Unstable feelings #1
ch002
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Gemma
Je suis réveillée par mon père qui fait un boucan d’enfer dans la cuisine. Je grommelle, n’étant pas du matin. Je m’étire en bâillant, préférant rester sous mon drap plutôt que de me lever.
Enfin, jusqu’à ce que je me rappelle que c’est mon premier jour à l’université de Lake Creek. Oui, qui aurait cru qu’une si petite ville possédait un campus ? D’après mes souvenirs, il ne semble pas très grand, mais cela me convient.
Le sourire aux lèvres, je me décide à sortir de mon lit pour m’habiller. Mon choix se porte sur une robe noire, avec mes indétrônables Doc Marten’s de la même couleur. Autant mes mèches sont roses, et mes tatouages, colorés, autant mes vêtements sont en général sombres. Oui, je suis une nana pleine de paradoxes ! Je sélectionne dans ma collection de lunettes une paire fuchsia. Je passe par la salle de bains pour me rafraîchir, coiffant ma tignasse en une minute. Moi qui avais de si longs cheveux, j’apprécie maintenant la facilité d’entretien. J’ai cru que mon père allait faire une crise cardiaque lorsqu’il a aperçu ma nouvelle tête. Ça m’a tellement changée.
Quand j’entre dans la cuisine, ce dernier est déjà au taquet.
– Prête pour ton premier jour ? me lance-t-il avec un grand sourire.
Il dépose l’un de mes petits-déjeuners préférés devant moi : des pancakes au beurre de cacahuètes avec un latte double crème.
Je l’embrasse en le remerciant, puis m’assois autour du minuscule îlot central. J’avale, avec bonheur, une gorgée de ma boisson chaude.
– Oui, même si je flippe un peu, admets-je en remontant ma monture rose sur mon nez.
– C’est normal ! Sois toi-même, Gemma. Tu es magnifique ! Les étudiants ne pourront que t’apprécier. Et puis… les mecs vont tomber comme des mouches à tes pieds.
Je ricane en terminant mes crêpes. Depuis l’agression, je ne suis sortie avec personne. Pourquoi ? Bonne question. Il ne s’agit pas de mes cicatrices, c’est plutôt l’envie de me recentrer sur moi et sur ma confiance qui s’est fait la malle, je pense.
Avant cette nuit fatidique, j’avais quelques coups d’un soir. J’aime le sexe pour ce qu’il m’apporte. Des orgasmes, des moments hors du temps, de la tendresse et de la passion. Oui, quand je m’envoie en l’air, j’ai l’impression de sortir de mon cocon, de me laisser aller à une jouissance qui n’appartient qu’à moi. Enfin, entre deux amants pas trop mauvais.
Nous avons la même vision des choses avec mon père. Il n’y a aucun tabou entre nous. Il m’a tout appris, m’a tout expliqué : les règles, le changement du corps à l’adolescence, les poils… Il a été le premier à qui j’ai annoncé que je n’étais plus vierge. On a fêté ça au Champagne, juste nous deux.
J’ai pris de bonnes résolutions pour cette année. Laisser loin derrière moi le drame et voir vers l’avenir. Je vais essayer de m’amuser, trouver au moins un ami et étudier dur pour réussir mon année. Ayant loupé pas mal de cours à la fin de mon cursus scolaire, je dois encore combler quelques lacunes. Heureusement, j’ai pu compter sur mes profs qui, durant les vacances, ont bien voulu me donner les informations manquantes.
J’espère juste que ce sera suffisant. J’entends mon père se racler la gorge, je reviens donc à moi.
– Je ne sais pas, je dois me concentrer sur mes études. En plus, si ça se trouve, les mecs ici sont moches ou totalement idiots…
Il éclate de rire en levant les yeux au ciel.
– Ah, ma Gemma, tu me feras toujours marrer ! Je vais te déposer. J’aurai besoin de l’auto, aujourd’hui.
