Les falsificateurs

Antoine Bello · Chapitre 5 sur 42

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Les falsificateurs

Chapitre 5

 

SKITOS, NEBRASKA, CAPITALE DE LA THESSALIE

(SCÉNARIO)

Le 28 mai 1854, quelques jours seulement après le débarquement des forces franco-anglaises au Pirée, Spyros Tadelitis, un jeune berger de la province grecque de Thessalie, embarqua en qualité de mousse sur le Tarmata. Il payait ainsi son passage vers Gênes, où il comptait employer le même stratagème pour gagner le Nouveau Monde.

Le cœur de Spyros, dix-sept ans à peine, saignait à l’idée de quitter sa famille et son village d’Actinonia. Et pourtant, après l’humiliation qu’il venait de subir, le jeune homme savait qu’il ne pouvait en être autrement. Ses pensées, qu’il essayait en vain de diriger vers un autre objet, le ramenaient inlassablement un mois plus tôt vers cette scène, douloureuse entre toutes, au cours de laquelle il avait vu sa vie s’écrouler autour de lui.

On était venu de Stavros, de Sofadhes et même de Velestinon, pour assister à la noce de Spyros et de Dimitra Kallistinos, la plus belle, la plus charmante, la plus altière jeune femme de la Thessalie. Les deux adolescents se connaissaient depuis toujours ; Constantin Tadelitis et Phaedon Kallistinos menaient paître leurs brebis dans les mêmes alpages ; Lea Tadelitis et Andhrea Kallistinos se retrouvaient souvent autour du lavoir pour bavarder ; Spyros et Dimitra étaient unis par une complicité normalement réservée à ceux dont le même sang coule dans les veines. Les deux familles avaient mis en commun leurs maigres ressources pour offrir à leurs enfants une noce dont ils se souviendraient.

Las ! Le lendemain de la noce, Dimitra annonçait à tout le village qu’elle se retirait de la compagnie des hommes. pour se consacrer à la méditation et à la prière. En vain Phaedon et Andhrea Kallistinos tentèrent-ils de raisonner leur fille. Spyros, quant à lui, ne se vit pas même accorder une entrevue. Le soir même, Dimitra rejoignait le couvent de Margarition.

Les jours qui suivirent avaient été les plus pénibles de l’existence de Spyros. Tout lui était odieux : la sollicitude admirable dont l’entourèrent sa mère et ses deux sœurs, les paroles de réconfort auxquelles s’essaya maladroitement Phaedon Kallistinos, la sourde incompréhension des villageois, les ignobles rumeurs répandues par son ennemi juré Coubilakis, qu’il avait jadis supplanté dans le tueur de Dimitra.

Spyros n’avait d’autre choix que l’exil. Il en eut le pressentiment immédiat et les suppliques de sa mère ne parvinrent pas à ébranler sa détermination. Il irait en Amérique, loin, le plus loin possible d’Actinonia. Là, il trouverait un travail et tenterait d’oublier ce funeste dimanche de 1854 où sa vie avait basculé.

Spyros arriva à Gênes le 3 juin 1854. Une semaine plus tard, il embarquait sur le vapeur Lorrimer en qualité d’aide-cuisinier. Deux mois plus tard, Ellis Island était en vue. Là où de nombreux immigrants se figurent que leurs qualifications ou que la connaissance d’une langue étrangère leur seront d’un grand secours, Tadelitis comprit vite qu’il n’avait que ses bras à offrir. justement, la Chicago and Rock Island Co. cherchait des hommes durs à la peine pour construire une voie de chemin de fer reliant l’Illinois et le Missouri. Pendant trois ans, Spyros cassa des cailloux douze heures par jour. Il apprit l’anglais et l’euchre, un jeu de cartes dont les combinaisons infinies chassèrent peu à peu de ses rêves le souvenir de Dimitra Kallistinos Tadelitis, son épouse devant Dieu et devant les hommes.

C’est en 1858 que Spyros arriva dans le Nebraska. Il devait s’y plaire, s’y fixer puis, un jour, y mourir La superficie du Nebraska est deux fois supérieure à celle de la Grèce. C’est un État presque aussi plat que laThessalie est montagneuse. Il n’y pleut guère.

