Bodyguards Tome 4
25 - Jaxon
25
Jaxon
J’ai consacré une grande partie de la journée à réfléchir à un moyen de passer du temps seul avec Billie. Et je dois admettre que garder notre relation secrète va nous demander de l’organisation. Il fallait que je trouve un endroit qui soit éloigné du manoir et de l’institut, mais pas trop non plus, au cas où j’aurais besoin de m’y rendre en urgence. Il fallait aussi nous tenir à l’écart des gens susceptibles de nous reconnaître, et donc de faire courir des bruits sur notre couple… sans pour autant nous isoler au point de donner l’impression que nous sommes dans l’interdit.
– C’est superbe, Jaxon.
– J’étais sûr que ça te plairait.
Assis sur le toit de ma voiture garée au sommet de l’une des collines les plus hautes de Cape Cod, Billie et moi avons une vue imprenable sur la ville, la mer et le littoral. En plus, nous avons la chance de profiter d’un coucher de soleil magnifique. Installée entre mes jambes, Billie repose contre mon torse et ses bras recouvrent les miens, qui entourent sa taille. Là, face à la beauté du paysage, nos respirations se soulèvent en rythme et c’est tout bonnement génial.
– Aujourd’hui, commence-t-elle d’une voix douce, j’ai assisté à des cours, bossé dur, déjeuné avec mes amis, puis j’ai passé du temps à étudier à la bibliothèque. Mon meilleur moment de la journée, c’est quand je t’ai vu à la sortie de l’université, et le pire, c’est quand j’ai eu le choix entre haricots verts et choux de Bruxelles à la cafétéria.
Nous nous esclaffons, puis je prends la parole à mon tour :
– Aujourd’hui, j’ai réglé les derniers détails concernant ma mission de vendredi, j’ai passé en revue mon emploi du temps avec Lennon, accepté un nouveau contrat, puis je suis venu te chercher. Mon meilleur moment de la journée, c’est quand j’ai enfin pu t’embrasser, et le pire, c’est quand j’ai appris qu’un bodyguard de mon équipe s’est blessé au cours d’un entraînement et que je vais devoir le remplacer en urgence avant notre intervention pour le compte du maire.
Billie lève la tête pour croiser mon regard. J’en profite pour déposer un baiser sur son nez.
– Parle-moi de ton nouveau contrat, me demande-t-elle.
– Ça concerne le fils d’un multimillionnaire, je réponds. Il va fêter ses vingt et un ans dans un mois à Miami, et apparemment, il a tendance à faire n’importe quoi quand il boit un peu trop.
– Pourquoi a-t-il besoin de protection ? Des jeunes qui font la fête, il y en a des millions !
– La différence, c’est que lui fait partie des héritiers les plus riches du pays. Il est hyperactif sur les réseaux sociaux, il montre tout de sa vie de privilégié, attisant la jalousie. Son père redoute que quelqu’un le reconnaisse dans un moment où il serait ivre et s’en prenne à lui pour tenter de lui extorquer de l’argent.
Billie pousse un profond soupir.
– Donc, tu vas partir à Miami pour plusieurs jours, comprend-elle.
– Trois, je précise. Ça passera vite, ne t’inquiète pas.
Je me décale légèrement pour faire pivoter Billie dans mes bras, puis je m’empare de ses lèvres. Je ne sais pas quelle drogue il y a dans ses baisers, mais bordel, c’est du lourd. Je ne me souviens pas avoir un jour été si obsédé par l’idée d’embrasser quelqu’un.
Notre étreinte s’éternise, oscillant entre tendresse et passion, jusqu’à ce que Billie y mette fin et me dise :
– Je n’ai pas envie de casser l’ambiance, mais je crois qu’il faut que je te parle de quelque chose.
– Je t’écoute, je lui réponds, retrouvant tout mon sérieux.
Elle joue distraitement avec le col de ma veste puis, enfin, elle se décide à me glisser :
– Tu sais, tout à l’heure, tu m’as demandé si tu as du souci à te faire concernant Austin et Logan…
Figé, je la dévisage sans rien dire, bien que mes muscles commencent à se contracter à l’idée que l’un des potes de Billie puisse être intéressé par elle.
– En fait, Logan et moi, on est sortis ensemble cette année, m’avoue-t-elle alors.
J’encaisse difficilement l’information.
Ma Billie, dans les bras d’un autre…
Cette fois, mes muscles sont complètement tendus, mon sang bout dans mes veines.
– Combien de temps ? je demande d’une voix rauque.
– Juste quelques mois. Comme on débute une relation toi et moi, je crois qu’il est important que tu le saches… Sauf que maintenant, je commence à regretter de te l’avoir avoué, parce que j’ai l’impression que tu es sur le point de tuer quelqu’un.
