Bodyguards Tome 4

Laura S. Wild · Chapitre 23 sur 48

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Bodyguards Tome 4

21 - Billie

21

 

Billie

 

Eve éclate de rire, et je plaque une main sur ma bouche pour masquer mon propre amusement… parce que vraiment, la tête de mes frères à cet instant est impayable. Estomaqués, les garçons ont le regard rivé sur la scène et sur les hommes qui s’y déhanchent en commençant à se débarrasser de leurs accessoires.

– Tu savais ! j’accuse Eve.

– Oh oui, répond-elle, hilare. Quand j’ai compris que Scarlett n’avait aucune idée du genre de shows qui ont lieu ici, je me suis dit que la surprise serait d’autant plus drôle.

– Putain, mais… commence Cruz.

– J’en reviens pas, bougonne Jaxon.

– Je ne vais pas regarder des mecs se foutre à poil ! s’insurge Sawyer.

– Dovie… grogne Lennon, prenant sa petite amie en flagrant délit de reluquage.

– Hein ? lâche-t-elle. Non, mais c’est juste que je trouve que leurs vêtements ont une bonne prise au vent. Tu penses qu’ils ont étudié la chose avant de…

Le regard blasé de mon frère la fait rougir, tandis que sa voix se meurt.

– Bon, on s’en va, décide Sawyer.

– Quoi ? Non ! je proteste. Je veux rester ici, moi.

– Vraiment ? me lance Jax, sourcils froncés.

– Oui, vraiment. Je n’ai jamais vu de show de strip-tease, ça va être drôle.

– Oh, allez, ce n’est rien, tempère Eve. Le numéro ne dure que vingt minutes.

– Hé, mais comment ça se fait que tu sois au courant de ça ? la questionne Cruz.

– Parce que je suis déjà venue une ou deux fois l’année dernière, répond-elle en haussant les épaules.

– Nom de… balbutie alors Jaxon.

Nous reportons notre attention sur la scène. Les six hommes, torse nu, récoltent des billets par poignées. Soudain, trois d’entre eux sautent sur la piste et la traversent pour s’approcher des tables et des clients qui, comme nous, sont restés à l’écart.

– Eh merde, siffle Sawyer.

– Dovie… grogne à nouveau Lennon.

– Oui ? réagit-elle, porte-monnaie en main.

Cela me donne des idées : je plonge moi aussi sur mon sac pour en tirer un peu d’argent.

– Je refuse que tu glisses quoi que ce soit dans le slip d’un autre mec, prévient Lenny. Ça vaut pour toi aussi, Billie.

– Sauf que je fais ce que je veux, je réplique en levant ma main et en agitant un billet de cinquante dollars en l’air.

Bientôt, Scarlett m’imite. Seul le porte-monnaie d’Eve reste dans son sac : elle est bien trop occupée à rire de la situation pour l’en sortir.

– Lennon, tu sais, c’est pour les aider que je fais ça, se justifie Dovie. Je suis sûre que certains d’entre eux sont à l’université et qu’ils ont pris ce job pour financer leur cursus, donc…

Elle n’a pas le temps de terminer son explication : un grand brun bodybuildé et tatoué s’approche de notre table. Il fait une pause en découvrant les regards hostiles des garçons, mais ensuite, il repère l’argent que Dovie, Scarlett et moi avons entre les mains et il reprend son show… qui consiste à onduler des hanches et des fesses.

– NON ! aboie Sawyer lorsque le strip-teaseur fait mine de prendre la main de Scarlett pour la poser sur son torse luisant.

La jeune femme se contente de tendre le billet qu’elle a préparé, que l’homme attrape entre ses dents. Ensuite, il se dirige vers Dovie. Cette dernière lui fourre elle-même son argent entre les doigts.

– Utilisez-le pour terminer vos études, jeune homme, fait-elle en lui tapotant l’épaule.

À vue d’œil, le strip-teaseur a presque dix ans de plus qu’elle, pourtant…

– Occupez-vous d’elle, hurle alors Scarlett en me désignant. Elle a de l’argent et elle est célibataire.

Je sens Jaxon se tendre à mes côtés au moment où, appâté, le go-go dancer fonce sur moi… et attrape ma main. Alors que j’imagine qu’il va la poser sur son torse, il m’incite en fait à me lever et à le suivre vers la scène. Horrifiée, je comprends ce qui se passe lorsqu’une chaise est installée et que l’homme m’incite à m’asseoir dessus.

– Je m’appelle Andrew, me dit-il avec un sourire charmeur.

– B… Billie, je réponds, mon billet de cinquante dollars toujours en l’air.

– Accroche-toi, ma belle.

Il s’empare de l’argent, le glisse dans la ceinture de son pantalon – qu’il a encore, Dieu merci –, puis il commence à ondoyer devant mes yeux… qui s’écarquillent lorsqu’il se rapproche considérablement, bougeant son bassin contre moi.

– Oh mon Dieu… je souffle.

– Ça te plaît ?

– Hein ? Oui, oui, c’est… super.

Je tourne la tête en direction de la table où j’ai laissé ma famille, espérant trouver de l’aide auprès d’eux. Les filles arborent un visage joyeux, mes frères paraissent contrariés… Quant à l’expression de Jaxon, elle est indéchiffrable.

Un sentiment de culpabilité m’envahit l’espace d’un instant, mais je me ressaisis rapidement. Après tout, je ne fais rien de mal et puisque Jaxon s’obstine à répéter qu’il ne ressent rien pour moi, ce petit show ne devrait pas le mettre dans tous ses états. Bien décidée à profiter de la soirée, je pioche quelques billets supplémentaires dans mon portefeuille et je les tends à Andrew, qui les prend avec plaisir.

