Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 37 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

10 ans plus tôt

 

Il va falloir que je parte si je ne veux pas me faire gauler dans la

chambre de la fille du VP, néanmoins, je suis incapable de me lever et d’enfiler mes fringues. Je ne peux même pas me détacher du petit bout de femme qui se trouve à mes côtés. Cette nuit a été magique sur plus d’un point et je n’ai qu’une envie, recommencer. Mais, comme je sais que c’était sa première fois, je préfère ne pas me jeter sur elle dès le lendemain. Elle doit avoir mal et être tout engourdie après nos galipettes. D’ailleurs, rien qu’à cette image, un petit sourire se dessine sur mon visage. — Qu’est-ce qui te fait rigoler comme ça de bon matin ?

Mes iris bicolores croisent ceux de Rosie, encore légèrement

endormie, et mon sourire ne peut que s’élargir. Elle n’a jamais été du matin, mais visiblement, le fait de ne pas s’être reposée cette nuit aggrave les choses.

— Toi, réponds-je.

— Ce que tu peux être niais, souffle-t-elle en roulant les yeux. — Mais tu aimes ça, non ? la taquiné-je en la surplombant. — Absolument, ronronne-t-elle tandis que ses mains viennent caresser mes flancs.

— Si tu continues comme ça, on risque de ne pas quitter ce lit de la journée. — Hum, c’est un plan qui me convient assez bien. — Sauf que tu oublies que ton père est dans la chambre d’en face et je n’ai pas envie qu’il débarque et me trouve enfoncé en toi. Sinon, je risque de ne pas vivre jusqu’au coucher du soleil.

— C’est vrai que ce serait ennuyeux, miaule-t-elle. Sur qui est-ce que je pourrais me rabattre si mon père te corrigeait pour avoir touché sa fille ? Que penses-tu de Romance ? Il a l’air doué, non ?

Je grogne et mors la courbure de son cou pour la punir de son

impertinence.

— Tu vas rester loin de mon pote, petite fleur, sinon, c’est lui qui risque de ne pas voir le coucher de soleil.

— Ne me dis pas que tu es jaloux ?

— Oh que si que je le suis. Tu es à moi, Rosie.

Une lueur de pur bonheur fait briller ses yeux, tandis que je gronde

lorsqu’elle entoure ma taille de ses jambes.

— Hum, même si ton programme a l’air vachement plus tentant que le mien, je pense qu’on devrait s’arrêter là, marmonné-je contre ses lèvres.

Elle s’écarte doucement en fronçant les sourcils et je me rends

compte que je me suis mal exprimé.

— Qu’est-ce que tu veux dire ? demande-t-elle, méfiante. — Je veux dire qu’avec tout ce qu’on a fait cette nuit, tu dois être endolorie et toute courbaturée, je n’ai pas envie que ce soit désagréable pour toi. — Oh…

— Ouais, oh. Du coup, comme je suis excité à mort et t’avoir toute chaude en dessous de moi ne m’aide pas à réfléchir, je vais aller prendre une douche. Bien froide.

Un sourire moqueur se dessine au coin de ses lèvres alors que

j’essaie de m’écarter. Toutefois, cette démone ne me laisse pas aller bien loin et crochète ma nuque avant de m’embrasser à nouveau. — Tu ne m’aides pas là, petite fleur ?

— Je n’ai jamais prétendu que c’est ce que je voulais faire. C’est ton idée, pas la mienne, beau gosse.

— Beau gosse ?

— J’avais Adonis [16] en tête, mais ça risquerait de trop faire gonfler ton égo.

— Sorcière !

— Hum, que des mots doux.

Un bruit provenant du couloir interrompt notre échange et je profite

du fait qu’elle soit légèrement déconcentrée pour m’extirper de sa prise et me diriger vers sa salle de bain. Heureusement pour moi, quelques secondes plus tard, j’entends la porte s’ouvrir avec fracas. — Non, mais ça va pas, tu pourrais frapper avant d’entrer ! hurle Rosie. — Désolé, Suzie, s’excuse Clark. Tu sais où se trouve Lennox ?

Merde !

— Non, et comme tu peux le voir, je suis toute seule dans ma chambre, donc tourne les talons et va-t’en !

Un long silence s’étend entre le père et la fille et j’imagine sans mal

cette dernière le fusiller du regard. Ils ont une relation assez conflictuelle, mais je sais qu’elle préfère être ici que chez elle. Disons que sa mère n’a aucune chance de remporter le titre de « mère de l’année ». Ni même celui de mère tout court… L’ancienne brebis est une garce sans cœur. Elle a essayé de piéger l’un d’entre nous, mais vu qu’elle n’a pas réussi, elle reporte toute cette rancœur sur Rosie. Du moins, c’est mon avis. J’aimerais que ma petite fleur vive ici tout le temps, mais malheureusement, Suzie a tout fait pour que ça n’arrive jamais.

Après ce qui me semble durer une éternité, la porte se referme et

Rose m’indique que la voie est libre.

— Tout va bien ? questionné-je en la voyant passer une main dans ses cheveux blonds.

— Ouais, je suis désolée, mais je crois qu’il va falloir que tu prennes ta douche « froide » dans ta chambre.

— Oh ! crois-moi, je n’ai plus besoin de ça. Entendre la voix de ton père m’a totalement fait débander.

*****

— À quoi est-ce que tu penses ?

— À la fois où ton père a failli nous surprendre.

Ses lèvres s’étirent légèrement, mais son sourire n’atteint pas ses

yeux. Je me demande si c’est le fait de se souvenir que tout était plus facile à cette époque, ou de Clark et à cette fameuse journée qui s’est terminée dans un bain de sang.

— Il te manque ?

— Pas vraiment, avoue-t-elle. Je n’ai jamais eu de relations avec lui, comme toi avec tes parents. Il n’a jamais voulu que je naisse et, même s’il a fini par m’accepter, je sais que ce n’était pas ce qu’il voulait. J’ai fait la paix avec cette partie de mon histoire et je suis heureuse d’avoir eu quelques moments avec lui, mais il n’a jamais réellement été un père pour moi. — Il n’a jamais fait attention au trésor qu’il avait devant les yeux. Je me demande comment des personnes comme tes vieux ont pu faire quelqu’un comme toi. Comme quoi, la génétique ne fait pas tout. — Si je n’ai pas fini comme ma mère, c’est simplement grâce à la tienne. — Comment ça ?

— Roxy a toujours été un modèle pour moi. Elle a vécu l’enfer et elle s’en est sortie. Elle a une famille qui l’aime plus que tout et, plus jeune, j’espérais que ma vie serait comme la sienne.

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