Les falsificateurs
Chapitre 8
« Tout de même, dis-je, était-ce vraiment nécesssaire ? »
Gunnar et moi étions confortablement installés dans la Zil qui nous conduisait à l’aéroport de Krasnoïarsk. Sachant que je rentrais le jour même à Reykjavík, Gunnar avait réservé une place sur le même vol. « Au cas où tu aurais quelques questions à me poser », avait-il expliqué.
« Que veux-tu dire ?
— Toute cette mise en scène : la vulgarité de Khoyoulfaz, le petit Leonid… Il aurait suffi de me dire qu’on éliminait John Harkleroad à cause de ma boulette, j’aurais tout aussi bien compris la leçon.
— Ta tête, peut-être, dit Gunnar, mais pas ton corps. On peut raconter des histoires à son esprit, mais on ne peut pas contrôler ses tripes. Je voulais que tu ressentes physiquement ta culpabilité, que tu aies des haut-le-cœur rien qu’en te rappelant le dossier galochat.
— C’est réussi, dis-je, pensif. Je vomis chaque fois que j’entends le nom "Nouvelle-Zélande".
— Il fallait que tu voies l’envers du décor une bonne fois pour toutes, reprit Gunnar. Que tu comprennes que quand les scénaristes déconnent, ce ne sont pas d’autres scénaristes qui les tirent d’affaire, mais des professionnels qui sont payés pour nettoyer les erreurs des autres et dont on aurait mauvaise grâce à critiquer les méthodes. Les Opérations spéciales arrivent en bout de chaîne. Si elles paraissent si brutales, c’est qu’elles doivent rétablir sur un laps de temps très court des situations qui ont dégénéré pendant des mois, parfois des années. En cela, elles ressemblent au chirurgien qui se voit contraint d’opérer dans l’urgence parce que les médecins qui l’ont précédé se sont trompés de diagnostic.
— Une autre question me titille : pourquoi nous avoir demandé de signer l’ordre de mission ? Je doute que les Opérations spéciales s’embarrassent de ce genre de formalités.
— Tu as raison, dit Gunnar. Disons que je voulais voir comment Lena et toi réagiriez. Yakoub n’a pas fait mystère longtemps de son intention de supprimer Harkleroad, mais je lui avais demandé de prolonger la conversation. Je pressentais que dans l’adversité vous révéleriez l’un et l’autre votre vraie nature.
— Et… ? demandai-je anxieusement.
— Et je suis fier de toi, répondit simplement Gunnar. Tu t’es battu comme un lion.
— Un lion aux crocs passablement émoussés, ironisai-je tristement. Khoyoulfaz m’a envoyé au tapis d’un seul coup de poing.
— Encore fallait-il chercher la bagarre », dit Gunnar sans cacher son amertume. Il ne le disait pas, mais il était évident que le comportement de Lena l’avait déçu.
« Elle avait une pression folle, me surpris-je à dire. Son patron à l’agonie, des dizaines de dossiers qui s’entassaient sur son bureau et, pour couronner le tout, un subordonné qui risquait de lui coûter sa carrière en n’en faisant qu’à sa tête.
— Tout de même, dit Gunnar perdu dans ses pensées, elle s’est mal conduite. Comme cette façon de s’enquérir de ses arriérés de salaire tout à l’heure, quelle indécence…»
Son opinion était faite et je ne l’en ferais pas bouger. Nous restâmes quelques instants sans parler. De temps à autre, notre chauffeur faisait claquer sa langue contre son palais. La forêt sibérienne allait me manquer, pensai-je en regardant les sapins couverts de neige défiler à la fenêtre.
Soudain, Gunnar demanda d’une voix étrangement fragile :
« Tu m’en veux, n’est-ce pas ? Je peux le comprendre, tu sais. Moi-même à ta place, je ne sais pas comment j’aurais réagi. »
J’avais eu le temps de préparer ma réponse en bouclant mes valises à la résidence, mais j’étais heureux qu’il m’eût posé la question.
