Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 32 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 27

 

Je suis épuisé de ne rien faire. Voilà presque une semaine que je

suis dans ce putain de lit d’hôpital et je n’ai envie que d’une chose, me barrer. Je vais devenir fou si je reste ne serait-ce qu’une nuit de plus. J’ai envie de rentrer chez moi, retrouver mon lit et ne plus être branché à toutes ces foutues machines.

J’ai eu un rendez-vous avec le chirurgien, avant-hier, afin de

discuter des résultats de mes examens et la sentence est tombée. J’ai une paraplégie partielle. Cela signifie que je ressens encore quelques stimuli dans la partie basse de mon corps, mais je risque de ne jamais remarcher. Ça m’a foutu un coup, mais il y a quand même un espoir qu’un jour, je monte à nouveau sur une bécane et que je cours. Je préfère me focaliser sur cette partie-là plutôt que sur l’autre, beaucoup plus déprimante. Bien évidemment, cela a été un choc pour mes parents, surtout pour ma mère, mais je pense qu’ils s’en doutaient un peu. Le médecin leur a forcément parlé des risques.

Enfin bref, je devrais pouvoir sortir d’ici demain, mais je croise les

doigts pour que ce soit aujourd’hui. Le toubib m’a dit qu’il passerait dans l’après-midi pour me tenir au courant.

Je n’ai pas revu Rosie depuis mon réveil et, honnêtement, ça me fait

chier. J’aimerais la voir, mais elle est sûrement déjà repartie pour je ne sais où. Rien qu’à cette idée, je soupire en examinant pour la centième fois le plafond. J’ai compté environ une dizaine de tâches et je me demande bien comment elles sont arrivées là.

— Je te dérange ?

Je redresse brusquement la tête pour observer la personne qui se

trouve devant la porte. Ce n’est pas celle que j’attendais, mais je tente au mieux de cacher ma déception.

— Je me fais chier, dis-je.

— C’est généralement le cas dans les hôpitaux. — Parce que tu en connais un rayon là-dessus ? — J’y suis allée suffisamment pour savoir de quoi je parle, en effet. Je

ne suis pas là pour te raconter ma vie, beau gosse, mais pour te parler de Neith.

Neith ?

J’ai besoin d’un instant pour comprendre de qui elle parle.

— Il lui est arrivé quelque chose ? demandé-je en me redressant. — Non, elle va bien. Enfin, presque bien.

— Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Ça veut dire que ma meilleure amie a le cœur brisé.

Je hausse un sourcil en entendant ces paroles. Cette nana n’est pas

du genre à mâcher ses mots et la lueur protectrice que je devine dans ses yeux me rassure. Rosie n’est pas seule.

— J’ignore une bonne partie de votre histoire, mais je peux voir qu’elle

n’est pas dans son état normal depuis que tu es réveillé. Elle campe quasiment toute la journée dans la salle d’attente et accepte les nouvelles que tes proches lui donnent.

— Attends ! Tu veux dire qu’elle est dans la salle d’attente, à cet instant

précis ?

— Non, là, elle est à l’appart pour prendre une douche et dormir un peu.

Elle a l’air d’un véritable zombie et j’ai dû la menacer pour qu’elle bouge son cul.

— Pourquoi n’est-elle pas venue me voir ?

— Parce qu’elle a la trouille, idiot.

Je reste abasourdi par ses paroles. Rosie, avoir la trouille ? Non, pas

possible.

— De quoi est-ce que tu parles ?

— Elle est plus sensible que tu ne le penses. Elle prend les choses

beaucoup trop à cœur, bien qu’elle tente de ne pas le montrer. Elle tient à toi et je crois que ce qu’elle ressent à ton égard la fait flipper.

— Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça, hein ? — Parce qu’elle est comme une sœur pour moi et je refuse de la voir

s’éteindre à petit feu. Elle n’a pas eu une vie facile, surtout après la mort de son père et l’annonce de son diabète. Elle mérite d’être heureuse.

— Pourquoi est-ce que j’ai l’impression qu’il y a une zone d’ombre ?

— Parce qu’il y en a une. Neith n’a jamais vendu son corps pour payer ses médocs, malgré les suppliques de sa connasse de mère. Je sais que tu penses que c’est le cas, mais je peux t’assurer qu’il n’en est rien.

— Qu’est-ce qui s’est passé, alors ?

— Ça, ce n’est pas à moi de te le raconter, beau gosse. Sache juste qu’il lui faut du temps pour s’ouvrir.

Je souffle en glissant la main dans mes cheveux. Cette discussion

m’embrouille plus que je le voudrais, mais j’ai au moins saisi l’important. Rosie a souffert et j’ai été un vrai trou du cul de la traiter comme je l’ai fait. Je ne peux malheureusement pas revenir sur cet épisode, mais je peux essayer de me faire pardonner. Elle et moi avons besoin d’une véritable conversation et elle ne peut pas avoir lieu alors que je suis allongé sur un lit d’hôpital.

Heureusement pour moi, quelques minutes après le départ de la

bikeuse, dont je ne connais toujours pas le nom, le doc m’apprend que je peux rentrer chez moi. J’ignore comment je vais faire vu que je vis au troisième étage sans ascenseur, mais pour le moment, je m’en tape.

J’envoie un message à Romance et Jop, ainsi qu’à mes parents et à

mon frangin pour leur annoncer la bonne nouvelle et ils me répondent tous qu’ils seront là dans une heure. Au moins, ça me laisse le temps de signer les papiers de sortie, ainsi que de finir de préparer mes affaires, mais avant ça, j’ai quelqu’un d’autre à prévenir.

[Moi : Je suis autorisé à sortir.]

À mon grand étonnement, sa réponse ne tarde pas et je souris

comme un con en lisant son message.

[Rosie : Super nouvelle, je suis heureuse pour toi. Je sais à quel

point tu détestes rester sans rien faire. Au moins, là, tu seras chez toi,

ou au club.]

[Moi : Je serais chez moi.]

Je n’ajoute rien de plus. J’espère secrètement qu’elle passera me

voir, sans rester plantée devant mon immeuble.

*****

Putain que c’est bon d’être chez soi !

Bon, ça a été un peu la galère dans les escaliers. Jop et Romance ont

dû me porter tandis que mon père et mon frère se chargeaient du fauteuil roulant. Si ma situation devient permanente, il faut que je pense sérieusement à trouver un logement plus fonctionnel. Ça me fait chier de quitter la coloc avec Mance, mais bon, l’appart n’est clairement pas adapté à un handicapé. On a dû réaménager un peu le salon pour que je puisse circuler. Par bonheur, ma mère a le sens de l’organisation, sinon cela aurait été un véritable bordel.

Enfin, tout le monde est parti, mes potes voulaient rester, mais je les

ai virés. Après tout, ce n’est pas parce que je ne peux pas sortir qu’eux ne le peuvent pas non plus, surtout que j’ai appris qu’une fête est prévue pour l’anniversaire de Leila, ce soir. Je les ai convaincus que j’étais crevé et qu’on se verrait demain et c’est vrai, je suis complètement HS. J’ai juste besoin d’une bonne douche et de me glisser sous mes draps, mais lorsque j’arrive dans la salle de bain, je marque un temps d’arrêt.

Il y a une petite baignoire que nous n’utilisons jamais et je me dis

que ce serait probablement mieux, surtout que je ne peux pas tenir debout, mais le processus me parait compliqué. J’observe le tub comme s’il s’agissait d’un Rubik’s Cube en cherchant la meilleure façon d’entrer et de sortir sans me casser la gueule.

— Besoin d’aide ?

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