Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 40 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 34

 

Heureusement pour moi, Rosie ne vit pas trop loin du club, sinon

mes bras seraient tétanisés à cet instant précis. Je n’ai jamais été un gringalet, mais depuis mon hospitalisation, j’avoue que j’ai perdu du muscle, même si d’ici à quelques semaines, mes biceps auront doublé de volume.

— Bon, où est-ce qu’on va ? finit par demander ma petite fleur alors que nous traversons le quartier de Liberty Wells.

— Tu as toujours été impatiente, dis-je avec un sourire en coin. — Disons que je n’aime pas ne pas savoir.

— Tu es une maniaque du contrôle, Rosie. Tu l’as toujours été. — J’aime être préparée à toutes éventualités, il n’y a rien de mal à ça. — Je n’ai jamais prétendu le contraire, c’est même une chose que j’aime chez toi.

Je me retiens de rire en voyant l’air ravi briller sur son visage.

— Et qu’aimes-tu d’autre ?

— Tu vas à la pêche aux compliments ?

La bikeuse hausse les épaules avant de reposer son regard sur la

route. Je l’observe pendant quelques secondes et je me penche près de son oreille. Mon souffle sur sa peau la fait frissonner et j’admets que mon égo est gonflé à bloc en le constatant.

— J’aime chaque parcelle de ton corps, lui murmuré-je, ton caractère pas souvent facile et ton impatience sont parfois agaçants, mais surtout, je te pardonne ta passion pour la mythologie égyptienne. — Hé ! L’Égypte antique est passionnante.

— Je ne dis pas le contraire, mais avoue qu’aimer la mythologie égyptienne alors que tu as grandi dans un club de motards qui vénère la mythologie grecque, ça fout un coup.

Elle pouffe et je sens mon sang se réchauffer dans mes veines. J’ai

toujours aimé son rire, mais j’adorais encore plus lorsque c’était grâce à moi. À cet instant précis, j’ai l’impression de retrouver la complicité que je partageais avec elle et ça me fait du bien.

— Tu veux savoir ce que j’aime par-dessus tout chez toi ? reprends-je avec sérieux alors qu’elle hoche la tête. Tu es telle que tu es, Rosie. Tu es une battante et c’est carrément badass. T’imaginer chevauchant une bécane suffit à me filer la trique.

— Pourquoi cette partie ne m’étonne pas le moins du monde venant de toi ? ajoute-t-elle en rapprochant son visage du mien. — Parce que tu me connais trop bien.

— Peut-être, mais il y a autre chose.

Je m’apprête à lui demander ce qu’elle veut dire par là, mais le

chauffeur nous interrompt en nous annonçant que nous sommes arrivés. Je le paie, puis sors tant bien que mal de la voiture, aidé par ma petite fleur. Lorsqu’enfin, elle lève les yeux sur ce qui nous entoure, un énorme sourire se dessine sur son visage.

— Tu t’en souviens… murmure-t-elle.

— Évidemment, je ne compte plus le nombre de fois où tu m’as trainé ici après une dispute avec ton père. C’est ici que tu es venue après sa mort. — Comment…

— À ton avis, je te connaissais mieux que personne. Ce n’est pas parce que tu ne me voyais pas que je n’étais pas là.

Ses yeux s’humidifient et elle déglutit difficilement. Sans doute

repense-t-elle à ce qui s’est passé après le décès du VP. — Je suis désolée, Nox…

— Pour quoi ?

— De ne pas être venue te voir, après… tu sais, avoue-t-elle. Tu n’imagines pas combien j’en ai rêvé, mais je n’ai pas pu. J’ai été lâche et j’ai fui parce que j’avais honte.

— Honte de quoi ?

— De moi-même, déclare-t-elle en fixant son regard sur le jardin qui s’étend devant nous.

— Ros…

— Non, écoute-moi. Si je ne le fais pas maintenant, je sens que je ne le ferai jamais, ajoute-t-elle avant d’inspirer profondément. Tu sais que ma mère était une prostituée et qu’elle a essayé de me faire entrer dans son business.

Je hoche la tête et lui laisse le temps de reprendre la parole. Je ne la

brusquerai pas, au risque qu’elle se braque et se renferme sur elle-même. — Ce que tu ne sais pas, c’est qu’elle n’a pas fait que ça. Elle… Les hommes qui venaient à la maison n’étaient pas là seulement pour le cul. Ils voulaient être divertis et pour ça, je… je devais danser pour eux…

Mon sang ne fait qu’un tour en entendant cela et j’ai clairement

envie de dire le fond de ma pensée, mais en voyant la détresse dans le regard de ma blonde, je me retiens de justesse. — Tu n’étais qu’une enfant, petite fleur, dis-je bien trop calmement pour que ce soit naturel.

— C’est là que tu te trompes, Nox. Je n’étais plus une enfant depuis longtemps déjà.

— Mais…

Les mots meurent dans ma gorge quand j’aperçois une larme

solitaire s’échapper de son œil. Je m’approche de la bikeuse et prends alors son visage entre mes mains.

— Regarde-moi, Rosie, lui intimé-je d’une voix impérieuse.

J’attends qu’elle le fasse et lorsqu’elle s’exécute, je choisis mes

mots avec soin.

— Tu n’étais peut-être plus une enfant, mais ça n’empêche pas que ta salope de génitrice n’aurait jamais dû te forcer à quoi que ce soit. Crois-moi, si je l’avais devant moi, je lui dirais le fond de ma pensée. Si je n’avais pas la règle de ne pas tuer les femmes et les enfants, crois-moi sur parole quand je te dis qu’elle aurait passé un sale quart d’heure. Je ne comprends peut-être pas pourquoi tu n’es pas venue me voir, me demander de l’aide, mais sache que tu n’as jamais été seule. Les Sinners sont ta famille et ça ne changera jamais. Jamais, tu comprends ?

J’essuie sa joue humide avant de déposer un baiser sur son front.

Elle enroule ses bras autour de mon buste, puis niche son visage dans mon cou. La posture dans laquelle nous sommes n’est pas idéale, mais je ne bougerai pour rien au monde. Même si ce que j’ai entendu ne me plaît pas forcément, je lui suis reconnaissante de s’être confiée à moi. — Merci, chuchoté-je avant d’embrasser sa tempe. — Tu es la personne la plus importante pour moi, Nox, tu l’as toujours été. Même à des milliers de kilomètres, tu as toujours été là, ajoute-t-elle en tapotant son crâne. Tu es mon premier amour et…

— Compte sur moi pour être le dernier, la coupé-je en plongeant mon regard bicolore dans le sien.

Avant qu’elle n’ait pu répondre quoi que ce soit, je prends ses lèvres

d’assaut et glisse ma langue dans sa bouche. Je l’embrasse comme si ma vie en dépendait et, putain, que c’est bon.

Lorsque nous finissons par nous écarter, nous sommes essoufflés,

mais souriants. Nous passons le reste de l’après-midi au Jardin botanique et quand vient l’heure pour nous de repartir, c’est plus complice que jamais que nous rejoignons le taxi.

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