Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 50 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

2. Romance

Je déteste vraiment cette période de l’année, il n’y a pas d’autres mots. Certains psys diront que c’est parce que mes vieux se sont cassés un vingt-quatre décembre et qu’ils ne sont jamais réapparus. Mouais, ça pourrait marcher, du moins, si je croyais réellement à ce genre de connerie. Du coup, me voilà dans l’une des boîtes les plus populaires, à moitié bourré et en train d’embrasser la fille de mon président.

Ouais, j’ai visiblement des envies suicidaires, puisque si Ax apprend que je suis en train de dire bonjour à la langue de sa princesse, je suis bon pour le pilori.

Cependant, même en sachant que je risque de ne pas voir un autre jour, je ne m’écarte pas. Pourquoi ? Parce que ce qui est en train de se passer, j’en rêve depuis des lustres. Sous ses airs d’intello, Callie est sexy et je suis un mec qui a des besoins. Beaucoup de besoins. J’ai longtemps retenu l’attirance que je ressentais pour cette petite bombe blonde, mais là, à cet instant précis, je ne retiens rien et quelque chose me dit que c’est également le cas de la demoiselle.

Lorsque nos bouches se séparent, nous sommes tous les deux à bout de souffle et un petit sourire naît au coin de mes lèvres lorsque je la vois aussi troublée que moi. J’ai été surpris de la voir ici, après tout, ce n’est pas du tout son style, elle est plus du genre “Netflix and chill” que “boîte de nuit et coup d’un soir”. La voir remettre son ex sur le droit chemin a été assez excitant, du moins pour moi, pas sûr que l’autre connard ait apprécié de se prendre une rotule dans les couilles, mais bon, il a eu ce qu’il méritait.

— Tu es pleine de surprise, princesse. J’aime ça.

— Arrête de m’appeler comme ça, Romance.

Mon sourire s’élargit en l’entendant répliquer. Elle déteste ce surnom qui, pourtant, lui va si bien. Après tout, elle est la fille du Prez, ce qui fait d’elle la princesse du club, si on peut dire.

— Ça n’avait pas l’air de te déranger, il y a quelques instants, répliqué-je en un haussant un sourcil.

— Tu m’as prise au dépourvu.

— Mais tu as aimé, sinon je serais plié en deux et probablement en train de me tenir le service trois pièces, n’est-ce pas ?

— Tu es bien trop sûr de toi.

— Oh, allez, princesse, avoue que tu as aimé.

— Pour gonfler encore plus ton égo ? Non, merci, je passe. Je me

demande bien comment tu fais pour passer les portes.

— Ah ça, c’est parce que ce n’est pas ma tête qui est énorme, mais ma…

Calliope plaque sa main sur ma bouche, m’empêchant de terminer ma

phrase, ce qui me fait rire. Elle est mignonne d’essayer de me museler, mais c’est loin d’être efficace et elle le sait. C’est pourquoi elle me lance un regard qui en dit long sur son état d’exaspération.

— Tu n’es un gosse, Romance.

J’essaie de lui répondre, mais sa paume contre mes lèvres, bien

qu’agréable, m’en empêche. Lorsqu’elle s’en rend compte, son regard quitte le mien pour se poser sur ma bouche dissimulée, puis écarte sa main comme si elle s’était brûlée.

— Allez, venez, votre altesse, je vous ramène chez vous, réponds-je non

sans me départir de mon air mutin.

— Non, je veux rester.

— Crois-moi, vaut mieux que tu rentres.

— Pourquoi ?

— Parce que tu es torchée et que ton père risque de me tuer s’il apprend

que je t’ai vue et que je ne t’ai pas ramenée chez toi.

— Je ne suis plus une enfant, Romance. Je peux me débrouiller par moi-

même, et puis, je ne suis pas venue seule.

— Je sais, ta copine est d’ailleurs en très bonne compagnie.

J’indique du pouce la fameuse amie, qui est en train de rouler un patin à

un gars qui ne semble pas savoir quoi faire d’elle. Le pauvre, la nana a l’air d’être une sacrée tornade et lui ressemble à une brindille. Il va se faire bouffer tout cru à ce rythme-là.

Lorsque le regard de Callie se pose à nouveau sur moi, elle hésite entre me

suivre ou continuer sa soirée en tenant la chandelle.

— Tu vas abandonner une nuit de débauche pour me ramener ? Mon père

te fait-il si peur que ça ?

— Tu n’as pas idée, princesse, admis-je en me grattant l’arrière du crâne.

Quoi ? C’est vrai ! J’ai vu plus d’une fois le Prez à l’œuvre et croyez-moi,

je préfère être dans ses bonnes grâces.

— Bon, dans ce cas, il vaudrait mieux qu’on ne parle pas du baiser.

— Je crois aussi.

— Bien.

— Parfait.

Les secondes semblent durer des heures tandis que nous nous fixons sans dire un mot. L’ambiance est au beau fixe dans la boite, mais cela n’empêche pas qu’aucun de nous deux ne s’en rend compte.

