Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 34 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 29

 

 

La pièce est si silencieuse qu’on pourrait entendre une mouche

voler. Je sens son regard sur moi et j’avoue que ça ne me laisse pas indifférente. Lorsqu’il m’a envoyé son message, un peu plus tôt dans la journée, je n’avais pas l’intention de me rendre chez lui dans l’immédiat. J’avais dans l’idée de juste passer en coup de vent, vérifier que tout allait bien depuis l’extérieur, mais j’ai vu ses colocs partir et je n’ai pas pu m’en empêcher. La porte était fermée et j’ai crocheté la serrure comme il me l’a appris, puis j’ai tendu l’oreille. Un juron m’a permis de comprendre qu’il se tenait dans la salle de bain, il fixait la baignoire et j’ai eu un pincement au cœur. Sa vie est différente à présent et le simple fait de prendre un bain semble difficile pour lui. Il faut qu’il trouve des moyens pour procéder autrement et je ne peux qu’admirer de son courage.

— Tu me mates, dis-je en mouillant à nouveau l’éponge. — J’ai des yeux, c’est leur fonction.

Au moins, son existence a complètement basculé, mais n’a pas fait

disparaître son sens de l’humour. C’est bien, parce que s’il le perdait, il ne serait plus Lennox, le biker au cœur tendre, même s’il essaie de le dissimuler sous une bonne dose de rigolade.

— Pourquoi tu es là, Rosie ? demande-t-il d’une voix plus rauque

lorsque j’essore l’éponge au-dessus de son torse tatoué.

— Tu m’as déjà posé cette question ? Dois-je m’inquiéter quant au fait

que tu deviennes sénile ?

— Je n’aurais pas besoin de te reposer la question, si tu m’avais

répondu honnêtement.

— Ce que j’ai fait.

— Non, du moins, pas en totalité. Tu oublies que je te connais, petite fleur.

Je soupire tout en abandonnant l’idée de lui mentir. Il a raison, il

connaît une partie de moi et ce serait l’insulter de prétendre le contraire.

— Je voulais voir comment tu allais, avoué-je à demi-mot.

— Mais encore ?

— Qu’est-ce que tu essaies de me faire dire, exactement, Nox, hein ?

Il hausse les épaules, ce qui m’énerve et quand il le fait, j’ai envie

de le frapper. Ça non plus, ça n’a pas changé au fil des ans.

— À toi de me le dire.

— Tu es un sacré casse-couille, tu le sais ça ?

— J’ai cru l’entendre une ou deux fois, en effet, mais n’essaie pas de changer de sujet, je suis plus têtu que toi.

— Ça, c’est un putain d’euphémisme ! Tu essaies de me faire dire des choses que je ne sais pas moi-même.

L’envie de lui faire ravaler le sourire en coin qui se dessine sur ses

lèvres est vite remplacée par le besoin de l’embrasser. Néanmoins, je ne bouge pas d’un poil, même s’il suffisait de combler les quelques centimètres qui me séparent de sa bouche. Malheureusement, ce n’est pas le bon moment, alors je me relève dans l’intention de quitter la salle de bain. Cet instant est trop intime pour « juste des amis » et c’est le feu d’artifice dans mon ventre. Cependant, cette tête de mule paraît en avoir décidé autrement puisqu’il attrape ma main avant que je ne me sois trop éloignée et tire un peu dessus.

— Tu fuis, petite fleur.

— Arrête avec ce surnom, je n’ai plus rien d’une petite fleur, Nox, tu le sais aussi bien que moi.

— Pourtant, tu le seras toujours pour moi, Rosie.

— Qu’est-ce que tu attends de moi, au juste ?

Ma question semble le prendre de court, mais comme à son

habitude, il se ressaisit rapidement.

— Que tu penses à moi comme je pense à toi. Que tu aies envie de moi comme j’ai envie de toi.

Une boule naît au creux de ma gorge en entendant ces paroles.

— Nous sommes juste « amis », ce sont tes mots, pas les miens.

— Je sais et crois-moi, j’ai eu envie de me coller une beigne en voyant ton regard lorsque je l’ai dit.

— Qu’est-ce qui a changé ?

— Disons que ma nouvelle condition m’a permis de relativiser sur

certaines choses. Je suis attiré par toi, Rosie, et ça, depuis toujours. J’ai été assez con de ne pas te retenir la première fois et je n’ai pas envie de refaire cette erreur.

— Je ne suis plus…

— La même, oui, je sais. Putain, une partie de moi aimerait que ce soit

différent… Que je ne ressente pas ce que je ressens pour toi… Mais malheureusement, cette partie-là, elle est écrasée par une plus grosse qui n’arrête pas de me murmurer qu’on n’a qu’une vie… Et que tu fais partie de la mienne, peu importe ce que je décide. Les seules fois où nous avons couché ensemble, c’était le nirvana et je n’ai jamais ressenti ça avec les autres meufs. J’ai essayé de t’oublier entre les bras des brebis, mais je n’y suis jamais arrivé. Alors, quand tu es réapparue, j’ai cru que…

— Quoi ? Tu as cru quoi ?

— Que c’était le destin ! Putain, j’ai peut-être l’air con en disant ça, mais c’est ce que j’ai ressenti.

Sa main lâche mon poignet tandis qu’il se redresse dans la

baignoire. Sa grande carrure fait légèrement tache dans l’étroitesse du tub, mais cela ne m’empêche pas de l’admirer.

— C’est loin d’être con, Lennox.

Je m’approche avant de m’accroupir tout près de lui, nos visages

sont à un cheveu l’un de l’autre.

— Lorsqu’on m’a assigné la mission de revenir ici, j’avoue que je n’étais pas sereine. J’ignorais comment j’allais réagir en te revoyant, mais à peine un pied en ville que je n’ai pas pu m’empêcher d’aller te trouver. — C’était le jour où j’étais à la boutique.

Je hoche la tête avant de lever ma main pour caresser sa joue

barbue.

— Il fallait que je te voie, j’ignore pourquoi, mais il le fallait. Je crois que dans un coin de mon cerveau, je m’étais dit que tu avais quelqu’un et que tu avais fait d’elle ta régulière…

— Mais ce n’est pas le cas. Ça n’a jamais été le cas, parce que pour moi, il n’y avait qu’une personne apte à remplir ce rôle et c’était toi.

Mon cœur loupe un battement et, tout à coup, je me sens fébrile sous

son regard. Jamais aucun homme avec qui j’ai été ne m’a regardée comme il le fait à cet instant précis. Jamais je ne me suis sentie aussi… importante aux yeux de quelqu’un.

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