Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 49 sur 63

Pages du PDF

Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

1. Calliope

Bon sang, qu’est-ce que je déteste les hommes ! À croire que ce sont tous des crétins imbus d’eux-mêmes et qui ne

pensent qu’avec leur service trois-pièces. Bon, tous les humains dotés d’un pénis ne sont pas ainsi, j’ai même quelques exemples de certains qui savent la garder dans leur pantalon, comme mon père. Ou oncle Rule, ou oncle Cam, ou… bon, si on continue comme ça, la liste risque d’être longue, mais en bref, pourquoi est-ce que je ne séduis pas sur des mecs comme ceux de ma famille, hein ? Je vais vous le dire pourquoi, parce que j’ai la poisse... Je l’ai toujours eue en ce qui concerne l’aspect sentimental de ma vie. Je ne tombe que sur des abrutis qui pensent que sauter leurs secrétaires est « juste un accident ». Bref, tout cela craint un max.

Du coup, comme les fêtes de fin d’années approchent à grands pas et

que je n’ai pas la moindre envie d’être entourée de couples, j’ai décidé de sortir. Pour ma part, c’est extrêmement rare, je le concède. Harley, ma meilleure amie d’enfance et la fille d’oncle Rule, était l’extravertie. C’est elle qui dénichait les meilleures soirées quand nous étions au lycée et c’est elle qui faisait le mur, tandis que moi, c’était tout le contraire, un vrai rat de bibliothèque. Néanmoins, être introvertie n’a pas que de mauvais côtés. J’ai été major de ma promo au lycée, ainsi que durant ma première année de licence paléoanthropologie. Bien que quitter ma famille pour faire des études ait été difficile, cela m’a permis de me recentrer sur moi-même et d’avoir une vie en dehors du club. C’est là que j’ai rencontré Tempérance. Nous étions en coloc à l’université et quand j’ai décidé de retourner dans l’Utah, à la fin de la fac, elle m’a suivi. Tempe sait que ma famille n’est pas la plus… conventionnelle. En effet, en tant que fille du Président des Nyx’s Sinners, on peut dire que je suis assez bien placée dans la hiérarchie. Évidemment, lorsqu’elle a appris ça, ma coloc m’a directement surnommée la princesse des bikers. Un peu cliché, mais vrai dans un sens.

— Allez, Callie, bois un coup, ça te détendra ! s’écrit ma meilleure

amie pour se faire entendre à travers la musique assourdissante de la

boîte.

Cette soirée est juste… géniale. C’est exactement ce qu’il me fallait

et si j’en crois Tempe qui est en train de draguer le barman, elle est d’accord avec moi. Nous sommes dans l’une des discothèques les plus cotées de Provo et, spoiler, elle n’a rien à voir avec les Nyx’s Sinners. J’ai beau adorer le club de mon père, j’aimerais que lui et les autres ne soient pas aussi… présents. C’est vrai quoi, je suis peut-être la fille du grand « Ax », parfois, c’est plus handicapant qu’autre chose. Chaque mec que je rencontre détale en courant lorsqu’il apprend qui est mon géniteur… C’est pourquoi je les ai quittés dès que j’ai eu mon bac et que je suis allée étudier sur la côte est. Du moins, c’est l’une des raisons. L’autre est beaucoup plus… douloureuse. Depuis le départ d’Harley, j’ai l’impression de ne plus être totalement à ma place chez les Sinners, ce qui est tout à fait idiot. Toutefois, mon exil du MC m’a permis de me concentrer sur mon objectif et si aujourd’hui, j’en suis là, c’est entièrement grâce à moi et à mes efforts.

J’attrape le verre que le barman vient de déposer devant moi et

grimace en sentant l’alcool me brûler l’œsophage, ce qui fait rire mon amie. D’ailleurs, je l’accuse d’avoir soudoyé le type pour qu’il mette plus de rhum que nécessaire dans mon cocktail. À ce stade de la soirée, je suis bien loin de la sobriété et il m’est de plus en plus difficile de me retenir de me déhancher. Comme ma mère, j’ai toujours adoré danser, mais au fil du temps, cette passion a été reléguée au second plan. En effet, l’adolescence n’a pas été tendre avec moi et l’anxiété était telle que je me suis rabattue sur la nourriture. Attention, pas au point d’être malade ou quoi, mais j’avoue que les kilos pris depuis quelques années ont un peu de mal à fondre, et pourtant je cours tous les matins avant d’aller bosser. Mais bon, le mal-être que je ressentais quand j’étais ado à laisser place à une certaine acceptation. Je sais que je ne ferais jamais une taille 36 et j’ai appris à vivre avec. Je suis paléoanthropologue, pas top model, donc tant que je suis à l’aise avec moi-même et en bonne santé, je ne vois pas pourquoi je devrais écouter les qu’en dira-t-on.

— Allez ma biche, il est l’heure de rejoindre le dancefloor, s’écrit

une nouvelle fois Tempe.

— Pas sûre que je tienne sur mes jambes, réponds-je. Je suis

pompette.

— Chérie, tu étais pompette il y a une heure, là, tu es complètement

torchée.

