Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
Chapitre 10
Une semaine après avoir revu Rosie, nous avons rencontré Marcin,
le chef des Polonais, et Zhen, celui de la Triade chinoise. Ces abrutis jouent suffisamment avec nous et ils atteignent les limites de mon Prez, étant donné son humeur de chien. Il a demandé un rendez-vous aux mafieux afin de mettre les choses au clair et l’issue risque d’être sanglante. Néanmoins, nous sommes préparés et, même si je semble incapable de penser à autre chose qu’une certaine blonde tatouée, je me force à rester focus sur ce qui m’entoure. On ne sait jamais, une merde peut très vite arriver.
Ax, comme toujours, est en tête du convoi, tandis que mon père
ferme la marche. Lui aussi est sur les dents et puis, même s’il le montre moins, je connais mon vieux et vu sa façon de se tenir sur sa bécane, il est à cran.
— Vous pensez qu’on va voir la nana de Nox ? demande Romance à travers son casque Bluetooth.
— Ce n’est pas ma nana, grogné-je.
— Oh, allez, frangin, arrête ton char. Tu étais déjà accro à sa chatte, il y a quelques années et vu ta réaction lorsque tu l’as revue, on dirait que tu l’as toujours dans la peau.
— Fous-lui la paix, Mance, ajoute Jop. Tu verras quand ce sera ton tour…
— Mouais, non merci, je passe… J’ai pas envie de devenir comme vous, la langue pendante et une laisse autour de ma queue.
Je secoue la tête et éteins la communication. Ces deux-là me
saoulent et j’ai autre chose à penser. Nous venons d’arriver sur le lieu de rendez-vous et apparemment, nous sommes les seuls à ne pas être au complet. En effet, mon frère, Rule, Hendrix, Wolf, Trigger et Grey sont restés au club, et de ce que je peux voir, il y a ici, une bonne quinzaine de berlines et une demi-douzaine de fourgons. Je fronce les sourcils, parce que ce n’est pas ce qui était convenu dans le deal.
J’observe du coin de l’œil Ax, Hunger et Harper en train de discuter.
Étant donné leurs gueules, ça ne s’annonce pas bien, mais ils avancent tout de même en direction des deux mafieux qui les attendent. Tandis que je reste focalisé sur ce qui se déroule, à quelques pas de moi, du mouvement à ma gauche attire mon attention. J’essaie de voir ce qui a bien pu me déconcentrer, mais lorsque j’aperçois une tignasse blonde du côté des Polonais, mes mâchoires se contractent.
Bordel, mais qu’est-ce qu’elle fout ici ?! Avec eux, en plus ?! Furieux, je tente de ne rien montrer, mais quand je croise ses iris
vert d’eau, mes poings se serrent automatiquement.
— Qu’est-ce qui t’arrive, frangin ? demande Jop avant de suivre mon
regard.
Du moins, je suppose qu’il le fait, puisque je n’ai pas lâché le mien
de Rosie.
— Putain, mais qu’est-ce qu’elle branle avec eux ? — J’en ai aucune putain d’idée, grondé-je en sentant le sang battre dans
mes tempes.
— Tu devrais te calmer, m’intime-t-il en posant une main sur mon
avant-bras. Tu lui parleras lorsque tout sera terminé. S’ils découvrent que tu as un lien avec elle, ils en joueront et je ne pense pas que tu veuilles la mettre plus en danger.
Je hoche la tête avant de détourner les yeux. La voir avec eux me
fout trop en rogne pour que je puisse rester zen, du coup, je me concentre sur tout ce que je peux, sauf sur elle. Mon téléphone vibre dans ma poche, mais je ne bouge pas, je sais de qui est le message que je viens de recevoir.
J’ignore ce qui se dit entre les chefs, mais la tension est à son
comble et le ton monte rapidement. Harper essaie de tempérer les choses, parce que, clairement, nous ne sommes pas de taille à les affronter bien que nous ayons de quoi nous défendre au cas où.
— Je pense qu’il est temps que nous cessions notre partenariat, déclare
Marcin d’une voix froide.
— Et pourquoi ça ? demande Hunger.