« Non, Gunnar, dis-je. Je ne vous en veux pas. J’ai besoin d’y réfléchir encore, mais je crois que vous avez agi par altruisme. Au train où j’allais, je n’aurais pas tardé à me faire exclure du CFR. Vous avez estimé, en pensant peut-être un peu à vous mais aussi, j’en suis sûr, beaucoup à moi, que ce serait regrettable et vous avez pris la seule décision qui permettait de renverser le cours des choses. Mais il faut quand même que vous sachiez que j’ai vécu dix-huit mois abominables. Rien n’effacera jamais ça.
— Tout de même, je suis content que tu le prennes ainsi, dit Gunnar en lâchant un soupir de soulagement. Je repense sans cesse à cette lettre que tu m’avais écrite après ton départ de Córdoba. Tu sais, celle dans laquelle…
— Je me souviens de la lettre », l’interrompis-je, gêné.
« Gunnar, j’aurais aimé écrire "Cher Gunnar", mais c’est au-dessus de mes forces. Je vous aimais, Gunnar, pendant un moment, je vous ai même un peu considéré comme un père. Mais vous m’avez trahi, vous m’avez fait perdre ma propre estime et je ne pourrai jamais vous le pardonner. »
« Oublions-la, voulez-vous », dis-je en le regardant au fond des yeux.
Le visage de Gunnar s’illumina.
« Ah, mon garçon, tu ne peux pas savoir comme tu me fais plaisir. Tiens, pour un peu…»
Je le voyais si dangereusement ému que je dis :
« Bon sang, Gunnar, vous n’allez pas vous y mettre aussi ! N’en parlons plus.
— Tu as raison, dit-il en souriant. Passons à autre chose. Je suis sûr que tu as d’autres questions à me poser.
— En effet. Il en est une qui me brûle les lèvres depuis ce matin : le CFR tue-t-il pour se défendre ?
— À ma connaissance, cela n’est jamais arrivé, répondit Gunnar. Mais c’est un des secrets les mieux gardés de l’organisation. Tu devrais poser la question à Yakoub ; de par sa fonction, il en sait nécessairement plus que moi. Mais je pense que tu comprends à présent pourquoi, dans certaines circonstances très particulières, les Opérations spéciales peuvent être amenées à prendre des mesures radicales. »
Je le comprenais en effet. Restait à savoir si je pourrais vivre avec.
« Note bien que je suis certain d’une chose, reprit Gunnar Si c’est déjà arrivé, personne n’a pris l’affaire à la légère. Une telle décision remonterait forcément au Comité exécutif et, crois-moi, ses membres ne badinent pas avec les principes.
— Est-ce qu’Angoua Djibo fait partie du Comité exécutif ? » demandai-je.
Gunnar opina du chef. Sa réponse me satisfaisait, au moins provisoirement. J’avais confiance en Djibo.
« Pensez-vous que j’ai eu raison de choisir les Opérations spéciales ?
— Oui, dit Gunnar. Plus exactement, c’était le choix que j’espérais te voir faire. Yakoub est un instructeur hors pair, adulé par ses troupes. Tu apprendras énormément à son contact. L’Inspection générale ? Je n’y ai jamais cru, tu t’embêterais au bout de huit jours…
— Et le Plan ?
— Je suis prêt à parier que tu finiras au Plan. Tu as le profil idéal : une curiosité sans bornes, une tolérance infinie et une vision pénétrante de l’histoire. À propos, j’ai lu ton dossier Stasi. Je voulais te féliciter : c’est de loin ce que tu as produit de meilleur à ce jour, à la fois le scénario et le travail sur les sources.
— Merci », dis-je en rosissant de plaisir. Gunnar était le premier à remarquer le soin que j’avais apporté à la falsification dans ce dossier. « Mais si vous pensez que je suis fait pour le Plan, pourquoi ne pas le rejoindre directement ?