Je hausse les épaules et rechigne quand elle tire sur ma main pour

m’emmener jusqu’à la piste de danse. D’abord un peu gauche à cause de l’alcool qui circule dans mes veines, je me laisse aller au rythme de la musique, profitant de l’instant présent et ne pensant à rien d’autre pour le moment. Ça fait d’ailleurs un bail que je ne me suis pas sentie aussi bien. Je n’étais pas sortie depuis ma rencontre avec ce salopard d’Oliver, mon ex, et j’avoue qu’avoir l’attention des mecs autour de moi est assez… boostant.

— Oh oh, voilà les problèmes, reprend mon amie en fixant quelque

chose par-dessus mon épaule.

Je suis son regard et, en effet, les problèmes sont à portée de main. Je

soupire, tentant d’ignorer l’homme qui s’approche de moi tout en me focalisant sur celui qui s’intéresser à ce qui se trouve sous ma robe. Néanmoins, ma bonne humeur s’est évaporée, tout comme mon euphorie de l’instant présent. J’ai envie de quitter cet endroit et de me glisser sous mes draps pour dormir jusqu’à ce qu’il m’oublie complètement.

— Tu es tout en beauté, ce soir, bébé.

Mes mâchoires se contractent et je me retourne vivement vers l’autre

connard.

— Appelle-moi comme ça encore une fois et je te broie les noix qui

te servent de couilles, c’est compris ?

Ah oui, ai-je négligé de préciser que l’alcool et ma mauvaise humeur

me rendent assez agressive ? Séparément, tout va bien, cumulé, c’est l’apocalypse.

— J’ai toujours aimé lorsque tu te transformes en tigresse. — Dégage de là, Oliver, tu me gâches la soirée. — Oh, allez, bébé, ne me dis pas que je ne t’ai pas manqué. Toi, tu

m’as manqué.

— Vraiment ? C’était avant ou pendant que tu étais en train de te

taper Christy ?

— Béb…

Le petit surnom dont il m’avait affublée, et que je déteste soit dit en

passant, meurt dans sa gorge lorsque mon genou vient rencontrer son service trois-pièces.

Je vous l’avais dit… agressive.

Mon abruti d’ex se plie en deux, sans doute en m’insultant de tous les noms, tandis que je tourne les talons et rejoins le comptoir. J’ai besoin

d’une autre Caïpirinha[19] et maintenant ! Après avoir offert un aperçu plongeant sur ma poitrine au barman, j’obtiens finalement mon verre et le sirote tout en essayant de me calmer.

Je n’en reviens pas, il a eu le toupet de… argh, j’ai envie de lui en

refoutre une dans sa tronche !

— Je dois dire, je suis assez surpris de te voir ici, princesse. Je sursaute en renversant une bonne dose d’alcool sur ma main, puis

me tourne en direction du nouvel arrivant. Comme chaque femme, jusqu’à cent mètres à la ronde, j’observe le magnifique spécimen qui se trouve devant moi. J’ai beau le connaître depuis longtemps, mais à chacune de nos rencontres, mon cœur fait des bonds dans ma poitrine.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? demandé-je en remontant mes yeux

pour croiser l’ambre des siens. On n’est pas vraiment sur ton « domaine de chasse ».

— C’est vrai, mais cela n’empêche pas de varier les plaisirs. — Mais encore ?

— Et si je te répondais que j’avais besoin de nouveauté ? — J’aurais un peu de mal à te croire, ton truc, ce sont les brebis. — Une femme est une femme, princesse. — Ne m’appelle pas comme ça.

— Sinon quoi ? Tu vas me broyer les couilles à moi aussi ? Comme

tu l’as fait avec ton ex ?

— Comment est-ce que…

— Je t’ai vu depuis le coin VIP.

Je jette un rapide coup d’œil en direction de l’étage et je soupire de

soulagement en ne découvrant pas d’autres blousons de cuir.

— Tu es tout seul ?

— Non, quelques potes m’accompagnent.

— Parce que tu as des amis en dehors des Sinners ? Mon ton est un brin hautain et j’en grimace presque de honte, mais

contrairement à ce que je pensais, mon interlocuteur éclate de rire, faisant battre mon cœur un peu plus vite.

Bon sang, qu’il est sexy !

— Oui, Callie, aussi difficile que ça puisse paraître pour toi, j’ai des

amis en dehors du club.

— Oh…

Les mots me manquent et mon corps tout entier s’embrase lorsqu’il

avance d’un pas dans ma direction. Il doit sans doute se rendre compte de mon trouble puisqu’un large sourire se dessine sur son visage légèrement trop parfait.

— Émoustillée, princesse ? — C’est une boîte, Romance, il fait toujours chaud dans ce genre

d’endroit ?

— Vraiment ?

— Ouais, réponds-je non sans mal, alors qu’il s’approche davantage. Mesurant une bonne tête et demie de plus que moi, je dois pencher la

mienne en arrière pour garder le contact visuel.

— Donc, si je fais ça, quelle excuse tu vas me sortir ? demande-t-il en

frôlant mon visage.

Bordel, pourquoi faut-il qu’il soit si grand ?!

— Faire quoi ?

— Ça.

Ses lèvres plongent sur les miennes et je suis obligée de m’agripper à

son tee-shirt afin de ne pas m’affaler comme une cruche. Je le sens sourire contre ma bouche et lorsque je l’entrouvre, il ne perd pas de temps et vient caresser ma langue avec la sienne. C’est de loin le meilleur baiser que j’ai jamais reçu et malgré moi, j’aimerais qu’il dure éternellement, mais on le sait tous, toute bonne chose à une fin.

OceanofPDF.com