Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
9. Calliope
La séance du bain ne s’est pas vraiment déroulée comme je me l’avais imaginée. Au départ, il s’agissait réellement d’un moment pour lui. J’avais dans l’idée de lui faire un massage et d’essayer de le faire parler, mais ça ne s'est pas passé comme prévu. Donc, après notre petite séance de tripotage, nous avons migré dans mon salon et nous avons passé le reste de l’après-midi allongés sur mon canapé, à regarder la télé. Bien évidemment, nous ne sommes pas restés sages bien longtemps. Nos vêtements ont rapidement rejoint le sol et nous sommes à présent nus sous un plaid, tandis qu’un film d’action passe sur l’écran. J’ignore de quoi parle l’histoire, j’ai décroché dès que Romance s’est mis à tracer des lignes imaginaires sur ma peau. Sentir son corps contre le mien, sa chaleur, me procure une sensation de bien-être comme jamais. Avec mes ex, je n’ai jamais passé une après-midi comme celle-ci.
Je n’ai aucune envie que la journée se finisse et que je me retrouve seule avec mes pensées.
— Tu réfléchis trop, princesse, murmure le biker contre mon oreille tout en caressant mon ventre.
— Comment tu sais que je suis en train de réfléchir ? demandé-je.
— Parce que le film est fini depuis cinq bonnes minutes et tu n’as pas cligné des paupières depuis un moment. Tu veux me faire part de tes pensées ?
— Je n’ai pas envie que la journée se finisse.
— Il nous reste encore quelques heures pour en profiter.
— Et après ?
— Princesse…
Je me tourne pour lui faire face et plonge mon regard dans le sien.
— Je n’ai pas envie que ce qu’il se passe entre nous s’arrête, Romance. Je ne me suis jamais autant sentie à l’aise avec un homme, et…
— C’est pareil pour moi, Calliope. Tu hantes mes pensées et mes branlettes en solitaire depuis que j’ai franchi le portail du club. Je me souviens de la première fois que je t’ai vue, tu étais avec Harley à l’une des tables de pique-nique.
— Je me rappelle, dis-je avec un sourire en coin, nous étions en train de
faire une liste, il me semble. Ne me demande pas de quoi, je ne sais plus, mais on avait beaucoup ri. C’était avant qu’on s’éloigne, Harley et moi.
La nostalgie de cette époque me revient en pleine poire. Cela fait bien
longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles de celle qui était autrefois comme une sœur pour moi. J’ignore ce qu’il s’est passé dans sa vie pour que ça la pousse à disparaître des radars, mais celaa dû être assez grave pour qu’elle ne mette plus un pied dans l’Utah depuis belle lurette.
— Elle était comme une sœur pour moi, avoué-je, la gorge serrée.
J’aimerais tellement savoir ce qui s’est passé. Pourquoi elle ne s’est pas confiée à moi ? J’aurais peut-être pu l’aider.
— J’en ai aucune idée, mais elle loupe quelque chose. Tu es une amie
fidèle, Calliope, n’en doute jamais. Je suis certain que, quoiqu'il se soit passé, elle avait une bonne raison pour mettre les voiles.
— Je ne sais pas. Même ses parents et ses frères n’ont presque pas de
nouvelles d’elle. Ils ignorent où elle se trouve et ce qu’elle fait. Je ne suis même pas certaine qu’elle sache que Charley est enceinte et qu’elle va accoucher bientôt.
— Connaissant le VP, si, elle le sait. Nox m’a dit que, même si elle ne
répond pas, Hendrix lui laisse des messages pour la tenir au courant de ce qu’il se passe ici.
Je hoche la tête, même si je ne suis pas totalement convaincue. Je n’ai pas
envie d’assombrir le peu de temps qu’il nous reste. Du coup, afin de ramener un peu de légèreté, je m’installe à califourchon sur lui et me penche pour prendre ses lèvres. Il répond à mon baiser en glissant ses mains tatouées dans mes cheveux pour me garder contre lui. Les miennes, posées sur son torse chaud, descendent jusqu’à ses flancs où se trouve une
chimère [21] [22] , tout droit sortie des Enfers, du côté gauche et Orthos, du
côté droit.