— Pour ne pas terminer comme ces cadres de Toronto qui vivent dans un monde imaginaire. Ah, si tu les voyais ! Ils tiennent leurs propres directives pour une sorte de vade-mecum infaillible. Renverser le communisme ou envoyer un homme dans l’espace serait à les entendre à peine plus compliqué que d’inventer une tribu amazonienne : appliquez une bonne dose de quatrième directive, ajoutez-y une dose de septième instruction, passez au four et démoulez au bout d’une heure. Quelques années aux Opérations spéciales t’apprendront que les choses ne sont pas aussi simples. »
Le chauffeur claqua de la langue une nouvelle fois et engagea la Zil sur la bretelle qui menait à l’aéroport. Je résolus de poser la question qui me taraudait depuis le matin.
« Quinteros nous a dit que seuls les membres du Comité exécutif connaissent la finalité du CFR.
— Je suppose que si Quinteros le dit, ce doit être exact, commenta prudemment Gunnar.
— Pensez-vous que j’ai encore une chance de faire un jour partie du Comité exécutif ? Jusqu’à ce matin, j’avais tendance à penser que oui ; mais maintenant, je n’en suis plus aussi sûr. Tous ces gens en haut lieu qui se sont fait une mauvaise opinion de moi, ça ne peut pas être bon pour mon avancement. »
Je vis que Gunnar hésitait.
« Dites-moi la vérité, implorai-je. J’ai le droit de savoir si je suis grillé.
— Je pèse mes mots parce que je ne veux pas te donner de faux espoirs, répondit Gunnar. Mais oui, je pense que tu conserves toutes tes chances. Si les Ressources humaines et l’Inspection générale avaient voulu t’écarter, elles l’auraient fait après le mémo Maharashtra, en se dispensant de cette mise à l’épreuve personnalisée qui a mobilisé des dizaines de personnes et coûté une petite fortune. Je me dis que si les pontes du Comité exécutif suivent ton parcours à la loupe, ils ont forcément une idée derrière la tête. Du reste, tu fais un sans-faute depuis un an. Ta réaction à l’affaire Harkleroad, ton classement, le dossier Stasi : tu as marqué des points. Quinteros me faisait juste remarquer que tu ne t’aventurais guère en dehors de ta chambre…
— Ça va changer, dis-je. J’en ai fermement l’intention. »
La Zil s’arrêta devant le terminal de l’Aeroflot. Gunnar héla un porteur et m’annonça qu’il m’avait fait surclasser.
« Les académiciens ne voyagent pas en classe économique. On ne vous l’a pas dit à Krasnoïarsk ?
— Non, avouai-je. Ou alors je n’y ai pas prêté attention. »
Gunnar secoua la tête.
« Grave erreur, mon garçon. Il ne faut jamais cracher sur les avantages en nature. »
L’attirance de mon mentor pour les signes extérieurs de richesse restait pour moi une énigme. Je connaissais sa théorie : le CFR, incapable de s’aligner sur les salaires offerts par les multinationales, ne chicanait pas ses agents sur les notes de frais. Ce qui me gênait, c’est que cet épicurisme d’aéroport ne collait pas avec l’image que je me faisais de Gunnar étant jeune : un agent doué gravissant rapidement les échelons et qui semblait promis aux plus hautes fonctions avant que sa carrière ne s’enlise mystérieusement à sa sortie de l’Académie au milieu des années soixante-dix. Que s’était-il passé alors et pourquoi l’avait-on mis à l’écart ? Gunnar n’avait jamais voulu répondre à cette question. Il se plaisait à raconter qu’il n’avait pas voulu quitter l’Islande, un argument qui selon moi ne tenait pas la route : il était curieux de tout, parlait plusieurs langues et, pour moi qui l’avais vu évoluer au Groenland, en France et en Russie, il faisait incontestablement partie de ces gens qui emportent leur vie avec eux et seraient heureux n’importe où. J’avais en outre noté que Khoyoulfaz et Quinteros lui témoignaient des égards excessifs au regard de sa stricte position dans l’organigramme : il n’était après tout même pas chef d’antenne, un poste auquel n’importe lequel de mes condisciples aurait déjà pu prétendre. Que fallait-il en conclure ? Qu’on respectait le découvreur des deux majors de l’Académie ou qu’on ménageait le détenteur de secrets honteux ? J’espérais bien le découvrir un jour.
