Bodyguards Tome 4

Laura S. Wild · Chapitre 11 sur 48

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Bodyguards Tome 4

9 - Billie

9

 

 

Billie

 

– Quand est-ce que tu arrives ? me demande Logan, dont la voix me parvient à travers la console de ma voiture.

– Dans dix minutes, quinze tout au plus, je lui réponds.

– Comment ça se fait que tu n’es pas venue me rendre visite hier soir ? Ne me dis pas que tu m’as oublié !

Pour être tout à fait honnête, si… Depuis bientôt une semaine, Logan se fait porter pâle et ne vient plus à l’université. Je devais passer chez lui hier pour lui apporter les cours qu’il a manqués, mais vu la discussion que Jaxon et moi avons eue en revenant de la fac, il se pourrait que cela me soit sorti de la tête…

Malgré mes sentiments encore troublés, j’ai décidé de rattraper le coup en passant voir Logan ce matin, juste avant de me rendre à l’université. Après lui avoir assuré que mon arrivée est imminente, je raccroche et prends le temps de faire le tri dans mes pensées. Voir Jaxon au petit déjeuner en sachant qu’il a passé la nuit avec une autre m’a mis un coup au moral. En les imaginant dans le même lit, j’ai l’impression qu’un poing écrase mon sternum, m’empêchant de reprendre pleinement mon souffle…

Finalement, je me gare devant un pavillon parfaitement entretenu, puis je sors de ma voiture et pousse le petit portillon gris qui me fait face. Il claque en se refermant derrière moi. Au moment où je m’apprête à sonner à la porte, celle-ci s’ouvre sur madame Rogers, la mère de Logan, comme toujours élégante et apprêtée.

– Billie ! s’exclame-t-elle en m’apercevant.

Elle s’approche de moi pour me serrer rapidement contre elle avant de déposer un baiser sur ma joue et d’ajouter :

– Ça fait un petit moment qu’on ne t’avait pas vue par ici.

– Je sais, les cours me prennent tout mon temps, je réponds.

– Je suppose que tu es venue rendre visite à Logan ? Il est en train de prendre son petit déjeuner. Il commence à se sentir mieux, mais il est encore un peu faible. Bon, je file, je vais être en retard au travail. À plus tard.

Je regarde madame Rogers s’éloigner en direction de son SUV, puis je pénètre à l’intérieur de la maison.

– Par ici, Billie !

Attablé devant un bol de céréales, Logan sourit en m’apercevant.

– Tu as l’air bien en forme pour quelqu’un censé être cloué au lit à cause d’un virus, lui dis-je après m’être installée sur une chaise à côté de lui.

– Comment oses-tu douter de ma sincérité ?

Il se force à tousser, ce qui me fait lever les yeux au ciel.

– Ne vois-tu pas à quel point je suis faible ? s’exclame-t-il.

– Oh, à d’autres, Logan. Je sais que ça fait déjà quelques jours que tu aurais dû revenir à la fac. Ta mère croit vraiment tout ce que tu lui racontes ?

– Elle a une âme bien trop pure, c’est pour ça que je l’aime.

Il finit d’avaler son petit déjeuner tandis que je le détaille sans vergogne. Je crois que si je devais utiliser un seul adjectif pour le décrire, ce serait « séducteur ». Logan adore plaire et il peut être irrésistible quand il le veut. Je suis bien placée pour le savoir, parce que j’ai moi-même craqué pour ses yeux marron, son humour et sa carrure d’athlète l’année dernière. Nous sommes sortis ensemble durant quelques mois, avant que je ne comprenne que Jaxon hantait mon esprit et que c’était lui que je voulais. Mais nous nous sommes quittés en bons termes et sommes restés amis. Depuis, Logan s’est remis en couple avec Tania, une étudiante de notre université, et leur relation dure depuis près d’un an maintenant.

– Bon, je l’admets, il se pourrait que j’aie un peu exagéré cette histoire de virus, lâche-t-il en reposant son bol devant lui.

– Sans blague, je grogne.

– C’est juste qu’en ce moment on a du travail par-dessus la tête et que Tania et moi, on n’a pas vraiment le temps de se voir comme on le voudrait. Du coup, on s’est dit que s’octroyer une petite semaine de détente pourrait nous faire du bien.

Je m’esclaffe.

– Vous avez prétendu tous les deux être malades pour sécher les cours ? Vous avez quel âge ?

– L’âge de vouloir se peloter quand on veut. D’ailleurs…

Logan jette un coup d’œil à sa montre avant de terminer :

– … ses parents ne vont pas tarder à partir travailler, elle sera là dans une petite heure.

Je secoue la tête face à son sourire étincelant.

– J’ai compris, je vais bientôt débarrasser le plancher, dis-je. Mais avant…

Je me penche et attrape mon sac de cours pour en sortir un dossier que je pose sur la table de la cuisine.

– Voilà ce que tu as à rattraper avant ton retour.

– Fantastique… gronde mon ami.

– Eh oui, malheureusement, il va falloir que tu délaisses un peu Tania si tu ne veux pas foirer ton dernier semestre.

Logan se lève et s’approche de moi, une expression malicieuse sur le visage.

– Hm… est-ce que c’est une pointe de jalousie que je perçois ? me taquine-t-il.

Je pouffe en me levant à mon tour avant de remettre mon sac sur mon épaule.

– Tu n’as aucune inquiétude à te faire, je suis très heureuse que Tania et toi vous soyez trouvés, j’affirme.

Alors que je m’apprête à sortir de la cuisine, mon ami me lance soudain :

– Et toi ?

