Le comte de Monte-Cristo
Notes
NOTES ET VARIANTES
Le Comte de Monte-Cristo
1. On trouve un Morel – avec un seul r – dans « Le midi de la France », un des
volumes des Impressions de voyage de Dumas (voir les chapitres XX, « Le Prado »,
et XXI, « La maison phénicienne »).
2. On sait que le comte Bertrand (1773-1844) suivit Napoléon à l’île d’Elbe,
puis à Sainte-Hélène. Il était grand maréchal du palais depuis la mort de Duroc
(1813).
3. La forme correcte de ce proverbe est : Chi ha compagno ha padrone. Le a à
la place de ha n’est qu’une négligence ; le che une inexactitude. Le sens est : « Qui a
un compagnon [ici : un associé] a un maître. »
4. « Cherchez et vous trouverez : Nouveau Testament, Mtt., VIII, 7-8. La même
formule se trouve dans Confucius.
5 e . Chanson morale (3 couplet) de Louis-Philippe Ségur l’Aîné (1753-1830).
Militaire, diplomate, conseiller d’État, grand maître des cérémonies de Napoléon,
historien, mémorialiste mais aussi vaudevilliste.
6. La déchéance de Napoléon avait été décidée le 2 avril 1814 par le Sénat et
proclamée le 3 avec le concours du Corps législatif. Napoléon, de Fontainebleau,
envoya Ney, Caulaincourt et Macdonald au Tsar (4 avril). Il abdiqua le 6 avril et ses
adieux à l’armée sont du 20 avril.
7. Historique. Les Alliés avaient pris cette décision à Vienne.
8. « Que les armes cèdent à la toge » (Cicéron, Des Devoirs, I, 22, 77).
9. La maxime est traditionnellement attribuée à Talleyrand.
10. Le château d’If, sur l’îlot du même nom, à trois kilomètres de Marseille.
Construit en 1524, sur les ordres de François Ier, il servit de prison d’État.
11. Dans le comté de Buckingham. Louis XVIII y résida de 1809 à 1814.
12. Gryphius est ici Sébastien Gryph (1493-1566), célèbre imprimeur
lyonnais ; son édition d’Horace est de 1540.
13. Jean-Casimir, duc de Blacas d’Aups (1771-1839). Il émigre en 1790 et
s’attache au futur Louis XVIII dans son exil à partir de 1803. En 1814, il est
secrétaire d’État et ministre de la maison du roi. Il est ensuite ambassadeur à
Naples et à Rome. Il s’exile en 1830 et meurt à Kirchberg (Autriche).
14. « Nous chantons pour des sourds » (Virgile, Églogue, X, v. 8). Mais le vers
dit : Non canimus…
15. Pastor quum traheret : Horace, Odes, l. I, ode XV, v. 1 (« Le pasteur qui
transportait […] »).
16. Même ode : Tu conduis chez toi sous de sinistres présages.
17. Dandré. Conspirateur sous le Consulat, il remplaça en 1814 Beugnot (qui
devenait ministre de la Marine) à la direction de la police. Son incapacité laissa le
champ libre aux conspirateurs bonapartistes, républicains et orléanistes.
18. « Guerres, affreuses guerres » : Virgile, Énéide, chant VI, v. 86.
19. « Tu fuiras hors d’haleine » (Horace, Odes, l. VII, ode XV).
20. Le télégraphe aérien de Chappe existait depuis 1792.
21. Horace, Odes, l. III, ode III : L’homme juste et ferme dans ses desseins.
22. Brézé. Henri Évrard, marquis de Dreux-Brézé (1762-1829). Grand maître
des cérémonies sous Louis XVI, émigré après le 10 août 1792, il reprit en 1815 ses
fonctions auprès de Louis XVIII.
23. Napoléon quitta l’île d’Elbe le 26 février 1815 et non le 28. Et la dépêche
évoquée plus loin n’arriva pas le 3 mars, comme le dit, selon Dumas, Louis XVIII,
mais le 5.
24. Louis Quesnel (1770-1815). Comédien, puis officier de la Garde impériale.
Fait prisonnier pendant la retraite de Russie, il rentra en France en 1814, se rallia à
Louis XVIII et fut assassiné par des bonapartistes. Ne pas confondre avec le
général Quesnel, baron du Torpt (1765-1819), qui servait sous Suchet à l’armée des
Alpes en juin 1814. Louis XVIII revenu, il fut mis en congé définitif (4 septembre
1815) et se retira à Avranches où il mourut.
25. Napoléon était à Lyon le 10 mars et rentra aux Tuileries le 21 mars 1815.
26. Fenestrelle : citadelle en Piémont. Xavier de Maistre y fut enfermé.
27. Pignerol : au sud-ouest de Turin. Forteresse disputée entre la France et la
Savoie ; française de 1536 à 1574, de 1630 à 1696 et de 1796 à 1814. Au e XVII siècle,
elle reçut Fouquet, Lauzun et le Masque de fer.
28. Sainte-Marguerite : la plus grande des îles de Lérins, au large de Cannes.
La citadelle servait de prison d’État ; le Masque de fer y fut également enfermé de
1687 à 1698.
29. L’abbé Faria : voir Préface.
30 e . Ham. Au sud-est de Péronne (Somme). Le château fort servit au XIX siècle
de prison d’État. Polignac et les ministres de Charles X y furent détenus en 1830 ;
Louis-Napoléon, de 1840 au 25 mai 1846, date de son évasion.
31. Le duc de Beaufort : François de Bourbon-Vendôme (1616-1669). Petit-fils
de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées. Arrêté le 2 septembre 1643 et enfermé à
Vincennes. Son évasion (31 mai 1648) a été racontée par Dumas dans le
chapitre XVIII de Vingt ans après.
32. L’abbé Dubuquoi : il s’agit de Jean-Albert d’Archambaud, pseudo-comte de
Bucquoy (nom d’une grande famille du Nord passée au service de l’Autriche), dit
l’abbé de Bucquoy, dont Dumas transforme le nom par inattention. Né vers 1650,
mort en 1740, il fut successivement militaire, trappiste, maître d’école à Rouen,
fondateur d’ordre à Paris. Enfermé au Fort-l’Évêque (1706) et à la Bastille pour
avoir prêché contre le despotisme du pouvoir, il s’évada (1709) et se retira en
Hanovre. Parmi ses ouvrages : Histoire de mon évasion (1719), De la vraie et fausse
religion (Hanovre, 1732), Essai de méditation sur la mort et sur la gloire (1736). Voir
Gérard de Nerval : Histoire de l’abbé de Bucquoy, dans Les Illuminés (Œuvres, t. II,
Bibl. de la Pléiade, 1984).
33. Latude : Jean Henri, dit Masers de Latude (1725-1805). Enfermé à la
Bastille en 1749, puis à Vincennes, Charenton, Bicêtre, trente-cinq ans durant.
Libéré en 1784, il écrivit ses Mémoires (1791-1793) et fournit le sujet d’un
mélodrame célèbre de Guilbert de Pixérécourt et Anicet Bourgeois : Latude ou
trente-cinq ans de captivité (1834).
