Unstable feelings #1
Chapitre 032
Chapitre 32
Lysandre
“ Je ne crois que ce que je vois, Lysandre. Je ne suis pas stupide, tu ne fais que me mentir sans arrêt. ”
La vérité ne m’a pas été bénéfique cette fois-là, bien au contraire, les conséquences furent plus dramatiques qu’envisagées au départ, plus déplorables.
Les mots de Natalia me reviennent en pleine face, une sensation glaciale serpente le long de ma colonne vertébrale. Je ne réalise qu’il ne s’agit que d’un souvenir douloureux que lorsque je vois les doigts de Sky se pointer dans ma trajectoire. Je lui ai tendu une main pour l’aider à sortir du bassin. Mon cerveau se reconnecte au présent.
Sa paume contre la mienne me procure une décharge qui part se loger directement en plein cœur, je frissonne. Je serre ma prise et l’attire jusqu’à moi. Ses yeux s’écarquillent, probablement surprise par ma force. Elle n’est pas très lourde non plus, tout au plus cinquante-cinq kilos. Et j’ai déjà porté plus lourd qu’elle à la salle par le passé.
Le malaise est instantané quand elle se retrouve debout contre moi. Trop fatigué pour enfiler un maillot de bain, pressé de me vider la tête et de m’éloigner d’elle, je suis en boxer. Si j’avais su qu’elle me bernait, putain !
En sous-vêtements, son haut en dentelle lui colle à la peau, il moule parfaitement son corps dû à l’humidité. Cela ne devrait pas m’échauffer autant, mais c’est le cas bordel ! Si seulement je n’avais pas vu ce qu’il se planquait dessous…
Rapidement, elle effectue un pas en arrière pour ériger de la distance entre nous, ce qui n’est pas plus mal. Son parfum commence à me monter à la tête, je n’aime pas ça. Tout comme son regard constamment sinistre qui me fait littéralement vriller le cœur et le cerveau, parce que je me pose toujours des milliers de questions, à savoir : Pourquoi ?
Elle grelotte. En plaquant ses paumes de chaque côté de ses épaules afin de se réchauffer, c’est également une façon pour elle de se cacher de mes prunelles braquées sur elle. Je ne suis pas hypocrite, je ne vais pas feindre de ne pas être curieux. Naturellement, je ne me gêne pas pour l’observer de la tête aux pieds.
J’attrape la serviette de bain posée sur le banc qui se trouve près de l’entrée, et qui m’était destinée. Sky la réceptionne avant que cette dernière ne s'échoue à ses pieds, dans mon mouvement précipité. Elle soupire d’agacement, claquant par la même occasion sa langue contre son palais, et au fond, ça me fait doucement rire. Elle se garde bien de me cracher une réflexion, s’empressant de l’enrouler autour de ses épaules encore tremblantes.
— Petite nature, me moqué-je gentiment.
Ni une ni deux, Sky me pousse brutalement et je dégringole dans la piscine. Son rire me parvenant par-dessus l’épaisseur de l’eau qui me recouvre me contraint à abandonner tout sentiment de colère sous la profondeur du bassin. À l’instant où je refais surface, ce que je vois me cloue presque sur place. Elle ne rit pas seulement, celui-ci se distingue également à travers ses pupilles qui brillent de mille feux malgré la luminosité tamisée des lieux. Dans une tout autre situation, et si elle avait été quelqu’un d’autre, j’imagine que je l’aurais balancée sans ménagement dans la flotte, que je l’aurais noyée pour simple vengeance, mais son foutu rire me file des papillons, m’extirpe un putain de sourire que je ne simule pas.
— Voilà ce qu’elle te fait, la petite nature, espèce de grand con ! ricane-t-elle. Au moins, je ne t'ai pas foutu à l’eau alors que tu ne sais pas nager, je ne suis pas aussi cruelle.
Elle ne sait pas nager, je retiens.
— Tu n’avais même pas froid ! l’accusé-je.
— Ne jamais se laisser aveugler par l’emballage, tu ne savais pas ? ose-t-elle me répliquer, fière d’elle.
