L'Homme élastique

Jacques Spitz · Chapitre 19 sur 68

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L'Homme élastique

4 juillet

sang dans l’intervalle des dilatations successives donne des résultats très irréguliers dus sans doute aux phénomènes ac-cessoires résultant de l’interaction des sérums sanguins qui ne sont pas forcément en harmonie. Elle est longue et déli-cate, mais je n’en vois pas d’autre. J’ai encore fait crever quelques dizaines de cobayes dans ma journée d’aujourd’hui.

 

4 juillet

 

Tout me sourit. Je suis né sous une heureuse étoile.

Je reviens du cirque. Les meilleures places coûtaient trois francs, j’étais au premier rang le long de la piste. Peu m’importaient les chevaux et de savoir si la chanteuse acro-batique avait le charme attendu d’un bijou rose et noir, je n’avais d’yeux que pour le nain Atlas, assistant le clown Jo-Jo durant les intermèdes entre les numéros. Il est bien fait, sans infirmité, ne mesure pas beaucoup plus d’un mètre.

Pendant l’entr’acte, au lieu de visiter les écuries, j’ai de-mandé à voir le propriétaire du cirque : c’était le trapéziste Chaubloc. J’ai fait état de ma qualité de médecin, d’études que j’avais faites sur les nains, pour en venir à lui dire que son collaborateur Atlas avait retenu mon attention. Le petit est venu se joindre à nous, avec sa gueule enfarinée et son costume de clown. Il a vingt et un ans et n’espère plus gran-dir. J’ai donné rendez-vous aux deux hommes au café du Progrès, après la représentation. Les choses n’ont guère traî-né. Au bout d’une demi-heure, j’étais acquéreur du nain Atlas pour dix mille francs.

Je l’ai assuré qu’il serait bien traité, toucherait une men-sualité honorable, et aurait auprès de moi le rôle de compa-gnon et de bouffon que jouaient autrefois ses pareils à la

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