Bodyguards Tome 4

Laura S. Wild · Chapitre 31 sur 48

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Bodyguards Tome 4

29 - Billie

29

 

 

Billie

 

Bon sang, je n’arrive pas à croire que je vais vraiment faire ça.

Cela fait cinq minutes que je suis garée sur le parking de l’institut et un mélange d’excitation et de stress m’empêche de quitter mon véhicule. Pourtant, il va bien falloir que je me décide : je ne peux pas rester éternellement ici. Je retouche rapidement mon maquillage en me regardant dans le miroir du pare-soleil, puis j’inspire profondément et enfin, je descends de voiture. Mes talons résonnent sur le bitume tandis que je contourne l’institut et me dirige directement vers le parc automobile en resserrant la ceinture de mon long manteau.

Depuis que Jaxon et moi avons débuté notre relation secrète, j’ai souvent repensé aux confessions qu’Eve a faites à Scarlett, Dovie et moi pendant que nous nous préparions dans son dressing à New York. Ce soir-là, je me suis dit que jamais je n’aurais l’occasion de surprendre Jaxon à l’institut comme elle l’a fait avec Cruz, parce que lui et moi ne serions jamais en couple. Sauf que les choses ont changé. Contrairement à ma belle-sœur, ma démarche n’est pas motivée par l’envie de m’envoyer en l’air dans un endroit insolite : Jaxon et moi ne sommes pas encore passés à l’acte et, comme lui, je tiens à ce que notre première fois ensemble soit parfaite. Mais puisque nous ne partageons pas autant de moments que je le souhaiterais, j’ai décidé ce matin de nous créer une opportunité, histoire de titiller son self-control. Après tout ce temps, toutes ces années de frustration, j’ai besoin de séduire Jaxon.

J’ai hâte de voir sa réaction quand il verra la robe sexy que je porte.

– Mademoiselle Westwood ?

Je m’arrête alors que j’étais sur le point de franchir les portes du parc automobile. Un homme à la peau mate et au regard ténébreux s’approche de moi, un grand sourire aux lèvres.

– Bonjour, dis-je en le détaillant pour tenter de me souvenir si oui ou non je lui ai déjà parlé.

– Vous êtes Billie, c’est bien ça ? me demande-t-il sans se départir de son sourire.

Je hoche la tête.

– Hassan, se présente-t-il en tendant la main, que j’accepte de lui serrer. Je travaille ici depuis un an et nous n’avons pas encore eu la chance de nous rencontrer.

– En effet, je lâche, sans vraiment comprendre ce qu’il me veut.

Il me regarde pendant quelques secondes avant de baisser la tête.

– J’ai l’impression que je vous ai mise mal à l’aise, reprend-il. Pardon pour cette entrée en matière un peu étrange, mais comme Oscar nous parlait très souvent de vous, je n’ai pas pu m’empêcher de venir vous saluer quand je vous ai aperçue.

L’évocation de mon père me serre le cœur. Hassan remarque mon trouble et s’exclame :

– Oh… Est-ce que je n’aurais pas dû vous dire que…

– Si, bien sûr, évidemment que je suis heureuse d’entendre parler mon père, c’est juste que c’est toujours un peu… douloureux.

– Je comprends. En tout cas, il ne tarissait pas d’éloges sur vous. Il ne cessait de répéter quelle fierté vous lui inspiriez. Bref, est-ce que je peux vous aider ? Vous cherchez vos frères, peut-être ?

– Non, juste Jaxon. Il se trouve bien au parc automobile, n’est-ce pas ?

– Exact.

– Alors je vais le rejoindre. Si vous voyez les triplés, ce n’est pas la peine de les prévenir que je suis ici. Comme je ne fais que passer, je n’aurai pas le temps d’aller leur rendre visite.

– D’accord, pas de souci.

– Merci beaucoup. Ça m’a fait plaisir de faire votre connaissance, Hassan.

– Moi de même.