— Méfie-toi, parce que dès que je sors de la piscine, je te fous dehors en petite culotte même avec trois degrés. Il paraît que je suis insensible, alors ne t’étonne pas de mon extrême cruauté, argué-je avec un sourire malicieux.
Sa bouche se déforme en une grimace dégoûtée. Elle observe lentement l’échelle de la piscine, puis l’entrée de la pièce. Elle calcule la distance se trouvant entre ces dernières et certainement le temps qu’il me faudra pour la rattraper si elle court dans le manoir. Mais qui a dit que j’avais besoin de l’échelle pour lui mettre le grappin dessus ? Elle m’a bien vu à l'œuvre tout à l’heure.
— Bonne nuit, Lysandre, pouffe-t-elle, en me tournant le dos.
Elle galope en saisissant au passage son jean près de la piscine. Je me rue sur le rebord, ne profitant même pas du fait d’avoir son joli postérieur sous le nez. Je l’entends en bas de l’escalier, devinant sans mal la destination qu’elle désire prendre. Malheureusement pour elle, cette maison, je la connais comme ma poche, et il y a un autre moyen de gagner l’étage sans passer par l’escalier principal. Je cours du côté de la cuisine pour emprunter les marches qui mènent à l’opposé du couloir. Elle se précipite dans la chambre d’ami, au sein de laquelle elle a dormi durant trois heures, tout au plus.
Je me marre à mon tour en arrivant dans l’encadrement de la porte. Sûrement en guise de protection, Sky m’envoie son jean dans la face au moment où elle sursaute en me découvrant déjà là. Reculant au centre de la pièce, elle croise les bras sous sa poitrine, un peu prise au piège de sa petite blague qui n’a pas tourné comme elle l’aurait voulu.
— OK, je l’admets. Pas très malin de te balancer dans la piscine, alors que tu as eu la gentillesse de me prêter ta serviette, mais c’est toi qui as commencé… Et Jessie me réclame toujours de ne pas me laisser faire, quitte à mordre. Tu m’as cherchée, Lysandre.
— Ton sac est à l’endroit où tu l’as abandonné tout à l’heure, ne panique pas, Sky. Il te suffit de regarder à côté du canapé, tu dois encore savoir où il se trouve, non ? Ton vrai nom était sur ton dossier scolaire.
Je lui mens sur ce détail, je ne suis pas en mesure de lui déballer la vérité, ça la blesserait davantage. Je ne veux pas être mêlé à ce plan tordu que Jeff et son père ont fomenté.
— C’est qui “L” ?
— Quoi ?
— Je t’ai retrouvée en soutif sur le canapé, j’ai aperçu tes tatouages. Tes ailes d’ange dans le dos avec la lettre “L” au niveau de tes omoplates et la date que tu as écrite sur ton poignet.
D’ailleurs, je ne l’avais jamais vue avant aujourd’hui, elle la dissimulait plutôt bien, à moins que ce ne soit involontaire. En découvrant l’ombre qui recouvre tout à coup son visage qui commençait déjà à se ternir avec l’évocation de ses tatouages, je devine que j’aurais dû fermer ma gueule.
— Je… Je ne peux pas, réprouve-t-elle en secouant la tête.
Je m’en veux véritablement de lui avoir posé cette simple question, car aussi banale soit-elle, elle semble pourtant être dévastatrice pour Sky.
— OK, je ne te le demanderai plus, soufflé-je, dubitatif et surtout perturbé par son changement émotionnel si brutal.
Je suis trop con, bon sang ! Aucune idée sur l’identité de “L”, mais visiblement – si je me réfère à son tatoo dans le dos –, c’est quelqu’un qui a disparu de ce monde. Pas surprenant que ce soit douloureux pour elle d’en parler.
— Je porte le nom de ma mère et plus celui de mon père, je ne voulais plus qu’on m’associe à lui, déclare-t-elle subitement.
