Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 11 sur 63

Pages du PDF

Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 7

 

Nous avons perdu la trace d’Hector, donc nous rentrons au club,

non sans nouvelles informations. Dès que le fourgon est garé dans le hangar, je me dirige directement vers l’intérieur du MC, afin de faire part de ma découverte. Durant tout le trajet, je n’ai pensé qu’à la présence de Rosie à Salt Lake City.

Pourquoi est-elle là ? Que faisait-elle avec Newman ? Pourquoi ne

m’a-t-elle pas appelé ? Comment se fait-il que Mays et Grey n’aient rien dit quant à sa venue dans l’Utah ?

Putain, elle était censée être en Amérique latine, pas ici ! Et puis,

pourquoi est-ce qu’elle portait un cuir presque semblable au mien, si ce n’est le nom et l’écusson ? J’en ai aucune foutue idée et ça me rend dingue.

En débarquant dans la grande salle, je repère rapidement Ax en

compagnie de mon père et de Rule. Il doit sans doute voir à mon visage que quelque chose est arrivé, puisqu’il me fait un signe de tête en direction de la chapelle. Je lui emboîte le pas sans prendre la peine de savoir si mes potes me suivent. Quand j’entre, je constate que ce n’est pas le cas et referme la porte derrière moi.

— Qu’est-ce qui s’est passé ? demande-t-il en allumant une clope après s’être installé dans son fauteuil.

— Il y a eu… un nouvel événement.

— Du genre ?

— Du genre qui pue la merde.

— Raconte.

Je prends une grande inspiration, puis m’adosse à mon siège.

— Rosie était là, avoué-je brusquement.

— Rosie ? La fille de Clark ?

Je hoche la tête et mon président jure dans sa barbe blonde. Il écrase

sa cigarette à peine consumée dans le cendrier, puis appuie ses coudes sur la table en bois.

— Qu’est-ce qu’elle foutait là, putain ?

— J’en ai aucune idée, mais elle et sa pote ont discuté avec Newman. — Tu en es sûr ?

— Aussi certain que le ciel est bleu.

Ax soupire tout en frottant son visage. J’hésite un instant à lui parler

de l’écusson qu’elle avait sur son blouson, mais mon Prez s’en rend compte et me fait signe de cracher le morceau.

— Je suppose que ce n’est pas tout, pas vrai ? déclare-t-il d’une voix

lasse.

J’acquiesce de nouveau.

— Elles portaient une veste en cuir semblable à la nôtre, avoué-je. — C’est une putain de blague ?

— Malheureusement, non.

— Fais chier ! Dis-moi que tu as vu le nom de leur club. — Je l’ai vu. Il y avait inscrit « Wicked » quelque chose, j’ai pas

réellement fait gaffe, j’étais trop surpris.

— Il y avait un lieu ? Quelque chose qui a retenu ton attention ? — Pour le lieu, je n’ai pas bien vu. Sur leur logo, il y avait un serpent et

une tête de mort… je n’en suis pas sûr à cent pour cent.

— Bon, je vais demander à Grey et Mays de faire des recherches sur

elles.

— Et la fille qui était avec elle, c’est celle qui m’a donné les infos sur

Hector, ajouté-je tandis que ses sourcils se froncent.

— Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais je n’aime pas ça.

Pas ça du tout, même.

Sur ces derniers mots, il me fait signe de quitter la chapelle. Je

m’exécute et au moment de refermer la porte derrière moi, je constate qu’il a le téléphone collé à l’oreille. Ax a raison, toute cette histoire est bizarre et je n’ai envie que d’une chose, que tout redevienne comme avant. Nous n’avons pas eu de merde depuis des années, donc je ne comprends pas pourquoi ça nous tombe dessus maintenant.

N’ayant pas le cœur à faire la fête, je marche en direction de ma

piaule puis me ravise. C’est peut-être con à dire, ou à penser, mais il faut que je sois sûr. Je rejoins ma bécane, puis démarre avant de quitter le parking. Je roule jusqu’au seul endroit, où je sais qu’elle me retrouvera.

J’y suis en à peine dix minutes et quand je descends de ma moto, je

constate qu’une Harley Nightster 2010 est déjà présente. J’admire le bolide près de moi et découvre le logo de tout à l’heure au niveau du réservoir. Au-dessus, il est inscrit le nom de son club. « Wicked Minds »

Je marche en direction du banc, où se trouve la femme que je

n’aurais jamais cru voir vêtue d’un cuir. Une fois à quelques mètres d’elle, je l’observe attentivement, notant chaque tatouage et chaque piercing qui sont visibles.

— Tu as changé, dis-je en m’asseyant à ses côtés.

— Ce n’est pas ton cas, répond-elle en glissant une mèche blonde derrière son oreille.

Un silence pesant s’installe entre nous tandis que nous nous fixons

sans un mot.

— Qu’est-ce que tu fais là, Rosie ? Je croyais que tu détestais Salt Lake City.

— C’est toujours le cas, mais je suis là simplement pour le boulot.

— Le boulot ? Tu veux dire que tu bosses avec les Polonais, maintenant ? Et puis, tu es dans un MC, franchement ?

— C’est… compliqué. Je ne peux rien te dire de plus.

Dites-moi que c’est une putain de farce ?!

— Tu te fous de ma gueule, là ?! hurlé-je en me levant pour lui faire face.

Parce qu’il n’y a pas d’autres possibilités ? Elle se moque clairement

de moi !

— Lennox…

— Non, tu sais quoi, tu ressembles peut-être à la Rosie que je connaissais, mais tu n’es plus cette fille-là.

Je tourne les talons et fais quelques pas, lorsque sa voix résonne

dans mon dos. Je pivote mon visage dans sa direction et constate que ses iris ont pris une teinte plus foncée. Elle est en colère, mais je le suis encore plus. J’ai cette sensation de trahison qui brûle mes veines et je pince mes lèvres pour ne pas lui balancer le fond de ma pensée.

— Tu as raison, je ne suis plus une fillette naïve et en mal d’amour, Lennox, déclare-t-elle, en ne me quittant pas des yeux. Je suis une femme, maintenant, et je ne suis pas revenue ici de gaieté de cœur, crois-moi. Je préférerais être loin d’ici, loin du club, loin de…

— Loin de moi ? la coupé-je durement.

Elle ouvre la bouche, mais aucun son ne s’en échappe et c’est

suffisant pour moi. Sa réponse, plus qu’éloquente, me blesse plus que je le voudrais et je me maudis d’être, encore une fois, aussi sensible à sa présence. Mes poings se serrent et ma mâchoire se contracte en repensant que la période de l’innocence est révolue. Rosie n’est plus celle qu’elle était et je ne suis pas certain d’apprécier la personne qu’elle est devenue. J’aimerais la secouer comme un foutu prunier, mais je me retiens et quitte le parc sans un regard en arrière.

OceanofPDF.com