Je hoche la tête, puis le suis après avoir chopé une banane dans la corbeille à fruits. Heureusement que nous avons pensé à ramener quelques victuailles afin de ne pas mourir de faim avant les grandes courses. À New York, nous avions chacun notre voiture. Hélas, il a dû se séparer de sa Mercedes qu’il vénérait particulièrement. Nous avons pu garder la Mustang. Une merveille des années soixante que j’adore. Il a refusé que je la vende. Au moins, pour ma caisse, je ne dénote pas dans cet endroit figé dans le temps. C’est la mienne, mais je la partage bien volontiers avec lui. Il en rachètera une autre plus tard.
Nous parcourons les quelques kilomètres qui me séparent de la petite université de Lake Creek. Avec ses maisons bien rangées, ses jardins impeccables, ses magasins, sa grande place avec son église, la ville semble bien sympa. Est-ce seulement une apparence ? L’avenir nous le dira…
Nous nous rendons compte que le campus n’est qu’à dix minutes en voiture. Tant mieux, je pourrai donc y aller à pied.
– Merci, Papa. Je marcherai pour rentrer. Ce n’est pas loin. Bon courage pour ton premier jour au diner.
– Non, appelle-moi. Je préfère…
– Si je termine tard, d’accord, lui répliqué-je avec un clin d’œil.
Il accepte en soupirant.
– En tout cas, c’est un sacré bâtiment ! s’extasie Clay en l’embrassant du regard. Oh, on peut voir que les habitants sont fans de baseball, ici !
En effet, une haute statue d’un joueur est érigée juste à l’entrée, en bas des escaliers.
– Tout ce qu’on aime, ricané-je en sortant de la voiture.
– Essaie de te faire des amies, ma chérie. Dis à tes camarades de classe que nous sommes les nouveaux propriétaires du diner ! Ils vont vite rappliquer pour un bon milk shake.
J’éclate de rire en secouant la tête.
– Ne t’inquiète pas pour moi, je gère. À ce soir !
Il me lance un sourire rayonnant, puis redémarre sur les chapeaux de roues. J’inspire un grand coup. Vais-je réussir à lier connaissance ? Rien n’est moins sûr. Ma passion pour l’Art me coupe régulièrement du commun des mortels. Ma dégaine aussi, je crois. Tous mes tatouages peuvent faire peur, sans oublier mes cheveux roses et mes fringues noires. Je hausse les épaules. Advienne que pourra !
Arrivée devant l’imposante statue en bronze, je l’observe d’un œil critique. On peut dire que l’artiste ne s’est pas vraiment foulé. Les détails sont grossiers, le visage manque de symétrie. Hum, pas vraiment une réussite selon moi.
Je me penche pour lire la plaque dorée accrochée au niveau de ses pieds :
[Les « Tigers de LSU » meilleure équipe universitaire du Colorado depuis des décennies !]
Nous sommes donc en présence de vrais amateurs… Je n’aime pas les sports d’équipe ; ni aucun autre, d’ailleurs. Je ne sais même pas comment on y joue et honnêtement, cela m’indiffère totalement.
– Salut ! Pour rester si longtemps devant cette horreur, soit tu es nouvelle, soit tu es une grande admiratrice des Tigers !
Je sursaute violemment, tournant la tête pour savoir à qui appartient cette voix amusée. Aussitôt sur mes gardes, je croise un regard vert qui me dévisage amicalement. Je me détends, un peu surprise par le beau type qui me fait face. Blond, un sourire lumineux aux lèvres, il porte un pantalon bleu avec un polo blanc. Il reprend en acquiesçant, le doigt en l’air.
– Je connais déjà la réponse ! J’adore ta coupe courte avec tes mèches roses ! On dirait un joli petit elfe tout de noir vêtu. Et tes tatouages, waouh ! Laisse-moi deviner : tu es nouvelle, en section Arts ?
Étonnée, je ne peux m’empêcher de pouffer. Je le lui confirme d’un geste de la tête.