Il me salue et s’éloigne d’un pas nonchalant. Après quoi j’inspire profondément une fois de plus, puis je passe les portes du parc automobile. À l’intérieur, des voitures de luxe garées en épi sont alignées ; au bout de l’allée qu’elles forment, je reconnais immédiatement Jaxon, penché sur un moteur. Il redresse la tête dès que mes talons claquent sur le sol. Immédiatement, sa main gauche, qui était en appui sur la carrosserie du véhicule, se crispe.

Je trouve Jaxon beau quelles que soient les circonstances, mais à cet instant, sa combinaison de mécano dont les manches sont nouées à la taille, les muscles impressionnants de ses bras qui sont mis en valeur par le t-shirt qu’il porte et ses cheveux légèrement décoiffés le rendent irrésistible. Soudain, je n’ai plus qu’une envie, me jeter sur lui.

– Billie ? s’étonne-t-il en se redressant. Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu n’es pas censée être à la fac ?

– Si, mais j’avais envie de te voir, alors je me suis dit que j’allais sécher les premiers cours de la journée, je lui réponds en m’approchant de lui.

Je suis sur le point de l’enlacer, mais il recule.

– Paolo, me prévient-il.

Je tourne la tête, et aperçois avec horreur l’un de ses collègues sortant de l’ombre.

– Un problème, Jax ? lance l’homme avant de me saluer d’un signe de tête.

– Tu pourrais aller me chercher un café au réfectoire, s’il te plaît ?

Paolo fronce les sourcils.

– On a une machine juste ici, objecte-t-il.

– Celle du réfectoire fonctionne bien mieux, prétend Jaxon.

Paolo râle pour la forme avant de quitter le parc automobile. Dès qu’il a disparu, Jax m’attrape par le bras et m’entraîne à sa suite jusqu’à ce que nous pénétrions à l’intérieur d’un bureau. Tandis qu’il en ferme la porte à clé, je m’empresse de dénouer la ceinture de mon manteau et de l’ouvrir en grand.

– Bon sang, Billie, mais qu’est-ce qui t’est passé par la tête pour… Oh putain !

La lueur d’envie qui brille dans son regard lorsqu’il découvre ma tenue est inestimable. Il faut dire que j’ai choisi ma robe la plus sexy. Rouge sang, avec un bustier qui me serre les seins et les fait outrageusement ressortir, elle s’arrête à la moitié de mes cuisses… Mais alors que je m’attends à ce que Jaxon se précipite sur moi, je réalise qu’il reste figé, trop loin de moi, et que son expression est de plus en plus contrariée.

– Qu’est-ce que tu fabriques ? lance-t-il.

Mon sourire se fige. Mains sur les hanches, je le dévisage sans comprendre.

– Comment ça ?

– Tu te rends compte du risque que tu nous fais prendre en venant ici ? Est-ce que quelqu’un t’a vue ?

– Oui, Hassan s’est présenté à moi et…

– Hassan ? Eh merde ! Qu’est-ce que tu lui as dit ? Tu ne lui as pas précisé que tu venais me voir, au moins ?

– Si, mais ce n’est pas un souci. Ça fait des années que je passe à l’institut quand j’en ai besoin, j’en ai parfaitement le droit.

– Ce n’est pas le problème, bordel.

– Qu’est-ce que c’est, alors ?

– C’est que tu agis impulsivement, sans réfléchir. Si tu continues comme ça, on va se faire griller par tes frères en un rien de temps et je ne sais pas toi, mais moi, je n’ai pas du tout envie d’en subir les conséquences.

Le silence s’abat sur nous. Mes mains glissent le long de mon corps et je me retrouve bras ballants face à Jaxon, me sentant de plus en plus ridicule dans ma robe. Lentement, j’attrape les extrémités de ma ceinture que je renoue, cachant mon corps à l’aide de mon manteau.

– Billie… tente Jax en faisant un pas dans ma direction.

– Tu as raison, dis-je en retenant mes larmes. C’était une mauvaise idée, je ne le referai plus.

– Billie, attends…

Sans un regard, je sors du bureau et m’empresse de traverser le parc automobile en sens inverse pour rejoindre ma voiture et quitter l’institut.

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