Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 24 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 19

 

10 ans plus tôt

 

Putain qu’il fait chaud !

Nous sommes en plein mois de juillet et je transpire comme un

phoque a essayé de réparer ma bécane. Comme un con, je me suis scratché, il y a quelques semaines, et depuis, je suis obligé d’utiliser mon vélo. Ordre du padre. Je me suis pris une sacrée soufflante par ma mère lorsque je suis rentré, mais quand elle a vu que je n’avais rien, elle s’est calmée. Bon, ça ne m’a pas empêché d’être puni.

— Qu’est-ce que tu fais ? demande une petite voix familière, ce qui me

fait sursauter.

L’arrière de mon crâne tape contre le cadre et je jure en me massant,

avant de me tourner vers Rosie. Aujourd’hui, elle porte une robe fleurie qui lui va à ravir et je m’engueule intérieurement de penser ça. Si Clark apprend que j’ai des vues sur sa fille, je suis bon pour finir à pied. Cependant, mon cerveau d’ado de dix-sept ans bourré d’hormones n’est vraiment pas d’accord avec cette vision.

— J’essaie de réparer ma moto, réponds-je en détournant le regard de la

jolie blonde.

— Je peux rester avec toi ? Je m’ennuie un peu à l’intérieur. — Harley et Callie ne sont pas là ?

— Si, mais…

C’est à ce moment que je comprends ce qui la tracasse. Elle a beau

être la fille du VP, elle ne s’est jamais réellement intégrée ici. Harley et Calliope ont presque le même âge et elles font absolument tout ensemble, ce qui fait qu’elles délaissent un peu Rosie qui a deux ans de moins. Du coup, elle reste souvent avec moi et je dois avouer que ça ne me dérange pas le moins du monde. J’adore cette fille, elle est géniale et très intelligente. D’ailleurs, elle tient dans ses mains, le livre sur la mythologie égyptienne que je lui ai offert pour Noël. Elle rêve de devenir égyptologue, alors elle dévore tout ce qui a attrait à l’Égypte antique.

— Tu ne l’as pas déjà lu ? demandé-je en pointant le bouquin avec ma clé à molette.

— Si, je le connais même presque par cœur, mais c’est tellement passionnant que je ne peux pas m’empêcher de le relire encore et encore.

— Je suis content qu’il t’ait plu, dans ce cas.

— Merci, Nox, souffle-t-elle avec une légère rougeur au niveau des joues.

Elle s’installe sur l’une des caisses retournées et plonge dans son

livre, tandis que j’essaie tant bien que mal de me concentrer sur ma bécane. Au bout de deux heures, la sueur me pique les yeux et je décide d’arrêter pour aujourd’hui. Rosie lève le nez et m’offre un sourire en coin avant de refermer son ouvrage et de se mettre debout.

— Tu as fini ? questionne-t-elle en observant bizarrement la carcasse de ma moto.

— Non, mais j’ai trop chaud. Je continuerai demain matin ou dans la soirée, quand les températures auront baissé.

Elle acquiesce et me suit lorsque je quitte le garage. Nous nous

dirigeons vers le club-house quand son père déboule en me jetant un regard noir.

— Susie, la hèle-t-il, ce qui la fait grimacer, car elle n’aime pas ce surnom.

— C’est Rose, Papa. Susie, c’est maman.

— Ton nom est bien Susan, non ?

— Oui, mais…

Il la coupe en balançant ses propos d’un mouvement de la main, ce

qui me gonfle. Il sait très bien qu’elle déteste qu’on l’appelle par son premier prénom, mais non, cette tête de con de VP continue de le faire. À croire qu’il aime la voir triste. Je serre brièvement son épaule, sous le regard meurtrier de Clark. Rosie m’offre un léger sourire avant de le suivre en direction du parking. Je l’observe jusqu’à ce qu’elle disparaisse et j’entre à l’intérieur du club.

Je retrouve ma mère ainsi que mon petit frère et son meilleur pote,

Hendrix, le fils de Rule et Presley, qui sont en train de faire une partie d’échecs. Drix est un véritable génie, si bien qu’il a sauté une classe, au grand regret de mon frangin. Néanmoins, ça n’a pas entaché leur amitié et ils sont toujours fourrés l’un avec l’autre.

— Où est Ellie ?

— Elle est malade, répond Pierce sans quitter son jeu des yeux.

Je hoche la tête, bien qu’il ne puisse pas me voir et m’installe au

comptoir. Maman dépose un sandwich à la dinde et un soda en face de moi et je la remercie, avant de mordre à pleines dents dedans.

— Tu ferais bien d’aller prendre une douche, dit-elle. — Dis que je pue, ça ira plus vite.

— Tu pues, rétorque mon cadet en avançant son pion. — La ferme, microbe, j’t’ai pas causé.

— Lennox !

— Quoi ?

— Ton langage.

— Il a plus cinq ans, m’man.

— Et ?

— Les gros mots, il connaît.

— Et ?

Je soupire, c’est impossible de gagner face à elle. Je préfère donc

me focaliser sur mon sandwich avant de me souvenir que Rosie est partie avec Clark.

— Ils allaient où, Clark et Rosie ? questionné-je. — À l’hôpital, Rose à quelques examens à passer. — Des examens ? Pour quoi ?

— Je ne sais pas, mon fils. Tu lui demanderas quand elle reviendra. — D’accord.

— Et… j’ai vu qu’elle t’avait rejoint au hangar, vous avez parlé de

quoi ?

Maman et l’art de la subtilité…

— Pas grand-chose, elle a lu et j’ai bricolé.

— D’accord.

Je fronce les sourcils face à sa réponse. Si quelque chose caractérise

bien ma mère, c’est qu’elle ne lâche JAMAIS le morceau… surtout lorsqu’il s’agit de ses enfants.

— D’accord ? Tu vas en rester là et pas me saouler avec des tonnes de questions ?

— Je te saoule ?

— Non, c’est juste que… enfin, tu vois…

— Mouais, rattrape-toi, jeune homme. Et pour te répondre, oui, je vais en rester là. De toute façon, je sais déjà ce qu’il y a à savoir.

— Quoi ? Mais de quoi tu parles ?

— Qui saoule avec des questions, là ?

Pierce et Hendrix éclatent de rire près de moi, tandis que ma mère

m’offre un grand sourire avant de quitter la cuisine, fière d’elle. Je grommelle dans ma barbe, puis me dirige vers ma chambre pour prendre une douche.

Une fois propre, je me cale dans un hamac et allume une clope.

J’entends l’effervescence du club autour de moi et cela me berce, mais quand une odeur familière me parvient, j’ouvre les paupières. J’aperçois une tignasse blanche se précipiter à l’intérieur, suivie de près par un Clark énervé. J’ignore ce qui s’est passé, mais visiblement, ça n’augure rien de bon si le VP tire la gueule.

Cependant, je préfère me focaliser sur ma petite blondinette et me

dirige vers sa chambre. Je la trouve allongée sur son lit, en pleurs. Aussitôt, je vire mes boots et m’installe dans son dos, comme nous le faisons chaque fois qu’elle ne va pas bien. Je la serre contre moi et, putain, je ne me suis jamais senti aussi bien auprès d’une fille. Je ne suis pas puceau, mais bon, soyons honnête, je m’attendais à mieux niveau sexe. Je reste toujours sur ma faim, mais une petite voix à mon oreille me murmure qu’avec Rosie, ce sera différent.

Je chasse cette pensée parce que je ne peux clairement pas me taper

une gaule de tous les diables, alors que j’enlace celle qui hante mes soirées en solitaire.

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