– Tu as raison sur toute la ligne. Tu le prendrais mal si je t’annonçais que cette chose est horrible ? Quel manque de talent… Les proportions ne sont même pas respectées !
Je m’emballe toute seule, me stoppant subitement, les joues rouges. Mouais, ce n’est pas ainsi que je vais réussir à me faire des amis. À peine arrivée, me voilà qui critique déjà leur statue fétiche !
Durant une seconde, il me scrute, imperturbable, puis éclate de rire.
– Toi et moi, on va bien s’entendre ! Ce truc est immonde, je te l’accorde.
Je souris timidement, soulagée de trouver en ce mec, mon propre ressenti.
– Je m’appelle Lenny. J’étudie les techniques de l’illustration, et toi ?
– Gemma, c’est mon premier jour. Restauration d’Art pour ma part.
Ses yeux pétillent en me souhaitant la bienvenue.
– C’est plutôt rare ! Dans ta section, vous devez être cinq ou six. Je suis content de faire ta connaissance.
Je souris, soudainement rassurée pour cette journée. Si tous les élèves sont sympas comme Lenny, je vais me plaire ici.
– Moi aussi. Hum, tu veux bien m’indiquer ma classe, s’il te plaît ? J’ai reçu un plan, mais je ne suis pas douée pour me situer.
– Je t’emmène, je vais de ce côté. Il faut savoir que dans cette université, enfin bon, c’est un bien grand mot pour un si modeste campus, ce qui prédomine, c’est le sport. Le baseball a la place la plus importante, suivi du football américain et de la natation.
Il sourit tout en me prenant gentiment par le coude. J’aime son côté exubérant. Découvrir que le premier mec que je rencontre est gay me rassure vis-à-vis de mon père. Comment je le sais ? Je fréquente des homosexuels depuis que j’ai cinq ans, alors disons que mon sixième sens ne me trompe jamais. Papa en rigole tout le temps, il me répète que mon gaydar est bien plus développé que le sien.
Je pouffe tandis qu’il reprend, en levant les yeux au ciel :
– Tu ne peux pas t’imaginer, je te jure. C’est même une religion le baseball ! Gare à toi si tu ne fais pas partie des super fans de l’équipe !
Il se penche vers moi, d’un air de conspirateur.
– Pour la plupart des sportifs, l’intelligence ne semble pas être un élément essentiel à leur réussite, hélas ! Seulement, on peut juste leur reconnaître une chose… ces types sont sexy au possible ! Je ne te parle même pas de leurs culs musclés.
Je ris alors qu’il me contemple sérieusement. Le regard qu’il me lance est sans équivoque. Bingo, j’avais raison. Je pose ma paume sur son bras avec une moue amusée.
– Je viens de New York, alors sache que je n’ai aucun problème avec ton orientation sexuelle. Mon père est gay et fier de l’être.
Soulagé, son sourire revient. Il frappe dans ses mains, enthousiaste.
– Ma nouvelle meilleure amie ! rit-il en me guidant dans le grand bâtiment.
Les étudiants sont partout, et enfin, nous arrivons dans une aile clairement artistique : des tableaux, des sculptures, des statues, des photos encombrent les murs ainsi que les couloirs.
– Le secrétariat se trouve sur ta gauche. Bon, moi, j’y vais. On se retrouve à la cafétéria ce midi pour manger ensemble, si tu veux. Je t’expliquerai tout ce qu’il y a à savoir pour survivre ici.
– Avec plaisir. Merci, Lenny !
Il me lance un clin d’œil en s’éloignant déjà. Je me dirige à mon tour vers le bureau qui m’intéresse. Dix minutes plus tard, mon dossier d’inscription à jour, je peux enfin entrer dans ma classe.
Mon nouvel ami avait raison, nous sommes six. Trois mecs et trois filles, dont moi. Je les salue brièvement en allant m’asseoir. Je suis contente de ne pas me sentir à part, car les artistes ont un look bien à eux, ce qui semble être le cas ici : vêtements colorés, piercing et tatouages.