34. Dans Le Speronare, chapitre intitulé « Gaetano Sferra », Dumas met en
scène un certain père Matteo ; il donne à Gaetano gravement blessé « une liqueur
rouge comme du sang » ; elle a les mêmes extraordinaires propriétés que celle
contenue dans le flacon de l’abbé Faria.
35. Georges Cabanis (1757-1808), médecin et philosophe. Ami de Mirabeau et
partisan de la Révolution, il sera membre du Conseil des Cinq-Cents (1798),
approuvera le coup d’État du 18 brumaire et, sous le Consulat, sera sénateur
(1799). Membre de l’Institut depuis 1796, son principal ouvrage, Rapports du
physique et du moral de l’homme, parut en 1802. On sait que Cabanis fut l’un des
maîtres à penser du jeune Stendhal.
36. Île de Monte-Cristo : voir l’Annexe I.
37. Le trait est tiré de Tite-Live (Histoire romaine, l. I, chap. LXVI). Lucius
Junius Brutus, fondateur de la République romaine, s’était rendu à Delphes avec
les fils de Tarquin pour recueillir les prophéties de la Pythie. Celle-ci dit : « Celui-là
possédera la souveraine puissance qui, le premier de vous, jeunes gens, embrassera
sa mère. » Brutus, donnant une autre interprétation à ces mots, feignit de se laisser
tomber et embrassa la terre, « mère commune de tous les hommes ».
38. Speronare : c’est sur un speronare, bateau maltais à fond plat, non ponté,
que Dumas voyagea en 1835. Voir son récit Le Speronare, 1842.
39. En octobre 1834, Dumas quitta Paris pour un long voyage ; il était
accompagné des peintres Godefroy Jadin et Amaury Duval. Ils visitèrent Sète,
Toulon, Aigues-Mortes, Arles, Tarascon, Beaucaire, Avignon, Nîmes, Marseille. Au
début de 1835, ils se trouvaient en Italie. C’est en 1841 que Dumas publia Nouvelles
Impressions de voyage. Midi de la France. On sait que Le Speronare parut l’année
suivante, comme Le Capitaine Arena, qui lui fait suite. En 1843 paraîtra Le
Corricolo.
40. Ali pacha (vers 1741-5 février 1822). Pacha de Janina (Grèce, Épire). Il se
rendit célèbre et redoutable ; assassin de son frère, il fit régner la terreur en Épire
et en Albanie. Quand le sultan, en 1819, se décida à mettre fin à sa rébellion, Ali
pacha tenta de soulever la Grèce. Puis il s’enferma dans Janina, qu’assiégea l’armée
de Khourchid pacha. Il résista deux ans, puis fut assassiné au cours d’une réunion
proposée par Khourchid pacha. Notons qu’en 1822 Alphonse de Beauchamp avait
publié une Vie d’Ali pacha, qui peut être placée au rang des sources vraisemblables
de Dumas.
41. « Fragilité, ton nom est femme ! » (Hamlet, acte I, sc. II, v. 146).
42. Le Drapeau blanc : quotidien parisien, ultra-royaliste ; il parut de juin 1819
à février 1827 et de juillet 1829 à juillet 1830. Fondé par l’auteur dramatique et
comédien Alphonse-Louis-Dieudonné Martainville, il eut quelques collaborateurs
de talent comme l’auteur dramatique Pierre Carmouche et Charles Nodier.
Martainville, qui avait écrit avec Étienne une Histoire du Théâtre-Français (1802),
donna en 1807, avec Ribié, une féerie qui fut jouée pendant un demi-siècle, Le Pied
de mouton (1807).
43. Ici commence l’utilisation par Dumas du texte primitivement écrit en
forme d’Impressions de voyage. Le manuscrit de Villers-Cotterêts permet de donner
des variantes. Certaines correspondent à un nouveau travail, d’autres marquent
simplement le passage de la narration à la première personne à la narration à la
troisième personne.
44. Pastrini était effectivement hôtelier à Rome, place d’Espagne, dans les
années 1830, comme en témoigne Le Speronare, chap. I : « Où vous retrouverai-je ?
— Chez Pastrini, place d’Espagne. »
a. confortable. Quoique nous ne fussions encore qu’au 8 janvier il était déjà un
peu tard, tout l’hôtel était retenu. / Maître Pastrini répondit ms.
b. d’un louis par jour. Nous nous empressâmes d’accepter et nous répondîmes
à Maître Pastrini de mettre les chambres à notre disposition pour samedi
10 février. Tranquilles désormais, au moins sur notre logis, Albert partit
directement pour Naples. Quant à moi, je continuai mes promenades quotidiennes
aux Cascines et à Bello Sguardo. Quand ms.
45. L’Américain James Fenimore Cooper (1789-1851) est un auteur que
Dumas connaît bien. Il lui a emprunté le personnage du capitaine Paul, qui figure
dans Le Pilote (1823), pour son roman Le Capitaine Paul (1838). – L’Anglais
Frederic Marryat (1792-1848) fut capitaine de la Marine royale et publia à partir de
1829 de nombreux romans d’aventures dont Frank Mildmay (1829), Peter Simple
(1834), Percival Keene (1842), The Settlers in Canada (1844).
46. Adamastor est un personnage fantastique des Lusiades (172) de Camoens.
Il représente le cap de Bonne-Espérance ou cap des Tempêtes.
47. Le Bourgeois gentilhomme, acte IV, sc. III.
48. C’est le nom du cuisinier engagé par Dumas en 1835 (voir Le Speronare,
chap. I).
c. Le manuscrit de Villers-Cotterêts donne après cette phrase le titre d’un
chapitre : Hatchis, puis continue à la première personne, le « je » de Dumas étant à la
place de « Franz » : Je ne me fis pas répéter […].
49. Les Huguenots. Opéra en cinq actes, livret d’Eugène Scribe et Émile
Deschamps, musique de Meyerbeer, créé à l’Opéra le 29 février 1836. L’action se
passe en août 1572 en Touraine et à Paris, avant et pendant la Saint-Barthélemy.
Raoul de Nangis (rôle créé par Nourrit) est un jeune gentilhomme protestant qui, à
la suite d’un long imbroglio, est tué sur l’ordre du père de celle qu’il aime,
Valentine de Saint-Bris, qui périt avec lui.
50. Nicolas Appert (1750-1841) inventa la méthode de conservation des
denrées alimentaires par ébullition. En 1812, la Société d’encouragement pour
l’industrie lui décerna le titre de « bienfaiteur de l’humanité ». L’homme au Petit
Manteau Bleu est Edme Champion (1764-1852). Ayant fait fortune dans la
bijouterie, il consacra la plus grande partie de ses biens et de son temps au
soulagement des miséreux. Son surnom lui vient du manteau qu’il portait le plus
souvent.
51. Les croisés donnèrent le nom de Vieux de la Montagne à Rachid ed-Din el-
Sinan ( e XII siècle), grand maître de l’ordre des Assassins (voir Betty Bouthoul, Le
Vieux de la Montagne, 1951). C’est au cours de la troisième croisade (1189-1191)
que Rachid ed-Din el-Sinan a pu projeter d’assassiner Philippe Auguste. Le
haschisch, chanvre indien, servait au Vieux de la Montagne (il servit aussi à
d’autres chefs de bandes) à régner sur ses séides. On connaît l’importance du
haschisch dans la littérature, de Théophile Gautier (Le Club des haschischins) à
Baudelaire (Les Paradis artificiels) et à Villiers de L’Isle-Adam (voir J.-
H. Bornecque : « Rêves et réalités du symbolisme », Revue des sciences humaines,
premier trimestre 1955).
