Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
14. Romance
Un sale con égoïste, voilà ce que je suis.
Après avoir découvert la surprise de mon pote, je m'éclipse sans que personne ne s'en aperçoive. J’ai besoin de m’éloigner pour réfléchir. La conversation de la veille avec Calliope ne cesse de me revenir en tête et je déteste ça. Je hais mes parents d’avoir encore tant d’emprise sur moi, alors que ça fait plus de seize ans qu’ils ne font plus partie de ma vie. Ces connards sont comme une putain d’ombre au-dessus de ma tête que je n’arrive pas à faire partir.
— Enfoirés ! juré-je en shootant dans un cailloux.
Il gèle sa mère, mais je m’en fous. J’accepte que le froid crispe mon corps, ça me permet de ne pas focaliser mes pensées sur mes géniteurs. Lorsque je suis assez loin, je m’assieds sur une chaise en plastique et sors ma cigarette électronique. Je fume beaucoup moins depuis que je fréquente Callie. Elle m’apaise bien plus qu’une bouffée de nicotine n’a jamais su le faire.
J’observe le ciel étoilé pendant un long moment, avant que mon instinct m’annonce que je ne suis plus seul avec mes démons. Je ne me retourne pas lorsque deux bras viennent entourer mes épaules et qu’une bouche se pose au creux de mon cou.
— Tout va bien ? demande doucement ma muse.
— Ouais.
— Romance… tu sais que tu peux me parler.
— Je…
Les mots se coincent dans ma gorge et j’ai horreur de ça. J’ai l’impression d’être faible alors que je sais qu’avec elle, je peux me mettre à nu et pas simplement au niveau vestimentaire.
— Je pensais à mes parents. À combien ils m’ont bousillé, avoué-je.
Calliope se redresse avant de venir se placer face à moi, les poings sur les hanches et les sourcils froncés. Dans d’autres circonstances, la voir ainsi aurait pu me faire sourire, mais je n’en ai pas envie ce soir.
— Écoute-moi bien, Ronald Mance. Tu. N’est. Pas. Bousillé.
— Je…
— Non, tu la fermes et tu m'écoutes, reprend-elle d’un ton qui ne laisse pas place à la discussion. Tu n’es pas bousillé, Romance, tu es blessé. Tu n’as jamais fait le deuil du départ de tes enfoirés de parents. Au lieu de ça, tu t’es créé une carapace faite de bonne humeur et de blagues pourries. Tu as le droit d’être vulnérable, comme chacun d’entre nous.
Je ne sais pas quoi dire de son speech. J’en perds littéralement mes mots,
si bien que je me sens con de la regarder m’engueuler et de trouver ça… carrément bandant. D’ailleurs, ma petite muse blonde se rend rapidement compte de ce que son laïus a eu comme effet sur moi, lorsqu’elle s’installe sur mes genoux.
— Je t’interdis de dire que tu es bousillé, tu m’entends ? Sinon, je vais
devoir faire tout ce qui est en mon pouvoir pour te prouver le contraire.
— Comment est-ce que tu comptes t’y prendre ?
— Tu poses vraiment la question ? Je pensais que je t’avais déjà montré
mes talents.
Je repense aux moyens de persuasion qu’elle a utilisés sur moi cette
semaine et ma queue gonfle d’autant plus. Sa main caressant ma joue me sort de mes pensées classées X et je plonge mon regard dans ses iris bleus.
— Tu m’imaginais en train de te sucer, pas vrai ?
— Ouais.
— Je t’aurais bien proposé de te prendre dans ma bouche, là, maintenant,
mais je me pèle les miches, donc je vais juste te proposer de rentrer. Par contre, je peux te promettre que cette nuit, tu auras ton cadeau.
— Cadeau ? répété-je en fronçant les sourcils tandis qu’elle quitte mes
genoux pour se relever. Quel cadeau ?
— Si je te le dis, ça ne sera plus une surprise, répond-elle malicieusement.
Elle s’éloigne de quelques pas avant de se tourner et de tendre la main
dans ma direction. Je me lève à mon tour et m’approche d’elle pour glisser ma peau contre la sienne. Ensemble, nous rejoignons le club-house. Si quelqu’un se rend compte de notre proximité, personne ne dit quoi que ce soit. Nous discutons avec mes frères et les membres de sa famille.
Ma main posée sur sa hanche, je la garde contre moi, m'imprégnant de sa
joie de vivre et de sa bonne humeur. Pour la première fois depuis longtemps, je profite de cette ambiance festive.
Lorsque vient l’heure pour tous de rejoindre sa chambre, parce que les
petits croient encore au Père Noël, j’attire ma petite muse dans la mienne. Son sourire réchauffe ma poitrine et je ne résiste pas à poser mes lèvres sur les siennes.
— Ta robe m’a rendu fou toute la soirée. Je n'avais qu’une envie, te l’enlever et découvrir ce qui se cache en dessous
— Dans ce cas, retire-la.
Je la prends au mot et je grogne lorsque je me rends compte qu’elle ne porte rien... Ni culotte ni soutien-gorge.
— Tu es sortie comme ça ?
— Difficile de mettre des sous-vêtements avec ça. Elle me colle comme une seconde peau.
— Putain !
Je vais pour l’embrasser à nouveau, mais elle pose une main sur mon torse et m’en empêche.
— Qu’est-ce que tu fais ?
Ma petite blonde ne me répond pas, au lieu de ça, elle se dirige vers ma salle de bain et en sort une pochette familière. Mon nécessaire de tatouage.
— La semaine dernière, tu m’as dit que tu serais ravi d’être celui qui graverait ma peau, donc, je t’ai pris au mot, ajoute-t-elle en déposant le tout sur mon lit. Je veux que tu me tatoues, Romance.
— Maintenant ?
Callie hoche la tête avant de me tendre un papier. Je fronce les sourcils
avant de le prendre et de l’ouvrir. Je reconnais sans mal les attributs [33] de la Muse Calliope, par contre, pour ce qui est des autres, j’ai un peu plus de mal. J’ai beau être au sein des Nyx’s Sinners depuis un bail, je ne connais que le strict minimum de la mythologie grecque, contrairement à ma princesse qui baigne dedans depuis qu’elle est gosse.
— À qui appartiennent les autres attributs ?
— Apollon[34], l’un des conjoints de Calliope. Je pensais que tu le reconnaîtrais, puisque c’est le dieu des arts. Tu me fais penser à lui, dans un sens, donc, j’aimerais que tu les graves sur ma peau.
— Tu… tu es sûre ? demandé-je avec une boule dans la gorge.
— Certaine. Je t’ai dans la peau, Romance. Autant rendre ça encore plus vrai.
Ses mots provoquent une chaleur en moi. Comme lorsqu’on plonge dans un bain chaud après une journée glaciale.
— Tu… tu as dit que tu avais un cadeau, dis-je d’une voix enrouée.
— C’est vrai, alors tu as intérêt d’en prendre bien soin.
— Soin de quoi ?
— De l’amour que j’ai pour toi. Joyeux Noël, Romance.
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