Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 60 sur 63

Pages du PDF

Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

12. Romance

 

Quelques heures plus tôt

Installé en face de mon Prez, je cherche mes mots pour ne pas me faire buter dès qu’ils seront sortis de ma bouche. Je ne peux pas lui dire franco, ce serait signer mon arrêt de mort, du coup, je choisis une version un peu plus édulcorée.

— Je… je ressens quelque chose pour Calliope.

Un silence de mort s’abat dans la pièce, si bien que l’air devient rapidement irrespirable. Comme s’il avait été drainé à l’extérieur de la pièce. Ax, quant à lui, m’observe de ses yeux bleus.

— Développe, déclare-t-il d’une voix dure.

— Euh… j’ai, euh… passé du temps avec elle et, euh, je… l’apprécie beaucoup.

Il se redresse sur son fauteuil et me fixe de son regard insondable. Comme ça fait quelques années qu’il a perfectionné son art pour dissimuler ses émotions, j’ignore s’il est en colère ou complètement furax.

— Reprends-moi si j’ai tort, mais il m’a semblé t’entendre dire que tu avais des sentiments pour ma fille, résume-t-il d’une voix lugubre.

— Euh… ouais ?

— C’est une question ?

— Non. Je…

— Est-ce que tu as couché avec elle ?

Cette question me prend de cours, parce que je sais que quelque soit ma réponse, je suis dans la merde. Mais, dans un élan suicidaire, je décide de sortir mes couilles. Enfin, pas au sens littéral.

— Sans vouloir t’offenser, Prez, mais cette partie ne concerne que ta fille et moi.

Bon bah, même si j’ai eu quelques merdes, ma vie fut belle.

J’attends qu’il sorte son gun et qu’il me tire une balle entre les deux yeux pour mon insolence… mais ça ne vient pas. Au contraire, le Président m’étudie attentivement avant de prendre la parole.

— Je dois avouer que tu as des couilles, gamin. D’une, parce que tu viens de m'annoncer que tu as flashé sur ma fille. Puis, parce que tu viens de me remettre à ma place. J’ignore si je dois t’écorcher vif, ou si je dois te foutre mon poing dans la gueule.

— Quitte à choisir, je préfère le poing dans la gueule, ne pus-je

m’empêcher de lâcher.

— Sauf que tu n’as pas ce droit, gamin.

Je hoche la tête avant de me lever et de retirer mon cuir.

— Qu’est-ce que tu branles ? questionne-t-il en me voyant faire.

— Je rends mon cuir.

— Et je peux savoir pour quelle raison ?

— Pour être avec Callie. Je doute que tu apprécies qu’elle soit avec un

biker, donc je te rends mon cuir.

— Tu tiens vraiment à elle.

Ce n’est pas une question, mais une affirmation, ce qui ne m’empêche pas

d’acquiescer. Je le regarde se lever et contourner le bureau pour venir s’asseoir sur le bord, face à moi.

— Je ne vais pas te dire que savoir que tu as des sentiments pour ma fille

m’enchante, mais je sais mieux que personne qu’on n’a pas la main mise sur qui notre cœur choisi. Je suis tombé amoureux de Riley dès l’instant où je l’ai vue danser au Terpsichore. Par contre, je peux te prévenir que, si tu lui fais du mal, je ferai de ta vie un enfer. Tu ne t’imagines même pas à quel point.

— Je…

— J’ai pas fini, me coupe-t-il avant de se lever et de me foutre son poing

dans la gueule.

Le choc est tel que mon siège bascule et que je me retrouve au sol. Je

grogne lorsque ma tête tape contre le parquet, mais ce n’est rien par rapport à la douleur que je ressens à la mâchoire. Je me redresse tant bien que mal tout en me massant le menton. Pas de doute, j’aurais un beau bleu dans quelques heures, mais ça en valait la peine.

Une fois sur mes pieds, je rencontre le regard de mon Président, qui s’est

réinstallé sur le bureau.

— J’ai une mission pour toi. Tu pars dans quelques heures, ajoute-t-il en

me lançant mon cuir.

***

Quand Ax m’a dit qu’il avait une mission pour moi après m’avoir balancé

son poing dans la gueule, j’ai pensé que ça allait être… pas ce qui s’est déroulé.

Après avoir roulé pendant quelques heures en compagnie de Dublin, nous revenons enfin dans l’Utah et nous nous arrêtons devant l’ancien chalet de l’oncle de Grey. Cet endroit est un lieu qu’on utilise assez peu, vu qu’on a tout ce qu’il faut au club-house, mais le Prez a été très précis. Ici et pas ailleurs.

Le prospect se gare derrière nos bécanes, puis sort du van avec un gros carton dans les mains. L’odeur qui s’en dégage n’est pas fameuse et vu son teint verdâtre, il semble être sur le point de gerber.

— Un souci, la recrue ? demande Dublin avec un sourire en coin.

— Tu veux sentir ? répond Trigger.

J’éclate de rire en le voyant retenir un haut-de-cœur. Il dépose le carton en plein milieu de la pièce, tandis que Dublin referme la porte derrière lui.

— Je crois que tu vas vouloir laisser ouvert, reprend le prospect en ouvrant la boîte.

— Oh putain ! s’exclame le doc en se précipitant à l’extérieur.

Mon hilarité reprend lorsque Trig le rejoint quelques secondes plus tard.

Pff, quelles petites natures, pensé-je en m’agenouillant. J’attrape la boule de poil blanche, marron et noir et le lève au niveau de mon visage.

— Je crois que tu ne viens pas de te faire des copains, mon pote.

— Wouaf.

Je ricane en le reposant au sol, puis prend le carton et le met à l’extérieur du châlet, le chien sur les talons, lorsque le bruit distinctif d’une bécane se fait entendre. Je lève les yeux et repère sans mal le Prez… ainsi que sa fille. J’observe Calliope retirer son casque et parler à son père avant qu’elle se tourne dans ma direction. Oubliant complètement son géniteur, elle se précipite vers moi et me saute dans les bras.

— Tu vas bien ? demande-t-elle en prenant mon visage entre ses mains.

— Je vais bien, j’ai juste un bleu. Ça aurait pu être pire.

Elle hausse un sourcil avant de me surprendre et de déposer un baiser sur ma mâchoire douloureuse.

— Ça te donne un air bad boy, c’est sexy, chuchote-t-elle, afin que je sois le seul à entendre.

— Wouaf.

La belle muse s’éloigne de moi en entendant le jappement et laisse échapper un petit cri lorsqu’elle découvre la boule de poil à ses pieds. Elle s'accroupit pour le prendre dans ses bras et commence à gratter le sommet de son museau.

— Mais que tu es beau ! s’exclame-t-elle alors que son père arrive à notre

hauteur.

— C’était censé être une surprise, mais comme je te connais, tu ne

m’aurais pas laissé quitter ton appartement sans t’assurer qu’il aille bien, déclare-t-il en faisant un signe dans ma direction.

Je hausse un sourcil, tandis que Callie fusille son géniteur du regard.

— J’étais inquiète, se justifie-t-elle, ce qui me fait sourire.

OceanofPDF.com