Les falsificateurs
Chapitre 6
« Lena Thorsen avait – et a toujours – un don exceptionnel pour la falsification des sources. »
Gunnar Eriksson était assis dans mon canapé et sirotait un whisky. Je l’avais rappelé le lendemain matin de sa précédente visite et il avait proposé de passer dans l’après-midi. J’avais une foule de questions à lui poser mais, fidèle à son habitude, il ne me racontait que ce que j’avais besoin de savoir.
« Il est-extrêmement rare de trouver chez une jeune recrue autant d’aptitudes réunies. Généralement dans un premier dossier, l’agent soigne particulièrement le scénario, sans doute parce que c’est là qu’il a l’impression d’apporter la valeur ajoutée la plus grande. Malheureusement, il bâcle le deuxième volet, qui lui semble tout à la fois moins important et moins gratifiant que le premier. Du reste, même quand il accorde à la falsification l’importance qu’elle mérite, il se trahit par des procédés grossiers, empruntés aux mauvais romans d’espionnage, bien loin de ceux que nous utilisons quotidiennement sur le terrain. Ce qui me stupéfia à la lecture du projet de Lena, c’est qu’une novice qui n’avait encore reçu aucune formation puisse s’approcher aussi près de la réalité. J’aurais juré jusqu’alors que seul un agent chevronné pouvait penser à financer l’ouverture de restaurants grecs. Et que dire du cimetière ? Combien de jeunes ai-je vus faire l’impasse sur cet aspect pourtant fondamental de toute entreprise de falsification ! Je ne connais pas une mission un peu sérieuse qui ne passe, à un moment ou à un autre, par la case cimetière… Non, c’est bien simple, quand le Comité d’approbation a vu le dossier, le président m’a téléphoné pour s’assurer que je n’avais pas tenu le crayon de la petite. "Elle n’a vraiment que vingt-quatre ans m’a-t-il demandé au moins trois fois.
« Il faut dire que Lena avait joint au dossier plusieurs éléments qui scotchèrent ces barbons du Comité à leur fauteuil. Elle avait ainsi rédigé par avance les minutes de quelques séances du bureau de l’Association pour la culture thessalique. On s’y serait cru. Un petit bijou qu’il m’arrive de relire quand je cherche l’inspiration. J’ai entendu dire qu’ils en étudiaient des extraits à l’Académie. Et elle ne s’est pas arrêtée là. Quand elle a reçu le feu vert, elle s’est jetée à corps perdu dans la rédaction du reste. Les minutes sur vingt ans d’une association qui n’existe pas. Tout y est : les discours électoraux, les discussions à n’en plus finir sur le renouvellement du contrat de nettoyage, les sordides querelles de personnes et même une tentative de putsch en 1982. »
Gunnar avait sorti ses lunettes de sa poche comme s’il s’apprêtait à relire la prose de Thorsen. Il me rappelait ces gastronomes qui se frottent le ventre en repensant à leurs dernières agapes.
« Tout de même, intervins-je, était-il vraiment nécessaire d’aller aussi loin ?