Je pivote et hausse un sourcil.

– Où en es-tu avec Jaxon ? ajoute-t-il.

Mon estomac se serre lorsque j’entends ce prénom. Bien sûr, Logan est au courant de mes sentiments pour Jax. Comment ne pourrait-il pas l’être, étant donné que c’est à cause d’eux que j’ai rompu avec lui ?

– Nulle part, malheureusement, je réponds en plissant les lèvres, avant de quitter la maison des Rogers.

 

– … qu’il m’a regardée avant de lui répondre « c’est Billie… Ma petite sœur ».

Je termine mon rapport en soupirant. Installés au restaurant universitaire, Austin et moi prenons notre repas de midi tandis que je lui raconte le fiasco d’hier soir.

– Je suis désolé, Billie, m’assure-t-il.

– C’est pas grave, dis-je en haussant les épaules. Au moins, maintenant, je sais que Jaxon ne ressent rien pour moi. Je vais pouvoir débuter le travail de deuil de notre histoire qui n’a jamais eu lieu.

Austin s’esclaffe.

– On croirait entendre nos profs de psycho.

Il attrape ensuite mon dessert que je n’ai pas le cœur à manger, avant d’affirmer :

– Tu sais, je pense que tu tires des conclusions hâtives.

– Comment ça ?

– Tu ne t’es pas dit que Jaxon agissait peut-être ainsi pour se protéger ? Qu’il t’a piquée afin que tu ne puisses pas déceler ses réels sentiments ?

Je dévisage mon meilleur ami.

– C’est vrai, reprend-il face à mon regard sceptique. Imagine une seconde que Jaxon éprouve la même chose que toi. Le truc, c’est qu’il ne sait rien de ce que toi, tu ressens et il se dit que, de toute façon, même si tu l’aimais en retour, tes frères seraient un frein à une histoire entre vous. Alors il te repousse, parce qu’il pense que c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Figée, je détaille Austin avant d’éclater de rire.

– Et c’est moi qui sonne comme une prof ? Mon pauvre Austin, ce n’est pas si compliqué, je te le garantis. Jax n’est pas amoureux de moi, c’est ainsi, je dois m’y faire. Mais je trouve ton excès de romantisme très mignon. Est-ce que c’est la présence d’Ivy Willis dans notre groupe de TD qui te donne des ailes ?

Mon ami me bouscule gentiment d’un coup d’épaule avant de repousser son plateau devant lui.

– Fous-moi la paix, marmonne-t-il. Au fait, tu veux venir à la petite fête organisée par les mecs du master demain soir ?

– Oh, je ne sais pas si j’ai envie d’être entourée de gens qui s’amusent, je réponds tandis que nous rangeons nos plateaux avant de quitter le restaurant universitaire et de prendre la direction du parking.

– Justement, ça te changera les idées, argue Austin.

– Hm… je ne sais pas trop. Tu comptes y aller, toi ?

– Ouais.

Cela me surprend un peu. Mon ami n’est pas un fan absolu des fêtes étudiantes. Mais en le dévisageant, je finis par comprendre pourquoi il est si motivé pour se rendre à celle-ci.

– Ivy y sera, je me trompe ?

Le petit sourire d’Austin suffit à me donner ma réponse.

– Je ne crois pas que tu aies besoin de ma compagnie, dans ce cas, je déclare.

– J’aime toujours avoir ma petite Billie avec moi, fait-il en passant un bras autour de mes épaules. Allez… ne m’oblige pas à te supplier.

– Bon, d’accord. Mais cette fois, c’est moi qui passe te chercher.

Mon ami se fige soudain.

– Pourquoi ?

– Euh… parce que c’est toujours toi qui me conduis partout d’habitude et que j’ai envie de changer, pour une fois. Ça te pose un problème ?

– Non…

– Donc c’est entendu ! Je serai chez toi à vingt-deux heures. Tu n’auras qu’à m’envoyer ton adresse par SMS.

Austin hoche la tête, et nous continuons à avancer vers nos voitures. Il me parle d’un psychothérapeute à propos duquel il a fait des recherches sur Internet et dont la spécialité correspond exactement au sujet de notre TD, ce qui m’enthousiasme : plus nous aurons de références sur lesquelles nous appuyer le jour de notre présentation, et plus nos chances d’obtenir une bonne note seront élevées. Voyant que je lui pose toujours plus de questions, mon ami décide de sortir son téléphone de sa poche pour me montrer directement la vidéo d’une conférence du professionnel. Je suis en train de la visualiser lorsqu’un appel l’interrompt.

– Sunshine ? je demande en commentant le nom qui s’affiche sur l’écran. Qui est Sunshine ?

– Oh, c’est, euh… ma belle-sœur, répond Austin.

Je fronce les sourcils.

– Je croyais qu’elle s’appelait Ella ?

Je suis persuadée que c’est le prénom qu’il a utilisé le peu de fois où il m’a parlé d’elle. Il faut dire que concernant son entourage, mon ami n’est pas très causant. J’ai compris à force de le côtoyer qu’il aime s’intéresser aux autres mais qu’il préfère ne pas trop se dévoiler, ce que je respecte.

– C’est le surnom que mon frère lui donne… m’indique-t-il. J’ai pris l’habitude de l’utiliser, c’est tout.

Je ne comprends pas vraiment pourquoi il rougit, mais je ne souhaite pas le mettre encore plus mal à l’aise, alors je ne lui pose pas davantage de questions.

– On se voit demain soir ? me lance-t-il en déverrouillant sa voiture.

– Bien sûr. Passe une bonne après-midi !

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