Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
Chapitre 39
À mon réveil, quelques heures après avoir déboulé chez Nox sans
prévenir, je constate que la lune est haute dans le ciel et qu’elle illumine la chambre. J’ignore quelle heure il est, mais ça doit faire un moment que je suis out. Je me retourne dans le lit et découvre sans surprise le corps du biker près du mien. J’observe son visage semblable à celui d’un ange et mes doigts me démangent de caresser sa ride du lion qui a totalement disparu, mais je me retiens. Il a besoin de sommeil et même si j’ai très envie de le réveiller, je ne le fais pas et m’extirpe doucement de sa prise. Trouvant l’un de ses sweats au pied du lit, je l’attrape et l’enfile avant de faire de même avec ma culotte, puis je quitte la chambre à pas de loup.
À mon grand étonnement, je découvre que le salon est allumé et que
Romance est installé sur le canapé, une bouteille d’alcool à la main. Ne voulant pas le déranger dans ce qui semble son moment de paix, je fais demi-tour, mais c’est sans compter sur ma maladresse légendaire. Mon petit orteil rencontre le pied de la table de la salle à manger et je jure, attirant ainsi le regard du meilleur ami de Lennox sur moi.
— Eh bien, jamais, je n’aurais cru entendre autant de gros mots sortir de ta bouche, dit-il avant de prendre une gorgée de ce que je suppose être du whisky.
Je ne réponds rien, m’approche et m’installe sur l’un des fauteuils
en face de lui. Le motard se penche dans ma direction et me tend sa bouteille. Je l’accepte et bois une bonne lampée avant de grimacer.
Beurk ! Le whisky, c’est vraiment pas mon truc ! Ma grimace doit sans doute être hilarante, à moins que ce ne soit
l’alcool qui circule dans ses veines, mais Romance se met à rire tout en marmonnant un « ça en fera plus pour moi ».
— Je suis désolé.
Je relève brusquement mon regard vers le biker, surprise, et un peu
confuse qu’il me fasse des excuses.
— Euh… OK, mais pourquoi ?
— De t’avoir mal parlé à l’hôpital, je…
— Tu étais inquiet, le coupé-je en balayant ses propos de la main. Je
comprends, crois-moi.
— Peut-être, mais je n’aurais jamais dû te parler ainsi. Ce n’est pas moi. — Tout le monde a une part de noirceur, Romance. Peu importe la
couche d’humour que tu accumules pour le cacher.
— Tu parles d’expérience ?
— On peut dire ça, même si pour moi, c’est plus le cynisme et le
sarcasme.
Mes propos le font rire. Je remonte mes jambes contre ma poitrine et
l’observe quelques instants. Quand il s’en rend compte, Romance avale une nouvelle gorgée de son poison. Lui et moi n’avons jamais été très proches, notamment parce que je ne voyais que Lennox, mais surtout parce qu’il y a quelque chose dans son regard qui me turlupine. Il a beau passer pour le rigolo de la bande, il est clair que derrière ses yeux ambrés et ses bonnes blagues se dissimule un homme blessé. Je ne connais pas son histoire et je sais qu’il ne se confiera pas à moi, mais sa façon d’enfermer une partie de lui-même me fait écho.
— Merci, lancé-je à mon tour.
— Pour quoi ?
— D’avoir été là pour Lennox. Tu es un super ami et je suis heureuse
qu’il t’ait dans sa vie.
— Mais ?
— Pas de mais.
— Il y a toujours un mais.
— Pas cette fois-ci.
Il m’observe bizarrement avant de se désintéresser totalement de
moi. Nous restons dans nos pensées pendant ce qui paraît des heures, et lorsque je reprends pied avec la réalité, je décide de le laisser seul. Je rejoins l’homme qui détient la meilleure partie de moi et m’allonge à ses côtés. Aussitôt, il enroule ses bras tatoués autour de ma taille et me serre contre lui.
— Trop de fringues, marmonne-t-il dans son sommeil.