La prof m’apporte le programme tout en m’expliquant comment va se dérouler l’année. Cette section comporte peu de cours : histoire de l’Art, constat d’état et diagnostic, dessins et techniques… Bref, tout ce que j’aime !
Motivée, je commence à prendre des notes. Devenir restauratrice est tout ce qui m’intéresse dans la vie. J’ai déjà une bonne pratique alors j’espère qu’ici, je me perfectionnerai.
Le midi, comme promis, je rejoins Lenny. OK, j’ai eu un peu de mal à trouver la cafétéria. Heureusement, l’une des filles de ma classe m’y a emmenée. Nous sommes assis dans un coin. Le meilleur endroit, selon lui, pour me faire un topo sur les étudiants. Je ris à plusieurs reprises quand il me balance des potins bien croustillants. Eh bien, ils ont l’air plutôt chauds dans ce bled ! Le sexe et le baseball semblent être les deux activités les plus intéressantes. Malgré tout, je peux comprendre, à travers ses mots, que cette ville reste conservatrice. Les habitants qui sont différents ne sont pas forcément bien vus.
– Tu as été agressé à cause de ton homosexualité ?
Il grimace tout en me le confirmant, la bouche pleine de son sandwich au crabe.
– Ouais, au lycée. Être le petit pédé de service n’a pas aidé, car j’étais le seul « déclaré ». Ici, c’est plus grand, alors je passe un peu inaperçu et tant mieux. Les étudiants viennent des alentours. On a beau se mélanger, quand je regagne ma maison, je reste sur mes gardes. Il y a toujours de pauvres cons pour m’insulter. Jamais je ne renierai qui je suis parce que je ne rentre pas dans le moule de cette ville.
– Pourtant, le maire est démocrate, non ?
– Oui, mais ses élus sont conservateurs. Enfin, pour la plupart. Filip Ortegal a fort à faire avec les mentalités un peu étroites. Il a été choisi de justesse. Nous, les démocrates, avons vraiment été surpris que ce soit le cas. L’échevin est un homme bien, qui a beaucoup souffert. Bref, on verra dans quatre mois…
Je fronce les sourcils.
– Pourquoi quatre mois ?
– Les campagnes électorales vont bientôt commencer. Je croise les doigts pour qu’Ortegal soit de nouveau élu.
Je frissonne inconsciemment. Moi aussi. Je mange ma salade sans appétit, l’estomac noué par ce qu’il vient de m’apprendre. J’espère que mon père ne risque rien…
– Désolé, je ne voulais pas que tu flippes. Parle-moi de toi, maintenant ! Pourquoi avez-vous déménagé dans le trou du cul du monde ? New York, j’y suis allée une fois, et bordel, c’est là que je souhaite vivre ! Je serai un illustrateur connu, j’habiterai sur l’Upper East Side avec mon beau mec…
Les yeux rêveurs, il arrive à me faire rire. Cependant, je ne me sens pas de lui raconter la réelle raison de notre départ. Pas encore, du moins.
– Disons que mon père a eu un coup de cœur pour le diner à vendre. Comme l’université du Colorado proposait mon cursus, nous avons décidé de changer de vie. Il était chef coq gastronomique dans son propre restaurant. Mais il n’en pouvait plus…
Il arrondit les yeux, se passant la langue sur ses lèvres d’un air gourmand.
– Oui, j’imagine que ce doit être beaucoup de pression. Par contre, côté alimentation, tu as de la chance, tu dois te régaler à chaque fois. Mes parents sont de piètres cuisiniers. Je pourrai venir goûter sa nourriture ?
Je pouffe.
– C’est même recommandé !
Soudain, il percute.
– Ah, mais attends… ton père a donc repris le Diner’ 60 ? L’antre de l’équipe des baseballeurs ?
Je lui confirme en souriant. Je termine mon repas, puis avale de grandes gorgées d’eau. Bon sang, qu’est-ce qu’il fait chaud dans ce patelin !