À présent que j’ai pu le voir entièrement nu, je me rends compte que bon
nombre de ses tatouages ont un lien avec des créatures fantastiques de la mythologie grecque, dont pratiquement toutes sont tirées du monde souterrain.
— Ça fait mal ? demandé-je après m’être écartée.
— Se faire tatouer ?
Je réponds par la positive tout en caressant les contours de la chimère.
— Tout dépend de ton seuil de douleur, déclare-t-il en mimant mes gestes sur ma propre peau. Généralement, les filles sont plus coriaces que les mecs. Elles encaissent mieux la douleur. Je me souviens d’une fois, j’ai tatoué un couple. La nana, pas un mot, pas une grimace tandis que je dessinais sur ses côtes, alors que son mec n’a pas arrêté de geindre alors que je lui faisais l’avant-bras. Une vraie gueularde. Bref, tout ça pour dire que ça dépend de ta résistance à la douleur.
— Tu accepterais de me tatouer ?
Ma question semble le surprendre puisqu’il hausse les sourcils et garde la bouche entrouverte pendant quelques secondes.
— Tu es sérieuse ? Je ne savais pas que tu voulais un tatouage.
— Disons que j’ai cette idée qui germe dans un coin de ma tête depuis un moment, mais je n’ai jamais sauté le pas. J’ai toujours adoré les tatouages. Quand j’étais petite, j’adorais tracé les contours de ceux de mes parents, plus particulièrement ceux de mon père. J’étais là lorsque Méduse s’est fait tatouer pour la première fois, pareil pour Tempe.
— Pourquoi tu ne l’as jamais fait ?
— J’en sais trop rien. Peut-être parce que je n’ai pas trouvé la bonne personne pour le faire.
— Et tu veux que ce soit moi ?
— Oui. J’ai vu tes dessins, Romance, ils sont magnifiques. Tu es un véritable artiste et je veux que ce soit toi qui grave ma peau.
Il reste interdit pendant un petit moment, avant de se reprendre.
— Tu as une idée de ce que tu veux ?
— Oui.
Je me redresse et enroule le plaid autour de mon corps nu, le laissant en simple tenue d’Adam tandis que je rejoins ma bibliothèque. Je fouille jusqu’à trouver mon carnet à dessin, puis reviens vers le canapé.
— Tu dessines ?
— Je gribouille, avoué-je à demi-mots en lui tendant l’objet. C’est le dernier.
Il s’assoit et ouvre la première page, tandis que je m’installe à l’autre bout du sofa. Je l’observe analyser mes croquis tout en mordillant ma lèvre nerveusement. Je n’ai jamais laissé personne les voir. Pas même Harley, alors qu’on partageait tout, donc c’est une véritable preuve de confiance à l’égard du biker. Lorsqu’il s’arrête sur celui que je désire graver sur ma peau, il marque un temps d’arrêt puis tourne lentement son visage vers le mien.
— Bon sang, princesse, c’est magnifique ! Tes traits sont fins et… je ne
trouve même pas les mots. Même moi, je ne fais pas un travail pareil. Tu as un vrai talent.
— Ne dis pas n’importe quoi, réponds-je mal à l’aise.
— Calliope, ma belle, je ne mens jamais pour ce genre de chose. Tu as un
vrai talent alors accepte le compliment, d’accord ?
Je hoche la tête tout en resserrant les pans du plaid autour de mon corps.
— Ton dessin semble si réaliste qu’on dirait une photo. Tu as parfaitement
esquissé les ombres et les visages des personnages sur le fronton. Ton temple grec est magnifique.
— Je l’ai un peu modifié.
— Je vois ça, je reconnais certaines figures mythologiques. Les deux au
centre, ce sont Erèbe [23] [24] et Nyx, n’est-ce pas ?
— Oui.
— Et tu les as dessinés avec les traits de tes parents.
Je réponds à nouveau par la positive alors qu’il passe aux autres personnes
qui ont une place importante dans ma vie. Il y a Rule et Presley, qui sont
représentés avec les attributs d’Hadès[25] [26] et d’Hécate. Cam et Roxy,
quant à eux, sont Epiphron [27] [28] et Perséphone. Harley, Pierce, Hendrix et
Nox, sont Astéria [29] [30] [31] [32] , Ether , Dionysos et Gelos.
OceanofPDF.com