Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 33 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 28

 

Je sursaute dans mon fauteuil et me retourne doucement en

direction de la voix qui vient de me surprendre. Évidemment, je suis quelque peu étonné de la trouver là, mais ça n’empêche pas mon palpitant de battre à tout rompre.

— Tu m’as fichu la trouille.

— Désolée, j’ai toqué, mais comme tu n’as pas répondu, j’ai préféré vérifier que tout allait bien, dit-elle en glissant ses mains dans ses poches.

Je prends un instant pour observer sa tenue tout en pensant que si je

n’étais pas aussi crevé, ma queue se serait sans doute levée. Elle porte le tee-shirt qu’elle m’a offert lorsque j’avais quinze piges, celui que je lui ai passé la dernière fois que nous nous sommes retrouvés dans cette pièce.

— Comment est-ce que tu es entrée ? La porte était fermée.

Elle hausse les épaules et je comprends qu’elle a dû crocheter la

serrure. Mes lèvres s’étirent légèrement vers le haut en repensant à l’été où je lui ai appris à le faire. Au début, je me souviens qu’elle avait rechigné en disant que ça ne lui servirait à rien, visiblement, elle a changé d’avis depuis.

— Qu’est-ce que tu fais là, Rosie ? demandé-je alors qu’elle s’appuie contre le lavabo.

La salle de bain n’est déjà pas bien grande, mais à cet instant, j’ai

l’impression qu’elle est encore plus minuscule. Le genou de la blonde touche le mien et, même si je ne sens pas grand-chose, un millier de frissons me parcourent.

— Je… je voulais savoir comment tu allais, répond-elle en glissant une mèche derrière son oreille.

— Comme tu peux le constater… tout roule.

Bien qu’un petit sourire se dessine sur ses lèvres, je vois bien que

ma tentative d’humour ne prend pas. Son regard n’exprime aucune pitié, mais la lueur que je discerne comprime mon cœur.

— Tu as besoin d’aide pour quelque chose ? me demande-t-elle en

jetant un coup d’œil en direction de la baignoire.

— Euh…

C’est con à dire, mais du fait qu’elle me pose la question, je me

sens, tout à coup, assez diminué. Puis, je me souviens qu’il s’agit de Rosie et que, même si elle n’est plus la femme qu’il y a dix ans, je n’ai aucune honte à me montrer faible face à elle. La tension dans mes épaules se dissipe légèrement devant cette constatation.

— Je voulais me laver, mais le processus me semble assez compliqué,

avoué-je en grimaçant.

— Pourquoi ? Tu as oublié comment on faisait ?

Je pouffe comme un gamin, soudain son visage s’illumine et une

bouffée de fierté grandit dans ma poitrine.

— Tu proposes de me rappeler comment on fait ? la taquiné-je avec un

clin d’œil.

Une légère coloration apparait sur ses joues et je ne peux

m’empêcher d’éclater de rire en observant son air gêné. Je me remémore le soir de notre première fois, lorsque je lui ai suggéré qu’on aille se doucher ensemble après avoir baptisé son lit. Je crois que je ne l’avais jamais vue rougir à ce point et le gamin de dix-huit ans que j’étais, était fier comme un paon.

— Finalement, il y a certaines choses qui ne changent pas, me moqué-je

avant de retirer mon tee-shirt.

Elle observe mon torse tatoué pendant quelques secondes avant de

se mettre en action. Elle s’écarte du lavabo et se penche pour ouvrir l’eau, m’offrant ainsi un panorama imprenable sur son cul parfaitement moulé dans son jean. Je profite de l’instant et hausse les épaules lorsqu’elle surprend mon regard.

— Tu n’es pas croyable, Nox.

— Quoi ? Mes yeux fonctionnent encore, petite fleur, j’ai bien le droit

de m’en servir, non ?

Elle soupire pour la forme et tente de dissimuler la lueur

d’amusement qui illumine ses prunelles. Lorsque vient l’heure pour moi de m’attaquer à mon jean, je prends une grande inspiration avant de défaire le premier bouton. J’ai eu un vague aperçu de mes jambes depuis que je suis réveillé, mais je m’efforce toujours de détourner le regard devant l’amas de chair abîmée. Parce que oui, durant mon accident, mon pantalon n’a pas tenu le choc et ma peau a été endommagée, si on peut dire. Ça me fait chier de montrer ces cicatrices un peu rebutantes à Rosie, mais je n’ai pas le choix.

Je cherche comment faire pour retirer mon futal sans m’exploser la

gueule par terre quand une main se pose sur mon bras et je relève les yeux vers elle. Sans un mot, elle s’accroupit devant moi et le tire vers le bas, tandis que je soulève mon bassin du mieux que je le peux. Si le contexte avait été différent, j’aurais pu totalement être excité quant au fait qu’elle m’aide à me déshabiller, mais la tension présente dans la salle de bain n’a rien de sexuel. C’est intense et assez lourd. Aucun de nous ne parle alors que ses doigts passent sous l’élastique de mon boxer et pas un seul instant, ses yeux ne quittent les miens et je lui en suis reconnaissant.

Le contact visuel entre nous se rompt quand elle se penche pour

fermer le robinet et que j’essaie tant bien que mal de me glisser dans la baignoire. Je soupire d’aise lorsque mon corps rencontre l’eau chaude. J’ignore depuis combien de temps, je n’ai pas pris de bain, sans doute depuis que je suis gosse, mais ça fait un bien fou. Je me laisse aller, posant l’arrière de mon crâne sur le rebord tout en fermant les paupières.

Ce n’est que quelques instants plus tard, lorsque je sens un filet

d’eau sur mon torse, que je les rouvre. La scène qui se joue devant moi est saisissante. Rosie est accroupie près de la baignoire, à quelques centimètres de mon visage, et presse une éponge au-dessus de ma poitrine.

— Je…

— Ne dis rien, déclare-t-elle en la plongeant de nouveau dans l’eau.

Son regard passe de l’objet entre ses mains à mon visage. Ses yeux

s’arrêtent quelques secondes sur mes lèvres et je suis légèrement déçu lorsqu’elle reprend son geste. Je sens qu’elle a autant besoin de ce moment que moi, donc je la laisse faire et profite de chaque minute en espérant que ce ne sera pas la dernière fois.

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