Bodyguards Tome 4

Laura S. Wild · Chapitre 5 sur 48

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Bodyguards Tome 4

3 - Jaxon

3

 

Jaxon

 

– Salut, Alice. J’aimerais aller faire un tour avec un des bébés aujourd’hui. Qui est disponible ?

L’instructrice de conduite de l’institut s’adosse à une berline et me lance :

– Tu m’as apporté une attestation de sortie du parc automobile, Jaxon ?

Je m’esclaffe.

– Je te rappelle que maintenant, je gère cet endroit, alors je n’en ai plus besoin.

– Si tu veux à nouveau aller t’amuser avec la voiture de Cruz juste pour le faire râler, je vais devoir refuser. La dernière fois, il a menacé de « te rouler dessus si tu osais à nouveau poser ton cul sur son cuir », fin de citation.

Je ricane tout en naviguant entre les véhicules. Le parc automobile mesure plus de mille mètres carrés. Sur la gauche sont alignées les voitures dont nous nous servons pour les cours de conduite à l’institut, mais aussi pour prendre en charge les clients de l’agence. Des berlines allemandes majoritairement, ainsi que des SUV, tous ultrasécurisés. Sur la droite sont garées les voitures de collection que Sawyer, Cruz et moi avons héritées d’Oscar, ainsi que celles que nous nous sommes offertes au fil des années. Comme entre nous la confiance règne, il n’est pas rare que nous empruntions les véhicules des autres lorsque nous voulons profiter d’un modèle en particulier – enfin, sauf la « beauté » de Cruz, pour laquelle il a développé une véritable obsession.

Au fond du hangar se trouve l’atelier de réparation. J’adore cet endroit depuis que j’ai pris mes premiers cours à l’institut Westwood. À l’époque, ils nous étaient donnés par August, qui a pris sa retraite il y a un an et demi. Il aimait nous voir repousser nos limites et nous autorisait à faire rugir les moteurs… Puis Alice a rejoint nos rangs pour le remplacer. Elle s’est intégrée rapidement à l’équipe et je dois dire que je suis impressionné par ses dons derrière un volant ainsi que par son amour pour la vitesse.

Pour la faire grincer des dents, je m’approche de la Mercedes de Cruz et je passe un doigt sur son capot. Mais finalement, je jette mon dévolu sur la Bugatti qui appartient à Lennon.

– Je veux aller faire un tour avec celle-là, j’annonce. Je vais m’assurer que Lenny n’en a pas besoin aujourd’hui et si tout est OK pour lui, je passerai la chercher après mon rendez-vous.

– Pas de problème. À plus tard, Jax.

Je fais un clin d’œil à Alice avant de quitter le parc automobile pour rejoindre le bâtiment principal de l’institut. Je passe à côté du stand de tir, sur lequel se trouve déjà un groupe de recrues qui s’entraîne sous le regard scrutateur de Jessie, puis j’atteins l’aile est et glisse mon pass dans la porte blindée qui mène aux bureaux de l’agence. Je me poste devant celui de Lennon avant de toquer.

– Entrez ! m’invite-t-il aussitôt.

Je pénètre à l’intérieur de la pièce et découvre mon client du jour face à mon meilleur ami, installé derrière le bureau tel le leader qu’il est désormais. Le voir ici me trouble toujours un peu parce que, pendant des années, c’est Oscar Westwood qui a occupé ce fauteuil. J’ai parfois encore du mal à réaliser ce qui s’est passé, à accepter d’avancer sans la présence réconfortante du patriarche à nos côtés. En même temps, je suis heureux pour Lennon : il mérite plus que n’importe qui d’être à la tête du business familial.

– Ah, Jaxon, parfait, tu es là, me lance-t-il. Je te présente monsieur Leonardi, le maire de notre belle ville.

– Ravi de faire votre connaissance, dis-je en serrant la main du sexagénaire devant moi.

– De même, me répond l’intéressé. Monsieur Westwood était justement en train de me vanter vos mérites. Il me disait que vous êtes l’un des meilleurs bodyguards de ce pays.

Je souris tout en m’installant sur la chaise voisine de celle de l’homme politique.

– Je suis enchanté à l’idée de travailler pour vous, j’affirme. Dites-moi ce qui vous amène, monsieur Leonardi.

– Il se trouve que j’ai récemment eu des petits problèmes avec mon service de sécurité, m’indique-t-il.

– De quel ordre ? je demande.