— On ne va jamais trop loin. Le travail de Lena peut vous paraître un peu excessif au vu des besoins du dossier et, de fait, il l’est. Mais sa portée dépasse très largement le cadre de cette affaire. Vous pouvez être certain que l’Association pour la culture thessalique resservira dans d’autres circonstances. Dans dix ans, un agent taïwanais travaillant sur l’agriculture vivrière de l’Europe méditerranéenne y puisera des éléments qui viendront conforter son argumentation. Si Lena s’était bornée à planter quelques pierres tombales ou à suggérer à Pita Express d’implanter un boui-boui à Skitos, elle n’aurait jamais gagné aussi vite ses galons. Prenez un type comme Agammemnon Gregorios : quel patronyme d’abord ! De l’étoffe dont on fait les héros ! Avec son parcours d’édile écartelé entre la culture grecque et l’odeur de la bidoche fraîche, je vous fiche mon billet qu’il ressurgira d’ici peu sous la plume d’un de vos collègues. Et, croyez-moi, le CFR sait distinguer parmi ses agents ceux qui ne travaillent que pour eux de ceux qui, en créant des légendes puissantes et universelles, œuvrent pour la collectivité. Lena Thorsen fait indiscutablement partie de la deuxième catégorie. Son rapport final de mission, qu’elle m’a remis quelques jours avant votre arrivée, fait plus de cinq mille pages. Que je sois pendu si elle n’est pas citée cent fois dans les cinq prochaines années…
— Je veux bien admettre que Thorsen a un certain talent pour forger des sources, mais vous avouerez que son scénario est un peu faible…
— Faible ? Il est exécrable, oui ! Oh, ce n’est pas tant le sujet : les mouvements de population font partie des sujets les plus traités, notamment par les jeunes agents. Chacun y va de sa petite migration, c’est presque devenu un exercice de style. Son idée de départ n’est pas franchement mauvaise, un peu mélodramatique bien sûr, mais je suppose que c’est le prix à payer si nous voulons attirer et conserver des éléments féminins, dit Gunnar en me décochant un clin d’œil appuyé. Enfin, passons sur le scénario. Le traitement, en revanche, est une catastrophe absolue, et je pèse mes mots. Cette histoire« de Skitos, "tu sais, ce vent tiède qui nous caressait la joue à la tombée du soir", c’est d’un ridicule achevé. Mièvre, balourd, tout ce que nous détestons.
— Et pourtant, son projet a été accepté…, dis-je, content de voir qu’Eriksson confirmait mon opinion sur le scénario de Thorsen.
— Pas sous cette forme, vous pouvez me croire. Si j’avais soumis son travail tel quel au Comité des dossiers, elle ne serait pas adjointe du responsable du bureau de Stuttgart à l’heure où je vous parle. Je lui ai fait reprendre sa copie de fond en comble. Le résultat n’est clairement pas à la hauteur de la deuxième partie mais, au moins, le dossier a réussi à passer les fourches Caudines du Comité.
— Ce qui tendrait à prouver qu’il n’est pas nécessaire d’exceller dans tous les domaines pour faire son trou au CFR.
— Absolument pas. Soyez gentil, Sliv, resservez-moi un verre de whisky, il est excellent. » (Il oubliait de dire qu’il avait apporté sa propre bouteille.) Il fit tourner dans sa main le verre que je lui tendis et me donna un conseil : « Contentez-vous d’être un crack dans l’un des deux domaines et vous serez classe 3 avant trente ans. Et puis, vous trouverez toujours quelqu’un qui possédera les qualités dont vous êtes dépourvu.
— Et si je veux aller plus haut ?
— Là, c’est une autre histoire. Vous devrez être un caïd du scénario et de la falsification, mais autant vous prévenir tout de suite, de tels oiseaux se comptent sur les doigts des deux mains. Enfin, votre premier dossier devrait nous donner une bonne idée de vos capacités. »
Il y avait là un glissement que je ne laissai pas passer.
« Vous en parlez comme si je vous avais déjà donné ma réponse. Je n’ai pas pris ma décision. J’ai encore plusieurs questions à vous poser.
— Vous ne tirerez plus rien de moi. Nada. Vous en savez désormais assez pour vous déterminer. Pourquoi en révélerais-je davantage à quelqu’un qui n’est même pas membre de l’organisation ?
— Je pourrais rejoindre le CFR et démissionner quelques semaines plus tard, après avoir recueilli le maximum d’informations sur votre fonctionnement…», répondis-je du tac au tac.
Gunnar Eriksson me regarda dans les yeux, puis posa très lentement son verre sur une desserte. Ce simple geste suffit pour plomber instantanément le ton presque badin de notre entretien.