52. Hassan ibn el-Sabbah (mort à Alamout, Iran, en 1124). Fondateur de la
secte des Assassins. Il fut le premier grand maître de l’ordre.
53. Employé ici au sens archaïque : cède.
d. pour aller chercher le café. / « Pardieu, mon cher Simbad, dis-je aux
premières bouffées de la fumée que j’aspirai, voilà du tabac que j’apprécie plus que
votre hatchis. / — Et pouvez-vous dire d’où il vient ? / — Parfaitement, c’est du
tabac noir du Sinaï. » / Notre hôte fit un mouvement de surprise. / « Peste, dit-il,
vous êtes connaisseur. / — Ah ! mon Dieu, non, au contraire. Je suis même un
assez pauvre fumeur, mais un de mes bons amis, un autre Simbad, le baron Taylor,
que vous avez dû rencontrer sur un point du monde quelconque, m’avait rapporté
une peau de gazelle toute bourrée de ce tabac. / — Oui, c’est effectivement ainsi
qu’on le transporte. » / Il y eut un moment de silence, ms.
e. Après leurs facultés, le manuscrit de Villers-Cotterêts donne un texte différent,
qui continue jusqu’au début de l’actuel chapitre XXXII [Lorsque Franz revint à lui] :
Je voyais à travers les murailles la table dressée dans la chambre voisine. Ali
accroupi sur des coussins où il attendait les ordres de son maître, et les deux
statues qui de marbre se faisaient de chair, et descendaient de leur piédestal,
entraient dans notre chambre et commençaient une danse antique pleine de grâce
et de volupté. J’entendais à travers les épaisseurs des voûtes de granit les chants de
nos matelots et de nos contrebandiers qui arrivaient à moi, doux comme toute
mélodie lointaine. Je sentais passer sur mon visage la brise nocturne si vivace et si
fortifiante à respirer, toute chargée qu’elle est de molécules salines, et d’odeurs
inconnues. Quant à ceux qui étaient près de moi, je m’en détachais peu à peu par la
pensée et je m’isolais dans un égoïsme plein d’ineffable douceur.
Bien plus, moi l’être anti-musical par excellence, moi l’homme pour lequel
l’orchestre de l’Opéra n’est qu’un bruit plus cher et plus fatigant qu’un autre bruit,
moi qui Dieu merci ne joue d’aucun instrument, je me vis pris d’une rage de
mélomanie inconnue, et d’une faculté d’improvisation inouïe. Ce n’était pas le tout.
Je me sentais doué d’une puissance supérieure. Il me semblait, comme dans ces
merveilleux contes avec lesquels on berce notre enfance, que je n’avais qu’à vouloir
pour accomplir, plus complet qu’une fée qui n’opère que grâce à sa baguette, ou
qu’un enchanteur qui ne commande qu’à l’aide de son talisman. Je sentais que ma
magie était en moi. Je ramassai une peau de renard sur laquelle mes pieds étaient
posés, et je lui ordonnai de se changer en guitare. Au même moment la
transformation s’opéra. La queue ondoyante et touffue du rusé quadrupède se
couvrit de cordes, la peau de ses flancs s’arrondit et se rapprocha, la tête se replia
sur la poitrine et vint avec ses dents fixer l’autre extrémité des cordes. Je passai
mes doigts sur l’instrument improvisé, et un accord si doux, si suave et si
mélodieux retentit sous les voûtes que je vis mon hôte, qui certainement ne
s’attendait pas à une pareille surprise de ma part, battre des mains avec frénésie.
Ce ne fut pas tout : moi qui de ma vie n’ai pu faire une gamme juste, je me mis
à chanter avec une telle perfection que les deux statues, ou plutôt que les deux
femmes qui dansaient devant moi s’arrêtèrent, et, dessinant un groupe gracieux, se
mirent à écouter, tandis que tous les animaux dont la dépouille ornait
l’appartement, reprenaient leurs formes, puis après leur forme, la vie, puis enfin
sortant comme d’un long sommeil s’éveillaient à la magique Harmonie, et adoucis,
domptés, vaincus, se relevaient accroupis pareils à des sphinx, agitant la tête en
mesure, ou se glissant sans bruit jusqu’à moi, venaient lécher mes pieds comme
ceux d’un maître tout-puissant qui eût reçu du ciel la faculté de leur commander.
Quant aux paroles, je n’en ai gardé d’autre souvenir que celui de la satisfaction
qu’elles me causaient ; elles me paraissaient d’une poésie à la fois brillante et
limpide, riche de pensée et d’harmonie, et il me semblait qu’à mesure qu’elles
sortaient de ma bouche, mon hôte les écrivait sur des tablettes.
Cependant cette poésie et cette musique s’en allaient mourant, comme des
harmonies lointaines, comme des paroles répétées par l’écho ; il me semblait que,
quoique ce fût moi qui jouât de la guitare et qui chantât, le son et le chant vinssent
d’un autre à moi au lieu d’aller de moi à un autre ; enfin au dernier couplet, au
milieu d’un bien-être infini, d’une volupté profonde, je laissai échapper
l’instrument de mes doigts, je laissai mourir les syllabes sur mes lèvres. Je me
renversai en arrière appuyé sur l’épaule d’une des deux femmes qui m’avait fait
sans que je susse comment un coussin de sa poitrine, et je fermai doucement les
yeux au souffle d’un éventail de queues de paons que la seconde statue, nue et
rougissante, comme serait la Vénus de Médicis animée, agitait doucement au-
dessus de mon front.
Alors il me sembla voir dans le dernier crépuscule qui sépare le jour de la
pensée de la nuit de l’intelligence, la veille du sommeil, il me sembla voir notre
hôte qui se retirait en donnant de nouveaux ordres à Ali, et qui à son tour s’en allait
se coucher dans la première chambre où nous étions entrés, sur son divan d’étoffe
cramoisie à fleurs d’or.
Ce fut la dernière perception sensible que j’éprouvai et il me sembla que je
tombais dans un profond sommeil.
Puis je n’eus plus en aucune façon le sentiment de mon existence. Quand je revins à moi, il me sembla être enfermé dans un grand sépulcre où le
jour pénétrait à peine. J’étendis la main […] ms.
f. disparu à son tour. Puis enfin, le souvenir des événements qui m’y étaient
arrivés était bien près de disparaître dans le passé comme avaient disparu dans
l’éloignement et le yacht léger, et l’île massive, lorsque ce nom de Monte-Cristo
prononcé par notre hôte rendit à ce souvenir toute sa lucidité. / Une fois que ms.
g. à laquelle des deux nations appartenait ce voyageur. Ce voyageur s’appelait
le comte de Monte-Cristo. Ce nom me frappa ; car il était entré profondément dans
ma mémoire, voici à quelle occasion : à cette époque heureuse et insouciante de
ma vie où je jetais ma plume en l’air et où j’allais du côté vers lequel l’emportait le
vent, j’avais un jour détaché une barchetta […] / « C’est fort bien, ms.
h. , et au Colisée ensuite. » [9 lignes] C’est comme on le sait, le premier cri de
tous les voyageurs.