Le mafieux ne lui répond pas, c’est inutile, il se contente d’ouvrir sa
veste où se trouve une arme, pour nous faire part de sa menace.
— Nous n’avons nullement besoin d’en arriver à ces extrémités, temporise le VP.
— Peut-être que si, ajoute Zhen. Vous, les bikers, vous n’êtes que des ingrats et des…
Il s’interrompt, puisqu’il se retrouve avec le canon du pistolet d’Ax
coller sur le front.
— Vas-y, termine ce que tu allais dire, gronde le Prez.
Le chinois ne pipe pas mot, même si l’envie ne lui manque pas.
Harper tente d’apaiser les tensions et quelques minutes plus tard, nous prenons la route. J’ignore d’où vient cette sensation, mais mon instinct me souffle qu’une merde est sur le point de nous arriver. Je me mets au niveau de mon père et lui fais signe d’allumer sa connexion Bluetooth.
— J’le sens pas, murmuré-je.
— Moi non plus, ils ont lâché le morceau trop rapidement à mon goût.
— Du coup, on fait quoi ?
— On reste sur nos gardes.
Je hoche la tête et reprends ma place. Je ne rêve que d’une chose,
rejoindre mon appart et pioncer. J’aurais bien ramené une brebis, mais malheureusement, j’ai une autre nana dans le crâne et je sais de source sûre que je serai incapable de la lever. Du coup, je préfère me contenter d’une séance en solo, plutôt que de finir frustré.
Lorsque j’arrive au niveau de ma rue, je fais signe à mon père que je
rentre et il me répond d’un geste de la tête. Je gare ma beauté dans le parking souterrain de mon immeuble, puis gravis les trois étages qui mènent à mon appartement. Après avoir refermé derrière moi, je vire mes baskets ainsi que mon cuir et me dirige vers la salle de bain. Une bonne douche me détendra peut-être, même si j’en doute fortement.
J’appuie mes mains contre le carrelage, le jet délasse mes muscles
tandis que je baisse les paupières. Aussitôt, une dizaine d’images provenant du passé jaillissent et je laisse ma paluche descendre jusqu’à ma queue déjà au garde-à-vous. Je me branle en repensant à la première et dernière fois que j’ai pu la faire mienne et il me faut juste quelques minutes pour atteindre la jouissance.
— T’es vraiment un crétin, me murmuré-je à moi-même en observant les traces de mon orgasme disparaître.
Après m’être lavé, je quitte la cabine de douche, mais je me stoppe
net en découvrant que je ne suis plus seul dans la pièce. Ses yeux glissent sur mon corps humide et je peux apercevoir cette petite lueur de désir enflammer ses prunelles. J’avoue que la voir me mater de cette manière booste mon égo, mais je me renfrogne avant de parler.
— Qu’est-ce que tu fais ici, Rosie ? Tu n’as pas un Chinois ou un
Polonais qui peut te tenir compagnie cette nuit ?
J’imagine que mes paroles la blessent, bien qu’elle tente de le
dissimuler sous un masque d’indifférence. Sauf qu’elle oublie qu’à une période, je la connaissais mieux qu’elle-même.
J’attrape une serviette que je noue autour de ma taille, tandis qu’elle
reste muette.
— Tu as perdu ta langue, petite fleur ? soufflé-je en utilisant le surnom
que je lui donnais.
Elle ne me répond toujours pas et ça m’agace fortement… Au
moment où je suis sur le point de lui demander de partir, elle se jette sur moi. En moins d’une seconde, sa bouche s’empare de la mienne et, bien que je devrais la repousser, j’en suis incapable.
Tu es faible face à cette femme, mon pote.
J’ignore la petite voix dans ma tête et plaque la bikeuse contre le
mur, sans pour autant quitter ses lèvres. Je sens ses mains dénouer ma serviette et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je suis de nouveau en tenue d’Adam. Je fais de même en déchirant son débardeur à l’effigie d’un groupe de métal et jure lorsque sa poitrine nue apparaît devant moi.
Bordel de merde, les souvenirs à côté de ça, c’est de la gnognotte.
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