– La classe ! Tu vas m’y voir souvent. Déjà que j’y étais assez régulièrement avec mes potes. Je te les présenterai, ils sont sympas. Ils ont arrêté les études, eux. Pour en revenir à ton père, il va modifier le menu ?
Je relève un sourcil, étonnée de sa question.
– Eh bien, oui, il m’en a parlé. Pourquoi ? Il y a des choses dont tu ne veux pas qu’il se sépare ? répliqué-je, amusée.
Il rit en secouant la tête.
– Au contraire ! La carte a mille ans, j’ai envie de changement et…
Brusquement, il y a comme un flottement. Un groupe de mecs entre dans la cafétéria comme s’ils étaient en territoire conquis. Avec leurs bombers LSU, je comprends qu’ils font partie de l’équipe de baseball. Ils s’assoient bruyamment et j’aperçois les nanas reluquer les types en bavant. Rien de nouveau sous le soleil d’un campus. C’était la même chose à New York.
– Je te présente le fabuleux collectif des Tigers ! Merde, moi, je dois y aller. On se voit après ? Je te laisse les mater à ton aise, ajoute-t-il avec un clin d’œil concupiscent. On comparera nos préférences plus tard.
Je ris en lui faisant un signe de la main.
Sans aucune discrétion, je les observe ouvertement. Ils mangent tous un plat chaud, chahutant et rigolant. Mes yeux se posent sur chaque type. OK, j’avoue, ils ne sont pas trop mal. J’en compte six, tous grands et musclés. Sincèrement, je suis surprise. J’imaginais des joueurs plutôt minces, un peu trapus… pas des mecs de cette carrure. Clairement, j’ai tout faux sur le baseball ! Je devrais peut-être aller voir un match, un de ces jours, histoire d’en apprendre plus et ne pas rester sur mes a priori.
Mon regard s’arrête sur le plus grand de la bande. Il s’est placé face à moi. Le nez sur son téléphone, il ne parle à personne. Ils ont tous retiré leur bombers, dévoilant un tee-shirt violet, floqué d’un tigre orange. Tous leurs vêtements sont-ils liés au baseball ? Je ne parviens pas à détacher mes yeux de ce latino. Mâchoire carrée, teint mat caractéristique, cheveux noirs de jais, un peu longs sur le devant... Des mèches lui cachent le front et je n’arrive pas à savoir de quelle couleur sont ses iris.
J’ai envie qu’il relève la tête pour le découvrir. Même s’il ne parle pas, tout son être irradie de suffisance. Je déteste ce genre de gars, pourtant je continue de le déshabiller du regard. J’observe ses avant-bras aux veines saillantes, posés nonchalamment sur la table, ses longs doigts bruns tapotant sur l’écran de son portable dernier cri.
Bon, OK, j’avoue que les mecs ici sont plutôt canons. C’est rassurant, je m’imaginais déjà avec des bouseux. Hey, je suis une fille de la ville ! Je ricane intérieurement, un sourire railleur aux lèvres. Je redresse la tête, aussitôt happée par des yeux noirs comme l’Enfer. Parce que oui, le joueur que je reluque est lui aussi en train de me fixer. Ses billes d’onyx glissent sur moi, me faisant inconsciemment frissonner. Il s’arrête sur mes cheveux roses en haussant un sourcil. Il paraît surpris de ma coiffure. Je ne suis pas étonnée, surtout lorsque je vois arriver quelques pom-pom girls typiques Américaines : grandes, minces, blondes, des formes voluptueuses partout où il faut. Bref, banales et sans charme. Les filles s’asseyent sur leurs genoux sans aucune once de pudeur.
Comme on dit, là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir.
C’est trop ringard et tellement cliché que j’attrape mon sac pour me lever. J’ai cours. Ne connaissant pas encore bien le bâtiment, je préfère prendre de l’avance. Je sors de la cafétéria avec l’impression qu’un regard me brûle l’arrière de la nuque. Étrangement, je crois savoir de qui il s’agit…
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