« Pardon, mon cher Albert, lui dis-je, de me jeter à la traverse de vos projets,
mais c’est à moi de vous faire les honneurs de Rome et je ne vous laisserai pas ainsi
escompter vos plaisirs. Va pour le Colisée. Saint-Pierre, nous le garderons pour une
autre fois, et encore, si vous voulez vous en rapporter à moi, nous n’irons pas au
Colisée avant ce soir, il fait un clair de lune magnifique, il s’agit de savoir en
profiter.
— Mais que ferons-nous d’ici à ce soir ?
— Oh, que voilà bien une question de membre du Jockey-Club ! Soyez
tranquille ; mon Dieu, nous trouverons à occuper notre temps, et tout d’abord, si
vous le voulez bien, nous commencerons par mettre nos cartes à l’ambassade.
— Ah, c’est juste, dit Albert, ramené par un seul mot aux convenances de
l’homme du monde.
— Palais Colonna. »
Le cocher partit ventre à terre ; on est en général assez agréablement surpris en
Italie à l’endroit des attelages ; des chevaux qui semblent n’avoir que le souffle ne
quittent pas le galop. Si deux voitures ainsi lancées s’accrochent – ce qui au reste
n’arrive pas souvent – au lieu de se dire des injures ou de s’envoyer comme en
France des coups de fouet, dont les voyageurs attrapent toujours leur part, les
conducteurs se saluent avec un sourire plein d’aménité et se demandent des
nouvelles de leurs femmes et de leurs enfants.
Nos cartes déposées, (nous courûmes Rome en tous les sens, et il était quatre
heures de l’après-midi…) [en surcharge ; à partir d’ici passage rayé : deux pages et
demie] – notre cocher traversa l’ancien Pont Saint-Luis [?], aujourd’hui le pont
Saint-Ange, longea le mausolée d’Adrien, qui fut depuis la prison de Benvenuto
Cellini, et selon l’ordre que je lui en avais donné d’avance nous arrêta Piazza
Rusticucci.
Saint-Pierre était en face de nous.
Nous descendîmes de notre voiture et nous traversâmes la place Saint-Pierre à
pied. J’étais curieux de voir l’impression que le rêve de Nicolas V, qui voulait
rebâtir le temple de Salomon, l’œuvre de qui y enfouirent deux cent millions en
deux cent quarante ans, la réunion de génies aussi différents que l’étaient ceux de
Rossellini, d’Albert de Bramante, de San Gallo, de Frère Joconde, de Raphaël, de
Michel-Ange, de Jacques de la Porta, de Maderne et Bernin, pourraient produire
sur un homme du monde n’ayant que des instincts artistiques.
Albert jeta un coup d’œil sur la Colonnade du Bernin qui lui sembla assez belle,
et sur la façade de Maderne qui lui parut fort mauvaise ; ne trouva pas grande
différence entre les fontaines du Bernin et celles de Rambuteau, passa près de
l’aiguille de… avec autant d’indifférence qu’il serait passé près de l’obélisque de
M. Lebas, se hâta de monter l’escalier qui s’avance au-devant du voyageur
empressé comme un immense perron, s’arrêta un instant sous le Péristyle dont les
proportions gigantesques parurent lui produire quelque impression, poussa
péniblement la lourde tapisserie qui retombe devant la porte, s’élança dans l’église,
s’arrêta immobile, puis après un moment murmura à voix basse :
« Je croyais Saint-Pierre plus grand que cela. »
Albert avait subi l’impression commune, et avait lancé sur le rival du Colisée
l’anathème du désappointement général.
En effet, au premier abord Saint-Pierre ne répond pas à l’idée grandiose que
l’imagination s’en était faite ; il faut se familiariser avec le géant pour mesurer sa
taille, et, chose étrange, c’est presque à l’aide d’un calcul mathématique qu’on
arrive à l’appréciation du temple colossal.
Il est vrai qu’on revient promptement sur cette impression première. Aux deux
côtés de l’église sont deux enfants soutenant chacun un bénitier. De la porte, ce
sont des enfants de taille ordinaire, et qui semblent éloignés de dix pas à peine – on
veut prendre de l’eau bénite – on fait dix pas, vingt pas, trente pas – et à mesure
qu’on approche les enfants grandissent, les proportions se développent, la magique
fantasmagorie s’opère – enfin on arrive à eux, on les mesure du regard avec
étonnement et presque avec terreur : ils ont six pieds.
Au milieu est un baldaquin à colonnes torses, résultat d’un sacrilège du pape
Urbain VIII, qui, en 1633, dépouilla la voûte et le portique du Panthéon de ses
ornements de bronze pour faire exécuter au chevalier Bernin cet étrange chef-
d’œuvre : vu des bénitiers il semble une espèce de lit gothique, un peu plus grand
qu’un lit ordinaire : on s’avance alors vers le Baldaquin comme on s’est avancé vers
les enfants, et le même miracle d’optique s’opère – les colonnes grossissent, le dais
s’étire, il semble avoir trente pieds de haut – on continue son chemin, on avance
toujours, on arrive près de lui – on le touche, il a quatre-vingt-six pieds : placé
devant le Louvre, il atteindrait le fronton de la Colonnade.
On lève les yeux, car on est sous le Dôme – là vous l’avouez franchement, la
Coupole vous paraît immense. Une inscription est placée au-dessus de la corniche,
et au-dessus de l’inscription, quatre Évangélistes vous servent d’échelles de
proportion : les lettres de l’inscription doivent avoir au moins deux pieds de haut,
car vous lisez facilement cette promesse du Christ à saint Pierre : Tu es Petrus et
super hanc petram aedificabo ecclesiam meam – les Évangélistes doivent être au
moins deux fois grands comme nature, car vous distinguez tous les traits de leur
visage, tous les plis de leurs vêtements. Les lettres ont six pieds, les Évangélistes en
ont trente, et la plume que tient l’un d’eux à la main a à elle seule plus de cinq
coudées.
Puis il y a par-ci par-là le long de la Coupole – au-dessous de la corniche, aux
angles des chapelles latérales – des toiles d’araignée qu’a oublié d’enlever le
sacristain – vous regardez plus attentivement, étonné que vous êtes de cette
négligence – ces toiles d’araignée sont des échafauds volants chargés d’ouvriers qui
réparent les voûtes.
Alors, après avoir vu les points principaux, la nef, le chœur, le dôme, vous vous
enfoncez dans les immenses dégagements qui conduisent aux chapelles latérales,
vous marchez une heure, deux heures, trois heures, vous marchez un jour, et vous
remettez au lendemain de voir le reste, car vous n’avez pas tout vu.
En effet Saint-Pierre est à lui seul une ville qui a sa population indigène et sa
population étrangère – sa population indigène qui se compose de son Pape, de ses
cardinaux, de ses archevêques, de ses évêques, de ses chanoines, de ses prêtres, de
ses abbés et de ses chantres, de ses suisses, de ses bedeaux, de ses enfants de
chœur, de ses ouvriers, de ses ciceroni, de ses concierges, de ses fidèles enfin. Dix
mille personnes peut-être.