Spyros réclama de la terre. On lui donna trois cents hectares, charge à lui de les clôturer Il construisit une cabane, en se promettant de l’agrandir dès qu’il aurait quelques sous devant lui. En attendant, il consacra trois ans d’économies à l’achat d’un troupeau de porcs. Il baptisa le plus gros Coubilakis.

L’économie du porc est relativement simple. Spyros la maîtrisa bientôt dans toutes ses dimensions. Chaque mois, il se rendait à Omaha, où il vendait ses bêtes les plus grasses. Il réinvestissait tous ses gains dans l’achat de nouvelles truies, toujours plus grosses, toujours plus prolifiques. En moins de cinq ans, il se retrouva à la tête d’un cheptel de cinq mille têtes.

Les années 1863-1870 furent les années de l’expansion et de la consolidation. Spyros prit des intérêts dans un abattoir d’Omaha. Il avait ainsi l’impression de suivre ses bêtes plus longtemps. Il développa des techniques nouvelles qui lui permettaient d’engraisser les porcs plus rapidement et donc de faire tourner son capital sur un rythme plus élevé. En 1866, il s’occupa enfin de faire fructifier sa terre. Il cultivait déjà du mais, dont se nourrissaient les porcs. Il planta du blé et du soja, qui procuraient des revenus intéressants pour un coût marginal presque nul. À Noël 1870, la First Union Bank l’avisa que ses dépôts dans son établissement d’Omaha se montaient à plus de 100 000 dollars US. La somme parut extravagante à Spyros. Il n’avait jamais travaillé pour l’argent, mais parce que le labeur lui semblait sain et naturel. Il réalisa d’un seul coup qu’il était devenu un homme riche.

Alors seulement il se sentit fondé à écrire au pays. Sa première lettre fut pour sa mère : « Le temps a passé et tu dois être bien vieille à présent. Sache que je ne t’ai jamais oubliée, pas plus que Papa, Dimitra et ce porc de Coubilakis. » La missive fut source à Actionna d’une agitation considérable. Spyros était vivant ! Il avait traversé l’Atlantique et vivait maintenant de l’autre côté de la terre. Lea lui répondit et lui donna des nouvelles du village. Le père Gregorios avait cassé sa pipe ; c’est son fils qui avait repris la mairie ; la petite Khondylis avait eu des jumeaux, qui faisaient tourner les chèvres en bourrique ; les Turcs avaient enfin terminé la route jusqu’à Leondari. De Dimitra, il n’était pas question. Par une sorte d’accord tacite, jamais la mère et le fils n’évoquèrent son souvenir

Une correspondance s’installa. Les lettres de Tadelitis étaient attendues comme jadis les oracles de la Pythie. Quand Mikis Almendros, le facteur, repérait une enveloppe bleue dans le courrier, il remontait la rue principale à bicyclette en criant : « Des nouvelles de Spyros ! » En peu de temps, la moitié du village trottinait à ses côtés et l’escortait jusqu’à la maison des Tadelitis, où la vieille Lea recevait la missive des mains de Mikis. Elle ne pouvait alors faire autrement que de lire à voix haute les lignes que lui écrivait son fils, qui était sans doute bien loin de s’imaginer que ses moindres sentiments étaient exposés, puis commentés, disséqués sur la place publique. Il n’est jusqu’au malheureux Coubilakis qui n’écoutait les yeux mi-clos le récit des étrangetés de la vie américaine et l’inévitable mention à son infamie qui venait ponctuer chaque lettre.

Car peu à peu, Spyros se livrait Oui, il avait fait fortune. Son domaine s’étendait à présent sur plusieurs milliers d’hectares et il lui fallait près d’une journée à cheval pour en faire le tour. Il avait tant de porcs qu’un de ses employés indélicats avait pu monter le deuxième élevage de l’État rien qu’en le volant et sans qu’il s’en rende compte. Et pourtant, Spyros n’était pas heureux. L’argent ne signifiait rien pour lui. Sa famille lui manquait. « II n’est pas bon, écrivait-il, qu’un homme vive trop longtemps loin des siens. » Il se, languissait par-dessus tout de sa Thessalie natale. « J’ai donné à mon ranch le nom de Skitos, tu sais, ce vent tiède qui nous caressait la joue à la tombée du soir. »

Actinonia vécut par procuration les grandes heures de la conquête de l’Ouest On applaudit la jonction à Promontory Point des deux lignes de chemin de fer qui coupaient longitudinalement le pays. On dissertait finement sur les dernières techniques d’irrigation ou sur l’opportunité d’abandonner les mines d’or du Colorado pour gagner celles plus prometteuses du nord de la Californie.

