Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
Chapitre 13
J’attends qu’elle me réponde, mais rien ne vient, ce qui augmente la
fureur qui bat dans mes veines. Je tente de me calmer, mais impossible, tant que je n’aurai pas la confirmation qu’elle n’a pas vendu son corps pour des médocs, je… J’en sais rien en fait. Après tout, si elle l’a fait, c’est qu’elle l’a choisi, mais ça n’empêche que ça me fout dans une rage monstre !
— Réponds-moi ! finis-je par lâcher.
— J’ai fait ce qu’il fallait pour survivre, Lennox.
— Ah ouais ? Et te prostituer était la seule façon que tu as trouvée, hein ?!
— Je…
Refusant d’écouter la suite de l’histoire, je lui coupe la parole en lui
balançant ses fringues. Je n’aurais jamais dû lui sauter dessus de cette manière. Putain, je n’ai jamais autant pris mon pied avec elle et voilà qu’elle m’annonce qu’elle…
Je secoue la tête pour chasser cette pensée, puis me dirige vers ma
piaule. Je me conduis peut-être comme un connard, mais je ne peux pas croiser son regard pour le moment. C’est au-dessus de mes forces, alors lâchement, je me planque dans ma chambre jusqu’à ce que la porte d’entrée claque. Je passe une main sur mon visage tout en jurant, puis finit par faire valser ma lampe de chevet. Un bruit familier de moteur de bécane résonne dans la rue et c’est la confirmation qui me manquait pour prendre conscience qu’elle est bien partie. Encore.
Je vais vers la fenêtre du salon. Je l’ouvre avant d’attraper mon
paquet de clopes sur la petite table et en allume une. L’avant-bras appuyé contre le montant, j’observe la chaussée calme tout en repensant à ce qui vient de se passer.
Putain de bordel de merde, j’ai couché avec Rosie ! Encore.
Cette pensée me fait gronder, mais en revoyant les images de notre
partie de baise sur mon canapé, ma queue se remet immédiatement au garde-à-vous.
Putain de corps de déesse qui m’a grillé le cerveau ! Sachant très bien qu’avec ces nouveaux événements, je ne pioncerai
pas, j’enfile le reste de mes fringues et quitte mon appart. Je me rends à la boutique pour m’avancer un peu dans les papiers. J’avoue que j’aurais préféré passer ma nuit autrement… Notamment avec une certaine blonde, me coupe ma conscience que j’envoie chier.
*****
— Tu penses qu’il est là depuis combien de temps ? — Si j’en crois la bave qu’il a sur le menton, une bonne partie de la
nuit.
— On le réveille du coup ? Aïe, mais pourquoi t’as fait ça ? — T’es qu’un con, Romance, à ton avis, s’il est là, c’est qu’il a eu
besoin de se vider la tête.
— Et ? Je ne vois pas le rapport avec la claque. — Laisse-le pioncer, et puis il sera bien assez grognon comme ça. — Je vous entends, bande de bites molles, murmuré-je en ouvrant
difficilement les yeux.
Devant moi se trouvent mes deux meilleurs potes, assis sur les
fauteuils face au bureau. Mance ne semble pas avoir dormi de la nuit, mais à son air guilleret, je me doute qu’il l’a passée en charmante compagnie. Jop, quant à lui, me regarde en fronçant les sourcils, les bras croisés sur son torse.
— Qu’est-ce que vous faites là ? demandé-je en étirant ma nuque
endolorie.
— Il est plus de dix heures, mon frère, m’annonce Jop. — Vraiment ? Vous auriez dû me réveiller plus tôt. — T’es déjà chiant le matin quand tu te réveilles tout seul, donc je n’ose
imaginer si on l’avait fait, ajoute Mance. Ah, au fait, tu as de la bave là.
Il m’indique mon menton et, tout en grognant, j’essuie les dernières
traces de mon sommeil.
— Merci.
— Qu’est-ce que tu fais là ? questionne Jop.
— Je me suis avancé dans la paperasse.
— Mais encore ?
— Je n’arrivais pas à dormir.
— à cause d’elle ?
Nul besoin de prononcer son nom, je sais précisément de qui il
parle. D’ailleurs, cette simple pensée me ramène à cette nuit et au fait que je l’ai sautée sur mon canapé.
— Elle est venue, hier soir, annoncé-je. Après la rencontre avec les Polonais et les Chinois…
— Et ? s’enquiert Rom.
— On a baisé sur mon canap'.
Mes deux potes émettent un sifflement et un large sourire se dessine
sur les lèvres de l’un, tandis que l’autre semble cogiter à plein turbo.
— Pourquoi ?
— J’en sais foutre rien, elle ne m’a pas répondu lorsque j’ai posé la question. Elle s’est contentée de m’embrasser et de se frotter contre ma queue.
Mance éclate de rire avant de me demander comment c’était. Je lui
lance un regard noir et il comprend que je ne souhaite pas parler de ça, puisqu’il lève les mains en signe de reddition.
— Elle ne t’a rien dit d’autre ?
— Non, enfin si, mais ça n’a rien à voir avec les mafieux.
— Et comment ça s’est terminé ?
— Je l’ai virée après qu’elle m’a annoncé quelque chose qui m’a mis hors de moi.
— Putain, frangin, tu n’y vas pas de main morte, s’esclaffe Rom.
Sur ce coup, il n’a pas tort.
J’envoie ma conscience se faire foutre tout en me levant pour
m’étirer. Pioncer sur mon bureau n’a pas été la meilleure des idées pour le coup, mais je vais devoir faire avec. Je me dirige vers la cafetière et me sers une bonne rasade, avant de l’avaler cul sec et d’en reprendre. Il me faut au moins ça pour affronter la journée, surtout que mes frangins me matent comme un foutu projet de science.
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