C’est sa façon de changer de sujet, de m’éclairer en partie sur les interrogations que j’ai à son sujet. Ce qui semble être le moins pénible pour elle, le terrain sur lequel elle décide de s’engouffrer.
— Je vis avec mes tantes et ma cousine Jessie. Depuis un peu plus de trois ans maintenant, je porte le même nom qu’elles, je préfère. Je n’ai plus de contact avec mes parents. Je suppose qu’Internet t’a pas mal informé sur le sujet, pas vrai ?
C’est vrai, après la conversation que j’ai surprise entre son père et Jeff, j’ai fouiné un peu. J’ai découvert des archives sur elle. Elle a déjà écumé plusieurs scènes connues aux États-Unis. Je me contente d’opiner d’un bref mouvement du crâne pour le lui affirmer.
Sky Buchanan, violoncelliste reconnue. Son père est devenu sénateur de l'État de Pennsylvanie, il y a des années. Il représentait le parti républicain. Un salopard manipulateur à ses heures perdues aussi. Un parcours scolaire brillant, aucune activité périscolaire hormis le violoncelle. Sans réelle surprise, elle n’a fréquenté que des établissements privés.
— Je suis désolée d’avoir dit que tu étais… insensible, déclare-t-elle à mi-voix. T’aurais pu me laisser me débrouiller seule, ce soir. J’ai fait n’importe quoi, il n’y a rien qui va en ce moment, c’est tellement la… merde, ajoute-t-elle en passant une main sur son visage cerné par la fatigue. Je sais qui sont les gens dépourvus de cœur, tu n’en fais pas partie. J’ai vécu toute ma vie avec des parents incapables d’aimer quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes, rit-elle sans joie. Tout ce qui les intéressait, c’était de me diriger, d’atteindre LEURS objectifs, de ne pas salir leur précieuse réputation, débite-t-elle tristement.
Encore des gens qui n’étaient pas taillés pour avoir des gosses, trop nombrilistes et assoiffés de pouvoir pour cela. Ça me parle plutôt bien. Je connais le schéma par cœur.
— Personne n’a jamais été assez bien pour eux. Avant la fac, je n’avais pas d'amis. Je n’avais le droit de rien à part étudier et faire de la musique. Je m’étais préparée à entrer au conservatoire de Milan, mais… le plan a changé, confesse-t-elle d’une voix lointaine à la fin de sa phrase.
Que s’est-il passé ?
La bouche fermée, je me contente de garder le silence, pour ne pas, à nouveau, mettre les pieds dans le plat comme plus tôt.
— Les cailloux sont plus chaleureux que mon père.
Elle grimace en prononçant le mot : “père”, signe de sa profonde aversion envers son géniteur.
— Il est si insensible que je crois qu’il n’a pas vraiment eu de réaction quand il a su que j’avais osé entretenir une relation avec Joshua. Il m’a ignorée pendant quatre ans, occultant mon existence, comme si j’étais un problème de trop à gérer. Ce n’était pas pour zapper leur autorité contrairement à ce qu’ils auraient pu penser. Ma mère, folle de rage, n’arrêtait pas de clamer des : « Oh, Sky, tu nous déçois tellement ! Tu ne te rends pas compte du scandale que ce sera ! » à tout bout de champ. Qu’est-ce que ça pouvait bien leur faire que je sois amoureuse d’un homme plus vieux que moi ? Au moins, quelqu’un s’intéressait à moi pour autre chose que le prestige que je pouvais rapporter. Ils m’ont expédiée comme un colis gênant dans une sorte d’internat religieux quand j’avais dix-sept ans, et je ne l’ai plus revu jusqu’à il y a quelques jours.
— Il n’a pas essayé de te retrouver ? protesté-je, consterné.
— Non. J’ai passé pratiquement quatre ans dans le doute, à me demander si tout n’était qu’un mensonge et ce que j’avais fait de mal pour qu’il fuie.
Elle ne pleure pas, mais mon cœur se brise, son silence pesant qui s’ensuit est déchirant, même pour moi.
