Les falsificateurs

Antoine Bello · Chapitre 15 sur 42

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Les falsificateurs

Chapitre 1

 

C’est l’hôtesse du vol Santiago-Córdoba qui me réveilla avec sa voix de crécelle. Elle prononça facilement deux cents mots, mais je n’en compris que trois : Aerolineas (le nom de la compagnie), Córdoba (notre destination en Argentine) et gracias (merci). Une performance que je qualifierais d’un peu courte pour quelqu’un qui rafraîchissait son espagnol en écoutant des cassettes à raison de quatre heures par jour depuis trois semaines.

L’hôtesse reposa son micro et commença à remonter l’allée centrale. Je la hélai quand elle passa à proximité et lui demandai, dans mon espagnol approximatif, dans quelle langue elle venait de s’exprimer.

« Pero en espahol, como vos, sefior », me répondit-elle d’un air étonné. « Mais en espagnol, comme vous. » Bizarre, pensai-je en m’étirant dans mon fauteuil trop étroit, les sonorités de l’annonce ne ressemblaient guère à mes leçons enregistrées.

Quiconque a beaucoup pris l’avion ne peut qu’arriver à la conclusion que le personnel de bord n’aime pas voir les passagers dormir. À peine ceux-ci ont-ils sombré dans les bras de Morphée que le commandant ou le chef de cabine les réveillent pour partager avec eux dans de multiples langues des considérations allant du trivial (« nous avons maintenant atteint notre altitude de croisière ») au bassement mercantile (« un assortiment d’articles détaxés sont à votre disposition »). J’aimerais rencontrer le génie qui décréta un jour que des réveils intempestifs et répétés feraient désormais partie de la routine du transport aérien.

Car si quelqu’un avait eu un jour besoin de dormir, c’était bien moi. J’étais parti de Reykjavik quelque vingt-sept heures plus tôt et j’avais fait escale à New York, Miami et Santiago du Chili. Je me sentais sale,mal rasé et si j’en croyais le haut-le-cœur presque imperceptible de l’hôtesse, il devait émaner de ma personne une odeur vaguement nauséabonde. Cela risquait malheureusement de ne pas s’arranger à court terme, l’étude attentive des statistiques d’Iceland Air, American Airlines et Aerolineas ayant révélé qu’un passager enchaînant des correspondances sur ces trois compagnies n’avait que deux chances sur mille que ses bagages l’attendent à l’arrivée. J’avais d’ailleurs déjà prévu d’aller faire quelques emplettes autour de l’hôtel, afin de pouvoir me présenter honorablement le lendemain à la Compaña Argentine del Reaseguro et à mon nouveau supérieur hiérarchique, Alonso Diaz.

En m’annonçant un mois plus tôt que j’allais quitter Reykjavik, Gunnar Eriksson avait préféré insister sur la durée exceptionnellement courte de ma première affectation plutôt que de s’étendre sur mon prochain poste. « Agent de classe 2 en vingt et un mois, avait-il dit en me serrant chaleureusement la main, il faudrait que je vérifie, mais vous n’êtes sûrement pas loin du record. De très bon augure pour le reste de votre carrière, ça. » Il avait ajouté que ma gloire rejaillissait partiellement sur ceux qui m’avaient formé, ce que j’interprétai, peut-être un peu librement, comme la confirmation d’une rumeur selon laquelle mon patron avait été promu agent hors classe à la suite de ma victoire au Trophée du meilleur premier dossier.

Gunnar s’était montré plus circonspect lorsque je m’étais enquis de ce qu’on faisait à Córdoba. « Vous vous occuperez essentiellement de falsification. Le Centre de Hong Kong chargé des questions de falsification s’appuie sur trois bureaux secondaires : Córdoba, Malmö et Vancouver. » Je dus faire un peu la grimace, car Gunnar ajouta : « Vous auriez sans doute préféré San Francisco ou Sydney, mais je dois vous dire que je suis personnellement intervenu pour que vous partiez en Argentine. Vous apprendrez énormément au contact d’Alonso Diaz. C’est un ami personnel et l’un des meilleurs falsificateurs de notre organisation. »

J’avais toujours su que je ne resterais pas éternellement en Islande, mais la nouvelle de mon départ me prit par surprise. J’aimais ma vie chez Baldur, Furuset & Thorberg, mon appartement dans le vieux Reykjavik, l’alternance entre dossiers du CFR et études environnementales, mes voyages tous frais payés dans les contrées les plus reculées et surtout la conscience de bénéficier, en la personne de Gunnar, d’un mentor incomparable. Je tentai de négocier quelques semaines de délai supplémentaires, mais Gunnar m’expliqua. que je bénéficiais déjà d’un traitement de faveur et que d’autres agents, moins fortunés, avaient dû solder leur vie en l’espace d’un week-end. Je donnai donc mon congé à mon propriétaire, vendis mes meubles (les Ressources humaines avaient calculé qu’il serait plus économique de tout racheter une fois sur place) et allai embrasser ma mère à Húsavíc, en lui racontant (comme je l’avais fait trois jours plus tôt avec mes collègues de Baldur, Furuset & Thorberg) que je devenais directeur adjoint de la cellule de prévision des risques naturels d’une société de réassurance sud-américaine.