Sa population étrangère qui se compose des paysans d’Albano, de Lariccia, de
Tivoli, de Subiaco, de Frascati, de Palestrina, de Nemi, de Nettuno – des voyageurs
de tous les pays, français, anglais, russes, prussiens, espagnols, allemands,
moldaves, valaques, turcs, chinois, tartares. Dix autres mille personnes encore.
Eh bien, avec tout cela, Saint-Pierre a l’air inhabité.
Nous parlons des jours de la semaine – car les jours de grande fête il y a cent
mille personnes à Saint-Pierre, ce qui n’empêche pas de circuler librement : on
n’est jamais coudoyé à Saint-Pierre – de mémoire de Pape, Saint-Pierre n’a été
plein.
Un géomètre s’est amusé à mesurer l’espace que couvrent Saint-Pierre et ses
dépendances – il a trouvé que c’était juste la même étendue que couvrait la ville de
Turin.
Albert voulut monter dans la boule qui couronne la Coupole, non pas
précisément pour y aller, mais pour dire qu’il y avait été : elle paraît grosse comme
un boulet de 48 et seize personnes un jour y ont dîné à l’aise. J’avais fait cette
course dans un de mes premiers voyages. Je le livrai à son guide et tous deux
disparurent dans les profondeurs d’un pilier.
Il mit une heure et quart à faire cette ascension : heureusement qu’on ne
s’ennuie pas à Saint-Pierre – nous nous étions donné rendez-vous devant le
tombeau de Christine : sans cette précaution nous ne nous serions jamais trouvés.
Il me proposa de voir le Vatican du même coup, mais je regardai à ma montre
– il était quatre heures de l’après-midi. / On reprit aussitôt ms
54. Jean Sbogar est le personnage du conte de Charles Nodier auquel il donne
son titre (1818). Lara est le héros du célèbre poème de Byron (1814).
55. Manfred est le héros du drame de Byron auquel il donne son titre (1817).
56. Texte tiré du De Spectaculis, chap. I : « L’amphithéâtre de Domitien. »
57. Parisina : opéra de Gaetano Donizetti, créé à Florence en 1833. Il met en
scène les amours incestueuses de la marquise d’Este et de son beau-fils Ugo, fils
naturel du marquis d’Este. L’action se passe au e XV siècle. Le thème vient d’une
nouvelle célèbre de Bandello ; il avait été utilisé par Lope de Vega et par Byron
(1816) ; il sera repris par D’Annunzio pour une tragédie en quatre actes en vers, qui
servit de livret à Mascagni (1913), et par le dramaturge suédois Hjalmar Bergmann
en 1915. Lucia di Lammermoor, le chef-d’œuvre de Donizetti, fut créé à Naples le
26 septembre 1835.
58. Il s’agit indiscutablement de la comtesse Teresa Giuccioli, qui, à Venise, de
1817 à 1819, fut la maîtresse de Byron ; le manuscrit original de Dumas (Villers-
Cotterêts) porte en effet : « la comtesse Giuci […] », mots partiellement rayés.
59. Henriette Sontag, comtesse Rossi (1806-1854). Cantatrice (soprano)
allemande. Fille de comédiens, elle monta sur la scène à l’âge de six ans, mais
débuta en 1821 dans Jean de Paris, de Boieldieu, créa Euryanthe (1823) de Carl
Maria von Weber, chanta dans le Freischütz du même compositeur. À Paris, elle
chanta Rosine du Barbier de Séville. Elle fit de nombreuses tournées en Europe
occidentale et elle mourut du choléra à Mexico. Théophile Gautier a publié en 1850
L’Ambassadrice, biographie de la comtesse Rossi. – Maria Garcia (1808-1836),
mezzo-contralto, qui deviendra Maria Malibran à la suite d’un mariage tôt rompu,
débuta à Londres (1825) dans la Rosine du Barbier, chanta à New York (1825-
1827), puis triompha dans toute l’Europe. Elle mourut des suites d’une chute de
cheval. On connaît les stances d’Alfred de Musset : À la Malibran, publiées dans la
Revue des Deux Mondes du 15 octobre 1836, peu de temps après la mort de la
cantatrice (23 septembre).
60. Medora est un personnage du Corsaire de Byron. Haydée lui ressemble par
plus d’un trait. Voir chap. XLIX.
61. Henri. Voir note suivante.
62. L’Opéra-Comique ayant quitté la salle Ventadour, le Théâtre nautique s’y
installa. Dirigé par un nommé San-Esteban, ou Saint-Stephen (les deux noms se
retrouvent sous la plume des journalistes de l’époque), il ouvrit le 10 juin 1834. Le
maître de ballets et premier mime en était Henri. Le premier spectacle se
composait des Ondines, prologue, et de Guillaume Tell, scénario d’Henri, musique
de Jacob Strunz (1783-1852 ; c’est le dédicataire de la Massimila Doni de Balzac ; le
romancier l’a peint dans Le Cousin Pons et Une fille d’Ève ; il écrivit la musique de
scène de Ruy Blas, 1838), décors de Ciceri. Les Ondines furent bientôt remplacées
par Le Nouveau Robinson, tableau comique en un acte de Blanche. Le 16 octobre
fut créé un grand ballet chinois, Chao-Kang, par Henri, musique de Carli. Le
Théâtre nautique ferma ses portes au début de 1835. Le bassin qui justifiait son
nom et permettait certains effets avait six pieds de profondeur.
i. Dans le manuscrit de Villers-Cotterêts : Dorliska. Dumas ajoute : J’en ferais
bien l’analyse à mes lecteurs, mais j’avoue que, quoique je l’aie vu une vingtaine de
fois à Florence, je n’y ai jamais rien compris.
63. Lord Ruthwen est le héros du mélodrame de Carmouche, Jouffroy et
Charles Nodier : Le Vampire, créé au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 13 juin
1820. Il avait été précédé par Lord Ruthwen ou les Vampires par Cyprien Bérard,
publié par l’auteur de Jean Shogar et de Thérèse Aubert (1820), écrit par Nodier seul
d’après un récit de Byron (1816) terminé par Polidori. Nodier donnera dans
Infernalia (1822) d’autres histoires de vampires. Voir l’édition d’Infernalia présentée
par Hubert Juin, Belfond, 1966. Dumas avait assisté à une reprise de la pièce en
1823 ; il était ce soir-là le voisin de Nodier.
64. Sans doute Halte des moissonneurs dans les marais Pontins (musée de
Neuchâtel), du peintre suisse Léopold Robert (1794-1835), qui peignit en Italie
quelques-unes de ses meilleures toiles. Il se suicida à Venise, désespéré de ne
pouvoir épouser la princesse Charlotte, fille de Joseph Bonaparte. On lui doit
plusieurs toiles où apparaissent des moissonneurs, dont l’une : Arrivée des
moissonneuses dans les marais Pontins, est au Louvre.
65. On sait qu’Henri de Talleyrand, comte de Chalais, conspira à plusieurs
reprises contre Richelieu. Il fut exécuté à Nantes le 19 août 1626 dans d’atroces
conditions.
66. Edme-Samuel Castaing (1797-1823). Médecin empoisonneur qui avait
commis une série de crimes afin de s’emparer de la fortune de la famille Ballet.