– C’est ton mec ? me demande-t-il alors tout en s’installant à califourchon sur moi.

– Qui ?

– Tu le sais très bien.

Je souris tristement et secoue la tête.

– Je crois qu’il n’est pas prêt pour une relation, je confie au strip-teaseur.

Me livrer à un total inconnu est quelque peu étrange… et en même temps, pas tant que ça. Je sais, en tant que psychologue en devenir, qu’il est bien plus simple de s’ouvrir à des personnes étrangères qu’à notre entourage, parce que, comme ça, nous ne risquons pas de nous faire juger.

– Alors, si on lui donnait un petit coup de pouce pour qu’il le devienne ? propose Andrew.

– Comment on…

Sans me laisser terminer ma phrase, il me soulève et échange nos places : il s’installe sur la chaise et me pose sur lui sans cesser d’onduler des hanches. La position est on ne peut plus explicite… Puis, toujours en me tenant dans ses bras, le strip-teaseur se laisse glisser sur le sol, avant de pivoter et de m’allonger par terre. Je pousse un cri de surprise, et je ris, à la fois amusée et gênée. Planant au-dessus de moi, ses mains de chaque côté de ma tête, Andrew reprend son mouvement et cette fois, je me cache le visage, morte de honte.

J’ai conscience qu’autour de moi les cris des filles se font de plus en plus hystériques à mesure que mon partenaire me fait changer de position. D’ailleurs, bientôt, il me redresse entre ses bras, m’incitant à croiser les jambes derrière sa taille, puis il me penche en arrière.

Bon sang, et toujours cette ondulation de folie du bassin…

J’ai bien peur qu’il ne finisse par se faire un tour de reins.

– Prête pour le final, Billie ? me susurre-t-il à l’oreille.

– Je ne sais pas trop.

Il rit, avant de me réinstaller sur ma chaise. Là, il passe les pouces sous l’élastique de son pantalon, et en tirant d’un coup sec, il s’en déleste, se retrouvant en slip argenté devant moi. Mon premier réflexe est d’éclater de rire, parce que ce slip est vraiment moche, mais heureusement, Andrew ne s’en offusque pas. À la place, il agrippe mon visage et l’enfouit contre son torse musclé.

Le contact de ses pectoraux contre ma bouche n’est pas désagréable, je dois l’admettre.

– Je crois qu’il a compris, me dit-il un instant plus tard, en me libérant.

Il me faut quelques secondes pour reprendre mes esprits. Je tourne alors la tête et je découvre Jaxon, debout à notre table – dont Scarlett et Sawyer ont d’ailleurs disparu. Il a le regard braqué dans ma direction : on dirait qu’il est prêt à foncer sur la scène pour m’arracher des mains d’Andrew.

Le strip-teaseur termine son show et, pour la peine, je lui donne deux autres billets. Pour me remercier, il claque un baiser bruyant sur ma joue, ce qui me fait rougir, puis il me remercie et m’aide à descendre de scène.

Au moment où je mets un pied par terre, je tombe nez à nez avec Jaxon. En silence, il me réceptionne, fusille Andrew du regard puis, d’un pas décidé, il me ramène à notre table. Dovie et Eve m’assaillent de questions dès que j’approche.

– C’était chaud, Billie.

– Ça t’a plu ?

– Tu lui as donné tout ton argent ?

– Incroyable !

Je ris, les joues écarlates, avant d’attraper mon cocktail et d’en prendre une grande gorgée.

– C’était super, j’admets ensuite.

Voyant que mes frères gardent un visage renfrogné, j’ajoute à leur attention :

– Oh, allez, arrêtez de bouder. Je me suis bien amusée, c’est le principal, non ?

– Excuse-moi d’avoir envie de gerber en voyant un homme mimer l’acte sexuel avec ma petite sœur, me lance Cruz. D’ailleurs, Sawyer ne l’a pas supporté et il a déguerpi.

– Il voulait se retrouver seul avec Scarlett, rectifie Eve. Ils ont dit qu’ils allaient prendre l’air… mais on sait tous ce que ça signifie.

– Nous aussi, on rentre, intervient Jaxon, les clés d’une voiture dans la main.

Je me tourne vers lui.

– Qui, nous ?

– Toi et moi, répond-il.

Puis il ajoute, devant l’air surpris de mes frères :

– Je préfère éviter que tu dilapides la fortune familiale pour un strip-teaseur.

Son air goguenard n’est que de façade, je le vois bien. Ce qu’il aimerait, c’est pouvoir râler librement.

– T’as raison, l’appuie Lennon. Dovie et moi, on va rester encore un peu et on rentrera avec Cruz et Eve, si ça vous va.

Les intéressés acquiescent.

– D’ailleurs… m’inviteriez-vous à danser, monsieur Westwood ? demande la jolie rousse.

Lennon sourit immédiatement avant de se lever.

– Prépare ton plus beau déhanché, lui lance-t-il avant de se baisser pour la basculer sur son épaule et de l’emmener jusqu’à la piste, hilare.

– J’aimerais rester encore un peu moi aussi… je glisse à Jaxon.

– Il faut qu’on parle, Billie ! m’assène-t-il à voix basse pour toute réponse.

Quelque chose me dit qu’il ne vaut mieux pas que je m’obstine à tenter de négocier. En plus, je suis vraiment curieuse de savoir de quoi il tient tant qu’on discute. Est-ce que le stratagème d’Andrew a fonctionné ? Ça m’étonnerait beaucoup, mais il n’est pas interdit de rêver.

– D’accord, finis-je par abdiquer.

Sans attendre, Jaxon prend ma main, salue le reste du groupe, puis il m’entraîne à sa suite et nous quittons le club, de l’électricité crépitant entre nous.

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