— Du coup, je te ramène chez toi ou au club ?

— Chez moi.

— C’est parti alors !

Nous quittons la boîte sans un regard en arrière, mais lorsque nous approchons de ma bécane, un gros souci m’explose à la gueule. Callie est en robe. Quand elle va monter sur la moto, le peu de tissu qui couvre ses fesses va se relever sur ses hanches et je ne pense pas avoir assez de sang-froid pour être témoin de cette vision. Du coup, je farfouille dans les sacoches accrochées et trouve un jogging.

— Tiens, enfile-ça, ça t’évitera de te retrouver le derrière à l’air.

Ses yeux m’indiquent clairement ce qu’elle pense de ma petite vanne, mais elle n’argumente pas et enfile le vêtement en quelques secondes. Ce qui est assez impressionnant vu le nombre de verres qu’elle a sifflés durant la soirée. Bien que je tente de ne pas la mâter pendant qu’elle se dandine pour remonter le pantalon sur ses hanches, c’est un échec. Cette nana est on ne peut plus bandante et j’ai abandonné la meuf qui m’a chauffé toute la nuit, ce qui fait que Romance junior est au garde à vous. Ça va être galère de conduire avec la trique, mais bon, je préfère ça au fait que le Prez me la coupe s’il apprend ce qu’il s’est passé dans la boîte.

— Prête ?

Callie hoche la tête et enfile le casque que je lui tends. Après m’être installé sur la selle, j’attends qu’elle fasse de même avant de démarrer ma bécane. Je quitte le parking et roule en direction de son appart qui se trouve non loin du musée où elle bosse.

Heureusement pour moi, le trajet ne dure que quelques minutes et, une fois que nous sommes devant son immeuble, Calliope descend de la moto et me rend mon casque.

— Merci de m’avoir ramenée, dit-elle en se frottant les bras à cause du froid.

Mon regard descend pendant un quart de seconde sur sa poitrine et je retiens de justesse un gémissement en constatant l’effet que les températures basses ont sur elle.

Bordel de merde !

— Avec plaisir, réponds-je en remontant mes yeux vers les siens. — Tu…

L’air reste coincé dans mes poumons en attendant qu’elle termine sa

phrase.

— Ça te dirait de monter ? Comme ça, je me change et je te rends ton

jogging.

— Ouais… euh, ouais d’accord.

J’éteins le moteur de ma Triumph, puis suis la fille du Prez jusqu’à son

étage. Après une bonne minute de torture en la voyant se pencher pour retirer ses chaussures, elle se retourne vers moi en constatant que je ne la suis pas à l’intérieur.

— Qu’est-ce que tu fais ? Entre.

— C’est pas une bonne idée, repliqué-je les mâchoires serrées.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Je veux dire que si j’entre là-dedans, je serais incapable de garder mes

mains dans mes poches, princesse.

Sans doute à cause de l’alcool encore présent dans son sang, il lui faut

quelques secondes pour comprendre où je veux en venir. Elle ouvre légèrement sa bouche qui me donne des idées classées X puis enroule une mèche de cheveux autour de son index.

— Oh.

— Ouais, oh, donc je vais t’attendre là. Le temps que tu te changes.

— D’accord, j’en ai pour une minute.

J’en doute, mais je hoche tout de même la tête avant qu’elle se dirige vers

ce que je suppose être sa chambre. Quant à moi, je profite de cet instant de solitude pour intimer à Romance Junior de se calmer. Ce dernier semble espérer que la nuit se terminera bien, mais à ce rythme-là, ce sera avec sa meilleure amie, ma paluche.

Je grogne intérieurement en appuyant mes mains contre le mur, puis me

redresse brusquement quelques instants plus tard en entendant un bruit. Mes yeux mettent un moment à capter ce que j’ai devant moi. Le temps que l’info remonte jusqu’à mon cerveau du haut, celui du bas a déjà capté ce qui se passe et est prêt à faire la fête.

— Tu cherches à me tuer, princesse ?

— Loin de moi l’idée de commettre un tel crime, réplique-t-elle avec un

sourire en coin.

Mon regard quitte le sien pour observer de nouveau la déesse qui se trouve à ma portée et qui, pourtant, m’est interdite. Ses cheveux blonds sont remontés en un chignon sur le sommet de son crâne, formant une espèce de

couronne allant en adéquation avec le prénom qu’elle porte [20], et son corps est parfaitement moulé dans sa nuisette.

Bordel, mais comment je suis censé résister et tourner les talons sans un regard en arrière ?

Je n’en ai pas la moindre idée et, si j’en crois le regard que me lance Callie, il n’y a aucune chance pour que je m’en aille sans avoir touché son corps. Alors, oubliant que je risque ma vie ainsi que ma place au sein des Nyx’s Sinners, je me précipite vers la petite muse et prends son visage entre mes mains avant d’y déposer ma bouche.

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