« Ne tenez jamais ce genre de propos, Sliv. Vous ne savez jamais à qui vous avez affaire. Personnellement, je ne me formalise pas ; mais certains de mes collègues, moins larges d’esprit, n’hésiteraient pas à décréter des mesures de rétorsion immédiates. »
Voyant l’effet que ces paroles produisaient sur moi, il ajouta :
« Ne croyez pas que je vous menace, Sliv. Nous parlons de votre adhésion à une organisation secrète. Se prétendre secret est une chose, le rester en est une autre. Si nos dirigeants font régner une discipline impitoyable dans les rangs, ce n’est pas par plaisir. Depuis vingt-six ans que j’appartiens à la maison, j’ai connu trois alertes majeures. Chacune à sa façon a mis en péril la survie même du CFR. Vous n’avez pas idée des trésors de ruse et d’ingéniosité qu’il nous a fallu déployer pour éloigner les fâcheux qui s’intéressaient à nous. Nous ne prenons jamais le moindre risque ou, plus exactement, nous ne prenons que des risques très soigneusement calculés. Dans le cas présent, le code de conduite interne auquel j’ai juré de me conformer en entrant au CFR me commande d’interrompre sur-le-champ la procédure de recrutement. Nous n’admettons pas le chantage. Votre candidature est rejetée.
— Mais je n’ai jamais voulu vous faire chanter », me défendis-je, abasourdi.
Gunnar s’était levé et cherchait son manteau des yeux.
« Allons, Sliv, vos propos étaient très clairs. Sans rancune, mais n’en parlons plus, vous viendrez me voir demain. J’ai une mission très intéressante pour vous : des travaux d’aménagement sur un barrage en Savoie. »
C’en était trop. J’explosai
« Je me fous de votre barrage, Gunnar ! Qu’est-ce que c’est que ce cinéma ? Il y a un quart d’heure, j’étais le candidat idéal, vous me mettiez dans le secret des dieux et puis, tout à coup, pour une malheureuse phrase dont je ne pensais pas un mot, vous me renvoyez à mes études ? »
Soudain je compris et m’en voulus d’avoir cédé à la colère.
« Oh, j’y suis, c’est une de vos techniques de recrutement ! On commence par appâter le chaland, en lui disant qu’il a l’étoffe de l’emploi, puis on lui explique qu’on s’est trompé et qu’il doit oublier tout ce qu’il a entendu. C’est bien cela, Gunnar ? »
Eriksson ne cherchait plus son manteau à présent. Il s’était rassis pendant mon monologue, avait repris son verre qu’il faisait tournoyer dans sa main et consacrait désormais toute son attention aux circonvolutions de son glaçon.
« Ma foi, c’est à peu près cela. Si vous le prenez ainsi, je, veux bien faire une entorse au code de conduite et mettre votre saillie sur le compte de l’humour. Mais que cela ne se reproduise plus. »
Il immobilisa son verre et regarda le glaçon terminer sa course. Sa folle équipée l’avait quasiment réduit à néant, au rang d’un gros flocon qui surnageait dans l’alcool ambré.
« Sérieusement, Sliv, si vous envisagez une carrière parmi nous, surveillez votre vocabulaire. Nous en avons exclu pour moins que cela. Maintenant, il faut que je parte. Appelez-moi demain pour me dire si nous pouvons compter sur vous. Dans le doute, soyez gentil : rendez-nous un service à tous les deux et déclinez. »
Quand Gunnar fut parti, je revins m’asseoir à la place qu’il avait occupée. Il n’avait pas fini son verre. Le glaçon était totalement fondu à présent.
À l’heure de prendre une décision dont Eriksson lui-même avait indiqué qu’elle compterait parmi les plus importantes de ma vie, je me trouvais incapable de raisonner sur le fond. Étais-je ou non fait pour cette vie ? M’épanouirais-je davantage à donner corps à des flux migratoires imaginaires plutôt qu’à rédiger des études environnementales ? Je ne pouvais me dissimuler l’attrait qu’exerçait sur moi la perspective de construire de toutes pièces un dossier comme celui de Lena Thorsen. Cet exercice, à la fois si riche et si peu habituel, me semblait fascinant. En outre, pourquoi le cacher, j’avais, après avoir relu plusieurs fois son dossier, développé la conviction que je pouvais surclasser mon aînée à ce jeu. Pour quelqu’un d’aussi fortement porté à la compétition que je l’étais, cet argument n’était pas le moins important.