Son procès fit sensation. Dumas s’est souvenu dans le chapitre LII, Toxicologie, de
certains détails révélés par l’instruction. Voir plus loin la note 90.
67. Karl Moor est le héros du drame en cinq actes de Schiller Les Brigands
(1781).
68. L’Ours et le Pacha : folie vaudeville en un acte d’Eugène Scribe (en
collaboration avec Xavier Saintine), créée le 10 février 1820 aux Variétés. Le
comédien Odry (1779-1853) jouait le rôle de Marécot.
69. L’Italienne à Alger : mélodrame en deux actes de Rossini, sur un livret
d’Angelo Anneli, créé en 1813 au théâtre San Benedetto de Venise.
70. Didier est le héros de Marion Delorme, drame en cinq actes en vers de
Victor Hugo, créé au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 11 août 1831. Antony celui
du drame en cinq actes, en prose, de Dumas, auquel il donne son titre, créé sur la
même scène le 3 mai 1831.
71. Grégoire XVI (1765-1846) fut pape de 1831 à sa mort.
j. Le manuscrit de Villers-Cotterêts donne le texte italien du billet, puis la
traduction.
k. Dans le manuscrit de Villers-Cotterêts, ce chapitre est à la première personne :
on y lit « je » au lieu de « Franz ».
72. On remarquera que la traduction donnée par Alexandre Dumas dans sa
note n’est pas totalement fidèle au texte donné en italien.
l. une autre meilleure. Cela vous fera une impression de voyage toute trouvée.
Avez-vous votre voiture ? ms.
73. Les Rothschild sont connus (voir n. 86). Alexandre Aguado (1784-1842),
financier espagnol, avait fondé une banque à Paris en 1815. Il fut naturalisé
français en 1828.
m. ; le temps de revenir. Je vais à Venise, je reviens par Florence, je
m’embarque à Livourne et dans trois mois certainement je serai à Paris. / — Eh
bien ! ms.
74. Le roman de Mérimée parut en 1840, il ne devrait donc pas être cité ici.
Mais Dumas écrit en 1845.
75. On sait que le baron de Montyon (orthographié Monthyon dans certaines
éditions de Dumas) est un philanthrope (1733-1820), dont l’immense fortune servit
à fonder, entre autres, le prix de vertu décerné annuellement par l’Institut.
n o . Le manuscrit de Villers-Cotterêts dit rue du Helder n 24 – au lieu de 27 – et
s’achève, après l’énoncé du rendez-vous, sur ces lignes : Maintenant, comme les
événements que nous allons raconter se passèrent pendant notre séjour à Florence,
que nos lecteurs nous permettent de quitter notre position d’auteur pour nous
borner au rôle d’historien. Alexandre Dumas. Notons que le 21 mai est ici celui de
l’année 1838.
76. François Grisier (1791-1865), célèbre maître d’armes, écrivit Les Armes et le
duel (1847 ; préface d’Alexandre Dumas pour la réédition de 1864). Un roman de
Dumas, Le Maître d’armes (1840), s’inspire en partie d’aventures vécues par Grisier.
Charles Leboucher, boxeur, professeur de savate, est cité par les frères Goncourt
dans leur Journal (éd. Ricatte, Flammarion, t. I, p. 163 et 231 ; t. II, p. 171). Cooks,
qui avait une salle de gymnastique, n’a pas, à notre connaissance, laissé de traces
dans la littérature, cette citation de Dumas mise à part.
77. Roller et Blanchet : Pierre Blanchet était d’une lignée de facteurs de
pianos. Il s’était associé en 1826 avec Roller, inventeur des pianos droits.
78. Nicola Antonio Porpora (1686-1766) était un Napolitain. Ses cinquante-
trois opéras, ses oratorios, ses messes sont oubliés. Il écrivit aussi des cantates à
une voix, avec piano, qui passent pour ses meilleures œuvres.
79. Don Carlos de Bourbon (1788-1855) réclama le trône d’Espagne sous le
nom de Charles V à la mort de son frère Ferdinand VII (1833). Déclaré rebelle, il
fut expulsé d’Espagne par la reine régente Marie-Christine de Bourbon-Sicile ; il
trouva des partisans chez les traditionalistes basques, aragonais et catalans qui
invoquaient le respect de la loi salique, abrogée par Ferdinand VII au profit de sa
fille Isabelle II : celle-ci étant mineure, la reine Marie-Christine assurait la régence.
Les absolutistes carlistes furent vaincus au cours de la guerre civile de 1834-1840.
Don Carlos séjournera plusieurs fois à Bourges. En 1844, Don Carlos renonça à ses
prétentions au trône en faveur de son fils aîné, prince des Asturies ; il prit le titre de
comte de Molina, se retira en Autriche et mourut à Trieste.
80. Personnage inventé par Dumas dans cette situation, en 1838. Mais son
nom a pu être choisi en pensant au polygraphe Alphonse de Beauchamp (1767-
1832), auteur notamment d’une Histoire de la guerre de Vendée (1806) et d’une Vie
de Louis XVIII (1825). Il avait occupé un emploi dans les bureaux du Comité de
sûreté générale puis au ministère de la Police. C’était un légitimiste ardent. C’est
l’auteur du livre sur Ali pacha cité dans la note 40 (chap. XXVII).
81. Impossible de placer le marquis (et non le baron) Eugène de Mailly de
Chateaurenaud à Paris, à cette époque. Il était alors dans ses terres de
Franchevelle, Haute-Saône. Aristide, l’un des frères d’Eugène de Chateaurenaud,
avait été emmené par Bonaparte en Égypte. Djezzar pacha le fit étrangler et jeter à
la mer (affaire du siège d’Akka-Saint-Jean-d’Acre).
82. Klagmann (Jean-Baptiste), 1810-1867. Sculpteur et décorateur. En 1847 il
collaborera à la décoration du Théâtre historique fondé par Dumas. Charles
Marochetti (1805-1862), Turinois, naturalisé français, fut un des sculpteurs de
talent de son époque. On lui doit nombre de statues, comme celle d’Emmanuel-
Philibert de Savoie (Turin).
83. Le Corsaire, quotidien qui commença de paraître en février 1822. Il
fusionna en 1844 avec Satan, d’où, jusqu’en 1848, Corsaire-Satan. Le Corsaire reprit
sa parution sous ce titre seul, mais irrégulièrement, de 1848 à 1894, date de sa
disparition définitive. Corsaire-Satan eut un collaborateur célèbre : Baudelaire, qui
y signa Baudelaire-Dufays puis Charles Baudelaire (à partir de janvier 1848) des
articles de critique littéraire (voir l’édition due à Claude Pichois : Charles
Baudelaire, critique littéraire et musical, Armand Colin, Bibliothèque de Cluny,
1961). – Le Charivari, quotidien républicain fondé en 1832 par Charles Philippon,
eut des collaborateurs célèbres : Daumier, Gavarni, Cham, Granville. Il cessa de
paraître en 1893.
