Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 39 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 33

 

Les deux nuits qui ont suivi celle que j’ai passée avec Nox ont été

les plus longues de ma vie. Je n’ai cessé de tourner dans mon lit, cherchant en vain à trouver le sommeil. Du coup, je suis d’une humeur de chien, ce qui fait rire celle qui me sert de meilleure amie. Cette garce se fout clairement de ma gueule et elle a visiblement l’air de prendre son pied. — Au lieu de te marrer comme une baleine, est-ce que tu pourrais au moins me filer un coup de main ?

— Et louper tous tes grognements dignes d’un zombie ? Non, merci, je suis très bien là où je suis, c’est-à-dire, loin de tes mains.

Je jure une nouvelle fois, ce qui la fait glousser, puis me concentre

sur ma bécane. Grâce à Nox et aux heures que j’ai passées avec lui lorsque j’étais ado, j’ai appris quelques petits trucs sur la mécanique et en ce moment, j’essaie de changer le kit de chaîne. Je dis bien « essayer », parce que jusqu’ici, je me retrouve avec une patience à la limite de s’envoler vers une autre contrée et les mains pleines de graisse. Toutefois, je n’abandonne pas et persévère. Après tout, ce n’est pas ma première fois, mais celle-ci semble beaucoup plus compliquée. Je ne suis absolument pas concentrée et mon cerveau ne cesse de me renvoyer les images de ce qu’il s’est passé chez Lennox.

Putain de cerveau ! Putain d’hormones ! Putain de kit !

— Hey, salut Professeur X, s’exclame Aifé soudainement.

Je me redresse un peu trop brusquement en comprenant qu’elle parle

à quelqu’un et je me tape le front contre le carénage. — Putain de saloperie de bordel de merde ! juré-je en posant ma main sur la zone endolorie, comme si ça allait l’apaiser.

— Tu es d’une humeur charmante apparemment, déclare une voix familière.

Je relève la tête et découvre Lennox qui arbore un grand sourire.

— Crois-moi, là, elle est polie, tu n’imagines même pas toutes les injures que j’ai entendues au cours de ces deux derniers jours. Mes pauvres petites oreilles.

— Oh ! Arrête ton char, Aif, tu vois bien que personne ne croit à ta petite scène. Et puis, tu jures beaucoup plus que moi. — Pas faux, argumente ma meilleure amie en haussant les épaules. D’ailleurs, je vais aller faire un tour sur internet pour en chercher de nouvelles. À plus tard les tourtereaux.

— On n’est pas…

Trop tard, elle est déjà partie. Je soupire avant de me tourner vers le

biker qui m’observe attentivement.

— Salut, dis-je d’une façon un peu gauche.

— Salut.

— Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Je… j’avais envie de te voir.

— Vraiment ?

— Ouais.

Un silence s’installe entre nous que ni l’un ni l’autre ne veut rompre.

Néanmoins, il reprend la parole tout en s’approchant. — Qu’est-ce que tu fais ? demande-t-il en observant mes doigts, puis à ma moto.

— J’essaie de changer le kit de chaîne, mais… c’est un peu compliqué aujourd’hui.

— Pourquoi ?

— Parce que je ne suis pas concentrée, du coup, je fais de la merde. — Qu’est-ce qui te déconcentre ? m’interroge-t-il, mine de rien, mais je ne suis pas dupe, il se moque de moi.

— Je… tu le sais très bien, réponds-je.

— Je ne suis pas dans ta tête, petite fleur. — Peut-être, mais ton petit sourire en coin et tes questions ne sont qu’une façon de me faire dire ce que tu penses.

Il éclate de rire avant de me prendre la chaîne des mains et de se pencher au niveau de la roue arrière. En deux temps, trois mouvements, il la replace correctement et la tend. Après avoir resserré la roue, il se retourne vers moi, fièrement.

— Tu es…

— Oui ?

— Argh ! Tu m’énerves.

Bien évidemment, ma pitoyable tentative de cacher ma mauvaise

humeur le fait rire et j’avoue qu’il m’est difficile de ne pas sourire. Cependant, j’y parviens et l’observe, pendant un instant. Il s’amuse comme si sa vie n’était pas sens dessus dessous et qu’il n’était pas cloué dans ce maudit fauteuil roulant pour une durée indéterminée. — Qu’est-ce que tu fais là, Nox ? demandé-je une fois son hilarité calmée. Tu devrais être avec ta famille.

— Sauf que ce n’est pas eux que j’avais envie de voir, mais toi. — Pourquoi ?

— Faut-il une raison particulière ?

— Je… j’en sais rien.

— Bien, maintenant, approche.

Je m’exécute, non sans une certaine suspicion, et attrape le chiffon

qui se trouve sur la selle pour m’essuyer les mains. Il saisit mes poignets et, d’un coup sec, il m’attire sur ses genoux. J’enroule instinctivement mes bras autour de son cou et plonge mon regard dans le sien. Ses yeux vairons m’observent pendant de longues secondes avant de se poser sur mes lèvres. — Je meurs d’envie de t’embrasser, mais si je le fais, je risque de ne pas m’arrêter là.

— Qu’est-ce qui t’en empêche ?

— J’aimerais t’emmener quelque part avant, déclare-t-il. — Où ça ?

— Si je te le dis, ce ne sera plus une surprise.

Le connaissant, il ne lâchera rien de plus. Déjà à l’époque, il adorait

me faire tourner en bourrique, parce que… je ne suis pas la personne la plus patiente du monde. Je me contente alors de hocher la tête et de me relever. — Il faut que je prenne mon sac et que je prévienne Aifé, sinon elle va me faire un caca nerveux.

— Je ne bouge pas.

J’acquiesce et me dirige vers l’appart. Ma meilleure amie est assise

sur le canapé et joue à un jeu vidéo. Lorsque je m’approche d’elle, elle tourne son visage vers moi.

— Tu as besoin que je libère la place pour que tu puisses prendre ton pied ? — Non, Nox m’emmène quelque part.

— D’ac, profite bien, ça te déridera un peu.

J’éclate de rire et attrape mon sac avant de quitter la pièce et de le

rejoindre. Il m’attend près de ma bécane et semble concentré sur elle. Toutefois, lorsqu’il m’entend arriver, il se tourne vers moi et m’offre un sourire qui affole mon cœur.

— Prête ?

— Je te suis, bel Apollon.

Ses lèvres s’étirent vers le haut et, sans un mot, nous nous dirigeons

vers le taxi, sans doute commander par Lennox. J’ignore où nous nous rendons, mais je ne doute pas un instant que ça vaut le coup.

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