Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
Chapitre 23
10 ans plus tôt
La lune est pleine ce soir et l’air n’est pas aussi étouffant que l’on
pourrait penser pour un mois d’août. Tout le monde est couché depuis un peu plus d’une heure, mais je ne parviens pas à trouver le sommeil, du coup, je suis dans mon hamac et j’observe le ciel étoilé. Aujourd’hui, nous avons fêté les seize ans de Rosie et la journée a été géniale. Elle n’a pas cessé de sourire et je suis content qu’elle ait passé un bon moment. J’aime la voir comme ça, même s’il y a quelque chose dans son regard qui m’indique qu’elle n’était pas heureuse à 100 %. Il y avait cette petite lueur dans ses yeux vert d’eau qui m’a poussé à me demander ce qui se déroulait dans son crâne.
Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de lui poser la question.
Du coup, je me balance en imaginant plusieurs scénarios. Néanmoins, c’est ce que je faisais jusqu’à ce que j’entende des pas approcher dans ma direction. Je me relève doucement et découvre celle qui hante mes pensées. Elle se tient à quelques mètres du hamac et se dandine d’un pied sur l’autre.
— Tout va bien ? demandé-je en me redressant.
Elle hoche la tête, mais son attitude m’indique le contraire. Alors,
comme elle semble sur le point de fondre en larmes, je lui ouvre mes bras et elle n’hésite pas à venir me rejoindre.
Une fois bien installée contre mon torse, je parviens à nous stabiliser
à l’aide de l’arbre, puis la serre contre moi. Son visage est niché dans mon cou et son souffle contre ma peau me procure mille frissons.
— Qu’est-ce qui se passe, Rosie ?
— Je…
Sa voix est faible, ce qui m’inquiète d’autant plus. Je glisse une
main sous son menton et le relève pour pouvoir croiser ses beaux iris.
— Rosie ?
— J’ai quelque chose à te demander, dit-elle.
— Tout ce que tu veux, tu le sais.
— Je… j’aimerais… argh, bon, je vais être franco. Est-ce que tu veux
coucher avec moi ?
Quoi ?!
Heureusement que je n’étais pas en train de boire parce que sinon,
j’aurai tout recraché. Je secoue la tête en pensant avoir mal entendu, mais quand ses prunelles rencontrent les miennes, je sais que non.
Elle vient vraiment de me demander de coucher avec elle ? Bordel
de merde !
— Euh…
— Laisse tomber, c’était stupide, dit-elle précipitamment en essayant de
s’éloigner sauf que je la retiens.
Je resserre mon étreinte autour de son corps avant de glisser ma
main sur sa joue. Nos visages ne sont qu’à quelques centimètres et mon regard est immédiatement attiré par ses lèvres. Néanmoins, je ne l’embrasse pas… pas tout de suite.
— Pourquoi ?
— Pourquoi, quoi, Nox ?
— Pourquoi est-ce que tu me demandes ça, Rosie ? Tu n’as que seize
ans et tu as tout le temps devant toi pour coucher avec quelqu’un.
— Sauf que je ne veux pas le faire avec n’importe qui. Je te veux, toi,
Nox. Personne d’autre. Je sais que je n’ai rien à voir avec les filles, avec les…
Je ne la laisse pas terminer sa phrase et scelle ma bouche à la sienne.
Je ne veux pas qu’elle se compare aux brebis. Elles sont là parce que je ne pouvais pas avoir ce que je voulais vraiment et maintenant qu’elle est dans mes bras, je… Je ne peux pas ne pas être excité. C’est con à dire, mais bon, je suis un mec de dix-huit ans, clairement je ne refuserais jamais une partie de jambe en l’air, surtout si c’est avec Rosie.
— Ne te compare jamais à elles, Rosie, jamais. — Mais…
— Ne compare pas l’incomparable. Ça va peut-être paraître salaud ce
que je vais dire, mais elles ne sont que des vide-couilles. Rien de plus, rien de moins.
Je vois bien qu’elle lutte pour ajouter quelque chose, mais une fois
encore, je ne la laisse pas faire. Depuis que j’ai goûté à sa bouche, j’ai l’impression d’être un drogué en manque de dope. Ce petit bout de femme ne se rend même pas compte à quel point elle me rend dingue, du coup, j’appuie mon bas-ventre contre sa cuisse pour lui montrer. Elle sursaute contre moi, si bien que ses lèvres s’ouvrent, permettant ainsi à ma langue de se frayer un chemin jusqu’à la sienne.
— Nox…
Notre baiser nous laisse haletant autant l’un que l’autre.
— Fais-moi confiance.
Elle hoche la tête et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je
nous fais descendre du hamac et nous retournons l’intérieur. Je profite que nous sommes dans le couloir pour passer par ma piaule, afin de prendre le nécessaire, puis je la rejoins. Tout le monde dort, ce qui m’arrange fortement et m’évite donc de rencontrer qui que ce soit.
Lorsque je pénètre dans la chambre de Rosie, je la trouve assise sur
son lit en train de se triturer les doigts. Je m’avance jusqu’à elle et m’agenouille près d’elle. J’attrape ses paumes puis tente de croiser son regard.
— Si tu as changé d’avis et que tu veux simplement que je te prenne dans mes bras, tu peux me le dire. Il va juste me falloir une bonne douche froide avant, mais…
— Je n’ai pas changé d’avis, me coupe-t-elle, mais je suis… nerveuse.
Ça, je peux le comprendre. Après tout, on dit toujours que la
première fois est plus importante pour une fille que pour un garçon.
— Et tu as le droit de l’être. Putain, même moi, je le suis alors que ça n’est pas ma première fois, mais sache que s’il y a le moindre truc, tu m’arrêtes, d’accord ?
Elle acquiesce, puis observe le carré argenté que j’ai entre mes
mains.
— Tu n’en as pris qu’un ?
— Gourmande ?
Elle hausse les épaules, ce qui me fait sourire. Cette fille aura ma
peau, et si un jour, c’est le cas, je serai le plus heureux des hommes.
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