En 1883, après treize ans de correspondance, Spyros proposa enfin à ses parents de venir le rejoindre. Lea l’avait averti que son père, atteint d’une maladie respiratoire, n’avait plus que quelques, mois à vivre. L’idée que son père pourrait mourir sans l’avoir revu était intolérable à Spyros, qui envoya par mandat postal une somme généreuse qui devait couvrir tous les frais du voyage. Pourtant, Constantin et Lea hésitaient. La renommée de Spyros dépassait très largement le cercle familial, au point qu’ils se sentaient sur leur fils à peine plus de droits que le facteur ou la boulangère. « Cela va sans doute te paraître idiot, écrivit Lea dans les tout premiers jours de l’année 1884, mais j’aurais des scrupules à laisser les gens d’Actinonia derrière moi. » « Eh bien, amène-les », fut la réponse de Spyros, qui joignait à sa lettre un mandat ne laissant aucun doute sur ses intentions.

C’est ainsi que s’organisa le plus enthousiaste, le plus spontané des flux migratoires entre la Grèce et les États-Unis. Cinq mois et quinze jours, c’est tout le temps dont eurent besoin les Actinoniens pour solder leur vie et préparer leur passage vers le Nouveau Monde. On ferma les maisons, on vendit les troupeaux. Le jeune Gregorios (comme s’obstinaient à l’appeler les villageois malgré la barbe blanche qui lui mangeait les joues), en sa qualité de maire, prononça un discours étonnant par lequel il ne faisait rien de moins que dissoudre sa commune. Et l’on partit. Quarante-deux familles s’embarquèrent sur le Tarmata.

Les Actinoniens traversèrent l’Atlantique en six semaines. Ils furent retenus en quarantaine à Ellis Island, après qu’on eut trouvé sur leur bateau une colonie de rats obèses. Constantin fit une rechute, qui faillit l’emporter, mais, au plus fort de la maladie, le vieil homme se raccrocha à la perspective de bientôt revoir son fils. C’est lui qui donna le signe du départ, alors que le jeune Gregorios courait déjà les rues de Manhattan à la recherche d’un pope pour lui administrer l’extrême-onction.

Après ces péripéties, ce fut un jeu d’enfant d’avaler les deux mille kilomètres qui séparent New York du Nebraska Une femme accoucha dans le train, entre Springfield et Dayton. Le 29 octobre 1884, la locomotive entra en gare d’Omaha. Le jeune Gregorios mobilisa les quelques mots d’anglais qu’il avait appris à Ellis Island pour louer une trentaine de chariots. En fin d’après-midi, la procession passa les portes du ranch de Skitos.

SpyrosTadelitis se balançait dans son rocking-chair sous la tonnelle quand un nuage de poussière à l’horizon lui annonça l’arrivée de visiteurs. Il avait été digne dans la séparation, il fut viril dans les retrouvailles. Il serra la main de son père, pressa sa mère contre sa poitrine et eut un geste pour les cent trente-quatre Actinoniens massés au pied de leurs chariots. « Il va falloir trouver à vous loger, dit-il. Nous aviserons demain. En attendant, faisons la fête, car nous avons du bonheur à rattraper. » Il appela un de ses hommes, à qui il demanda d’exécuter et de préparer le porc le plus gras de tout son cheptel. On festoya toute la nuit. .

