Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 13 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 9

 

Je suis furieux et seulement deux choses sont capables de me

calmer. Courir ou rouler, mais comme je suis trop à vif pour être pleinement conscient de ce qui m’entoure, je préfère laisser ma bécane au parking. Je cours jusqu’à ce que ma colère s’apaise et que mes muscles me fassent mal. J’ignore pourquoi cette rencontre avec Rosie m’affecte autant, enfin, non là, je me mens à moi-même. Je suis en colère, mais surtout, je suis vexé. Le fait de savoir qu’elle voulait être loin de moi me reste en travers de la gorge. Alors, pour éviter de faire une connerie, comme demander à Grey, ou Mays, son adresse, je m’occupe l’esprit. Du moins, j’essaie.

Lorsque je rentre au club-house, deux heures plus tard, je suis aussi

trempé que si je sortais de la douche, la bonne odeur en moins. Quand je croise ma mère dans le couloir, je vois bien à son regard qu’elle s’inquiète pour moi, après tout, ce n’est pas tous les jours que j’agis ainsi. D’habitude, je suis plus sur la réserve et je ne laisse transparaître aucune émotion. Mais là, c’est au-dessus de mes forces… Toute cette histoire me prend la tête.

Après avoir fait disparaître mon odeur de poney, je rejoins mes

potes qui sont au bar, une bière à la main. Je salue Crystal, la copine de Jop, et fais signe à la brebis derrière le comptoir de m’apporter la même chose qu’eux. Quand la mousse apparaît devant mon nez, je ne perds pas de temps et l’avale en un temps record, sous le regard inquisiteur de Jop et Romance.

— Quoi ? grogné-je

— Tu sembles tout à fait charmant, mon frère, et je suis sûr que ça n’a

aucun rapport avec une certaine blonde aux yeux vert d’eau.

— Va te faire foutre !

Je ne suis pas d’humeur pour ses plaisanteries à la con, mais bien

évidemment, ça ne l’empêche pas de me faire chier.

— Cette fille te retourne le cerveau même après plusieurs années sans l’avoir vue.

— Fous-moi la paix, Mance, je suis sérieux !

— Dans ce cas, détends ton string, ou alors va baiser !

Je l’ignore et claque ma bouteille sur le comptoir, avant de me

casser. Je préfère ça que de lui balancer mon poing dans la gueule. Je me dirige vers l’extérieur et sors mon paquet de clopes. Je tire sur ma sèche comme un acharné, si bien qu’elle disparaît rapidement, je me tourne brusquement vers le couillon qui a décidé de me faire chier.

— Nox…

— Ce n’est pas le moment, m’man, dis-je en récupérant ma cigarette avant de l’abandonner dans le cendrier.

— Ne prends pas ce ton avec moi, Lennox, je sais que cette situation te perturbe, mais n’oublie pas à qui tu parles.

Légèrement honteux d’avoir déchargé mon trop-plein d’émotions

sur ma mère, je baisse la tête avant de passer mes doigts dans ma tignasse.

— Je sais que tu es allé la voir, Nox, et que c’est pour ça que tu es dans cet état.

— Je… je n’imaginais pas qu’elle avait autant changé. Elle n’est plus la même, maman, elle…

— Elle est devenue une femme, ajoute-t-elle en posant une main sur ma nuque.

— Ouais.

— Depuis que cette petite est arrivée ici, tu n’as toujours eu d’yeux que pour elle. Je sais à quel point son départ, et le fait qu’elle ait coupé les ponts t’a blessé et que tu as besoin de réponses, mais laisse-la venir à toi.

— Et si elle ne le fait pas ? demandé-je en relevant mon regard pour croiser le sien.

— Alors, c’est que ce n’est pas la bonne pour toi.

Je soupire et tire sur mes mèches, tandis que ma mère m’apaise

comme lorsque j’étais gosse. Quand je sens un poids s’alléger dans ma poitrine, je m’écarte doucement avant de déposer un baiser sur sa joue balafrée. C’est une habitude que mon père m’a donnée, je ne comprenais pas pourquoi il le faisait, mais quand j’ai appris l’histoire derrière cette cicatrice, je n’ai pas pu m’empêcher de l’imiter. Je voulais la réconforter, et avec le temps, c’est devenu un geste naturel, aussi bien pour moi que pour mon frangin.

— Merci, m’man.

— Tu as beau avoir vingt-huit ans, tu resteras toujours mon bébé,

ajoute-t-elle en tapotant ma joue.

Je me retiens de lever les yeux au ciel en entendant cela, ce qui la

fait rire. J’ai toujours adoré ce son et même encore maintenant.

— Bon, maintenant que tu es calmé, si tu allais retrouver tes amis,

hein ?

— Je crois que je vais rentrer chez moi, je suis crevé. — D’accord, dans ce cas, fais attention sur la route. — Oui, maman.

— Bonne nuit, mon ange.

— Bonne nuit, m’man.

Je dépose un dernier baiser sur sa joue, avant de mettre les voiles.

Lorsque j’arrive à l’appartement, je retire mes godasses ainsi que mon cuir, puis je me dirige vers ma chambre. J’abandonne mes fringues pour ne garder que mon caleçon et m’allonge sur mon matelas. Mon portable vibre sur la table de nuit et je me frotte le visage en pestant.

Putain, on peut pas être tranquille !

J’attrape l’appareil et lorsque je lis le message tout mon corps se

tend. J’ai beau ne pas connaître le numéro, je sais de qui il provient.

[Inconnu : Je suis désolée, Nox…]

[Moi : Comment est-ce que tu as eu mon numéro ?]

[Rosie : Est-ce vraiment important ?]

[Moi : Non, tu as raison. Pourquoi est-ce que tu m’envoies ce

message ?]

[Rosie : Parce que même si tu penses le contraire, je n’ai jamais

voulu te blesser…]

Je reste un moment à relire ses mots. J’aimerais tellement lui

balancer que c’est ce qu’elle a fait, mais mes doigts refusent de taper. À la place, je laisse tomber mon téléphone sur le lit et fixe le plafond.

Pourquoi cette fille me retourne le cerveau comme ça, hein ?

Pourquoi elle et pas une autre ?

Tout un tas de questions sans réponses me trotte dans la tête, mais je

suis trop fatigué pour faire autre chose que fermer les yeux et plonger dans les bras de Morphée.

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