— On devait partir ensemble à Milan. Et… j’ai réalisé que ceux qui n’ont pas de cœur sont peut-être plus à même de discerner les mensonges des autres, ricane-t-elle jaune. Mon horrible mère avait raison quand elle prétendait qu’il se fichait de moi, qu’il était intéressé par l’argent.
Ma mâchoire se contracte violemment.
— Tu veux dire que… débuté-je, en choisissant précautionneusement mes mots pour ne pas en enfoncer le clou.
— Apparemment, il y a des êtres humains qui peuvent valoir 300.000 dollars, répond-elle avec une ironie non feinte. Il affirme que mon père l’a menacé de l’envoyer en prison s’il ne m’abandonnait pas et n’empochait pas l’argent. Je ne sais pas qui croire, et, de toute façon, c’est trop tard… beaucoup trop tard, termine-t-elle d’une voix éteinte.
Quel connard ! Je n’ai pas d’autres mots qui me viennent en tête pour définir cette pourriture. Il aurait dû se battre pour elle, la protéger. Être là dans ses moments difficiles. J’ignore tout de ces derniers, pourtant, je suis certain d’un truc, après son départ, il s’est produit quelque chose de suffisamment terrible pour la mettre dans cet état, pour abîmer son cœur et son âme à jamais. Pour y laisser des cicatrices impossibles à enrayer.
Bon sang, qu’est-ce que ces tarés lui ont fait ?!
— Oublie-le, interdis-lui d’avoir le moindre pouvoir sur toi. Ne lui donne plus cette importance, même s’il exerce encore une influence quelconque sur toi. L’ignorance est le pire mépris qui soit. La personne que tu es, ce que tu as à offrir, ne laisse jamais personne la dénigrer, car tu es d’une valeur inestimable, Sky. 300.000 dollars ? J’aurais vraiment dû lui péter le nez et les deux bras aussi, craché-je, écœuré.
Un ricanement empli de tristesse lui déchire la gorge. Une larme solitaire roule sur sa joue, et un élan surprenant de douceur me prend à la gorge. Je ne le réalise que lorsque je sens la chaleur de son corps contre le mien. Sa tête blottie sur mon torse, ses larmes en train de réchauffer mon épiderme, qui commence à se les geler étant donné que je suis à moitié à poil. Je devrais être horrifié. Ouais, mais pas avec elle. Je ne la vois pas comme une fille sournoise qui me piégerait, elle n’est pas malsaine comme d’autres. Même si elle nous a bien eus avec cette leçon qu’elle souhaitait nous inculquer sur la drogue.
— Je ne peux pas l’oublier avant d’avoir récupéré ce qu’il m’a pris dans mon portefeuille. Je n’arrête pas d’y penser, ça me bouffe complètement.
C’est quoi ces conneries ? Il lui a fouillé les poches ? Ça paie si mal d’être professeur ?
Sky recule le visage et se met à détourner les yeux. Je capte immédiatement qu’elle ne voulait pas prononcer ces paroles à voix haute.
— Il t’a volée ? tonné-je, scandalisé.
— Oui, enfin non, c’est compliqué.
Je plisse les yeux, elle ne me dit pas tout, mais ce serait malvenu de ma part de lui en faire la remarque, car elle ne connaît rien de moi.
Ouais, ferme ta bouche, Lysandre, ne gâche pas tout maintenant !
— Hé, je ne t’avais pas déjà dit de ne plus pleurer pour lui ? Tu as cinq minutes pour t’arrêter ou je vais me fâcher, Sky.
Les larmes aux yeux, elle pouffe de rire contre mon buste. Je les sens encore couler sur moi pendant que je suis tendu comme un foutu bout de bois. Et je ne parle pas de mes mains dont je ne sais pas quoi faire. Je me vois mal entourer mes bras autour d’elle, ce serait déplacé. Même si en vérité, je n’en ai rien à foutre de ces conneries de bienséance. Je n’ai pas envie qu’elle croie que j’essaie de profiter d’elle d’une quelconque manière, car celui qui se sent utilisé, c’est moi, en lui servant de coussin-kleenex. Je ne me rappelle pas l’avoir déjà fait un jour, si ce n’est pour ma sœur. Pas même avec Natalia, que j’ai pourtant bien blessée.