Je n’avais jusque-là qu’une vague notion de ce qu’est la réassurance, mais la lecture du rapport annuel de la Compaňia Argentina del Reaseguro me confirma ce que je subodorais. J’appris en effet que les assureurs traditionnels se prémunissent eux-mêmes contre certains risques dont la survenance pourrait mettre en péril jusqu’à leur existence. Quand un particulier perd sa maison dans un incendie, il s’adresse à son assureur qui l’indemnise (mal le plus souvent, et après moult tergiversations). Mais quand dix mille personnes à la fois sont privées d’abri, par exemple à la suite d’un cyclone ou d’un tremblement de terre, les assureurs n’ont plus les moyens d’indemniser tout le monde. Ils se tournent alors vers un réassureur, à qui ils avaient eu soin de reverser une petite partie des primes qu’ils percevaient chaque année auprès de leurs clients. D’une certaine façon, la Compaňia Argentina del Reaseguro était une société d’assurances comme les autres, mais elle n’avait qu’une poignée de clients et le moindre sinistre lui coûtait des dizaines de millions de dollars. Raison de plus pour bien mesurer les risques qu’elle encourait en acceptant de réassurer tel ou tel contrat.

La cellule de prévision des risques naturels employait six personnes, toutes géographes ou géologues de formation. Son directeur, le seňor Osvaldo Ramirez, que j’avais eu au téléphone une semaine plus tôt, m’avait expliqué que mon travail consisterait à rédiger des notes sur les risques de voir Buenos Aires engloutie sous une vague géante ou le volcan en sommeil Llullaillaco se réveiller. J’avais surtout retenu de ses explications qu’il existait en Amérique du Sud un volcan dont le nom contenait six « l ». C’était fascinant.

L’avion se posa en douceur – mon quatrième atterrissage de la journée – et je crus comprendre que la température extérieure atteignait 18 degrés. Il faisait aussi chaud qu’à Reykjavik, à ce détail près qu’à Córdoba juillet correspond au cœur de l’hiver.

Après que j’eus attendu mes valises pendant une heure puis rempli le formulaire de déclaration de perte de bagages, je passai la douane et débouchai dans le modeste terminal international de l’aéroport de Córdoba. Je reconnus immédiatement mon guide à la pancarte qu’il brandissait à la sortie du terminal : « Bienvenue à M. Dartungover ». À peine deux fautes d’orthographe, presque un record. Mon cicérone, qui arborait une moustache noire si fournie que je la crus un instant postiche, s’appelait Manuel. Il insista pour porter mon petit sac à dos jusqu’à la voiture, une limousine aux vitres fumées comme je croyais qu’il n’en existait que dans les séries télévisées sur la mafia, puis s’installa au volant et s’inséra en souplesse dans le trafic.

« Bienvenue à Córdoba, seňor Dartungover, dit-il en anglais tout en captant mon regard dans le rétroviseur. C’est grand plaisir pour moi d’être chauffeur de vous. »

Je sais que la syntaxe de Manuel peut paraître un peu approximative, elle constituait pourtant son point fort, très loin devant son vocabulaire et son accent.

« Pas trop fatigué ? Avec décalage des heures, vous pas dormir peut-être ?

— Très fatigué, quand bientôt la nuit, dormir beaucoup, répondis-je en singeant son style malgré moi.

— Pas dormir maintenant, el seňor Ramirez espera el sefior Dartungover a la compaňia. » Manuel intercalait un nombre croissant de termes espagnols dans ses phrases à mesure qu’elles s’éloignaient du seuil fatidique des dix mots. Malheureusement, je craignais de n’avoir que trop bien compris le sens de son intervention.

« Ciertamente un error, bafouillai-je en réunissant frénétiquement mes rudiments d’espagnol. Voy al hotel. Iré a la oficina mahana.

— Pas maňana, maintenant », affirma catégoriquement Manuel, comme si on l’avait prévenu que je tenterais de résister. Puis il alluma la radio et se concentra sur la route, pour bien me faire comprendre que le débat était clos.

Grande est la détresse du voyageur sans bagage qu’attend une journée de travail dans une langue étrangère quand il réalise qu’il ne dormira pas avant une dizaine d’heures. Je poussai un long soupir et reportai mon attention sur le paysage. Quelques rares monuments des XVII°, et XVIII° siècles ne faisaient pas oublier que Córdoba est le poumon industriel du pays. Et les poumons industriels se signalent rarement par leur charme.