Gêné, le maire cherche ses mots, si bien que c’est Lennon qui m’explique :

– Trois des vigiles qu’il emploie sont tombés sur un contrôle de police et ils ont été testés positifs aux stupéfiants. Monsieur Leonardi a réussi à faire jouer ses relations, et ils s’en sont sortis avec une lourde amende ainsi que des travaux d’intérêt général.

– Le problème, reprend le maire, c’est que pendant qu’ils effectuent leur peine, je me trouve sans service de sécurité. Or, comme vous le savez sans doute, je brigue un second mandat à Cape Cod, et dans deux semaines se tiendra un débat public sur la place de la mairie entre mon adversaire et moi-même. J’aurais donc besoin d’une équipe qui puisse encadrer l’événement.

– Et au quotidien, vous n’avez pas besoin de protection rapprochée ? je demande.

– Cape Cod est une petite ville : je ne fais appel à mon service de sécurité que lors de déplacements importants ou d’événements sortant de l’ordinaire, comme ce débat.

– Très bien. Je serai ravi d’être assigné à votre protection durant cette journée, monsieur Leonardi. Je commencerai à composer mon équipe dès que Lennon m’aura communiqué les informations techniques concernant la mission.

– Avez-vous une autre requête avant que nous passions à la signature des contrats, monsieur le maire ? s’enquiert mon meilleur ami.

Mal à l’aise à nouveau, Leonardi pousse un profond soupir.

– C’est-à-dire que… c’est délicat.

– Vous pouvez parler sans crainte, rien ne sortira d’ici, le rassure Lennon.

– Eh bien… il se trouve que ma fille aînée a récemment rompu avec son petit ami, nous avoue le maire. La séparation ne s’est pas bien passée, le jeune homme a du mal à l’accepter et il a dit à ma fille qu’il ferait tout pour lui pourrir la vie. Je crains…

– Qu’il ne vienne faire un esclandre pendant le débat, je devine. Nous serons particulièrement vigilants le concernant. Communiquez-nous des photos afin que nous soyons en mesure de l’identifier. Je vous promets que nous garderons un œil sur lui ainsi que sur votre fille et que l’événement se déroulera sans accroc.

Le maire, rasséréné, se tourne vers Lennon et lâche :

– Je l’aime bien, votre collègue.

– Alors c’est parfait, répond Lenny, amusé. En me fondant sur les informations que vous m’avez données, j’ai établi un contrat pour une équipe de dix bodyguards, que Jaxon supervisera.

Lennon fait glisser les documents devant nous. Nous les signons à tour de rôle, puis le maire nous salue chaleureusement et quitte les bureaux, me laissant seul avec mon meilleur ami.

– Alors comme ça, je suis l’un des meilleurs bodyguards du pays… je relève en souriant. J’aime quand tu admets ma supériorité.

– Tu voulais que je lui dise : « Venez, monsieur Leonardi, je vais vous présenter le plus nul de mes gardes du corps, vous allez l’adorer » ?

– Allez, Lenny, avoue que tu m’admires.

Il lève les yeux au ciel avant de me donner un rapide coup dans l’épaule.

– Tu fais bien le job, grince-t-il, ce qui me fait rire.

– Au fait, j’ai envie d’aller faire un tour avec ta Bugatti, ça ne te pose pas de problème ? je lui demande.

– Fais-toi plaisir, je n’en ai pas besoin aujourd’hui.

– Merci, mon frère.

Tandis que je me dirige vers le parc automobile, excité de m’installer au volant de la voiture de Lennon, je reçois un message sur mon téléphone. Je ressens immédiatement une étincelle de joie en constatant qu’il m’a été envoyé par Billie.

Est-ce que tu pourrais venir me chercher ce soir à l’université ? Je sais que ce n’est pas ce

qui était prévu, mais Austin doit rentrer chez lui plus tôt pour gérer un problème familial.

Si tu ne peux pas, ce n’est pas grave, je demanderai à l’un de mes frères.

Austin… Chaque fois que Billie prononce ou écrit ce prénom, j’ai envie de me défouler sur quelque chose. Elle parle de plus en plus de ce type, ces derniers temps, et j’ai l’impression qu’entre eux il pourrait se passer quelque chose. Cette idée ne devrait pas me déranger à ce point : après tout, ils ont le même âge, fréquentent la même université, et surtout, Austin n’a pas juré aux hommes Westwood de ne jamais tenter de rapprochement avec Billie, lui… Ce que moi, j’ai fait, à mon plus grand regret.

Après avoir vérifié que mon planning me le permettait, je réponds :

Je serai là.

Je range mon téléphone tout en ajoutant en mon for intérieur :

Toujours…

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