Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
7. Calliope
J’ignore ce qu’il m’a pris, mais voilà, c’est dit. Je mordille ma lèvre inférieure tout en attendant la réaction du biker qui… ne vient pas. Il m’observe comme si une deuxième tête venait de me pousser sur l’épaule, la bouche légèrement ouverte. Je me dandine d’un pied sur l’autre, assez mal à l’aise face à son regard ébahi.
— Tu comptes dire quelque chose ? demandé-je en décollant mon dos du battant de la porte pour faire un pas dans sa direction.
— Euh… ouais ?
— C’est une question ?
Romance secoue la tête, comme si tout cela n’étaient que du fait de son imagination. Lorsqu’il semble se rendre compte que ce n’est pas le cas, il me rejoint plus rapidement que je ne le pensais, ce qui fait que mon dos rencontre le mur.
— Qu’est-ce que tu fais là, Calliope ? questionne-t-il d’une voix qui ne laisse aucun doute quant à l’effet qu’ont eu mes mots sur lui.
— Je te l’ai dit.
— Répète-le.
— Reste avec moi cette nuit.
— Putain ! jure-t-il avant de prendre mes lèvres d’assaut.
Notre baiser n’a rien de doux, il est sauvage et authentique, un peu comme l’homme à mes côtés. Je tente comme je peux de m’accrocher à lui et, la meilleure façon que je trouve, c’est de glisser mes doigts dans ses cheveux châtains. Quand ses mains serrent un peu plus ma taille, je laisse échapper un gémissement, impatiente quant à ce qui va suivre.
— On ne peut pas faire ça, marmonne Romance en rompant notre étreinte et en posant son front contre le mien.
— Pourquoi pas ?
— Parce que tu es la fille de mon Prez et que s’il apprend ce qu’on a fait chez toi, il risque de m’arracher les couilles et de les donner aux chiens. Quant à toi, je suppose qu’il t’enfermera dans l’une des chambres du club et qu’il restera devant la porte tel Cerbère.
Je pouffe en imaginant ce qu’il décrit. Bon, sauf pour la partie où mon père lui arrache les couilles, mais ça, c’est autre chose.
— J’ai vingt-huit ans, Romance, pas cinq. Je suis capable de faire mes
propres choix et mon père le sait très bien.
— Dis ça à tes ex, grogne-t-il avant de s’écarter et de me tourner le dos.
— Tu as peur de mon père ?
— Qui n’aurait pas peur de lui.
— Moi.
— C’est pas la même chose, tu es sa fille.
— Justement, donc je sais ce qui est le mieux pour moi. Je suis capable de
lui tenir tête si ça en vaut vraiment le coup. La question est, est-ce que tu feras pareil ?
Romance se stoppe au moment où il allait passer une main dans ses
cheveux, puis se tourne en direction de la vitre. Il se replie sur lui-même et élève les larges murailles qui entourent son être. Je m’approche pour venir me coller contre son dos et cale mes mains sur ses hanches. J’aimerais tellement les glisser sous son sweat, mais je sens que ce n’est pas exactement le bon moment. Du coup, je les garde sagement sur le tissu et je colle ma joue contre son omoplate.
— À quoi est-ce que tu penses ? demandé-je, même si je ne suis pas sûre
d’avoir une réponse.
— Je… qu’est-ce que tu attends de moi, Callie ?
— Ce que tu es prêt à me donner, avoué-je sincèrement. Je ne veux pas
que tu changes qui tu es, je veux juste profiter du temps que j’ai avec toi. Tu m’as toujours attiré et je sais que c’est également le cas pour toi, donc, j’aimerais voir où ça nous mène. Sans pression.
— Et si je merde ?
— Personne n’est parfait, Romance. Tu ne l’es pas, je ne le suis pas, mon
père ne l'est pas et je pourrais continuer comme ça longtemps. Tu vas merder, tout comme moi, mais ce n’est pas ce qui compte réellement.
Il se retourne entre mes bras et plonge son regard sombre dans le mien. La
couleur chocolatée se fond parfaitement avec la noirceur de sa pupille.
— Qu’est-ce qui compte dans ce cas ?
— Ce qu’on ressent ici, dis-je en plaçant ma main sur son cœur. J’ignore
si ce qu’on a se transformera en quelque chose de plus profond ou non, mais même avec cette incertitude, j’ai envie d’essayer.
— Princesse…
— Dis-moi que tu ne veux pas la même chose et je te laisserai tranquille.
— Je…
Il semble au bord de la panique et ce n’est pas ce que je veux. Je veux qu’il se sente à l’aise avec moi.
— Pourquoi est-ce que tu n’as pas couché avec Nora ? Tu aurais pu et elle en avait clairement envie, alors pourquoi tu ne l’as pas fait ?
— Jalouse, princesse ? questionne-t-il en haussant un sourcil.
Putain, oui.
Lorsque j’ai vu la brebis rentrer dans sa chambre et se frotter contre lui, je n’avais envie que de foncer sur elle et lui arracher ses maudites extensions. J’avoue que pendant un micro-instant, j’ai cru qu’il allait succomber à la tentation, donc, quand il ne l’a pas fait, un soulagement malsain m’a réchauffée.
— J’avoue que la voir poser ses mains sur ton corps m’a énervé, déclaré-je à demi-mots alors qu’un léger sourire se dessine sur les lèvres du biker.
— Tu veux savoir pourquoi je ne l’ai pas baisée ? chuchote-t-il à mon oreille d’une voix rauque tandis que je hoche la tête. C’est parce qu’elle n’était pas toi. J’ai les putains d’images, de ce qu’on a fait cette nuit, gravées dans ma caboche et je n’arrive pas à m’en défaire. Je te revois sous moi, haletante et toute humide. Tu veux que je continue, princesse.
Je hoche la tête sans réellement m’en rendre compte. Ses mots m’émoustillent bien plus que je ne l’admettrais jamais. Si bien que je suis obligée de rapprocher mes cuisses l’une de l’autre afin d’apaiser la chaleur qui s’y est logée.
— Excitée, princesse ?
— Oui…
— Bien. Maintenant, tu vas continuer de te remémorer ce qu’on a fait cette nuit, parce que tu vas rentrer chez toi.
Douche froide.[3]
— Qu…
— On ne peut pas baiser ici, Callie. Ton père peut débarquer à n’importe quel moment, or j’ai horreur de m’arrêter dans ma lancée. Donc, tu vas rentrer chez toi et je te rejoins dans une heure, d’accord ?
Soulagée qu’il ne fasse pas marche arrière, je réponds par la positive avant de me mettre sur la pointe des pieds et de l’embrasser sur la joue.
— Il vaut mieux que tu y ailles, maintenant avant que je change d’avis.
Je souris, puis quitte sa chambre après avoir vérifié que la voie est libre. Sur la route qui mène jusque chez moi, mon impatience ne cesse de grandir. Quand je repense à l’ensemble ultra-sexy que Tempe m’a forcé à acheter la dernière fois qu’on a fait du shopping, mon sourire s’élargit d’autant plus.
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