La Compaňia Argentine del Reaseguro – ou la Compaňia comme l’appelaient plus simplement ses employés – occupait un immeuble de huit étages dans le quartier des affaires. Manuel me fit remarquer, dans son mélange d’anglais et d’espagnol si particulier, que le bus de la ligne 32 s’arrêtait au coin de la rue et qu’il ne saurait trop me conseiller d’adopter ce mode de transport. Je compris à son insistance qu’il ne me croyait pas capable de conduire une automobile dans le flux de la circulation cordobienne. Décidément, pensai-je en extrayant mon bagage à main du coffre, si le chauffeur de la société s’était déjà formé une aussi piètre opinion de moi, que diraient mes nouveaux collègues quand ils m’entendraient pérorer sur la réassurance en espagnol ?

Manuel me laissa entre les mains de la réceptionniste, qui était en train de se vernir les ongles en écoutant la radio. Gunnar m’avait donné pour consigne de me présenter à Alonso Diaz, qui dirigeait le bureau, même si je dépendrais officiellement d’Osvaldo Ramirez. Malheureusement Gunnar avait dû manquer un épisode, car la réceptionniste m’informa que le seňor Diaz était malade et que le sefior Ramirez descendait me chercher. Puis, plutôt que de m’offrir à boire ou de me proposer de m’asseoir, elle s’appliqua à souffler de manière régulière et uniforme sur ses dix ongles.

« Mister Dartunghuver ! What a pleasure to see you ! » m’apostropha du bout du couloir un petit bonhomme prématurément chauve.

Ignorant tout de son niveau d’accréditation, je me présentai à Ramirez comme l’aurait fait tout nouvel employé : en m’excusant pour ma tenue.

« Aucune importance, l’habit ne fait pas le moine », répondit-il en me serrant mollement mais longuement la main. Il faut dire qu’il était lui-même fagoté comme un as de pique, avec une cravate orange qui accentuait son teint olivâtre.

Il ne fit aucune allusion à mon absence de bagages, comme s’il trouvait normal que je vienne m’installer de l’autre côté du globe terrestre avec pour seul barda une trousse de toilette et l’International Herald Tribune. Il prononça quelques mots où il était vaguement question de manger et dut prendre mon air ahuri pour un acquiescement, car il me poussa vers l’ascenseur et nous mena au sous-sol où se trouvait le restaurant d’entreprise. Là, il insista pour que je goûte la spécialité de la cantine, un steak d’un demi-kilo à la sauce béarnaise. En l’écoutant vanter la finesse de la gastronomie argentine et tandis que me rattrapait le décalage horaire, je sus avec certitude que je n’arriverais jamais au bout de cette journée et qu’il me faudrait trouver un prétexte au milieu de l’après-midi pour aller roupiller une demi-heure dans les toilettes.

L’usage au CFR veut qu’une jeune recrue ignore le nom de ses contacts dans l’entité à laquelle elle est affectée. J’avais peine à imaginer que Ramirez, mon supérieur direct, pût ne pas être dans la confidence et réellement se figurer que j’allais abaisser le taux de sinistralité de la compagnie. Cependant, faute d’en être absolument certain, je passai le repas à guetter dans ses paroles l’allusion ou le changement de ton qui m’aurait permis d’envoyer valser mon plateau sans craindre la mise à pied. Mais rien ne vint et j’en arrivai à considérer Osvaldo Ramirez pour ce qu’il était : un redoutable raseur. Son seul mérite ce jour-là fut d’éclaircir le mystère qui me taraudait depuis mon arrivée : pourquoi diable personne ne comprenait-il ce que je disais ? Il m’expliqua que la langue argentine différait fort de l’espagnol, pas tant dans la grammaire (encore que les Argentins utilisent le pronom « vos » au lieu de « tû » pour la deuxième personne du singulier) que dans la prononciation. Devant une voyelle par exemple, le « c » qui en castillan se prononce comme un « th » anglais devient un « s ». Les mêmes « s » en fin de mot s’entendent à peine et, plus déconcertant encore, « Il » se prononce « ch ». Pas étonnant donc que Manuel s’en soit tenu dans nos échanges à son sabir anglo-espagnol. Je décidai illico d’abandonner mes cassettes et de me brancher plutôt sur les telenovelas, ces feuilletons télé à l’eau de rose dont les Sud-Américains sont si friands.

J’appris aussi qu’Alonso Diaz était vraiment malade, bien plus gravement que je ne l’avais cru. On lui avait découvert trois mois plus tôt un cancer de la prostate suffisamment avancé pour justifier une chimiothérapie. Il ne venait plus qu’épisodiquement au bureau et avait transmis l’essentiel de ses fonctions à son adjointe. Tout en écoutant Ramirez et en m’efforçant de mettre en application ses préceptes phonétiques, je me demandais si Gunnar ignorait la condition de Diaz, qu’il m’avait présenté un mois plus tôt comme un ami personnel. Se pouvait-il que Diaz n’eût rien dit à Gunnar ? Ou l’avait-il assuré qu’il trouverait quand même un peu de temps entre deux séances de chimiothérapie pour faire mon éducation ?

