Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 12 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 8

 

J’ai merdé, j’en ai conscience et Aifé prendra un malin un plaisir de

me le rappeler. Néanmoins, après l’avoir vu dans la rue, tout à l’heure, je savais qu’il voudrait des explications. Donc, sans prévenir ma meilleure amie, je me suis rendue au parc où nous nous retrouvions souvent.

Comme je m’en doutais, les années sont passées et n’ont fait

qu’avantager celui pour qui j’avais eu un coup de cœur à l’adolescence. Déjà à l’époque, il était aussi beau qu’un dieu, un véritable adonis, mais aujourd’hui, c’est encore pire. De nombreux tatouages se sont ajoutés à sa peau et son teint hâlé m’indique qu’il reste beaucoup de temps dehors. Je me souviens qu’il adorait partir dans les canyons qui longent la ville. Il a toujours été un aventurier et je n’aurais pas été surprise qu’il abandonne tout pour faire un road trip, mais comme souvent dans ce milieu, seul le club compte. Je lui en veux pour cette raison. Il aurait pu avoir le monde à ses pieds, mais non, il a préféré rester dans ce maudit État et revêtir ce foutu cuir. Bon après, je ne peux pas être plus en colère puisque j’ai quitté un MC pour un autre, même s’il est un peu différent.

Méduse dirige le Wicked Minds[5] [6] , Astarté la seconde en tant que

VP et Slayer[7] a le poste de sergent d’armes. Les autres membres sont

Hina[8] [9] , la road captain ; Alecto, la trésorière et hackeuse ; ainsi que

Hela [10] [11] [12] [13] , Morana , Kali , Hérécura, la prospecte, et la jumelle d’Aifé, Scathach. Nous ne sommes que des femmes et nos noms de routes ont tous un lien avec une déesse de notre pays, enfin, sauf pour Méduse, Slayer et moi, étant donné que nous sommes américaines. Notre club est basé en Écosse, mais pour des raisons personnelles, la Prez a exigé qu’on vienne sur le territoire américain pour régler cette affaire. J’ai, bien évidemment, refusé de participer à cette mission, puisque j’ai plus important à faire au Royaume-Uni, mais elle n’a rien voulu savoir. Du coup, me revoilà dans la ville qui a fait partie de mon enfer.

— Où est-ce que tu étais ? m’interroge ma meilleure amie dès que je

franchis le pas de la porte.

— Dehors, réponds-je, évasivement.

— Susan Rose Clark, plus communément nommée Neith, dis-moi la

vérité !

Je pourrais presque rire quand elle m’appelle de cette manière,

surtout avec sa voix de maîtresse d’école en colère, mais aucun sourire ne fleurit sur mes lèvres.

— Je ne te mens pas.

— Essaie encore, tu as presque réussi à me convaincre, là.

Je soupire en déposant mon cuir sur le canapé, puis je me dirige vers

la cuisine pour prendre une bière. Bien évidemment, Aifé me suit et ne semble pas vouloir lâcher le morceau si facilement.

— Tu sais aussi bien que moi que tu n’as aucune chance de gagner à ce

jeu, Neith. Alors, balance, déclare-t-elle en me fixant de ses iris bleus.

— Très bien, je suis allée me promener, tu es contente ? — Et durant ta balade nocturne, y avait-il un biker dont le prénom

commence par un L et se finit par un X ?

— Tu me fais chier, Aif !

— Tu sais bien que c’est mon activité favorite. Alors ? — Oui, Lennox était là.

Mon acolyte fronce les sourcils, mais n’ajoute rien. Elle sait qu’à

l’heure qu’il est, les Sinners ont découvert les traces d’Alecto. Elle a laissé intentionnellement trainer sur le web que nous sommes un club de bikeuses basé en Écosse. Nous gérons quelques affaires à Inverness, mais rien de plus, du moins officiellement. Officieusement, c’est autre chose.

— De quoi est-ce que vous avez parlé ? questionne-t-elle, visiblement

intriguée.

— Oh, tu sais, de la pluie et du beau temps.

— Tu me prends pour une [14] gòrach ?

Je hausse les épaules pour toute réponse et j’abandonne ma bouteille

vide pour rejoindre ma chambre. Cette fois, Aifé ne me suit pas, même si ce n’est pas l’envie qui lui manque. Une fois planquée dans ma piaule, je retire mes fringues ne gardant que ma culotte, puis attrape un vieux tee-shirt dans mon sac. Ce morceau de tissu est à moitié destroy, mais en même temps, je l’ai depuis presque dix ans. Bien évidemment, son odeur a disparu depuis belle lurette, mais cela ne m’empêche pas de le serrer contre moi, comme une enfant avec son doudou. Je suis pathétique, j’en ai bien conscience, mais pour cette nuit, j’ai besoin d’un semblant de réconfort. Ma discussion avec Lennox m’a touchée plus que je ne l’aurais imaginé et même si une décennie est passée depuis la dernière fois, cette rencontre m’a retourné l’estomac.

Rien que de repenser à ses yeux bicolores, mon rythme cardiaque

s’accélère, tandis que des picotements naissent au creux de mon ventre. Dix piges sans avoir vu cet homme et pourtant, je réagis toujours comme une minette face à son premier Crush. C’est assez frustrant, je ne veux pas être comme ça. Je veux être libérée des sentiments qui me lient à lui.

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