Notre vol – ou plutôt nos vols puisque nous fîmes escale à Moscou et à Londres – se déroulèrent sans encombre. Avachi dans son large fauteuil en cuir, Gunnar se gobergea de caviar et de vodka en me racontant les derniers potins de Baldur, Furuset & Thorberg. Mon remplaçant lui donnait du souci. En trois ans, il n’avait produit que deux dossiers, également médiocres. « Soit je perds la main, remarqua Gunnar en faisant tourner son verre, soit j’ai épuisé mon quota de champions. Dans les deux cas, je ferais peut-être bien de me retirer. » Il avait déjà pas mal bu à ce stade et je n’aurais su dire s’il était sérieux.
Nous arrivâmes à Reykjavík vers minuit. J’avais prévu de passer la nuit dans un hôtel du centre-ville et de prendre le premier car pour Húsavík le lendemain matin. Au moment de nous séparer, Gunnar me dit, l’air de ne pas y toucher :
« Ah, j’allais oublier : ton amie indonésienne n’arrête pas de m’appeler.
— Magawati ? demandai-je, la gorge soudain nouée. Et que lui dites-vous ?
— Oh, toujours les mêmes salades, que tu es vivant, mais que je ne suis pas autorisé à lui donner tes coordonnées. À moins bien sûr que tu ne m’y autorises, ajouta-t-il en me décochant un grand clin d’œil qui fit se retourner une hôtesse d’Iceland Air.
— Je vous ai déjà expliqué que Maga était une amie, Gunnar. Et pas la peine de lui donner mes coordonnées, c’est moi qui vais l’appeler. Elle ne vous a pas laissé son numéro par hasard ?
— Justement, si, dit Gunnar. Je me souviens l’avoir noté quelque part, mais où ? » Il prit un air ennuyé, fit semblant de fouiller son attaché-case, puis se frappa le front avec la paume et sortit comme par magie une carte de la poche de sa veste.
« La voilà. Je savais bien que je l’avais gardée. 34.93 284 3835. »
J’arrachai la carte des mains de Gunnar. « Appeler jour et nuit », pouvait-on lire à côté du numéro.
« En Espagne ? » dis-je. La dernière fois que j’avais parlé à Magawati, elle habitait encore Djakarta.
« Barcelone, pour être précis, compléta Gunnar, qui se délectait de ses enfantillages. Bon, je file. Tâche de passer au bureau un de ces jours, tu ferais plaisir à beaucoup de monde. »
Je regardai les portes de l’ascenseur se refermer sur lui. Quelle heure était-il à Barcelone ? Deux heures du matin ? « Appeler jour et nuit », avait-elle dit. Je poussai mon chariot vers une cabine téléphonique et insérai ma carte de crédit dans la fente. La communication mit si longtemps à s’établir que je crus que Gunnar m’avait joué un tour. Enfin la tonalité retentit dans mon tympan. Je réalisai que je serrais le combiné à m’en faire blanchir les jointures.
« Allô, dit soudain une voix embrumée.
— Maga. C’est moi, furent les seuls mots qui me vinrent à l’esprit.
— Sliv ? s’écria la voix. Sliv, c’est toi ? Tu vas bien ?
— Au poil, dis-je dans une tentative dérisoire pour contenir l’émotion qui me submergeait. Je t’appelle de l’aéroport de Reykjavfk. Je sais qu’il est tard, mais Gunnar Eriksson vient de me donner ton numéro et je n’ai pas pu résister.
— Tu as bien fait. Que s’est-il passé, Sliv ?