Je pouffe comme une ado et m’écarte pour retirer le sweat que je lui
ai piqué. Je me colle de nouveau à lui, uniquement vêtue de ma lingerie, il laisse échapper un soupir d’aise et dépose un baiser sur mon front. Je fonds face à ce geste aussi naturel et me blottis encore un peu plus. J’aimerais pouvoir ne faire qu’un avec cet homme qui est devenu le centre de mon univers. Même lorsque j’étais à des milliers de kilomètres, il n’y a toujours eu que lui. J’ai eu la possibilité de coucher avec d’autres, mais je n’ai jamais cédé. Pour moi, c’est comme si je le trahissais, alors je me suis plongée dans le travail et j’ai étouffé mes envies. Ces mêmes envies qui m’ont éclaté à la gueule dès l’instant où j’ai posé les pieds à l’aéroport.
— Je t’entends penser d’ici, chuchote mon premier amour. Dors.
— Je t’aime.
Les yeux vairons de Lennox s’ouvrent brusquement face à mon
aveu et son cerveau semble buguer pendant quelques secondes.
— Redis-le.
— Je t’aime, Lennox Harris.
— Putain, Rosie !
Sans que j’aie le temps de bouger, il prend mon visage entre ses
mains et scelle ses lèvres aux miennes. Il n’y a aucune douceur dans son baiser, juste toutes les émotions qu’il tente de partager avec moi par ce geste si intime. Il me fait passer sur lui dans un mouvement calculé et retire rapidement le seul rempart entre nos corps. Lorsque je le sens chaud et prêt contre mon ventre, je frissonne d’anticipation.
— Tu me tues, petite fleur, dit-il contre mes lèvres.
— Il n’y a toujours eu que toi, soufflé-je à voix basse. Toujours.
Nox reste statique pendant la minute la plus longue de ma vie, mais
lorsqu’il se reprend, c’est pour m’offrir un baiser encore plus fougueux. Je ronronne tout en glissant mes doigts dans sa chevelure. L’une de mes mains quitte son crâne, s’arrête d’abord au niveau de son cœur qui bat à la chamade, puis descend plus bas. Sa queue au creux de ma paume, je l’observe, il tente de garder le contrôle au gré de mes caresses. La sensation de puissance qui monte en moi en le voyant aussi réceptif termine de m’achever. Ne souhaitant aucune barrière entre nous, je me redresse légèrement pour placer son gland à l’orée de mon sexe.
Mes yeux accrochent les siens et, sans ciller, je le laisse m’envahir
de la meilleure des manières. Je m’agrippe à ses épaules tatouées, plantant mes ongles dans sa peau lorsqu’il s’enfonce jusqu’à la garde. Mes paupières se ferment automatiquement sous le plaisir que je ressens, mais mon homme ne semble pas en décider ainsi.
— Regarde-moi, m’intime-t-il.
Et je m’exécute. Je me plonge dans le bleu océan de son œil gauche
et le marron ambré du droit. Son regard m’a toujours hypnotisée, mais là, c’est encore plus puissant. Mes lèvres suspendues au-dessus des siennes, je ne résiste pas à les caresser d’un souffle.
— Ne me quitte pas des yeux, petite fleur.
Je ne me fais pas prier cette fois-là non plus. Je sens ses mains
explorer mon dos avant d’arriver sur mes fesses et d’augmenter la cadence de nos ébats. Une chaleur agréable parcourt mon bas-ventre et fait gonfler mon cœur. Lorsque l’orgasme commence à prendre de plus en plus d’ampleur, je m’accroche à sa nuque comme à une bouée de sauvetage, sans pour autant rompre le contact visuel entre nous.
— Putain, Rosie ! jure mon homme en me pilonnant plus fort.
Il va et vient en moi sans faiblir. Il cajole chaque partie de mon
corps qui se trouve à sa portée et ma peau se recouvre d’un merveilleux frisson. Mes jambes se referment encore plus contre lui et lorsqu’arrive le point de non-retour, je bascule la tête en arrière tout en gémissant son nom. Je l’entends vaguement marmonner quelque chose, mais je suis bien trop dans le coaltar pour comprendre quoi que ce soit. Je me laisse aller contre lui, me nichant dans son cou tandis qu’il s’allonge.
Nos souffles s’apaisent doucement et, lorsque je relève le visage, je
constate qu’il arbore un large sourire.
— Qu’est-ce qui te fait sourire comme ça ? demandé-je. — Le bonheur, mon cœur, le bonheur.
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