– « Dépecer vivant » serait le terme adéquat, je réplique avant de fermer les yeux pour m’obliger à me calmer.
Ce qui est plus facile à dire qu’à faire.
– Vous vous êtes embrassés ? je m’enquiers, bien que la réponse soit évidente.
Billie hoche la tête. Mes yeux se rivent à ses lèvres et je ressens un vif pincement au cœur. J’ai conscience que ma réaction est hypocrite, étant donné le nombre de femmes que j’ai fréquentées, sauf que je n’arrive pas à penser à autre chose qu’au fait qu’un autre a connu la sensation des lèvres de Billie sur les siennes.
– T’es en colère ? m’interroge-t-elle en penchant la tête sur le côté.
Je ne peux m’empêcher de sourire, parce que je remarque dans ses yeux une lueur de défi. Je sais que si je commence à me comporter en homme des cavernes, elle sautera sur l’occasion pour me balancer mon passé au visage… et elle aurait raison de le faire. À la place, je fais glisser mon pouce sur sa lèvre inférieure en lui avouant :
– J’aurais aimé être ton premier baiser.
– J’aurais aimé être le tien, me répond-elle. Mais tu seras quand même le premier, Jaxon Perry.
– Billie…
Sa main se faufile dans mon dos puis descend sur mes reins.
– Je n’ai pas besoin d’attendre plus longtemps, murmure-t-elle. J’ai envie qu’on fasse l’amour, Jaxon, j’ai envie que toi et moi on se découvre de cette façon.
Le cœur battant, je dégage une mèche de cheveux de son visage avant de laisser errer mon index sur sa bouche, puis sur son cou.
– Je ne veux pas que tu croies que je serais incapable d’attendre, dis-je. Billie, je refuse que tu fasses ça parce que…
– Je suis prête ! assène-t-elle en agrippant le col de ma veste. Tu te souviens de ce que je t’ai dit ? Quand j’étais avec un autre, je n’arrivais pas à passer à l’étape supérieure parce que je n’avais pas avec moi l’homme que je désirais vraiment. J’ai rompu avec Logan parce que j’étais amoureuse de toi. Je suis prête depuis longtemps, Jax, mais je l’étais pour toi, pas pour lui. Et je te jure que je n’ai pas une once de doute en moi.
J’entends ce qu’elle me dit… mais à cet instant, je suis obligé de me concentrer pour que l’excitation qui commence à naître en moi reste sous contrôle. Je n’ai pas envie que Billie me prenne pour un animal alors qu’elle me confie ses sentiments.
– Et moi, je t’ai promis de faire les choses bien, je réplique. Je te crois quand tu me dis que tu te sens prête, mais j’ai envie de t’offrir un moment inoubliable. Alors, tu vas me laisser du temps pour tout préparer.
– Préparer ? Quoi donc ? s’étonne-t-elle.
– Tu verras. Ce dont j’ai envie, c’est que même lorsque tu auras quatre-vingt-dix ans, ce souvenir reste intact dans ta mémoire.
Je baisse la tête, rapproche mes lèvres des siennes et ajoute d’une voix rauque, tandis que ma main glisse entre ses cuisses :
– Surtout, je veux que tu te rappelles pour toujours que c’était moi. Que je suis le seul à m’être trouvé là, à t’avoir laissé mon empreinte. Je veux que ce soit tellement parfait que tu n’oublieras jamais ce que tu as ressenti la première fois que j’ai été en toi, Billie Westwood.
Sa bouche s’entrouvre, et j’en profite pour y glisser ma langue. Elle répond immédiatement à mon baiser. Je la sens pantelante entre mes bras et je dois l’admettre, visualiser tout ce que je viens de lui dire n’a fait que m’exciter davantage, à tel point que mon érection repose contre sa hanche.
– Moi aussi, je veux tout ça, murmure-t-elle avant de déglutir.
– Alors je te ferai savoir quand je serai prêt.
Nous nous sourions. À cet instant, nos téléphones s’animent. Nous reconnaissons la sonnerie qui indique que des messages ont été envoyés sur la conversation que nous partageons avec les triplés. Nous nous emparons de notre smartphone en même temps et nous nous connectons à WhatsApp.
Sawyer(maispasTomnonplus)
Scarlett et moi allons dormir chez elle ce soir, elle est de service au bar, donc ne nous
attendez pas.
Cruz(maispasTom)
Comment ça se fait qu’elle n’ait pas encore apporté ses affaires au manoir ?
Sawyer(maispasTomnonplus)
Elle refuse de venir y vivre avec moi pour l’instant, elle a l’impression de profiter de la
situation et veut garder une certaine indépendance.