Ramirez, lui, en tout cas, semblait bien décidé à ne pas me lâcher. Il m’annonça avec un grand sourire qu’il m’avait réservé son après-midi et que mes quatre collègues étaient impatients de me rencontrer. J’avais vaguement espéré que certains seraient européens, voire islandais, mais tous étaient redoutablement argentins. Cela ne les empêcha pas de faire bon accueil. J’appréciai tout particulièrement qu’aucun ne relevât que le plus jeune avait au bas mot vingt ans de plus que moi. Je notai également avec satisfaction que je disposais d’un bureau séparé (j’avais craint un instant de devoir partager celui de Ramirez) et que mon ordinateur était équipé d’un modem. Ce n’était pas chose si fréquente en 1993.

Je n’ai gardé que de vagues souvenirs de l’interminable après-midi qui suivit : une tirade enflammée de Ramirez sur les fantastiques possibilités que laissait entrevoir l’application des modèles riemanniens à l’étude sismologique, les équations qu’il gribouillait compulsivement sur un tableau noir puis effaçait avec sa manche avant que je n’aie le temps de les recopier, le gloussement niais de la secrétaire qui ponctuait chacune de mes tentatives pour briser le mur de l’incommunicabilité entre les peuples, l’obstination d’un petit homme difforme à m’initier à la lecture des coefficients des marées dans une sorte d’almanach perpétuel qu’il avait enchaîné à son bureau tant il craignait de le voir disparaître… La seule chose dont je me souvienne à peu près clairement est un film que la Compaňia Argentine del Reaseguro avait fait réaliser à des fins pédagogiques à partir d’images de synthèse. Ce film, qui durait moins de dix minutes, montrait un village imaginaire dont le nom m’échappe, que venaient successivement frapper tous les fléaux de la terre. Comme ce personnage d’Orange mécanique forcé de contempler les plus innommables méfaits, je demandai grâce après qu’une nuée de sauterelles voraces eut ruiné les récoltes, qu’un torrent en crue eut emporté les logements sociaux du quartier nord et juste avant une avalanche que le commentateur, de sa voix monocorde, promettait dévastatrice.

Je m’échappai en douce vers 17 heures, en annonçant que j’allais faire un tour des différents services. Je repoussai l’offre de Ramirez qui proposait de m’accompagner, arguant que je souhaitais me forger une opinion personnelle sur l’ambiance qui régnait au sein de la société. En fait de tour, je rentrai directement en taxi à l’hôtel, où je m’effondrai sur mon lit.

La sonnerie du téléphone me réveilla peu après 20 heures, alors que j’étais parti pour faire le tour du cadran. Ma correspondante était une femme et, fait extraordinaire en cet hôtel du centre de Côrdoba, elle s’exprimait en islandais.

« C’est bien la chambre de Sliv Dartunghuver ?

— Qui le demande ?

— Lena Thorsen. »

Cette fois j’étais bien réveillé. Je me redressai sur un coude, en hésitant quelques secondes sur la conduite à tenir.

« Allô, vous m’entendez ?

— Très bien.

— Vous voyez qui je suis ?

— Oui. Vous avez passé trois ans chez Baldur, Furuset & Thorberg.

— Deux ans et demi, mais ce n’est pas la raison de mon appel.

— Vous êtes à Côrdoba ? Je vous croyais à Stuttgart…

— Je suis ici maintenant, me coupa-t-elle comme si elle estimait que nous avions déjà perdu suffisamment de temps en préliminaires. Je m’attendais à vous voir aujourd’hui. Ramirez ne vous a pas fait faire le tour de la boite ?

— Euh non, bafouillai-je, nous avons surtout parlé mathématiques.

— Mathématiques ?

— Il place de grands espoirs dans les équations riemanniennes.

— Ah bon ? J’ignorais. » De toute évidence, elle s’en fichait éperdument. « Dans l’état actuel de la science, je crois qu’on ne peut pas lui donner complètement tort, dis-je dans une tentative assez pathétique d’établir une première forme de connivence.

— C’est possible, je n’y connais rien. Bon, dites-moi, vous n’avez pas de projet ce soir ? »

J’en avais évidemment un. Pour tout dire, j’étais même en plein milieu quand le téléphone avait sonné. Mais je compris que Thorsen, elle aussi, avait un projet et que j’en faisais partie.

« Non, pas vraiment.

— Parfait. Je viens vous prendre dans un quart d’heure. Rendez-vous à la réception. »

Et elle raccrocha sans écouter ma réponse.