84. Delacroix, Boulanger, Diaz, Decamps, Salvator Rosa sont connus. Eugène
Giraud (1806-1881) : peintre, pastelliste, caricaturiste, ami de Dumas qu’il
accompagna dans son périple espagnol et africain (1846) et dont il fit le portrait
pour la première édition illustrée du Comte de Monte-Cristo. Muller n’est pas facile
à identifier car on a le choix entre cinq ou six peintres ayant produit dans les
années 1820-1840, ou avant. Enfin le peintre et dessinateur Adrien Dauzats (1804-
1868) voyagea beaucoup pour l’illustration des Voyages romantiques et pittoresques
dans l’ancienne France, collection dirigée par le baron Taylor. Il fut, comme ce
dernier, un ami de Dumas, et son collaborateur pour Quinze jours au Sinaï (1839).
Notons en passant que Dumas ne fit pas le voyage (comme on l’imprime encore
parfois aujourd’hui), mais écrivit son texte d’après les souvenirs (parlés et notés) et
les dessins de Dauzats.
85. Comme Lara et Manfred, dont il a déjà été question, Werner est le héros
d’un poème dramatique homonyme de Byron (1822)
86. Le baron de Rothschild, de Vienne : Salomon de Rothschild (1774-1855),
deuxième des cinq fils de Meyer Amschel Rothschild – Les Cinq Messieurs de
Francfort, pour reprendre le titre de la pièce de Charles Roeszler (adaptée par
Julius Élias et Lugné Poe, Gymnase, 1914, avec Lucien Guitry). Dumas avait pu
rencontrer en Italie le baron Charles (1788-1855), fondateur de la branche de
Naples.
87. Jacques Laffitte (1767-1844) : on sait le rôle de ce banquier dans les
affaires politiques et financières, de Napoléon à Louis-Philippe. En 1837, il avait
fondé une banque d’escompte qui rétablit ses affaires un instant compromises.
88. Bertel Thorvaldsen (1779-1844) est le grand sculpteur danois, le « Michel-
Ange scandinave ». – Lorenzo Bartolini, né en Toscane en 1777, mourut à Florence
en 1850. Dumas l’avait sans doute connu pendant son séjour à Florence (1840-
1842). Trianon et Versailles possèdent de lui, entre autres œuvres, des bustes de
Napoléon, de Jérôme et Joseph Bonaparte. Il fut parfois le rival du grand Antonio
Canova (1757-1822).
89. Le Théâtre-Français […] n’est plus nulle part, écrit Dumas. Or c’est le
12 juin 1838 que Samson, grand comédien et grand professeur, risque sur la scène
de la Comédie une adolescente nommée Rachel. Et, à l’automne, paraissent les
articles célèbres de Jules Janin et de Musset. Mais l’année 1838, avec le départ de
Jouslin de La Salle, administrateur indélicat, remplacé par le caissier Vedel, avait
pourtant marqué un moment de crise pour la Comédie. Et Dumas se souvenait
sans doute, surtout, que Marie Dorval avait quitté le Théâtre-Français en 1837,
écœurée par de multiples intrigues. Voir la lettre que Victor Hugo écrivit à la
comédienne le 13 novembre de cette année (Francoise Moser, Marie Dorval, Plon,
1947, p. 170-171).
90. L’histoire de Castaing, médecin empoisonneur (cité dans le chapitre XXXV,
voir n. 66), a certainement inspiré ici Dumas, qui consacre le chapitre XLI de Mes
Mémoires à cette affaire.
91. Nicolas Flamel (vers 1350-1418) profita des persécutions infligées aux juifs
pour réaliser une immense fortune. L’origine de celle-ci resta longtemps
mystérieuse et c’est sans doute ce qui fit croire à certains que Flamel avait
découvert le secret de la « pierre philosophale ». Félix Fontana (1730-1805) était un
physiologiste italien qui avait étudié l’action des venins.
92. On sait qu’Antoine Galland (1646-1715), orientaliste, professeur d’arabe au
Collège de France, traduisit Les Mille et Une Nuits (1704-1717).
93. Antoine Desrues (1734-1777), célèbre empoisonneur qui, comme Castaing,
finit sur l’échafaud. Dumas en raconte l’histoire dans un chapitre de ses Crimes
célèbres (1839-1841, voir le tome VII).
94. René le Florentin et Cosimo Ruggieri furent au service de Catherine de
Médicis. Dumas dans La Reine Margot et Balzac dans Catherine de Médicis ont fait
d’eux des empoisonneurs. Le baron Friedrich von der Trenck (1726-1794), dont
l’autobiographie (1787) est connue, fut un aventurier prussien qui, amant de la
princesse Amélie, sœur du roi Frédéric II, passa une partie de sa vie en prison. Il
s’évada et fut repris. En 1791, il vint à Paris où, accusé d’être un espion autrichien,
il fut guillotiné.
95. Le pharmacien Planche, père du critique Gustave Planche, jouissait
comme pharmacien et chimiste d’une certaine réputation. Sa boutique était située
au coin du boulevard et de la Chaussée-d’Antin.
96. La liqueur d’Hoffmann – moitié alcool moitié éther – était employée
comme antispasmodique, en potion. Elle avait été mise au point par Frédéric
Hoffmann (1660-1742), médecin allemand qui fut attaché au roi de Prusse
Frédéric-Guillaume. On rappellera qu’il fut le fondateur de la théorie organiciste
(ou matérialiste) qui refusait le principe d’une âme distincte de la matière.
97. Robert le Diable : opéra en cinq actes, livret d’Eugène Scribe et Germain
Delavigne, musique de Jacques Meyerbeer, créé à l’Opéra le 21 novembre 1831.
Levasseur avait créé le rôle de Bertram, Nourrit étant Robert et la Taglioni, Héléna,
dans le célèbre Ballet des nonnes.
98. La reine Victoria (1819-1901) fut couronnée le 28 juin 1837. L’histoire du
vol des bijoux de Mlle Mars se trouve aux pages 9 et suivantes des Confidences de
Mlle Mars recueillies par Mme Roger de Beauvoir, Librairie nouvelle, 1857.
99. Dumas habita 22 rue de Rivoli, de 1839 à 1843.
100. Plusieurs célèbres généalogistes, tous de la même famille, ont porté ce
nom.
101. Duchâtel (Charles-Marie-Tanneguy, comte de), 1803-1867. Député de la
Charente-Inférieure en 1833, ministre de l’Agriculture (1834-1836), des Finances
(1836-1837) et de l’Intérieur (1839-1848).
102. Montalivet (Camille Bachasson, comte de), 1801-1880. Également
ministre de l’Intérieur de Louis-Philippe en 1830, 1832 et de 1836 à 1839.
103. C’est télégraphe en grec : tele graphein, « écriture venue de loin ».
104 er . Parcus Gabius Apicius, célèbre gastronome romain (Isiècle apr. J.-C.). Il
était l’auteur de savantes recettes qu’il communiquait à ses amis et invités.
105. « Celui qui désire l’impossible. »
106. Dans ses Crimes célèbres (1839-1841), Dumas a raconté l’histoire de la
marquise de Ganges (t. II-III de l’édition originale en 8 volumes), morte
empoisonnée le 5 juin 1667, après une suite d’effroyables attentats commis sur elle
par ses deux beaux-frères, le chevalier et l’abbé de Ganges.