— C’est une longue histoire, ma carte de crédit n’y survivrait pas. Je ne veux pas en parler au téléphone, je te raconterai tout de vive voix. Tu es à Barcelone ?
— Depuis un an.
— Tu es heureuse ? » demandai-je sans réfléchir. Je l’entendis rire à l’autre bout du fil.
« Tu ne t’égares pas dans les préliminaires ce soir…
— J’ai perdu beaucoup de temps. Réponds-moi.
— Oui, Sliv, je suis heureuse. Très heureuse même. Mais je le serai encore plus quand je te serrerai dans mes bras. »
Je l’imaginai assise contre un mur, s’éveillant peu à peu. Elle m’avait tellement manqué.
« Je viendrai bientôt, dis-je. Je vais d’abord embrasser ma mère à Húsavík. Je te rappellerai pour te dire quand j’arrive.
— Et moi je vais prévenir Youssef. Il n’a jamais compris ton silence.
— Je préférerais que tu t’en abstiennes pour le moment, dis-je. Je redoute sa réaction. Si ça ne te dérange pas, je voudrais d’abord te voir seule. »
Elle ne parut pas choquée de ma demande.
« Comme tu veux, dit-elle. Bonne nuit, Sliv. »
Je reposai le combiné, épuisé mais fier malgré tout de la façon dont j’avais négocié cette journée. En l’espace de quelques heures, j’avais repris possession de ma vie, en ne cédant pas à la tentation de la rancune, puis en renouant contact avec Magawati. Youssef suivrait bientôt.
Le lendemain, je retrouvai ma mère et ses moutons. Elle avait été malade en janvier – le voisin s’était occupé des bêtes – mais avait pleinement récupéré. Après m’avoir sermonné sur ma mine (mauvaise, évidemment), elle s’en prit à mon style de vie, inutilement sophistiqué (si elle avait su !), et tenta de me convaincre de rentrer en Islande pour me marier. Elle voulait d’autres petits-enfants et me donna la félicité de ma sœur Mathilde en exemple. Elle n’aurait pu tomber plus mal. Nous frôlâmes l’incident quand elle évoqua la possibilité de me rendre visite à Krasnoïarsk. Je dus pour la décourager lui peindre un tel tableau de la Sibérie qu’elle s’interrogea à haute voix sur ce qui me retenait dans ce pandémonium. Nous convînmes finalement de nous retrouver l’été suivant à Saint-Pétersbourg pour une croisière sur mer Baltique.
Je m’offris une cure de sommeil, retrouvant le plaisir délicieux de nuits sans rêves. Je fis également une descente chez Baldur, Furuset & Thorberg où – Gunnar n’avait pas menti – on me fêta comme le fils prodigue. Enfin, n’y tenant plus, je pris un billet ouvert pour Barcelone. J’appelai Magawati pour l’avertir de mon arrivée. Elle me donna son adresse sur les Ramblas. Je lui interdis de venir me chercher à l’aéroport.
Je me posai à Barcelone dans les premiers jours de mars. Il faisait déjà doux comme au cœur de l’été en Islande. C’était mon premier séjour en Espagne. Le chauffeur de taxi dépista immédiatement mon accent argentin. Une semaine plus tôt, j’aurais peut-être essayé de l’atténuer, mais à présent j’assumais mon héritage cordobien.
Le taxi me laissa au bord de la place de Catalogne, devant un immeuble à deux étages en crépi ocre. De sa fenêtre, Magawati embrassait toute la perspective jusqu’au monument de Christophe Colomb. Je montai lentement les escaliers, le sac à l’épaule. Mon cœur battait à tout rompre, mais ce n’étaient pas les marches.
Je m’arrêtai devant la porte. Les seuls sons qui me parvenaient étaient les cris des enfants qui jouaient au foot dans l’arrière-cour. J’inspirai un grand coup et pressai la sonnette.
C’est Youssef qui m’ouvrit. Nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre.
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