Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)
Chapitre 6
Nous sommes planqués devant l’immeuble qui abrite ce connard
d’Hector Newman. Ce gars est l’un de nos contacts avec les Polonais et apparemment, il a décidé de ne plus faire affaire avec nous. En soi, ce n’est pas une tare, en revanche, il essaie de nous enfumer. Grey a, en effet, trouvé qu’il passait directement par les Chinois maintenant, ce qui n’est pas bon, mais alors pas bon du tout pour lui. Du coup, en compagnie de mes deux acolytes, nous le surveillons. Mays a réussi à le mettre sur écoute, mais on a besoin de plus de temps pour savoir ce qui se trame. Je ne suis pas fan du fait de rester assis pendant des heures à guetter les moindres mouvements d’une personne, mais c’est un ordre du Prez, donc on obéit.
Romance, installé sur le siège passager du fourgon, regarde un truc
sur son portable, tandis que Jop observe attentivement les alentours. Ce mec est un véritable radar pour détecter les changements, même infimes, donc ce n’est pas surprenant qu’il parte souvent en mission avec Hunger et Floyd.
— Vous pensez que ma bite est trop petite ? lance soudainement Mance. — Putain, mais pourquoi est-ce que tu nous poses cette question ?
répliqué-je avec une grimace.
Notre ami hausse les épaules tout en se reconcentrant sur son
téléphone. Il pianote dessus pendant quelques secondes avant de nous montrer l’écran.
— L’article dit que je ne suis pas dans la moyenne. — Dommage pour toi, mon pote, ricane Jop.
— Tu veux dire que ce n’est pas votre cas ?
Mance nous regarde tour à tour et je me contente de sourire pour ne
pas le pousser dans son délire. Malheureusement, le dernier membre du trio en rajoute, puisqu’il ne peut pas s’empêcher de le charrier.
— Ah ? Donc c’était pour ça que Lollipop est sortie de ta chambre en pestant ? se moque-t-il. Parce que ta queue était trop petite ? Tu sais, ce n’est pas vraiment un problème, mec, certaines meufs aiment ça.
— Putain, mais t’es pas sérieux de me balancer des trucs comme ça ?!
— Bah quoi, c’est toi qui as lancé le sujet. J’voulais pas te vexer, c’est tout.
— Va te faire foutre connard !
Bordel de Zeus, qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ces deux
abrutis ?
Néanmoins, la rigolade s’arrête pour moi, lorsque je remarque que
la lumière dans l’appart de Newman s’éteint. Comme je doute qu’il aille pioncer, j’interromps mes potes dans leur débat.
— Hé, on se calme les enfants, il y a du mouvement en face, déclaré-je en montrant la porte de l’immeuble s’ouvrir.
Aussitôt, la prise de bec est oubliée, tout comme la taille de la queue
de Romance. Ayant l’intention de suivre ce trou de balle d’Hector, je retire mon cuir et descends du fourgon, le plus discrètement possible. J’y vais seul, parce qu’avec les deux autres, c’est pas gagné. Néanmoins, à peine ai-je passé le coin de la rue que le vrombissement de deux bécanes résonne à mes oreilles. Je me tourne pour découvrir qui vient de débarquer et quelle n’est pas ma surprise lorsque je constate qu’il s’agit de deux nanas. La première semble blonde, si j’en crois les mèches qui s’échappent de son casque, tandis que la seconde arbore des cheveux foncés avec quelques touches de violet. Ce qui me rappelle étrangement la meuf que j’ai rencontrée au parc.
Je me planque derrière le cul d’une camionnette de nettoyage et les
observe s’approcher de l’autre connard. Elles enlèvent leurs casques, mais elles sont de dos et je ne peux pas voir leurs visages. Malgré tout, je reconnais sans mal la brunette. C’est bien elle que j’ai rejointe, il y a deux jours. Par contre, sa copine me parait familière, elle aussi. J’ignore pourquoi parce que franchement, je ne pense pas l’avoir déjà rencontrée. Ses deux bras nus sont couverts de tatouages, mais à cette distance, je ne peux pas distinguer ce qui est gravé sur sa peau. Cependant, lorsqu’elle se tourne à demi pour observer la rue, ma respiration se coupe et mon cœur loupe un battement.
Non, putain, dites-moi que je rêve ?
Je n’en reviens pas de la vision qui s’offre à moi. Qui aurait cru que
cela arriverait un jour ? Certainement pas moi, en tout cas et surtout pas de cette façon-là.
Je tente de me concentrer sur ce qui se déroule sous mes yeux, mais
je suis tellement abasourdi que j’ai du mal à fixer mon attention sur autre chose que la blonde. Quand elle s’éloigne en compagnie de sa copine, son visage se tourne brièvement dans ma direction, juste assez pour que nos regards se croisent.
Putain de bordel de Zeus, c’est bien elle ! Je n’avais donc pas rêvé. Ses prunelles presque translucides plongent dans les miennes et
pendant ce court instant, tout s’évanouit autour de moi. Les Polonais, les Chinois, la mission, tout.
Toutefois, lorsqu’elle se détourne, quelques secondes plus tard, je
peux la voir discuter avec son amie avant qu’elle renfile son heaume. Elles disparaissent aussi rapidement qu’elles sont apparues et, quand mon cerveau se reconnecte à la réalité, je constate qu’Hector n’est plus là.
Je retourne au van, l’esprit embrumé par ce qui vient d’arriver. Jop
et Romance me regardent bizarrement quand je grimpe à l’arrière, mais je m’en fiche.
— Ça va frangin ? demande Jop. On dirait que tu as vu un fantôme. — Pas loin, réponds-je.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Deux gonzesses se sont pointées et ont discuté avec Newman. — Et alors ? reprend Mance en fronçant les sourcils. — L’une d’elles était Rosie.
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