Cependant, et si grande que soit ma curiosité, comment comparer deux options aussi radicalement différentes ? Si je voyais assez bien à quoi pouvait ressembler une carrière chez Baldur, Furuset & Thorberg, je n’avais aucun moyen d’apprécier si je me plairais au CFR. Qu’y ferais-je concrètement ? Quelles relations entretiendrais-je avec mes collègues de travail ? Ne me lasserais-je pas rapidement d’un travail au bout du compte très artificiel ? À cet égard, lemutisme d’Eriksson ne devait-il pas m’inquiéter ? Il m’avait vendu tous les avantages du poste, sans dire un mot de ses inconvénients ; or je ne connaissais aucun emploi qui n’en comportât sa part.
Et que dire des mobiles du CFR ? Gunnar discourait habilement, sans jamais rien révéler d’important. Trois conversations plus tard, j’en savais à peine plus qu’au premier jour. Pourquoi le CFR falsifiait-il le réel ? Avec quel argent et pour le compte de qui ? Autant de questions auxquelles je n’avais toujours pas le moindre élément de réponse. Que ferais-je si j’apprenais d’ici à quelques semaines que l’organisation était financée par un gouvernement étranger à des fins subversives ? Tout ce petit jeu me paraîtrait alors beaucoup moins drôle, d’autant plus qu’à en croire – Gunnar il n’était ni courant ni recommandé de présenter sa démission. Il est bien connu que les organisations secrètes n’aiment guère voir leurs anciens agents réintégrer la vie civile. Tout à l’heure, Eriksson avait parlé de rétorsion. Pouvait-on vraiment en arriver là ? Étais-je en danger ?
Du CFR, je ne connaissais qu’un représentant : Gunnar Eriksson. J’éprouvais une sympathie instinctive pour mon chef, qui avait le don de mettre ses interlocuteurs à l’aise tout en allant à l’essentiel. Mais cette personnalité si franche n’était-elle pas un masque ? Gunnar avait déjà démontré un vrai talent de manipulateur et j’étais bien forcé d’admirer le sang-froid avec lequel il avait progressivement levé le voile sur les véritables activités de Baldur, Furuset & Thorberg. Il avait d’abord testé ma vivacité ; peut-être n’aurais-je pas eu droit au grand jeu si je n’avais relevé ses premières allusions. Puis-il avait peu à peu abattu ses cartes en me laissant à plusieurs reprises la possibilité de l’interrompre et en ne prenant à chaque fois, comme il l’avait dit lui-même du CFR, que des risques soigneusement calculés. Il avait d’abord placé la falsification sur le terrain du jeu, sans jamais donner à penser que celui-ci pût concerner quelqu’un d’autre que lui. Comme je ne bronchais pas, il avait ensuite laissé entendre qu’il n’officiait pas seul, citant même le nom d’Olaf Elangir, dont j’étais maintenant prêt à parier qu’il n’avait jamais trempé de près ou de loin dans les affaires, du CFR. A ce stade, Gunnar n’avait toujours pris aucun risque. En admettant que je sois allé rapporter nos conversations à la police, il aurait facilement pu prétendre m’avoir mené en bateau, voire m’accuser de paranoïa aiguë. Je n’avais aucune preuve. Gunnar n’avait-il pas pris soin de préciser que le rapport remis au Parlement du Groenland ne contenait aucune erreur ? Certes, il existait bien une version erronée, mais je me rappelais maintenant l’avoir vu l’emporter après notre conversation. Quant à Elangir, l’expression authentiquement abrutie qu’il aurait arborée en cas d’interrogatoire n’aurait pu manquer de convaincre un inspecteur de la bonne foi de mon supérieur.