Tadelitis tint parole. Il donna un toit, une paire d’arpents et du travail à chaque famille. Au bout de quelques mois, la petite communauté se constitua en village, auquel elle donna tout naturellement le nom de Skitos. Le jeune Gregorios retrouva ses fonctions. L’aîné des jumeaux Khondylis reçut l’insigne de shérif

Le terrible hiver 1888 eut raison de la fragile constitution de Constantin le patriarche. Lea lui survécut une douzaine d’années. Spyros, lui, eut le bonheur de voir voler les premiers avions. Il laissa à sa mort un héritage fantastique que les Skitossiens, dans leur grande sagesse, réinvestirent entièrement dans le développement de leur cité. Aujourd’hui, Skitos est une riante bourgade d’environ douze mille âmes. Sa place prépondérante dans l’industrie de la viande la préserve tant bien que mal des fluctuations économiques. C’est surtout un des hauts lieux de la culture grecque aux États-Unis. On y déguste parmi les meilleurs souvlakis d’Amérique du Nord.

Actions à engager

en vue de créer une nouvelle réalité

POINTS D’APPUI

Actionna existe. C’est un hameau de Thessalie, perché à 1 850 m d’altitude entre Leondari et Karava, par 39°13’ de latitude nord et 21 °43’ de longitude est. Seules deux ou trois familles y habitent de façon permanente. Plusieurs bergers s’y fixent pendant l’été avec leurs troupeaux.

Skitos est une petite ville de 12 500 habitants dans le Nebraska, située à mi-chemin d’Omaha et de Norfolk, par 41 °38’ de latitude nord et 96°49’ de longitude ouest. La date de fondation de la ville est incertaine. On la fait généralement remonter vers 1880.

ACTIONS À ENGAGER EN VUE

DE CRÉER UNE NOUVELLE RÉALITÉ

À Skitos, Nebraska

1) Création de l’Association pour la culture thessalique, dont le siège social est à Skitos mais les membres du bureau disséminés dans tous les États-Unis. Berlin et les antennes de Richmond, Saint Paul,Thomasville et Decatur sont prêtes à nous fournir quatre légendes :Wilbur Kapis (président), Nikos Faraday (vice-président), Lynn Samarina (trésorière) et Chrissantos Galatas (secrétaire général). Association créée rétroactivement le 25 mars 1971 (150° anniversaire du soulèvement contre les Turcs). Minutes des bureaux pratiquement à jour (dernier procès-verbal en retard). Compte ouvert à la succursale de la First Union Bank d’Omaha le 30 mars 1971 et mouvementé depuis cette date grâces à la complicité de l’antenne de Lincoln. Budget 1988 : 134 000 dollars US. Principaux postes : subvention de 25 000 dollars US à l’Association des Américains d’origine grecque (traditionnellement présidée par un membre de la famille Cassis) ; subvention de 79 185 dollars US (20 millions de drachmes) au musée du folklore thessalique de Harissa ; financement pour 4400 dollars US d’un stand « Produits de la gastronomie grecque » sur la kermesse de Skitos ; achat pour 7 000 dollars US de billets pour emmener cent jeunes de Skitos voir Leach Gravos (joueur de football américain d’origine grecque) disputer la finale du Superbowl avec son équipe des Dallas Cowboys,etc.

2) Ouverture de deux restaurants grecs : Les nuits de Byblos sur Wayne Trace et Les délices de Mykonos sur Stellhom Bd. Financements obtenus auprès de la Dukakis Foundation for Entrepreneurial Achievment. Ouverture prochaine d’une franchise de la sandwicherie Pita Express (trois cent cinquante points de vente sur le territoire des États-Unis).

Subvention de Wilbur Kapis à titre personnel de 15 000 dollars US à la Rosalind High School. M. Kapis nommé citoyen d’honneur de Skitos. Laboratoire de chimie baptisé « Labo Tadelitis ».

4) Avant 1900, les concessions dans le cimetière de Skitos étaient attribuées pour quarante ans et n’étaient renouvelables qu’une fois. On ne s’étonnera donc pas de ne pas trouver les tombes de Spyros, Lea et Constantin Tadelitis. En revanche, on profitera de l’extension de la zone ouest du cimetière pour poser quelques pierres tombales, dont une portera la mention : « Costis Gregorios (1831-1922), citoyen grec et américain, maire d’Actinonia et de Skitos, que le Seigneur t’accueille en son sein. » Nécessité d’incendier la cabane du gardien pour faire disparaître le registre du cimetière (dont il a été confirmé qu’il n’existait qu’un seul exemplaire).

