Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 38 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 32

 

 

Après la soirée et la nuit que j’ai passée avec Rosie, j’ai eu

beaucoup de mal à ne pas l’appeler ou à la rejoindre chez elle, donc le lendemain après-midi, je me rends au club. Quand je pénètre dans la grande salle, je suis surpris de ne pas trouver tous les autres membres. Aux dernières nouvelles, il n’y avait pas de run de prévu aujourd’hui, alors je me demande bien où ils peuvent tous être. Je m’approche de Calliope qui est attablée près du bar. Elle me sourit dès qu’elle m’aperçoit et se penche pour déposer un baiser sur ma joue.

— Comment tu vas, sleepyhead ? questionne-t-elle de sa voix douce. — Ça va, où sont les autres ?

— Dans le hangar, répond-elle avec une légère grimace.

Je ne demande pas ce qu’ils font là-bas, j’ai une idée assez précise

de ce qui se déroule dans l’un des cachots. Quand j’ai appelé ma mère, elle a brièvement laissé entendre que mon père passait beaucoup de temps entre ces quatre murs.

Je remercie la fille du Prez et l’abandonne à ce qu’elle était en train

de faire pour rejoindre l’extérieur. Je croise Trigger, le prospect, qui m’offre un signe de tête puis m’indique dans quelle cellule je dois me rendre. Lorsque j’arrive devant cette dernière, je perçois un hurlement étouffé. J’ouvre la porte le plus silencieusement possible et entre pile au moment où mon père s’approche de Marcin, un couteau à la main. Ax, Rule et mon frangin sont là, mais contrairement à mon géniteur, ils se gardent un peu de distance avec le prisonnier. Ils observent la scène sans sourciller et quand mon cadet se rend compte de ma présence, il s’avance vers moi sans un mot. Il se tient à mes côtés tandis que nous regardons notre père exercer sa vengeance.

D’ailleurs, Marcin est en assez mauvais état. Visiblement, plusieurs

membres ont aussi pu faire mumuse avec le Polonais. Il lui manque un certain nombre d’appendices et je constate que sa peau est marquée de différentes manières.

J’ignore combien de temps s’écoule entre le moment de mon entrée

dans la pièce et celui où mon vieux repose son couteau. Son regard croise le mien et, sans un mot, il me tend son arme.

— J’aimerais t’offrir un autre moyen pour mettre fin à sa vie, mais…

— Ça ira, le coupé-je en prenant le gun.

Pierce se place dans mon dos et pousse le fauteuil jusqu’à ce que je

me trouve face à celui qui a fait basculer mon existence. Le mafieux relève difficilement son visage dans ma direction et, bien qu’il lui manque quelques dents, il me sourit.

— Le… fils… prodigue… est… de… retour…

Sa respiration est sifflante, signe que ses poumons ont été

malmenés, mais ça ne l’empêche pas d’afficher un air arrogant.

— Dommage… que… la… fille… soit… toujours… en… vie…

La bouffée de colère que je ressens lorsqu’il mentionne Rosie me

donne envie de presser la détente, mais je me retiens. C’est ce qu’il attend. Que je mette fin à sa misérable vie, mais c’est sans compter que j’ai, moi aussi, ma revanche à prendre. Ce connard a essayé de buter mon père et pour ça, il va souffrir encore un peu.

— Ça doit te foutre les nerfs qu’en plus d’être en vie, c’est elle qui t’a débusqué.

— Cette… garce…

— Attention à ce que tu vas dire, enfoiré, à moins que tu aies envie de rejoindre le passeur plus léger que tu ne l’es déjà. grondé-je en pointant le canon du pistolet sur son entrejambe.

— Va… te… faire… foutre…

— Compte sur moi pour ça, répliqué-je en appuyant sur la détente.

Du sang m’éclabousse lorsque les bourses du Polonais explosent en

mille morceaux. Sous la douleur, Marcin s’évanouit, mais mon frangin se charge de le réveiller à coup de flotte glacée.

— On n’en a pas fini avec toi, connard, déclare Pierce.

Je m’éloigne du prisonnier et redonne l’arme à son propriétaire,

avant de quitter la pièce sans un regard en arrière. Je ne doute pas que d’ici à ce soir, le mafieux sera sur la rive du Styx. Mon père a besoin de faire justice et je peux le comprendre. Je crois que si j’avais été à sa place, j’aurais réagi de la même manière.

Rien que d’imaginer qu’on peut faire du mal à… elle, ou à

quelqu’un de ma famille, je sens la fureur battre dans mes veines. Néanmoins, je refuse de penser à ça pour le moment et rejoins mon ancienne chambre. Heureusement pour moi, elle se trouve au rez-de-chaussée et je n’ai pas à demander au prospect de me porter comme une foutue princesse.

Après un rapide détour par la salle de bain commune afin de me

nettoyer la gueule, je débarque dans ma piaule et laisse échapper un soupir. Je ne suis pas un grand fan de la scène qui s’est jouée dans le hangar, mais c’était nécessaire. Aussi bien pour mon père et mon frère, que pour moi. J’ai failli y passer à cause de ce foutu Polonais et je ne compatis pas le moins du monde quant à ce qui lui arrive.

— Nox ?

Je tourne mon visage en direction de la voix et constate que la fille

du Prez se tient dans l’encadrement de la porte. Elle semble hésiter, ce qui me surprend légèrement de sa part.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demandé-je en faisant pivoter mon fauteuil. — Je… je voulais savoir si tout allait bien. Je t’ai vu revenir du hangar

et… avec le sang, je…

— Tout va bien, Cal, ce n’était pas le mien.

— Je le sais, mais ça ne m’empêche pas de m’inquiéter pour toi. — Tout va bien, je t’assure.

— D’accord, je te crois, mais… j’aurais une question. — Je t’écoute.

— C’est à propos de Rose.

Mon corps se tend légèrement, tout en attendant la suite.

— Est-ce qu’elle… est-ce qu’elle va bien ? Je sais qu’on n’a jamais été

proches, elle et moi, mais… je l’ai toujours appréciée, donc…

— Elle va bien, du moins, c’était le cas la nuit dernière. — Oh, vous…

— On s’est juste remémoré les bons vieux souvenirs, rien de plus,

mens-je à moitié.

— Bon, d’accord. Dans tous les cas, quand tu la verras, dis-lui que si

elle a besoin de quoique ce soit, elle peut m’appeler.

— Je lui dirai.

— Merci.

Après un regard, elle quitte ma chambre, mais se heurte à Romance

qui débarque à cet instant précis. J’observe l’étrange échange qui se déroule entre eux et hausse un sourcil lorsque je remarque les joues rosies de Calliope. Elle bafouille une excuse quelconque, puis part limite en courant en direction de la grande salle.

— Bah ça alors, déclaré-je abasourdi, qu’est-ce qui vient de se passer au juste ?

— Rien, pourquoi ? questionne mon pote, mine de rien.

— Mouais, je vais faire comme si je te croyais.

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