Billie(thebestkid)
Elle a bien raison. Ne jamais dépendre d’un homme !
– Tiens donc ! dis-je en levant mes yeux de l’écran.
– Une femme doit toujours garder sa parcelle de liberté, sinon, au fil du temps, elle finit par s’oublier et devenir l’ombre de l’homme qui partage sa vie.
– Eh bien, je suis sûr d’une chose, c’est que Dovie, Eve, Scarlett ou toi ne deviendrez jamais l’ombre de qui que ce soit. C’est impossible !
– Je sais, me répond Billie en haussant les épaules. Et tu veux savoir pourquoi ? Parce que nous continuerons d’être d’abord nous-mêmes.
Elle tapote ensuite mon bras avant d’ajouter :
– Ne t’inquiète pas, tu t’y feras.
Je m’esclaffe devant son air moralisateur, puis reporte mon attention sur la conversation.
Cruz(maispasTom)
Ne nous rejoue pas le couplet du #girlpower, s’il te plaît, Billie. On le connaît.
Billie(thebestkid)
Mes chers frères, je vous le rabâcherai jusqu’à ce que vous en rêviez la nuit.
Lennon(Johnqui ?)
Je vois que je suis encore le seul à bosser dans cette famille.
Jaxon(thenumber5)
Justement, tu devrais prendre une pause.
Billie(thebestkid)
Oui, Lenny, fais attention à toi.
Lennon(Johnqui ?)
Il faut bien que quelqu’un s’occupe de notre business. Et comme Cruz et Sawyer préfèrent
passer leur temps à peloter leur copine en ce moment…
Jaxon(thenumber5)
Je suis d’accord. Cette surexposition de romantisme est presque écœurante.
Sawyer(maispasTomnonplus)
Wow, modérez vos propos tous les deux. Vous êtes en train d’insinuer que je suis un
flemmard ?
Cruz(maispasTom)
Je suis d’accord, tu te laisses un peu trop porter par l’amour en ce moment, Sawyer. Lenny,
on devrait le rétrograder et lui ôter ses responsabilités. Et si on l’obligeait à faire le ménage ?
Récurer les chiottes de l’institut lui remettrait sûrement les idées en place.
Jaxon(thenumber5)
Ne t’emballe pas trop, Cruz, il était question de deux flemmards dans les propos de Lennon,
et c’est sans aucun doute toi le deuxième.
Cruz(maispasTom)
Pardon ? Monsieur « je quitte l’agence à 16 h pour on ne sait quelle raison » me reproche de
moins bosser ?
Lennon(Johnqui ?)
T’es parti plus tôt ? Pourquoi ? Il y a un problème ?
Sawyer(maispasTomnonplus)
Je parie cinquante dollars qu’un de ses plans culs l’a appelé et qu’il n’a pas pu s’empêcher de
sauter sur l’occasion.
À nouveau, je redresse la tête, mal à l’aise, cette fois.
– C’est faux, j’assure à Billie.
– Je le sais, réagit-elle. Tu es avec moi, pas avec une autre.
– Ce que je veux dire, c’est que tes frères en rajoutent concernant mes « plans culs ». Je n’en ai pas.
J’inspire profondément, regrettant déjà ce que je m’apprête à confier :
– En fait, je romps dès que j’ai couché avec une fille…
Les lèvres de Billie se plissent. Elle me dévisage un instant avant de reprendre son téléphone.
Lennon(Johnqui ?)
Tenu !
Cruz(maispasTom)
Tenu !
Billie(thebestkid)
Vous êtes répugnants !
Cruz(maispasTom)
Nous ? C’est ton frère qui saute sur tout ce qui bouge.
Billie(thebestkid)
JAXON N’EST PAS MON FRÈRE, BORDEL.
Aucune réponse ne vient pendant plusieurs secondes. Finalement, Lennon envoie :
Lennon(Johnqui ?)
Vous vous êtes encore disputés tous les deux ? Ça vous arrive souvent en ce moment…
Arrangez les choses, bon sang ! On est une famille, ne l’oubliez pas.
Dépitée, Billie range définitivement son téléphone, et je l’imite avant de la reprendre dans mes bras.
– Je sens que Lenny va être le plus difficile à convaincre d’accepter notre histoire, soupire-t-elle. Il tient tellement à cette fraternité entre nous cinq…
– C’est pour ça que nous devons attendre encore un peu avant de lui annoncer que nous sommes en couple.
– Oui, je sais… Allez, n’en parlons plus. J’ai envie de rester ici avec toi encore un peu.
C’est une requête à laquelle je suis heureux d’accéder.
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