Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

CLOE VICTOR · Chapitre 23 sur 63

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Nyx's Sinners: Lennox (French Edition)

Chapitre 18

[Fais ce qui doit être fait. Pour lui !]

Voilà le message que j’ai reçu une heure après mon départ de

l’hôpital et que je ne cesse de relire. La mère de Lennox me demande de venger son fils et, putain, je n’ai envie que d’une chose, trouver ce putain de connard de Marcin et lui coller une balle entre les deux yeux. Malheureusement pour moi, ce fils de pute s’est planqué quand il a appris que sa tentative d’éliminer le Tail Gunner avait échoué. En même temps, si j’étais lui, j’aurais déjà quitté le pays. Les Nyx’s Sinners protègent les leurs quoi qu’il en coûte et Marcin est devenu leur ennemi numéro un. Je suis certaine qu’Ax a réquisitionné tous les alliés qu’il a à sa portée pour récupérer le Polonais. 

J’ai, bien évidemment, demandé à Alecto de nous dénicher tout ce

qu’elle peut, et d’ici à quelques heures, la jolie Grecque aura retrouvé cet enfoiré, il n’y a aucun doute là-dessus. Je ne connais pas meilleure qu’elle dans ce domaine, même Grey et Mays ne sont pas aussi doués. En même temps, elle vient d’une famille de hackers et je crois même qu’elle a quelques liens avec le groupe Anonymous.

Une main sur mon épaule me sort de ma torpeur et lorsque je tourne

mon regard vers Aifé, cette dernière hoche la tête.

— Il est là, dit-elle en montrant la porte d’un geste du menton.

— Bien, il est temps de mettre les choses au clair.

J’ai également donné rendez-vous à Harlan dans le bistrot où nous

sommes. Cette tête de nœud nous doit quelques éclaircissements et il a intérêt à ne pas me balancer de cracks.

Lorsqu’il s’installe face à moi, aux côtés d’Aifé, il nous salue d’un

signe de tête avant de commander un café.

— Qu’est-ce que je fais là ? demande-t-il en ne me quittant pas des

yeux.

— Tu nous dois quelques explications, je crois, Harlanounet, répond

Aifé d’un ton beaucoup trop enjoué pour être vrai.

Dès qu’elle pose une main sur sa nuque, il se tend comme un arc et

sa posture de grand manitou dégringole de quelques étages. Dans un premier temps, c’est elle qui va mener l’opération, moi, j’analyse le langage corporel de ce connard.

— J’ignore de quoi vous voulez parler.

— Ah bon ? Vraiment ? Donc, tu n’es pas au courant des dernières

nouvelles ?

— Lesquelles ?

— L’« accident » d’un des membres des Sinners.

Son visage blêmit instantanément quand l’Écossaise fait mention du

club de mon père. Il se ressaisit au moment où la serveuse revient avec son café, puis il prend un long moment pour en boire une gorgée. Tout dans sa façon d’agir montre l’anxiété et je me délecte de le voir à la limite de se pisser dessus lorsque je retire le cran de sécurité de mon arme, dissimulée sous la table.

— Qu’est-ce que…

— Je veux des réponses et vite, Harlanounet. Comme tu le sais, je ne

suis pas du genre patiente ! Et crois-moi, que cet endroit soit bondé ou pas, je n’hésiterai pas à te coller une balle dans la caboche, le menacé-je en appuyant le canon de mon flingue sur sa cuisse.

— Je… je… j’ignore vraiment de quoi vous parlez. — Donc, tu vas "vraiment" me faire croire que tu n’es pas au courant

que le fils du Tail Gunner est à l’hôpital ? Excuse-moi, mais j’ai un peu de mal à te croire. C’est toi qui voulais qu’on garantisse leur deal avec les Polonais, alors pourquoi retourner ta veste, hein ?

— Je ne suis au courant de rien, Marcin…

— Marcin se planque comme la pédale qu’il est, rétorque ma pote d’une

voix sombre.

— Alors, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? — Toi ? Rien, ajouté-je en sortant une petite capsule de liquide de ma

poche. Disons juste que ce soir, tu ne rentreras pas à la maison.

Je verse le contenu de la fiole dans sa tasse, sous ses yeux ébahis.

— Je… vous ne pouvez pas faire ça, balbutie-t-il en nous regardant tour à tour.

— Vraiment ? reprends-je en plissant les paupières. Pourtant, on dirait bien que c’est ce qu’on vient de faire. Donc, tu vas boire ton café, puis tu vas aller faire un tour dans le parc d’en face. Là, tu vas aller t’asseoir sur un banc et tu vas attendre que le poison agisse. Dis-toi que ta mort sera sans douleur et que cela aurait pu se passer bien différemment.

— Et si je refuse ?

— Ce sera plus long et très, très douloureux.

Ses yeux naviguent entre le contenu de sa tasse et moi. Il doit

visiblement comprendre que je ne bluffe pas puisqu’il l’avale d’une traite et sort du bar sans se retourner.

— Qu’est-ce que tu lui as mis ?

— De la strychnine[15].

Un sourire se dessine au coin de ses lèvres, tandis que son regard se

pose sur la silhouette du futur macchabée. Je range discrètement mon arme tout en finissant mon thé, puis nous quittons à notre tour le café. Nous suivons Harlan d’assez loin, afin de nous assurer qu’il s’exécute et, sans surprise, ce con ne se dirige pas en direction du parc, mais vers le sud. Il doit sans doute déjà sentir les effets du poison et nous en avons la confirmation lorsqu’il se planque dans une ruelle et s’appuie contre le mur. Quand il s’effondre au sol, des gens s’approchent rapidement de lui en hurlant d’appeler les secours, sans savoir que c’est déjà trop tard. Son cœur s’arrêtera de battre bien avant que l’ambulance arrive.

En voilà un de mort, plus que deux…

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