En fait, Gunnar avait commencé à prendre des risques lors de notre entrevue suivante. Sans doute avait-il redouté que je n’enregistre notre conversation, ce qui expliquerait qu’il l’ait lui-même provoquée en s’introduisant chez moi. Avait-il profité de l’occasion pour mettre ma ligne téléphonique sur écoute ? J’aurais aimé pouvoir formellement exclure cette hypothèse…
Ce jour-là cependant, Gunnar m’avait remis le rapport de Lena Thorsen. Ou, plus exactement, un rapport qu’il avait attribué à Lena Thorsen, car, si j’avais bonne mémoire, le document n’était ni signé ni daté. Les noms d’Eriksson, de Baldur, Furuset & Thorberg, de CFR n’étaient pas cités une seule fois. Du beau travail, encore une fois.
Même muet, ce rapport était le seul élément tangible qui m’était passé entre les « mains. Gunnar était reparti avec, mais l’avait laissé à ma disposition pendant près de vingt-quatre heures, soit plus de temps qu’il n’en fallait pour aller le photocopier au bureau de poste. Mais je ne l’avais pas fait ; je n’étais même pas sorti de chez moi entre les deux visites de Gunnar. Dans le cas contraire, m’aurait-il fait prendre en filature ?
Avec le recul, le manège de Gunnar m’apparaissait distinctement. Il avait obéi à un scénario bien préparé, dont je distinguais, maintenant qu’il était trop tard, maintenant que cela ne servait plus à rien, les rouages successifs. J’avais été berné par plus fort que moi. C’était une pensée à la fois excitante (ces gens étaient de vrais professionnels) et un peu effrayante (dans un certain contexte, le mot « professionnel » peut prendre des connotations inquiétantes).
Pour toutes ces raisons, j’avais du mal à croire qu’il m’était encore possible de faire machine arrière, de « décliner », comme avait dit Gunnar. J’en savais quand même beaucoup, et sans doute trop, même sans aucune preuve pour étayer mes accusations. Ma curiosité me poussait à rejoindre le CFR, mais mon désir, un désir de gosse pressé de commencer à jouer, se teintait d’amertume à la pensée que je n’avais pas vraiment le choix. Parce qu’il m’en avait trop dit sur certains aspects et pas suffisamment sur d’autres, la liberté que m’avait apparemment laissée Eriksson n’était qu’un leurre. Sur le moment, j’en voulus terriblement à Gunnar Eriksson, à Olaf Elangir (alors que le malheureux n’y était sûrement pour rien), à Lena Thorsen et à tous les pontes du CFR qui devaient me regarder me débattre dans mes choix moraux. Je m’en sortis par une pirouette, en me disant que je ne perdrais rien à mener une double vie pendant un an ou deux. Car, après tout, je continuerais d’exercer le métier pour lequel j’avais été embauché. J’avais pu constater que Baldur, Furuset & Thorberg jouissait d’une excellente réputation dans son domaine ; aucun recruteur ne viendrait me reprocher d’y avoir effectué mes classes.
En écrivant ces lignes, je me rends compte à quel point je pouvais être naïf. Comme si la décision d’intégrer le CFR relevait du choix classique d’un employeur ! Sans doute étais-je trop jeune pour mesurer les implications de ma décision. Je sortais de l’école, j’avais passé six entretiens de recrutement dans ma vie (comme les ours de Siglufjördhur me paraissaient loin à présent !) et je ne m’étais encore jamais posé la grande question de l’existence (qu’entends-je faire de ma vie ?) qu’en des termes purement scolaires (économie ou géographie ? affaires internationales ou sciences politiques ?) ou utilitaires (l’Islande ou le continent ? la PME ou la multinationale ?). J’adhérai au CFR comme, étudiant, j’avais suivi des cours d’espagnol facultatifs : pour voir, et parce que cela ne coûtait pas grand-chose.
J’eus le temps quelques années plus tard de méditer sur les conséquences de mon insouciance.
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