Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
Chapitre 24
Marcin est mal en point, mais vivant et c’est le plus important pour
moi. Je vais pouvoir prendre tout mon temps pour faire de sa vie un véritable enfer. Je vais le pousser jusqu’à la limite de la mort, sans pour autant lui offrir la libération qu’il me suppliera de lui donner… pas tant que mon fils n’aura pas rouvert les yeux !
Pour le moment, Hunger et Mance le conduiront au club. Je pense
que le meilleur ami de Nox a une certaine colère à expurger. Cependant, je le préviens que le Polonais doit rester en vie et il me répond d’un simple signe de tête. Je sais qu’il ne me désobéira pas.
Quant à moi, j’observe celle qui détient le cœur de mon fils sans
s’en rendre compte. Je me souviens comme si c’était hier, de la fois où ils ont enfin franchi le cap de leurs sentiments. Bien évidemment, Lennox ignore que j’étais réveillé et que je l’ai vu se faufiler dans la chambre de la fille de l’ancien VP. J’ai longtemps cru qu’il finirait avec Callie, la fille d’Ax, mais lorsque Rosie est arrivée dans nos vies, j’ai tout de suite compris que cette gamine serait celle qui rendrait mon garçon heureux. Comment je l’ai su ? J’en ai aucune putain d’idée. Peut-être que Rox déteint sur moi.
D’ailleurs, en parlant de ma femme, mon téléphone vibre dans ma
poche et son nom apparait sur l’écran. Sans perdre un instant, je décroche et tout mon corps se tend lorsque je l’entends renifler.
— Rox ?
— Je…. Il faut que tu viennes, Cam. — J’arrive au plus vite.
Je ne pose pas de questions, parce que finalement, je préfère rester
dans l’ignorance. Je crois que je ne pourrai pas gérer de savoir que mon aîné est parti, sans avoir rouvert les yeux une dernière fois. Je fais signe à Ax que je dois me rendre à l’hôpital et son regard m’indique de le tenir au courant. Je hoche la tête, puis annonce à mon cadet qu’il faut qu’on rejoigne sa mère. Son visage devient blême et accompagné de Hendrix, ils se dirigent vers leurs bécanes, tandis que moi, je vais vers Rosie.
— Qu’est-ce…
— Je pars à l’hôpital et tu viens avec moi, ma grande, commencé-je en levant la main pour l’empêcher d’ajouter quoi que ce soit. Toi et ta copine avez plutôt intérêt de me suivre si tu ne veux pas que je vienne te chercher par la peau du cul.
Sentant que je ne suis pas d’humeur à négocier, elle se contente
d’acquiescer et de s’installer à la place du mort. Je lance un regard appuyé à son amie, qui me le rend, accompagné d’un signe de tête.
— On se retrouve à l’hôpital, dit-elle.
— J’espère bien…
Je retourne à ma moto et quitte le parking sur les chapeaux de roues.
Je surveille dans mon rétro que les deux bikeuses me suivent bien. Une fois arrivés, nous nous dirigeons tous les trois à l’étage où se trouve Nox. Je découvre ma femme, en pleurs dans les bras de la régulière du président. Rule est là, aussi, serrant sa propre compagne contre lui. Lorsque son regard croise le mien, je me sens défaillir, mais je tente de garder mon sang-froid.
— Cam !
Roxy se jette sur moi et je la rattrape sans mal, même si je fais
quelques pas en arrière, puis l’enlace. Son odeur familière suffit à m’apaiser, même si ce n’est que légèrement.
— Qu’est-ce qui se passe ? demande Pierce d’une voix rauque.
— Nox, il est réveillé !
Un hoquet détourne l’attention de ma régulière pour se poser sur
Rosie. Elle s’éloigne de moi pour la prendre dans ses bras et, comme je m’en doutais, la jeune femme laisse échapper, pudiquement, quelques larmes. Quant à moi, je me tourne vers l’ancien sergent d’armes qui m’accorde un simple signe de tête en direction de la chambre de mon fils. Je m’y précipite et lorsque je découvre les iris si familiers de Lennox, mon cœur loupe un battement.
Bordel de merde, même mes yeux me piquent ! Je m’approche du lit et offre un sourire à la belle au bois dormant.
— Tu nous as foutu une sacrée trouille, fiston, dis-je d’une voix pleine
d’émotions.
— J’ai cru comprendre, en effet, déclare-t-il d’une voix pâteuse. Mais je
suis comme mon vieux, il m’en faut plus pour m’abattre !
— Appelle-moi encore une fois ton « vieux » et ton cul goûtera à la
semelle de ma chaussure, sale gosse.
Il ricane doucement avant de se mettre à tousser. Je lui apporte un
verre d’eau pour calmer sa gorge et, une fois qu’il l’a terminé, je le pose sur la tablette.
— Je…
— Tu m’as sauvé la vie, mon fils, murmuré-je, et je te serai à jamais
reconnaissant. Mais si tu recommences, je te jure que je t’en colle une !
— OK, de toute façon, je n’avais pas trop l’intention de partir où que ce
soit pendant les prochaines semaines. Des vacances me feront du bien.
Même s’il parle avec humour, je distingue une petite faiblesse dans
sa voix. Il doit se douter que le rétablissement prendra du temps. Du coup, pour qu’il garde un peu d’espoir, je m’avance vers lui…
— Mon p’tit doigt me dit qu’une certaine blonde aux yeux vert d’eau
pourrait t’aider à te divertir. Elle a remué ciel et terre pour venger ce qui t’est arrivé, fils, chuchoté-je en m’approchant de son oreille.
Je reconnais l’expression dans son regard, alors je décide de cesser
le supplice.
— Je vais l’appeler.
Le soupir, à peine audible, qu’il laisse échapper m’indique que j’ai
fait le bon choix en ramenant Rosie ici. J’espère juste qu’ils finiront par mettre de côté leurs foutues fiertés et en profiteront.
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