Bodyguards Tome 4

Laura S. Wild · Chapitre 29 sur 48

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Bodyguards Tome 4

27 - Jaxon

27

 

 

Jaxon

 

Depuis que j’ai emménagé chez les Westwood, j’ai souvent entendu parler de l’orphelinat et de l’attachement de la famille pour cet endroit, mais je n’y avais encore jamais mis les pieds. Maintenant que je me retrouve face à la grande bâtisse de type ranch, je prends un instant pour la contempler avant de pousser le portail pour pénétrer à l’intérieur.

Sur la pelouse, de nombreux vélos, poussettes et autres jouets pour enfants sont éparpillés un peu partout. Je m’approche lentement du porche, pas certain d’avoir le droit de me trouver ici, lorsqu’un mouvement sur ma gauche attire mon attention. Assis par terre, une ribambelle de soldats en plastique devant lui, un petit garçon aux cheveux châtains engloutit une part de gâteau au chocolat si grande que j’ai peur qu’il ne puisse jamais la terminer.

Nos regards se croisent. Il fige son geste et me passe au crible.

– Salut, lui dis-je.

– Salut.

À vue de nez, je lui donne cinq ou six ans. Je ne suis pas vraiment à l’aise avec les enfants : leur franchise, que la plupart des gens trouvent rafraîchissante, me met mal à l’aise.

En réalité, je crois que ce qui m’embête le plus, c’est qu’on n’ait pas le droit d’être aussi direct avec un enfant que lui peut l’être avec nous. Qu’un être humain d’un mètre vous regarde et vous balance que vous êtes moche sans que vous puissiez lui répondre qu’il l’est lui aussi, ouais, je trouve cela injuste. Paraît que c’est cruel venant d’un adulte… Une théorie à laquelle je n’adhère pas.

– Salut, répète le gosse avant de reprendre un morceau de son gâteau.

– Salut, dis-je à nouveau.

Je fourre ensuite les mains dans les poches, déterminé à attendre ici jusqu’à ce que Billie sorte du bâtiment.

– Salut ! réitère le môme.

– Oui, salut, je râle.

– Est-ce que t’es un papa qui vient adopter l’un de nous ?

Je tente de masquer mon air horrifié avant de répondre :

– Euh, non, non.

– Alors t’es un intrus ?

– Non plus.

– Est-ce que t’es un pervers alcoolique qui va me prendre pour un punching-ball et tenter de me kidnapper ?

Bouche bée, je dévisage le gamin en me demandant si j’ai bien compris ce qu’il vient de dire.

– J’ai entendu Esther parler de ça hier avec Carmen, m’explique-t-il. Elle a dit : « Quand je pense à tous ces pervers qui ne rêvent que de kidnapper des gamins, tous ces alcooliques qui les prennent pour des punching-balls à la moindre contrariété, ça me rend folle. »

Bon Dieu, Billie, viens me sauver…

– Ah… Eh bien, non, je ne suis pas un pervers alcoolique et je ne vais kidnapper personne.

Le petit me détaille des pieds à la tête avant de lâcher :

– Mais alors, t’es qui ?

Je passe une main sur mon front et m’assieds sur les marches du porche. Je sens que cette conversation va être longue.

– Je m’appelle Jaxon, et toi ?

– Theodore, mais tout le monde m’appelle Teddy.

– Eh bien, Teddy, je suis venu chercher Billie.

À l’évocation de ce prénom, les yeux du petit garçon s’illuminent.

– Tu connais Billie ? s’exclame-t-il.

– Bien sûr.

– Je la trouve belle.

– Je ne te contredirai pas là-dessus.

– Et puis elle sent bon.

– Là encore, je suis d’accord.

– Je crois que je voudrais être son amoureux quand je serai grand.

Je me tourne vers le môme. Son menton est tartiné de chocolat, il lui manque de nombreuses dents, et même s’il me met toujours un peu mal à l’aise, je dois admettre que je le trouve marrant.

– Alors on est dans la même galère, toi et moi, mon pote, lui dis-je.

À cet instant, la porte de la maison s’ouvre et une femme au regard sévère se plante devant moi. D’instinct, je me redresse et lève mes mains devant moi pour lui montrer que je ne suis pas un danger.

– Qui êtes-vous ? Et que faites-vous…

– Carmen ! la hèle Billie, qui débarque à sa suite en rangeant des documents dans son sac, tout va bien, c’est Jaxon.

Le corps de la femme se détend.

– Oh, d’accord. Excusez-moi, je suis un peu… C’est une journée compliquée.

– Pas de problème, dis-je.

Je jette un coup d’œil à Billie, qui ne semble pas étonnée de l’accueil que l’on m’a réservé.

– Carmen, c’est Jaxon, intervient Teddy, qui a enfin terminé son immense part de gâteau au chocolat. Je lui ai posé toutes les questions de sécurité, ne t’en fais pas.

La femme sourit, Billie aussi, et j’ai du mal à l’admettre, mais moi aussi je suis attendri.

– Bon, je vais y aller, lance ma petite amie en descendant les marches pour me rejoindre. On se recontacte pour valider le premier planning qu’on vient d’effectuer, d’accord ?

– Avec plaisir, accepte Carmen. Encore merci d’être venue.

– À bientôt, Billie ! s’écrie Teddy.

– À bientôt, mon grand.

Sur ce, Billie glisse sa main dans la mienne et nous quittons les abords de l’orphelinat. Une fois que nous sommes à l’abri des regards innocents, j’attrape son visage et je l’embrasse à perdre haleine. Elle me rend mon baiser avec autant de fougue et de plaisir que j’en éprouve, puis nous grimpons en voiture, direction ce qui est devenu notre spot à nous, la colline qui domine Cape Cod, pour y passer quelques heures rien que tous les deux.

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