.

— Bon, on y va ? réplique mon amie avec un large sourire.

Elle connaît l’effet que Salt Lake produit sur moi et, comme moi,

elle n’attend qu’une chose, retourner en Écosse où se trouve notre QG. Méduse, notre boss, mène les opérations depuis là-bas. Elle n’est pas beaucoup plus âgée que moi, mais cette femme sait ce qu’elle veut et elle est déterminée à accomplir ce qui est juste, d’où ma présence ici. Elle nous a envoyées, Aifé et moi, pour que les affaires de la ville restent telles quelles et que les petits cons qui mettent des bâtons dans les roues de ce foutu club de motards cessent. J’ignore pourquoi elle se sent impliquée envers eux, mais, après tout, elle n’a pas eu la même vie que moi. Elle en a bavé, comme nous toutes, mais contrairement à nous, elle avait une famille aimante qui l’attendait au bercail.

— Ouais, qu’on en finisse.

Ma meilleure amie grimpe sur sa bécane, tandis que je fais de même

après avoir enfilé mon casque. J’enjambe mon Nightster 2010, avant de faire signe à Aifé de démarrer. Nous roulons sur la 215 en direction du nord en slalomant entre les voitures, pour rejoindre SLC Airport. C’est là-bas qu’a lieu le rendez-vous avec ce connard d’Harlan. J’ignore pourquoi il veut nous rencontrer dans un foutu aéroport, mais bon, depuis que je connais ce type, je sais qu’il n’a aucune logique.

— Il t’a dit où est-ce qu’on devait le retrouver, exactement ? demandé-je à ma coéquipière.

— Dans le hall B, répond-elle en regardant l’écran de son portable. Il nous attend.

— Bien, dans ce cas, ne le faisons pas attendre plus que nécessaire. Plus tôt, on aura fini, plus tôt, on pourra se barrer.

L’Écossaise hoche la tête et me suit à travers le dédale de couloirs.

Comme souvent, il y a un monde fou et se frayer un chemin est plus difficile qu’il n’y paraît. Néanmoins, nous y parvenons et nous découvrons sans mal l’homme qui patiente sur un banc, un journal à la main.

Harlan Lewis ne se prend pas pour de la merde et avec son costard à

deux mille balles et son attitude de connard, on sait à qui on a affaire. Malheureusement pour moi, c’est à lui que je dois rendre des comptes puisque je ne suis plus au Royaume-Uni.

— Tiens, tiens, mes femmes préférées, s’exclame-t-il à notre arrivée.

Je grimace et laisse Aifé s’occuper de flatter son égo. Je m’installe

sur le banc et patiente le temps qu’ils finissent de roucouler pour connaître la véritable raison de ma présence. Voyant que cela a l’air d’être parti pour durer, je me racle la gorge pour leur rappeler que je suis près d’eux.

— Qu’est-ce qu’on fout là, Lewis ? questionné-je froidement. On a

autre chose à foutre.

— Toujours aussi sauvage à ce que je vois, Neith. — Tu n’as pas idée.

Je me maudis pour cette réplique lorsqu’une lueur de défis apparaît

dans le regard de cet enfoiré. Ce n’est un secret pour personne qu’il essaie de me mettre dans son pieu depuis notre première rencontre, malgré nos vingt ans d’écart.

— Qu’est-ce qu’on fout là ? répété-je pour recentrer la conversation. — Ah, oui. Tenez.

Il tend le journal à Aifé, elle l’ouvre et le feuillette. Légèrement

parano, Harlan ne donne jamais d’ordre direct, mais toujours par énigme, et mon amie est plus douée que moi pour les décrypter. Un long silence s’installe tandis qu’elle remet les pièces du puzzle en place et pendant ce temps… je sens le regard pervers de l’homme à mes côtés.

— Alors ? m’impatienté-je.

— J’ai tout ce qu’il faut. On peut y aller, répond Aifé, d’une voix qui ne

laisse rien transparaître.

— Bon courage, les filles, je compte sur vous pour faire du bon boulot.

Nous acquiesçons avant de reprendre notre chemin vers la sortie.

Nous ne parlons pas jusqu’à ce que nous soyons à l’abri des oreilles indiscrètes. Alors, dès que nous arrivons à notre appartement, l’Écossaise branche les brouilleurs et ferme les rideaux du salon.

— Qu’est-ce que tu fais ?

— Simple précaution, crois-moi, vaut mieux.

— Qu’est-ce qu’il y avait dans le journal, Aifé ?

Mon amie passe une main dans sa tignasse brune, parsemée de

mèches mauves, puis tourne son regard vers moi.

— C’est la merde, Neith. La bonne grosse merde qui explose bien. — Mais de quoi est-ce que tu parles ? 

— Au début, je pensais qu’il s’agissait d’un code, du coup, j’ai essayé

de le craquer de tête, mais connaissant Harlan, il devait y avoir quelque chose d’autre…

— Aifé…

— Je crois qu’il va rompre le contrat qu’il a passé avec Méduse.

— Comment ça ?

— L’ordre inscrit sur le journal disait d’éliminer les Nyx’s Sinners.

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