L'Homme élastique

Jacques Spitz · Chapitre 51 sur 68

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L'Homme élastique

29 septembre

Les lésions tuberculeuses me semblent devoir se cicatri-ser rapidement, ce qui doit s’expliquer par le fait que les ba-cilles de Koch, réduits par le traitement, ne se reproduisent plus.

 

29 septembre

 

Je reviens d’assister à un exercice en campagne d’un des régiments. Les hommes, qui ont conservé leur poids, s’ils peuvent continuer à marcher facilement sur les routes em-pierrées, enfoncent dans la terre meuble dès qu’ils sont en terrain varié. Pour y remédier, ils se fabriquent eux-mêmes des sortes de petites raquettes, et n’en progressent qu’à peine moins vite. Malgré leur petite taille, je les ai vus cou-vrir deux kilomètres en moins d’une heure. C’est un véritable miracle de voir évoluer ces petits hommes, contournant les mottes de terre, descendant dans les sillons, grimpant le long des parois abruptes des tranchées, où ils parviennent à trou-ver des aspérités suffisantes pour se faufiler comme des sou-ris.

À l’issue de la manœuvre, ils ont simulé une attaque à coups de grenades réduites contre une ligne de défense. À vingt mètres, ils sont invisibles à l’œil nu, et la jumelle ne les distingue qu’avec peine à cent mètres. Pour mieux les sous-traire au regard, Sestrière a décidé qu’ils seraient chacun re-couverts d’un petit manteau de tissu de la couleur d’une peau de rat et qui leur enlèvera toute forme humaine.

Il convient cependant qu’ils prennent quelques précau-tions. Ainsi, ils ne doivent pas passer les ponts en groupes. En effet, s’ils se groupaient, leur poids global finirait par être considérable sur un petit espace, et ils feraient s’effondrer le pont le plus solide. Il faut aussi qu’ils marchent à distance les

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