5) Édification d’un monument à la mémoire des enfants grecs de Skitos morts pendant la Deuxième Guerre mondiale,

6) Insertion d’articles dans trente-sept numéros du Nebraska Observer Retirage dans chaque cas d’une dizaine d’exemplaires du journal. Substitution effectuée dans les archives du journal et dans les bibliothèques municipales d’Omaha et de Lincoln. Exemples de sujets : Spyros Tadelitis remporte le concours de la plus belle bête à la foire Agricole de Minneapolis en 1895 avec son porc Coubilakis ; interview de Kosta Almendros, médaillé de bronze en haltérophilie, catégorie des super-lourds aux jeux Olympiques. d’Anvers en 1920 ; compte rendu des obsèques de Costis Gregorios le 7 mars 1922 ; la chute des cours de la viande en 1953 frappe durement la petite communauté de Skitos, etc.

7) Publication à compte d’auteur en 1949 des Mémoires d’un enfant d’Actinonia d’Agammemnon Gregorios, le fils de

Costis Gregorios qui lui succéda à l’hôtel de ville de Skitos. Quatre-vingts pages d’anecdotes attribuées au défunt Costis sur la vie en Thessalie (Première partie : Grec de sang) et l’installation aux États-Unis (Deuxième partie : Nebraska, terre d’accueil). Cent cinquante pages de souvenirs et de notations sur la société américaine vue par celui qui se définit lui-même comme un « pâtre grec jeté dans le business de la viande » (c’est le titre de la troisième partie). Cinq cents exemplaires imprimés. Quatre cents envoyés dans les bibliothèques scolaires du Nebraska et de l’Iowa avec un courrier d’accompagnement de l’Association pour la culture thessalique.

En Thessalie

1) Pose d’une plaque sur une bergerie d’Actinonia « Dans cette maison ont vécu Constantin, Lea, Spyros, Anna et Vanina Tadelitis. Ils émigrèrent vers d’autres cieux mais peu de Grecs aimèrent leur pays comme ils le firent. » Plaque signée par l’Association pour la culture thessalique.

2) Envoi à la cinquantaine de bibliothèques municipales de la province de Thessalie des Mémoires d’un enfant d’Actinonia d’Agammemnon Gregorios.

3) Falsification du registre des naissances d’Actinonia, aujourd’hui conservé à Leondari. Naissance de Spyros Tadelitis datée au 7 mai 1837.

4) Création du dossier médical de George Coubilakis, qui s’éteint le 20 juillet 1887, soit moins de trois ans après l’exode des Actinoniens. Coubilakis restera seul dans le village et finira par s’installer dans la maison des Tadelitis (il va jusqu’à dormir dans le lit de Spyros), où il succombera à une forme compliquée de neurasthénie.

5) Création du dossier ecclésiastique de Dimitra Kallistinos, l’épouse de Spyros, devenue sœur Appollonia le jour de son entrée au couvent de Margarition. En 1861, sœur Appollonia quitte la Grèce et s’embarque pour l’Inde, où nous perdons sa trace.

6) Mention dans l’ouvrage de référence d’Odysseus Gavras, Hellènes en exil, de l’émigration massive de certains villages de Thessalie vers les États-Unis dans les années 1880. L’auteur, l’éditeur et les ayants droit sont morts.

7) Inscription du Tarmata et du Lorrimer au registre des navires marchands autorisés à mouiller dans le port de Gênes.

PLAN D’ACTION ET CALENDRIER

Toutes les actions décrites ci-dessus sont réalisables et ont reçu l’approbation de principe des antennes et des bureaux concernés. Si je reçois l’accord du Bureau chargé des questions démographiques avant le I° juillet 1989, je pense pouvoir mener à bien l’ensemble de ces démarches avant le 1 – janvier 1991.

BUDGET

Je n’ai pas encore reçu les devis de Decatur et Patras. Toutefois, j’estime le coût de l’ensemble des actions décrites ci-dessus aux alentours de 280 000 dollars US, soit légèrement moins que la somme de 300 000 dollars US qui m’est impartie pour cette première mission.

 

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