107. Le paul était une monnaie d’argent des États du pape.
108. Fanny Elssler (1810-1884), danseuse née à Vienne. Elle partit pour l’Italie
en 1827 où elle dansa jusqu’en 1830. Elle était déjà très célèbre quand elle arriva à
Paris (1836) en compagnie de sa sœur Thérèse (1808-1878). Fanny créa le 1er juin
1836 Le Diable boiteux, ballet en trois actes de Burat de Gurgy, Adolphe Nourrit et
Jean Coralli, musique de Casimir Gide – « La Cachucha » qu’elle dansait dans Le
Diable boiteux remporta un triomphe. Théophile Gautier a consacré de nombreuses
pages intéressantes à la danseuse. Voir notamment son feuilleton du
5 novembre 1838 (Histoire de l’art dramatique en France depuis vingt-cinq ans, t. I,
Hetzel, 1858, p. 188 et suiv.) ; voir également l’ouvrage d’Edwin Binney, Les Ballets
de Théophile Gautier, Nizet, 1965.
109. Cuvier étant mort en 1832, il ne peut être ce « grand monsieur sec » qui
est donc un personnage inventé par Dumas.
110. Dumas a pu vouloir peindre (ou plutôt caricaturer) Pierre Flourens (1794-
1867), qui fut le suppléant de Cuvier au Collège de France avant d’y enseigner
l’anatomie. Il avait été l’un des premiers à soutenir la théorie des localisations
cérébrales. Notons toutefois qu’il avait été élu à l’Académie française en 1840 et
que l’action du roman se situe, on le sait, en 1838.
111. La romance Partant pour la Syrie (1810 plutôt que 1809) a été attribuée à
la reine Hortense mais aussi au comte Alexandre de Laborde, archéologue et
membre de l’Institut. La musique en est de Philippe Droult. Pendant la
Restauration, la chanson servait de signe de ralliement aux bonapartistes. Sous le
Second Empire, elle devint une manière d’hymne officiel.
112. C’est dans Amaury, un roman publié par Dumas partiellement dans La
Presse, 29 décembre 1843-4 février 1844, puis en librairie (1844), qu’apparaissent le
médecin qui porte le nom d’Avrigny, Antoinette, Madeleine et naturellement
Amaury, le jeune homme qui donne son titre au roman. D’après le chapitre XCIV de
Mes Mémoires, il est avéré que Dumas a eu comme modèle un certain docteur
Thibaut. On verra dans ce chapitre de Mes Mémoires pourquoi Dumas interrompit
la publication de son roman en feuilleton et lui donna, dans un manuscrit resté
inédit, une autre fin que celle qui fut définitivement imprimée. On peut noter aussi,
dans ce même chapitre, ceci : « Le matin, de six à sept heures, j’allais donc parfois
à la Charité avec Thibaut. Le soir nous faisions de la physique et de la chimie dans
sa chambre. À cette chambre remonte la première étude que je fis des poisons
employés par Mme de Villefort dans Monte-Cristo, étude poursuivie et achevée plus
tard avec Ruolz. » Il faut dire enfin qu’il n’y a aucun lien entre Amaury et Le Comte
de Monte-Cristo, M. d’Avrigny mis à part.
113. Conte d’Hoffmann. Il fait partie du tome I des Contes des frères Sérapion
(1819-1821). C’est dans une étrange vision – à la fin de ce récit – que le conseiller
Krespel voit et entend chanter Antonia, sa fille. Quand il sort de son extase, ou de
son rêve, il trouve Antonia morte.
114. Sigismund Thalberg (1812-1871), fils naturel du prince Moritz
Dietrichstein et de la baronne von Wetzlar. Il entreprit dès 1830 une tournée de
concerts en Allemagne. Il vint à Paris pour la première fois en 1835 et soutint avec
honneur la lutte avec Liszt.
115. Devise calquée sur le Qu’on me haïsse pourvu qu’on me craigne, de
Quintus Ennius, cité par Cicéron dans le De officiis, I, 28. Cicéron tenait Ennius
pour le plus grand des poètes latins. Nous n’avons que des fragments de ses
nombreuses tragédies, qui semblent avoir été, pour la plupart, des traductions ou
des imitations des Grecs, et d’abord d’Euripide. La devise citée plus haut viendrait
de Thyestes et sortirait de la bouche d’Athée.
116. Le tir de Gosset et celui de Lepage étaient tous deux aux Champs-
Élysées ; Dumas était vers 1839 un habitué du tir Gosset. L’allée des Veuves fut de
1790 à 1852 le nom de ce qui est aujourd’hui l’avenue Montaigne. En 1838, Eugène
Sue y situa le bouge de « Bras Rouge » (Les Mystères de Paris).
117. Duprez (Gilbert-Louis), chanteur (1806-1896). Il débuta en 1825 à Paris,
fit un séjour en Italie, revint chanter à l’Opéra (1837) où il triompha dans
Guillaume Tell. Il se retira du théâtre en 1849 et se consacra à l’enseignement, à la
rédaction de quelques ouvrages de souvenirs ; il a donné plusieurs opéras ainsi
qu’un oratorio, Le Jugement dernier. Il était en Italie (Florence, Rome, Naples)
quand Dumas y voyagea (1835) et chanta notamment dans Parisina (voir n. 57). Ô
Mathilde ! idole de mon âme est dans Guillaume Tell de Rossini (1829).
118. « Rien de trop » est dans Philèbe de Platon. Bias est l’un des sept sages de
la Grèce.
119. Dans Otello de Rossini (1816). Il est curieux pour le moins qu’une jeune
fille chante l’air dans lequel le sénateur vénitien, père de Desdémone, maudit sa
fille parce qu’elle a épousé un More.
120. On connaît le mélodrame en trois actes de Benjamin Antier, Saint-Amant
et Paulyanthe, L’Auberge des Adrets (1823), dans lequel triompha Frédérick
Lemaître. Ce dernier inspira à Antier et Saint-Amant (qui eurent comme
collaborateurs Maurice Alhoy et le censeur Overnay) une « suite » intitulée Robert
Macaire (1834).
121. Changarnier (1793-1877) se distingua à la prise de Constantine (1837).
Lamoricière (1806-1865) fut grièvement blessé au siège de Constantine. Bedeau
(1804-1863) combattit également en Algérie, de 1836 à 1847.
122. La prison de la Force, entre la rue Pavée et la rue du Roi-de-Sicile, fut un
des théâtres des massacres de septembre 1792. Elle sera détruite en 1850.
123. Dans Le Mariage de Figaro, acte III, sc. XIV, l’huissier dit : « L’audience ! »
o. Dans le texte du feuilleton (Journal des Débats), une phrase suivait la réplique
de Monte-Cristo : « Le lendemain, en effet, ils partirent, accompagnés de Baptistin
pour toute suite. Haydée avait emmené Ali et Bertuccio restait près de Noirtier. »
Cette phrase fut supprimée dès la première édition en volume. Elle ne figure pas non
plus dans la reprise, sous forme de supplément, du roman par le journal « Le Siècle »
(1846). Le roman était encore intitulé Le Comte de Monte-Cristo.
124. Mirabeau fut en effet enfermé au château d’If sur l’ordre de son père. Il
avait été auparavant emprisonné à Manosque (1763) et le sera plus tard au fort de
Joux, près de Pontarlier.
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