Quand ai-je baissé la garde avec cette fille ? Que se passe-t-il entre nous ? Ce n’est pas sexuel, même si elle m’a bien chauffé, ce soir. Alors qu’est-ce d’autre ? Sky finit par relever la tête pour plonger son regard larmoyant dans le mien et mon cœur tremble au sein de mon thorax. Je me sens fébrile, fragile, prêt à me briser à mon tour. Je hais de voir toute cette misère dans son regard.
— Ne me regarde pas comme ça, l’imploré-je presque comme un abruti.
— Pourquoi ?
Encore des questions ? Toujours des questions.
Ses iris s’agrippent aux miens avec force. Elle ne défaille pas une seconde, résolue à obtenir les réponses qu’elle attend. Elle n’a visiblement pas peur de ce qu’elle pourrait trouver de l’autre côté de mes barrières. Ce n’est pas aussi beau qu’elle semble se l’imaginer. Je n’aime pas ce que je discerne dans ses yeux à cet instant. Elle ne peut pas m’aimer, car il n’y a jamais rien eu à aimer. Pourtant, je la fascine, et sa curiosité sans doute mal placée l’entraîne à surenchérir. Ce qu’elle fait est dangereux, pour elle, pour moi, pour nous.
Devine-t-elle mes pensées ?
— Tu me rends encore plus instable, Sky.
Déstabilisée par mes propos, elle cille avant d’agiter légèrement la tête, refusant mon avertissement. Sa poitrine collée à la mienne cesse de s’élever au rythme de sa respiration. Ses prunelles brunes s’arriment à mes lèvres tandis que ses joues se colorent délicieusement de rose. Un souffle lourd lui échappe, elle a trop longtemps emprisonné l’air qui circulait au sein de ses poumons. Celui-ci fouette l’angle de mon menton et répand une douce chaleur jusqu’à mes narines. Une frustration sournoise me titille la peau, je la gronde secrètement de me mettre dans une telle posture.
Je m’attends à ce que les choses dégénèrent, car chaque fois qu’elle se trouve aussi près de moi, avec ce regard, je déchante mille fois intérieurement. Ma patience a également ses limites. Je ne peux pas jouer les fiers et clamer que je suis indifférent quand Logan avoue qu’il voudrait se la faire, car c’est faux. Elle ne m’aide pas beaucoup à résister non plus. Cette fille aurait dû s'appeler TENTATION ou DIABLESSE et certainement pas Sky.
Mes phalanges me picotent, elles se trouvent à tout juste quelques centimètres de ses hanches. Il y a encore deux mois, je l’aurais sûrement incendiée d’oser m’approcher à ce point, et maintenant, c’est moi qui en crève d’envie. De l’embrasser, de la toucher. Cette nuit, j’ai été sage, à me réprimander à chaque obscénité qu’elle a pu susciter en moi, même une vaste pensée cachée dans un recoin de mon subconscient, torturé par son insouciance. Cette femme aura ma peau. Et le plus drôle, ce n’est même pas volontaire de sa part.
— Juste un baiser. Rien qu’un, murmuré-je gravement.
Nos pupilles scellent un accord muet. Au moment où ma bouche fond sur la sienne, un shoot d’adrénaline me touche de plein fouet. Ma main capture sa nuque par-dessus sa chevelure flamboyante et humide qui ruisselle encore sur ses épaules. Nos langues se heurtent l’une à l’autre, un océan de confusion m’assaille, mêlé au plaisir qui se déchaîne à l’intérieur de ma poitrine et mon ventre, si bien que c’en est presque douloureux. Douloureusement délicieux et aliénant.
Depuis quand n’avait-ce pas été aussi exquis d’embrasser quelqu’un ?
Ce soir, le pantin démantibulé semble reprendre peu à peu vie, et c’est encore plus effrayant, plus imprévisible.
J’ai besoin de plus.
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